Mervyn LeRoy (1900-1987)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Jeremy Fox
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Jeremy Fox »

Commissaire Juve wrote:Bon sinon, comme je suis des années 60, comme j'ai été biberonné à la télé 4.3e en noir & blanc
Ben moi aussi ; et moi aussi aimais les larges bandes noires. N'empêche...

Jeremy Fox wrote: ... les plans de John Ford pour La Charge héroïque, de Anthony Mann pour Les Affameurs, de Wellman pour Convoi de femmes ou John Sturges pour Fort Bravo sont pour moi bien plus amples, plus -paradoxalement- aériens voire hallucinants de maîtrise que ceux de 80% des westerns filmés en scope.
Et aussi pour en revenir au sujet initial, Quo Vadis me fait plus plus d'effets "spectaculaires" en 1.37 que le mollasson La Tunique en 2.35. Comme quoi le spectaculaire n'a pas forcément à voir avec le format. Tout dépend du réalisateur.
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Commissaire Juve
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Commissaire Juve »

Et pour revenir à Mervyn Leroy... Waterloo Bridge en 1.37 ; j'adore (j'en ai les larmes aux yeux). Mais Quo Vadis, euh...

EDIT :
Jeremy Fox wrote:
Et aussi pour en revenir au sujet initial, Quo Vadis me fait plus plus d'effets "spectaculaires" en 1.37 que le mollasson La Tunique en 2.35.
Ben moi, je dégaine Ben Hur, Spartacus ou La Chute de l'empire romain. :mrgreen:
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Jeremy Fox
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Jeremy Fox »

Sauf que contrairement à toi je ne dis pas préférer un format à l'autre dans le domaine du cinéma 'de spectacle' ; tu l'avais bien compris j'espère ?
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Commissaire Juve
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Commissaire Juve »

Dans mon cas, j'ai écrit que c'était quasi "pavlovien". It's beyond my control comme dirait Malkovich dans "Les Liaisons dangeureuses".

Il en y a qui aiment les épinards et les courgettes. Eh ben, pas moi ! :mrgreen:

EDIT : enfin... tout ça... c'était pour (ré)expliquer mon point de vue. Pas pour avoir le dernier mot. Les goûts... les couleurs... hein ! (j'en ajoute une : avec les années, je me suis mis à détester les photos verticales... Pour certains portraits ; à la rigueur... mais pour le reste ; beuh)
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Profondo Rosso
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Profondo Rosso »

Prisonniers du passé (1942)

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Le jour où la victoire des Alliés de la Première Guerre mondiale est prononcée au moment du traité de Versailles en 1919, un officier britannique amnésique s'échappe de l'asile de Melridge en Angleterre où il séjournait depuis des mois, après qu'il a été libéré par les Allemands à la suite de l'armistice de 1918. Errant dans le village de Melridge, il fait la rencontre d'une jeune femme, Paula, qui vient d’entrer dans un bureau de tabac comme lui, le prend en pitié et décide de s'occuper de lui. Elle s'enfuit avec lui et lui donne le nom de John Smith. Ils finissent par se marier et un enfant naît de leur union

Mervyn LeRoy signe un mélo aussi rocambolesque que touchant au service de son actrice fétiche Greer Garson (reine du mélo hollywoodien des années 40). L'idée centrale du film (adapté d'un roman de James Hilton paru en 1941) serait que l'amour véritable et la passion ne peut exister qu'à travers une forme de vulnérabilité où s'affirment les sentiments. Cette vulnérabilité est poussée à l'extrême avec Ronald Colman, traumatisé et amnésique après son expérience des tranchées de la Première Guerre Mondiale. Ses attitudes fébriles, son élocution laborieuse et sa mémoire vierge en font un enfant terrorisé (y compris dans un écart de violence incontrôlé) par le monde extérieur jusqu'à sa rencontre avec Paula (Greer Garson). L'amour se dispute à l'instinct maternel envers cet être chétif qu'elle veut protéger, qu'elle va aider à reprendre pied jusqu'à ce qu'ils s'avouent leurs sentiments mutuels.

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Mervyn LeRoy filme toute cette première partie comme un songe, tour à tour cauchemar que Mr Smith (Ronald Colman) se trouve perdu dans le tumulte de la ville, puis le rêve dans sa vision de la romance avec Paula. Le réalisateur laisse transparaître une facticité volontaire et tonalité de conte dans les arrière-plans (les vues depuis la vitre du compartiment de train où le couple se fait face, celle depuis la fenêtre du domicile conjugal), les décors (la campagne de studio pour la scène de pique-nique) et même à travers la bienveillance de toutes les figures rencontrées par le couple. La mémoire défaillante de Mr Smith l'a forcé à s'ouvrir naturellement et sans fard à Paula qui trouve en lui l'écrin idéal à l'affection qu'elle est prête à offrir. La deuxième partie où Colman retrouve la mémoire renvoie donc la beauté des évènements qui ont précédés à leur nature de songe trop beau pour être vrai.

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En retrouvant son ancienne vie, nom et repères, Ronald Colman renoue avec l'instinct de protection du réel (et presque celui de la civilisation, toutes les scènes romantiques étant rattachées à un environnement rural, la luxuriance pastorale cède au simple luxe matériel), symbolisé par l'abandon des aspirations littéraires de son "moi" amnésique pour être le tycoon financier et politique qu'appelle son "moi" naturel et pragmatique. L'acteur est assez stupéfiant en grand meurtri de la Grande Guerre (peut-être que sa vraie expérience du conflit où il fut blessé en 2014 puis démobilisé en 2015 -pour une blessure le laissant boiteux toute sa vie - a pu aider) pour offrir un contraste saisissant en homme d'affaire pressé et distant - même si toujours solitaire et incomplet, d'une manière différente.

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Si un rebondissement improbable amène une proximité nouvelle entre Smith et Paula (mais l'amateur de mélo le tolérera volontiers), les parallèles entre la première partie émotionnellement à nu et la seconde sous contrôle sont captivants. On pense à la demande en mariage toute en candeur pastorale du début de film et la quasi et glaciale "embauche" où la malheureuse Greer Garson passe d'idéal amoureux à simple tremplin de réussite politique. L'actrice est toute en élégance résignée et touchante, dans l'attente de l'étincelle où elle retrouvera l'identité de celui qu’elle a aimé. On regrettera juste que Mervyn LeRoy soit si sobre dans sa conclusion, plus de flamboyance dans les retrouvailles n'aurait pas été de refus. Il n'en reste pas moins un superbe mélo qui sera un des grands succès de la MGM cette année-là au box-office, récoltant également sept nomination aux Oscars. 5/6
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Thaddeus
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by Thaddeus »

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Le petit César
Avec L’Ennemi Public de Wellman, voici le premier film à avoir institué bases et codes archétypaux d’un genre – le gangster movie – qui fera florès dans les décennies à venir. Accordée à l’allure trapue d’Edward G. Robinson, l’œuvre s’affiche dans des contours massifs, raideur du cadre et fixité du jeu semblant y interdire d’emblée les emportements de l’action. Les contraintes de la série B (période de restrictions budgétaires oblige) dictent pourtant les qualités premières du style : sécheresse, concision, nervosité dépourvue de toute fioriture. À travers le portrait d’un truand aimant afficher costumes criards et maîtresses voyantes, LeRoy dénonce la collusion entre le milieu et la politique et raconte la tragédie d’un homme s’élevant du caniveau au pouvoir et utilisant le crime pour maîtriser son destin. 4/6

Je suis un évadé
Le film participe de l’essor du cinéma social tel qu’il se développa dans les années trente devant les caméras de Lang ou Vidor, à la suite de la crise économique. Sa valeur de témoignage est irréfutable, puisqu’elle est fondée sur un fait authentique : interdit dans plusieurs états, il constitue un réquisitoire d’une violence inattendue contre les conditions de détention américaines, la vie inhumaine du bagne, un appel à l’opinion publique pour sauver l’homme dont l’expérience a inspiré le scénario et mettre fin au pouvoir absolu de l’administration pénitentiaire. Condamnant avec virulence les failles du système judiciaire, LeRoy se distingue par une mise en scène inventive mais toujours au service du propos, lui-même figuré avec une intensité par la prestation lourde, sobre et convaincue de Paul Muni. 4/6

Chercheuses d’or de 1933
Évidemment, les clous du spectacle sont constitués par les quatre numéros chorégraphiques qui ponctuent la fiction en s’y intégrant de façon prosaïque : extraits d’un show de Broadway dont les héroïnes sont les chanteuses et les danseuses. Le maître d’œuvre Busby Berkeley leur insuffle une extravagance, un rythme et une inventivité graphique dignes de sa réputation. Ils n’éclipsent pas pour autant les qualités d’une comédie de situations truffée d’allusions au contexte économique et social de l’époque (crise, chômage, traumatisme d’après-guerre) et qui, dans les intervalles, construit une amusante manipulation sentimentale. Le trio d’actrices, charmeuses et complémentaires, lui insuffle sa réjouissante énergie, bien relayée par le dynamisme narratif d’un réalisateur aux inspirations quasi lubitschiennes. 4/6

La valse dans l’ombre
Londres est un pont, du brouillard, un lampadaire ; la guerre une gare pleine de soldats ; l’amour une valse muette dans un cabaret où des chandelles sont mouchées une à une ; la mort une ligne dans un journal ; et le bouleversement intérieur suggéré par l’un des fameux haussements de sourcils de Vivien Leigh, trésor de ce superbe mélodrame. Il en va de même pour le cours du temps, qui suit élastiquement le rythme de l’émotion en une bousculade de scènes fortes, prouvant quel talent de l’ellipse la narration demande au conteur, et quelle rapidité d’enchaînement il suppose dans l’imagination de celui à qui on la conte. Loin du cabotinage, du pathos et du carton-pâte, le film aboutit ainsi à une sorte d’épure poignante, où l’intelligence et la sensibilité ne cessent de se prendre mutuellement le relais. 5/6
Top 10 Année 1940

Prisonniers du passé
Quel que soit le genre dans lequel il s’épanouit, le moteur dramatique fourni par le thème de l’amnésie est riche de possibilités romanesques. En racontant l’histoire d’un officier britannique rescapé des tranchées de la Grande guerre et frappé deux fois par la foudre du destin, LeRoy s’appuie sur une mécanique scénaristique d’une irréprochable efficience. Son attention à la fragilité des êtres et à leur insatiable flamme affective, constitutive du grand mélodrame hollywoodien des années quarante, s’accommode du ton un peu solennel qui parcourt le récit. Et si le film émeut jusqu’à remporter une franche adhésion, que cristallise un dénouement cathartique, c’est aussi parce qu’il est porté par un excellent duo d’acteurs – à commencer par Greer Garson, personnification vibrante de l’amour salvateur. 4/6


Mon top :

1. La valse dans l’ombre (1940)
2. Chercheuses d’or de 1933 (1933)
3. Je suis un évadé (1932)
4. Prisonniers du passé (1942)
5. Le petit César (1931)

Très ancré dans la situation sociale de son époque, le cinéma de Mervyn LeRoy recourt aux conventions de genres divers, lorsqu’il ne contribue pas à les imposer, pour dépeindre l’état moral d’une nation en pleine gueule de bois. Il fut l’un des premiers à employer la manière grise, sobre et concise, qui à la Warner caractérisa les débuts du parlant ; en cela, ses films ont une véritable valeur historique.
Last edited by Thaddeus on 22 Nov 22, 22:28, edited 1 time in total.
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Jeremy Fox
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

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On débute l'année avec Esther Williams dans La Première Sirène.
frédéric
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

Post by frédéric »

La police fédérale enquête (1959)

Film à la construction assez curieuse narré par le personnage de James Stewart qui raconte la fondation et l'évolution du FBI à travers sa vie de famille. Cela donne des petites saynètes assez inégales où l'on va du Ku Klux Klan à l'arrestation des principaux gangsters des années 30 etc. Il y'a même un segment qui fait un peu film d'aventures. Bref, très curieux, accroché moyennement.
Blogs Perso, Cinéma de Minuit : http://cineminuit.fr.over-blog.com/

Cinéma Actuel : http://sallesobscures2.over-blog.fr/

"And Now Mr Serling"
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Profondo Rosso
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Re: Mervyn LeRoy (1900-1987)

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Madame Curie (1943)

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L'histoire de la physicienne franco-polonaise Marie Skłodowska-Curie dans les années 1890 à Paris alors qu'elle commence à travailler dans le laboratoire de son futur mari, Pierre Curie.

Madame Curie s'inscrit dans ce courant de biopics prestigieux du cinéma hollywoodien entamé dans les années 30. Pour ce projet, il s'agit de rebondir sur la publication en 1937 de Madame Curie, biographie écrite par Eve Curie, fille de Pierre et Marie Curie. Universal en achète rapidement les droits et envisage Irene Dunne dans le rôle-titre, l'actrice se rendant même en Europe pour rencontrer Eve Curie. Le projet piétine et la MGM en récupère les droits avec là aussi de longues années d'atermoiements, de casting avorté (Greta Garbo dirigée par George Cukor, Joan Crawford postulant mais rejetée par le studio ce qui sera une des raisons de son départ pour Warner), et ce même une fois la production lancée puisque Mervyn LeRoy remplace un Albert Lewin congédié peu après le début du tournage. Cette fois le projet semble sur les rails puisqu'il s'agit de la troisième des quatre collaborations de LeRoy avec la star anglaise Greer Garson (dont le très beau mélo Prisonnier du passé (1942)) et que cette dernière retrouve pour la quatrième fois comme partenaire Walter Pidgeon, leur "couple" à l'écran rencontre alors grandement les faveurs du public - notamment avec le célèbre Madame Miniver de William Wyler l'année précédente.

Madame Curie est un biopic grandement romancé qui occulte tous les éléments s'éloignant de la sphère du couple Curie (la famille de Marie Skłodowska, son engagement social et politique pour le développement de sa Pologne natale) et de leurs recherches scientifiques. La première partie se concentre sur la rencontre et la romance entre Marie Skłodowska (Greer Garson) et Pierre Curie (Walter Pidgeon) qui se rapprochent progressivement alors qu'ils sont amenés à partager un labo. C'est charmant et piquant à souhait, les ressorts romantiques hollywoodiens se pliant bien à la profession particulière des protagonistes. Pierre Curie est un doux-rêveur mal à l'aise en public et entretenant des préjugés sur les femmes qui vont voler en éclat au contact de Marie qui le subjugue certes par sa beauté mais surtout par son intellect et mènent avec lui de passionnantes discussions théoriques. En quelques séquences (le retour en parapluie) le tour est joué et Greer Garson est tout aussi attachante en rigide fendant peu à peu l'armure. Dès lors le film se déleste de toute futilité pour dépeindre en détail et avec un vrai travail de vulgarisation pour le spectateur néophyte la nature de leurs recherches sur le radium, le travail de longue haleine pour isoler cette matière. Les ellipses font ressentir le poids du temps qui passe, les conditions spartiates et le laborieux travail physique qu'implique chaque étape pour séparer le radium. C'est parfaitement didactique et remarquablement écrit, la patience, la joie et les déceptions des réussites et tâtonnements divers sont très bien retranscrits. Pour éviter la froideur quasi documentaire, la voix-off de James Hilton vient dépeindre chaque étape avec emphase et Mervyn LeRoy se montre plutôt inspiré formellement tant dans le registre romanesque (décors et environnements somptueux dans la première partie) que celui scientifique notamment la très belle scène passant de la joie à la peine puis encore la joie dans la matérialisation "visuelle" du radium comme une sorte de miracle religieux.

L'alchimie entre Greer Garson et Walter Pidgeon fait toujours autant d'étincelle, notamment dans ce registre scientifique où obnubilé par leurs travaux ils parviennent par leur seule connexion amoureuse/intellectuelle à s'évader par le dialogue de situations/cadres sociaux totalement extérieurs. On pourrait croire qu'ils sont une association davantage qu'un couple mais au cœur de ces efforts, dans l'urgence de leurs travaux que se révèlent pleinement et pudiquement leurs sentiments mutuels. On pense à la très belle scène où triste de voir Marie repartir pour la Pologne, Pierre ne tente de la retenir que par ce ressort scientifique tout en y glissant une demande en mariage. Cela pourrait être vexant ou incompréhensible pour une autre, mais Marie saisit immédiatement ce que Pierre cherche à exprimer. Plus tard dans le film, après des années de vie commune, une des plus belles scènes voit Marie faire une magnifique et explicite déclaration d'amour à cet époux qui l'a toujours soutenue, entérinant ce lien hors du cadre scientifique. Néanmoins, la dernière demi-heure laissant place aux honneurs et au mélo plus explicite (et prévisible même sans connaître sur le bout des doigts la biographie des Curie) est un poil longuette sans la dynamique et la tension du travail de recherche du duo. Un très joli film néanmoins ! 4,5/6