Marlène Dietrich (1901-1992)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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frédéric
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Post by frédéric »

Nestor Almendros wrote:Vu aussi LE CHEVALIER SANS ARMURE au Cinéma de Minuit. Et je n'ai pas boudé un certain plaisir. Alors c'est vrai que le style cinématographique de cette époque peut m'emballer moyennement d'habitude, et ce film possède certains désavantages de ce côté-là. Mais, j'ai été plutôt pris par cette romance historique que n'aurait pas renié un David Lean par exemple, avec ce couple pris au milieu d'une révolution.

Si la première moitié m'a gentiment fait patienter, la course poursuite m'a suffisamment emballé pour terminer le film. C'est effectivement bien agréable, bien rythmé et surtout la reconstitution est très soignée et bénéficie d'énormes moyens, ce qui n'est pas désagréable. Marlène Dietrich, jouant encore ici une noble, est belle à souhait, utilisée d'ailleurs comme telle (nue dans son bain, dans des robes suggestives ou sexy, etc.) et j'avoue avoir un peu craqué :oops: .
Entièrement d'accord. Un film course poursuite dans sa deuxième partie, tout à fait prenant et intense avec une reconstitution soignée et de gros moyens évidents mis à la disposition de Feyder. Une très bonne surprise.
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Sybille
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Re: Marlène Dietrich

Post by Sybille »

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Seven sinners / La maison des sept péchés
Tay Garnett (1940) :

Marlene Dietrich joue Bijou, une aventurière sans le sou qui vadrouille de l'une à l'autre des îles du Pacifique sud, séduisant évidemment tous les hommes sur son passage à grand renfort de chansons, de comportement aguicheur et multiples tenues luxueuses qu'elle varie à presque chaque changement de séquence. Elle finit par tomber sur un capitaine de la marine, homme intègre et respecté de ses hommes, et il ne faut pas longtemps pour que ce dernier succombe automatiquement à son charme. John Wayne interpréte ce personnage de façon très effacée, disparaîssant d'ailleurs assez souvent du film, l'accent étant bien sûr davantage porté sur Dietrich qui présente son numéro d'actrice habituel. Deux ou trois seconds rôles ajoutent à la très relative fantaisie du film (on reconnaît entre autres Broderick Crawford en cogneur mentalement limité). Sans surprise, le film est médiocre, même si regardable. Cela manque d'humour, de tenue narrative, je n'ose même pas parler d'émotion. A voir pour les curieux ou les fans de Dietrich ou Wayne. 4/10
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Profondo Rosso
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Re: Notez les films naphtas - Décembre 2009

Post by Profondo Rosso »

Les Anneaux d'or de Mitchell Leisen (1947)

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En 1939, Denistoun et Byrd, tous deux agents de l'lntelligence Service, s'introduisent en Allemagne pour dérober la formule d'un gaz terrifiant mis au point par le professeur Krosigk. Arrêtés par la Gestapo, ils s'évadent et se séparent pour accroître leurs chances d'échapper aux recherches. Dans la forêt, Denistoun rencontre Lydia, une bohémienne un peu magicienne qui accepte de l'aider. Elle lui donne des vêtements, lui noircit la peau, lui troue le lobe des oreilles et lui enseigne des rudiments de chiromancie. Avec ses anneaux d'or, Denistoun passe pour un vrai tzigane et échappe à la Gestapo.


Véhicule pour Marlene Dietrich, très bon film d'espionnage bien plus convaincant que "Agent X-27".Passé une intro introduisant le récit en flashback, le tout début est tendu à souhait avec deux agent anglais prisonniers des nazis. Après leur évasion puis le séparation le récit bifurque doucement vers la comédie. L'espion Ray Milland croise la route de la jolie gitane Lydia immédiatement folle de lui suite à une prédiction et qui va l'aider à traverser l'Allemagne déguisé en gitan (ce qui lui donne presque des airs de Bernard Lavilliers :mrgreen:). Marlene Dietrich livre une prestation haute en couleurs en gitane diseuse de bonne aventure, accent outré et tenue extravagantes comprise. Ses manières décomplexées et entreprenantes opposé au flegme british de Ray Milland offre ainsi de joyeux moments de comédie les voyant se rapprocher progressivement. Le scénario y va également à la louche hollywodienne sur les clichés qu'on peut se faire sur les gitans (qui ne se lavent pas, sont supertitieux et un peu voleurs) mais sans que cela soit gênant, tant le regard posé se veut finalement pittoresque et tendre, très loin d'un racisme supposé. Le film se situe dans l'immédiat avant guerre et ainsi malgré la légèreté de certains moments, l'ombre planant sur les gitans amenés à être décimés par les nazis se fait constamment ressentir même si scénario à la justesse de ne pas étendre cette antipathie sur tout les allemands rencontrés mais seulement les nazis. La conclusion offrant un brutal retour au récit d'espionnage parvient ainsi à être palpitante et émouvante avec la séparation entre Milland et Dietrich, ainsi que l'annonce du début de la seconde guerre mondiale. La narration en flashback donne vraiment l'impression d'avoir été rajoutée pour atténué la noirceur du final, j'étais persuadé que la dernière scène montrerait
Spoiler (cliquez pour afficher)
Milland découvrir la tombe de Dietrich après guerre
mais finalement le tout se conclu en joli happy end et ce n'est pas plus mal finalement. 4,5/6
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Cathy
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

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Shanghai express (1932)

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En Chine, les passagers du Shanghai express sont pris en otage par le chef de la Rébellion.

Shanghai express est un film étrange, à la fois comédie, film de guerre ou d'espionnage et film d'amour. En effet, le film débute comme une pure comédie avec ces occidentaux qui quittent Pékin pour rejoindre Shanghai à l'abri de la guerre civile, on y retrouve un officier français, une vieille anglaise et son chien, un américain, un médecin, un pasteur, un infirme, et deux femmes séductrices, une chinoise qu'on imagine courtisane et Shanghai Lily, une occidentale, il y a aussi ce chinois qui va se révéler être tout à fait autre que celui qu'il prétend être. Le film bascule alors dans l'horreur de la guerre civile, et dans la prise d'otage du Docteur anglais, le seul intéressant car il doit sauver la vie de quelqu'un d'important à Shanghai et semble être une bonne monnaie d'échange. Une fois cet épisode passé, on retombe dans la comédie et dans l'histoire d'amour pure.
On admire le génie de Sternberg dans les prises de vue de ce train, que ce soit dans l'esthétique rigide de l'exterieur des wagons ou la force locomotrice de la machine, dans la multitude de détails, cette foule grouillante qui va dans tous les sens. Il y a tellement d'action en même temps dans les scènes de foule qu'on ne sait plus où regarder, il y a aussi l'expressionnisme évident de la fusillade et cet enchainement de séquences les unes sur les autres, des fondus enchainés très lents, avec superposition des scènes.
On admire aussi la manière dont les cadrages sont faits à travers des poutrelles, des vitres, des voilages, amplifiant ainsi le côté "bizarre" et oppressant de cet arrêt prise d'otage. Il y a aussi cet humour qui semble plus anglais qu'américain avec cette vieille dame et son chien. Sternberg alterne en plus admirablement le huis clos du train et de la prise d'otage avec la grandiloquence des scènes de gare.

Et puis il y a Marlène Dietrich qui n'a jamais été aussi belle et bien photographiée que par son mentor, que dire de ses gros plans, la main tremblante tenant une cigarette, ou cette main et ce visage collés derrière une vitre. Elle est certes parfois un peu too much dans certaines expressions, mais passe quand même admirablement du drame à la comédie. Clive Brook fait irresistiblement penser à Herbert Marshall, et on se dit que ce dernier aurait sans doute mieux su rendre l'ambivalence de l'homme d'honneur et de l'homme amoureux, il y a aussi un tout jeune Eugene Pallette, grand second rôle du cinéma américain. Anna May Wong se montre ambivalente à souhait dans son rôle de "courtisane".

Sternberg réalise une fois de plus un film à l'esthétique magnifique, à l'exubérance assumée qui annonce l'Impératrice rouge. Bref un superbe film.

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La Belle Ensorceleuse, The Flame of New Orleans (1941)

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A la Nouvelle Orléans, une aventurière fait tout pour épouser un riche banquier, mais elle rencontre par hasard un marin sans le sou, ce qui va contrarier ses projets.

Tourné un an avant I Married a witch, René Clair signe ici une comédie sentimentale qui change de ses autres films américains axés sur le fantastique. Ici rien de tout cela, par contre la narration du film est assez intéressante, avec dès le début la découverte sur le Mississipi d'une robe de mariée, et une église où un marié attend une promise qui ne viendra pas. Du coup on nous conte ce qui s'est passé avant sous forme d'un Opéra avec l'allusion très claire à Lucia di Lammermoor, que ce soit par l'Opéra joué auquel on assiste ou toute l'histoire, même si la fin ne sera pas aussi tragique bien au contraire que dans l'Opéra, mais le parallèle est évident avec cette femme qui doit épouser un homme mais en aime un autre, des éminences grises qui mettent le "ver" dans la pomme, une dame de compagnie fort proche incarnée par l'esclave complice de sa maîtresse. Le film est assez curieux et est à la fois une réussite et un ratage. Côté réussite, on peut souligner une fois encore le sens évident du rythme de la comédie, les scènes aussi où le drame nait et la rumeur qui passe silencieusement de visage en visage alors que la jeune femme chante en s'accompagnant au piano. Il y a aussi cette facilité à filmer les scènes de foule, ou de bal. Côté échec, il y a surtout l'interprétation de Marlene Dietrich, on a du mal à croire à cette aventurière, on voit tellement qu'elle feint ses évanouissements ou qu'elle parle faux, qu'on se demande comment les autres protagonistes de l'histoire ne peuvent pas voir qu'elle n'est pas qui elle est. Par contre elle excelle quand elle devient la cousine gouailleuse, vulgaire qui est plus son registre habituel. Roland Young est par contre excellent en vieux banquier amoureux de cette beauté et prêt à se battre en duel dès qu'un mot de travers est prononcé sur sa fiancée. Le rôle du marin est assez curieusement construit, présent au début du film, totalement absent pendant une grande période puis de nouveau présent pour la conclusion, Bruce Cabot l'incarne non sans charme. Il y a aussi Misha Auer en commerçant russe, Theresa Harris est excellente en domestique complice, tout comme Anne Revere en soeur du banquier. René Clair excelle dans la confrontation entre ce milieu huppé américain et cette aventurière qui a bourlingué à travers toute l'Europe, le rythme est enlevé, mais c'est sans doute le film américain le plus faible du réalisateur, malgré des qualités indéniables dont une conclusion osée avec ce bras nu dans la cabine d'un bateau qui jette sa robe. En tout cas, un film agréable quoiqu'il en soit.
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Cathy
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

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Cantique d'amour, Song of Songs (1933) - Rouben Mamoulian

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Une jeune paysanne orpheline est recueillie par sa tante libraire en ville. Elle devient modèle pour un sculpteur, puis aussi sa maîtresse. Un riche baron fou amoureux d'elle arrive à éloigner l'artiste et épouse la jeune femme.

Rouben Mamoulian signe ici un superbe mélodrame lyrique porté par une Marlene Dietrich, totalement différente, à la fois pure jeune fille et femme fatale, ingénue et vamp. Nous sommes dans un film totalement précode de par son thème et ces relations extra-conjugales évidentes, mais aussi ces scènes de sculpture avec la nudité de l'interprète certes pudiquement montrée mais d'un érotisme certain. La sculpture elle-même est d'un grand érotisme, avec cette femme debout, offerte, les bras tombant le long du corps. La confrontation entre le baron et le sculpteur autour de cette oeuvre prend un relief assez saisissant, avec une forte charge sexuelle tout comme la discussion de Lily et du sculpteur autour d'une sculpture de femme nue, mais la nudité de la jeune femme n'est pas "sa" nudité, mais celle d'un "modèle" et d'une "sculpture". Il y a aussi la grande scène où l'héroïne doit se dévêtir pour poser, avec sa manière si sensuelle de retirer ses bas, puis la pudeur affichée puis déflorée.
Le film est divisé en trois parties en réalité, la première où la jeune héroïne timide, engoncée dans ses jupons devient femme et objet de désir à travers sa propre évolution et aussi cette fameuse sculpture, la seconde où l'héroïne devient une femme "dévouée" à son mari, apprenant français, piano, et continue à susciter le désir de son professeur d'équitation, et enfin cette troisième partie où l'héroïne quelque peu "déchue" devient chanteuse, mais finalement avec cette déchéance, va finir par trouver le bonheur, non sans avoir détruit toute trace de ce passé qui l'a transformée.
Marlene Dietrich est différente dans ce rôle de ce qu'on a l'habitude de voir, certes elle n'est sans doute pas la plus grande actrice qui soit, mais elle a cette présence, ce magnétisme à l'écran qui fait que l'on accroche totalement à son personnage. Etonnant de la voir dans un rôle qui la montre pour une fois en jeune fille et jeune femme plutôt "pure" avec ses grosses tresses nouées sur la tête qu'en vamp avec sa robe moulante noire, même s'il faut la faire devenir ce personnage, et la faire chanter, faux au passage ! Brian Aherne est très séduisant en jeune sculpteur qui laisse tomber son modèle et Lionel Atwill est odieux à souhait dans le rôle de ce baron obséquieux, malsain au possible malgré son amour sans doute plus "charnel" qu'autre chose pour Lily. Il y a aussi cette superbe musique, aux élans romantiques qui ponctue les scènes cruciales et magnifie cette histoire d'amour hors norme et totalement précode de par son sujet !
Rouben Mamoulian excelle dans ses gros plans, comme celui du "parent" de Lily qui ouvre le film ou ceux de la jeune femme dont il sait saisir l'intensité ou l'innocence de son regard. Il y a aussi la superbe scène finale dans l'atelier avec ce souvenir de la rencontre des deux héros, et cette destruction-reconstruction !
Cantique d'amour n'est sans doute pas un chef d'oeuvre, mais il n'en reste pas moins un magnifique drame !
Last edited by Cathy on 7 May 11, 10:10, edited 1 time in total.
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

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Ich küsse Ihre Hand, Madame (1929, Robert Land) avec Marlene Dietrich, Harry Liedtke, Pierre de Guingand et Charles Puffy

A Paris, Laurence Gérard (M. Dietrich) rencontre par hasard le comte Lerski (H. Liedtke), un aristocrate russe déclassé qui travaille comme serveur dans un grand restaurant. Laurence est attirée par lui, ignorant tout de sa profession...

Cette comédie allemande m'a permis de découvrir Marlene Dietrich avant Sternberg. Elle a toujours dit que c'est Sternberg qui a fait d'elle un mythe. J'étais donc très intéressée par cette Marlene encore peu connue, qui interprète ici une belle française volage partagée entre son ex-mari (P. de Guigand), son avocat (C. Puffy) et un bel aristocrate russe (H. Liedtke). Marlene a sans aucun doute déjà une présence et une photogénie remarquables. Elle me fait d'ailleurs penser physiquement à la jeune Garbo (qui fut une star avant elle). Elle offre une certaine sensualité, de belles rondeurs, mais elle n'a pas encore l'aura et le mystère de la femme fatale qu'elle aura quelques années plus tard. Il est évident que la cinématographie de Sternberg donnera à son visage une allure de déesse inaccessible, alors qu'ici, elle n'est qu'une jolie femme. Cette comédie se révèle tout à fait agréable, sans atteindre au charme des films contemporains d'Hanns Schwarz. Harry Liedtke (ancien partenaire à l'écran de Pola Negri) est un serveur de grande classe qui a tout pour séduire la très snob Marlene. Le film avait la particularité de contenir la chanson-titre sur une bande-son synchronisée avec la voix du célèbre ténor Richard Tauber doublant Harry Liedtke. Cette chanson a été restaurée sur la copie que j'ai pu voir. C'est un très joli film que l'on peut voir avec plaisir.
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

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Le jardin d'Allah, The Garden of Allah ( 1936) - Richard Boleslawski

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Après la mort de son père, une jeune femme vient dans le couvent où elle a été élevée pour se retrouver. La mère supérieure lui dit qu'il serait mieux qu'elle parte dans le désert. Elle rencontre alors un jeune homme qui est en réalité un moine trappiste qui vient de fuire son monastère. Ils tombent amoureux.

Attention Spoilers.

Richard Boleslawski réalise ici un des rares films en couleurs de Marlene Dietrich, avec le producteur David O Selznick, il réussit une sompteuse fresque en technicolor mais seulement au niveau de la réalisation. Le film est une histoire qui semble totalement folle et la fin est inattendue. De plus est-ce le fait que le code Hayes soit entré en application ou était-ce ainsi dans le roman, le moine trappiste épouse cette jeune femme, découvrant ainsi l'amour physique ou n'a-t'il qu'une aventure qui se finit par le retour du mouton dans le bercail. Car quelque part, il faut de la moralité, il faut épouser la femme, il faut qu'ils se séparent et pas par la mort, car le "crime" ne serait pas lavé, alors que le retour dans la communauté permet au moine de réparer sa faute. L'histoire est donc totalement folle avec l'influence du destin, le mélange du sacré et du paien avec ces prêtres de mission et ces diseurs de bonne aventure. Nous sommes dans un orient d'Opérette, et le film sent ses décors, mais les couleurs sont magnifiques, une harmonie de tons froids à base de beige, de brun et quelques touches plus chaudes par moments. Marlene Dietrich est totalement différente de ces rôles de femme fatale habituelle, ici nous avons une jeune femme profondément amoureuse qui vit une triste histoire d'amour, elle est certes peu expressive, mais ses tenues sont magnifiques. A ses côtés Charles Boyer est dans un rôle pour lui aussi inhabituel, où il ne joue pas de son assurance, bien au contraire, c'est un homme traqué, qui ne sait pas où il va et qui renaît finalement grâce à cet amour charnel. A leurs côtés, le casting réunit Basil Rathbone loin de ses personnages détestables, Alan Marshall qui une fois de plus ressemble à Errol Flynn sans sa superbe, Cecil Aubrey Smith qui prête sa stature imposante au religieux, John Carradine méconnaissable en diseur de bonne aventure... Le film est plutôt lent, il ne s'y passe pas grand chose, mais esthétiquement il est très beau et permet de voir les deux acteurs dans des contre-emplois. FInalement ce jardin d'Allah se laisse voir sans déplaisir malgré ses limites évidentes.
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by feb »

Cathy, je ne veux pas savoir comment tu l'as vu :uhuh: mais merci à toi car je suis bien content de lire un avis sur ce film qui fait partie des Dietrich que j'aimerais voir...surtout que les films en couleur avec la miss sont rares.
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by Cathy »

feb wrote:Cathy, je ne veux pas savoir comment tu l'as vu :uhuh: mais merci à toi car je suis bien content de lire un avis sur ce film qui fait partie des Dietrich que j'aimerais voir...surtout que les films en couleur avec la miss sont rares.
Tout ce qu'il y a de plus officiellement, il était sorti en zone 1 chez MGM avec stf, et la copie est plus que correcte !
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by feb »

Cathy wrote:Tout ce qu'il y a de plus officiellement, il était sorti en zone 1 chez MGM avec stf, et la copie est plus que correcte !
Pas de platine zone 1 chez moi donc pas de film avec Marlene :mrgreen: J'attendrai donc une sortie en Z2...merci Cathy :wink:
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by Cathy »

feb wrote:
Cathy wrote:Tout ce qu'il y a de plus officiellement, il était sorti en zone 1 chez MGM avec stf, et la copie est plus que correcte !
Pas de platine zone 1 chez moi donc pas de film avec Marlene :mrgreen: J'attendrai donc une sortie en Z2...merci Cathy :wink:
De plus les MGM contrairement au Warner sont tous véritablement zonés, ils sont d'ailleurs aussi très souvent au mauvais format, soit pan et scanisé, comme la comédie "les miens, les tiens, le notre", charmante comédie famiale avec Lucille Ball et Henry Fonda, ou alors non anamorphique comme Witness for prosecution que je suis en train de revoir !
Sinon peut-être peux-tu dézonner ta platine !
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by Cathy »

Témoin à Charge, Witness for the Prosecution (1957) - Billy Wilder

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Un homme est accusé du meurtre d'une riche veuve. Il est défendu par un ténor du barreau anglais qui revient de l'hôpital suite à une crise cardiaque. L'épouse de l'accusé reconnaît la culpabilité de son mari, mais l'est-il vraiment ?

Brillant, que dire de plus si ce n'est que Billy Wilder signe un film en tout point brillant. Adapté d'une courte nouvelle d'Agatha Christie, Billy Wilder change quelques détails, notamment la fin, il ajoute le personnage succulent de l'infirmière chargée de veiller à la santé de l'avocat. Il modifie un certain nombre de détails pour rendre l'histoire moins sulfureuse, code Hayes oblige. Ainsi dans le roman Leonard Volle est beaucoup plus jeune, nous avons donc vraiment affaire à un gigolo, alors qu'ici nous avons plus l'impression que la victime et son supposé assassin ne sont que de très bons amis. Christine Volle devient une "victime" de la guerre en Allemagne, visiblement l'Allemagne martyrisée aura beaucoup séduit Wilder vu qu'après Foreign Affair, il revient à Berlin pour la rencontre entre les futurs époux et il retournera encore à Berlin pour One Two Three. Si dans le film, le couple est marié, ce ne sont que des amants dans le livre.

Du coup l'oeuvre de Wilder apparaît comme une véritable oeuvre d'auteur, et pas seulement comme l'adaptation d'un roman policier. Agatha Christie aurait été ravie d'ailleurs de cette adaptation. Il faut dire que nous avons vraiment un film virtuose notamment dans les dialogues savoureux, le casting impérial notamment ce duo formé par le couple à la ville et à l'écran, Charles laughton et Elsa Lanchester, absolument irresistible, lui en ténor du barreau, malade, mais redoutable dans ses répliques, ses plaidoiries, et elle en infirmière à la fois sans pitié et pleine de compassion pour son malade. Il y a aussi Tyrone Power pour son dernier rôle à l'écran, qui joue admirablement l'ambiguité de l'accusé, et naturellement Marlène Dietrich, en épouse sur qui tout le film repose. Il ne faut pas oublier aussi Una O Connor savoureuse en domestique dévouée à sa maîtresse assassinée. Billy Wilder signe ici un chef d'oeuvre et le final est tout bonnement excitant. Bref un véritable chef d'oeuvre, et malgré un nouveau visionnage, le film marche toujours autant, gage de sa qualité !
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

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Femme ou démon, Destry rides again (1939) - George Marshall

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Tom Destry, fils d'un shérif fqui a nettoyé Tombstone est appelé à faire régner l'ordre dans une petite ville où une bande de notables fait la loi. Il est un fervent partisan du dialogue.

Georges Marshall signe ici un film fort sympathique et assez atypique, à la fois comédie et véritable western avec son saloon, son entraineuse qui semble avoir inspirer les personnages de Tex Avery, ses parties de poker, ses shériffs plus ou moins alcooliques, bref toute cette galerie de portraits typiques du genre. Il y a aussi ce shériff atypique qui prone la non-violence, bien qu'excellent tireur et n'hésite pas à se faire ridiculiser pour arriver à ses fins. Il y a aussi cet ivrogne qui abandonne la boisson pour devenir un sheriff digne de ce nom et dont la mort va provoquer sur Destry un électrochoc. On retrouve la comédie avec le personnage interprété par Misha Auer, second mari faible d'une femme et que l'on nomme du nom de son épouse, la scène du poker avec l'entraineuse ou encore cette grande bagarre entre femme. On a aussi cette histoire d'amour improbable entre cette entraîneuse finalement au grand coeur. Le film repose sur James Stewart parfait dans le rôle de jeune homme à la fois justicier et idéaliste et Marlene Dietrich dans un rôle plus traditionnel, mais particulièrement belle, le rôle lui permet également de pousser la chansonnette, sans oublier Charles Winniger traditionnel second rôle en sheriff, alcoolique repenti. Si ce film n'est pas forcément un chef d'oeuvre, il s'avère un bon divertissement, western traditionnel.
feb
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by feb »

Rien à ajouter vis à vis de tes 2 critiques Cathy, c'est du tout bon pour moi. :wink:
Witness for the Prosecution est un superbe film de Billy Wilder, le trio Power/Dietrich/Laughton est impeccable et le twist final marche à tous les coups même pour un re-visionnage.
Destry rides again est bien sympathique et le couple Stewart/Dietrich fonctionne très bien (je les préfère ici que dans Le Voyage fantastique que j'avais trouvé un peu mou...) et puis un petit Boys in the backroom ce n'est jamais désagréable :mrgreen: :fiou:
Vivi
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Re: Marlène Dietrich (1901-1992)

Post by Vivi »

Witness for the Prosecution est excellent, je suis d'accord avec vous! Film que j'ai découvert récemment, Laughton est formidable en avocat de l'accusé. Quant à Dietrich, elle illumine l'écran par sa prestation et sa présence. Tout est savamment dosé, l'humour, le rythme ainsi que l'intrigue et même les seconds rôles. Une œuvre de Wilder à découvrir.