Buster Keaton (1895-1966)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Nomorereasons
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Nomorereasons »

Ils sont tous géniaux.


Tu peux faire l'impasse sur ses films parlants en revanche, pas qu'ils soient franchement mauvais mais la voix de Buster sonne tellement rauque et arsouille que c'en est une pitié.
Vieux parasite
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Vieux parasite »

Sherlock Jr (1924)

Je ne fais que suivre vos conseils, et je regarde mon deuxième Keaton, sans me préoccuper du reste et malheureusement au bout de 3/4 d'heure, c'est fini : ce n'est qu'un moyen métrage :(

Que j'aurais aimé que Hearts and Pearls lui permette de résoudre l'énigme, mais le film rêvé (ou revu en rêve, projectionniste il l'a déjà vu) lui permet tout de même de réaliser ses désirs (Keaton lecteur du Dr Freud ou plutôt de Windsor McCay ?) en devenant le plus grand des détectives et, comme le manuel qui guide ses premiers pas (maladroits) de détective dans la réalité, lui permet à la fin de savoir comment déclarer sa flamme. Surtout, le film rêvé lui révèle la vérité, d'où la frustrastion de ne pas le voir résoudre l'énigme dans la réalité, mais sans doute y a-t-il trop de différences entre nos rêves ou leur projection et le réel :( . La seule chose raisonnable et efficace à faire, voir le prêteur sur gage, est fait par la jeune fille - le projectionniste n'est sans doute pas assez prosaïque, trop artiste pour avoir une telle idée, et il ne lui reste plus que l'univers de fantaisie du cinéma et de ses rêves pour accomplir ses désirs, avec la possibilité de s'en inspirer pour réaliser maladroitement ce qui est sublimé à l'écran (à la fin, le contraste entre ce qu'il voit et ce qu'il fait est délicieux).

Le dédoublement et l'entrée du projectionniste rêvé dans l'écran est un moment magique, au début il échoue à entrer dans le film (la difficulté de s'adapter à la technique ?) : les décors se dérobent en se succédant de manière cartoonesque (cela me rappelle un Looney tunes avec Daffy Duck à qui il arrive la même chose). Le film devient enfin un véritable film d'aventure digne de James Bond dans la course poursuite (la bande son du Kino le cite d'ailleurs) - là encore, comme Le mécano de la General cela se laisse regarder au premier degré. Les gags sont burlesques et reposent sur une attente trompée (la chaise piégée, le poison et l'incroyable partie de billard, doublée voire précédée par les commentaires du complice du voleur dans l'autre pièce) comme celui de la banane au début. La filature, la confrontation avec le voleur et les receleurs, les deux courses poursuite se font sur un rythme endiablé avec des inventions délirantes : la porte du coffre qui s'ouvre sur la rue, le passage par deux fois dans des vêtements de femme, le plan avec la maison des receleurs ouverte sur le côté, la fausse verbalisation de l'excès de vitesse, la scène du pont - on est bien dans un rêve où tout est possible.

Le film lui-même (pas celui du rêve) n'est pas sans mérites. La scène des ordures balayées à l'entrée du cinéma est vraiment drôle et sans doute signifiante : ces dollars perdus par les spectateurs lorsqu'ils vont au cinéma et que le projectionniste échoue à garder, celui retrouvé et qui devait permettre d'acheter la boîte de bonbons à 3 dollars et qui se retrouve décrit précisément par celle qui l'a perdu, celui extorqué par la mauvaise conscience du projectionniste pour la spectatrice plus âgée (à moins que ce dollar aussi ait été retrouvé par terre par le projectionniste, mais hors caméra et avant le film) ou enfin le porte-feuille retrouvé par l'individu patibulaire. Que de dollars qui lui échappent, lui laissant pour seule solution de transformer le prix de la boîte finalement achetée et ainsi de se condamner à passer pour le voleur de la montre. L'insistance sur le (faux) prix de la boîte ostensiblement montré à la jeune fille et sa surprise devant la taille du solitaire (qui nécessite l'usage de la loupe) ajoute, à mon sens à cette réflexion sur l'argent (et d'ailleurs que dit d'autre la porte du coffre qui donne sur la rue ?)

Comme dans Le mécano de la General, un même péché originel construit sur un quiproquo chasse le héros de la maison de celle qu'il aime et constitue l'enjeu dramatique du film - retrouver sa place auprès d'elle - ce qui sera chose faite à la fin dans l'incroyable échange entre réalité et cinéma par la lucarne du projectionniste.

Que c'est beau le cinéma, quand ça ressemble à ça :D
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feb
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by feb »

Free and Easy - Edward Sedgwick (1930)

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Mon dieu :roll: 
90 minutes horribles, un calvaire du début à la fin. C'est mou, c'est statique, c'est une horreur sonore (certains dialogues semblent avoir été capturés avec le micro perché à 50m de hauteur), c'est filmé avec les pieds (aucun sens du cadre, montage inexistant), le scénario est d'un ridicule rarement vu et surtout il n'a ni queue, ni tête. Keaton m'a fait de la peine tout au long du film tant l'acteur semble perdu au milieu de tout ça, Anita Page est tout simplement gâchée avec un personnage sans saveur, 10 lignes de texte et une romance de pacotille avec un Robert Montgomery mauvais comme un cochon.
C'est bien simple, il n'y a RIEN à sauver excepté le plaisir de voir Anita Page (même avec un sac poubelle sur la tête cette actrice est à tomber), le caméo de Dorothy Sebastian (coucou Tommy :mrgreen: ), le passage avec Cecil B. de Mille qui dit hésiter entre Garbo, Crawford, Shearer et Davies pour son prochain film (il y a pire comme choix à faire :mrgreen: ) et des soupçons de Keaton "muet" qui transparaissent ça et là pendant 10 images de pellicule. Rarement été aussi déçu et agacé par un film MGM, rarement vu un tel gachis qu'avec les rôles de Buster Keaton et Anita Page et surtout étonné par le manque de professionnalisme dont fait preuve le film qui accumule les pires défauts des early talkies. En fait si on cherche à voir un film sur les coulisses de la MGM avec des cameos de première catégorie, il suffit de regarder Show People, petite perle éclairée par une Marion Davies géniale et où on voit aussi Dorothy Sebastian (coucou Tommy :mrgreen: ). Hautement déconseillé.
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Jack Carter
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Jack Carter »

oui, bon, ça va, on a compris, pourvu qu'il n'y ait pas de topic Sedgwick :mrgreen: :arrow:
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feb
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by feb »

Avec un peu d'avance, bravo et merci à François :shock: De quoi s'occuper pendant les pauses au boulot cette semaine :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
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Jeremy Fox
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Jeremy Fox »

feb wrote:Avec un peu d'avance, bravo et merci à François :shock: De quoi s'occuper pendant les pauses au boulot cette semaine :mrgreen:
Plus qu'à mettre le lien alors :mrgreen:

Oui, merci François et bravo
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feb
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by feb »

Je te laisse un peu de travail :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by allen john »

Jeremy Fox wrote:
feb wrote:Avec un peu d'avance, bravo et merci à François :shock: De quoi s'occuper pendant les pauses au boulot cette semaine :mrgreen:
Plus qu'à mettre le lien alors :mrgreen:

Oui, merci François et bravo
:D
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

Je litai ça des que j'aurai un moment .... Si ça arrive mais j'en salive d'avance :P
Abronsius
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Abronsius »

Allen John a encore frappé !
someone1600
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

J ai commencer a lire et c est passionnant. J en suis rendu a haunted bouse et comme je regarde en même temps les courts inutile de dire que je passe mon temps a me bidonner. Quel génie ce Keaton !
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Chdx »

someone1600 wrote:J ai commencer a lire et c est passionnant. J en suis rendu a haunted bouse et comme je regarde en même temps les courts inutile de dire que je passe mon temps a me bidonner. Quel génie ce Keaton !
:x
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ed
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by ed »

Chdx wrote:
someone1600 wrote:J ai commencer a lire et c est passionnant. J en suis rendu a haunted bouse et comme je regarde en même temps les courts inutile de dire que je passe mon temps a me bidonner. Quel génie ce Keaton !
:x
:lol:
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someone1600
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

Mechand lapsus désolé... :oops:
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by bruce randylan »

allen john wrote:The blacksmith (Buster Keaton & Mal St-Clair, 1922)

L'assistant (Buster Keaton) d'un maréchal-ferrant (Joe Roberts)[...] doit réparer une voiture magnifique dont le blanc virginal va bientôt se parer de toutes les taches de graisse possibles.

Ce dernier gag est redondant: le premier cheval est lui aussi blanc, et lui aussi souillé en deux minutes... Keaton se laisserait-il aller? Disons que le film n'est pas son meilleur, mais se laisse de toute façon voir.
http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 79754.html
Tu ne crois pas si bien dire !
Il semble que cette version que tout le monde connait n'était en fait qu'un premier montage ! :o
Buster Keaton était en fait conscient de ce gag redondant et le supprima pour retourner 5 minutes alternatives... Et la pellicule a été retrouvé il y a peu. Cette nouvelle découverte a été présentée hier par Serge Bromberg à la soirée Retour de Flamme en ciné-concert gratuit :D

Une fois que Buster a "chaussé" le cheval blanc, il sort en fait de l'étable et monte dans sa voiture qui tombe en lambeau ce qui cause un accident avec son patron qui le prend en chasse. Il recroise la propriétaire du cheval blanc, tente de faire sa cour tout en enfermant son responsable dans un petit cabanon.
Cette version alternative se finit quand Buster sert la cavalière tombée de son cheval et qui se voit proposer une selle "amortissante".

Ce passage manque un peu de fluidité (on se comprend pas trop pourquoi Buster prend sa voiture, ni vraiment pourquoi il tombe amoureux de cette fille là si rapidement) mais ça rend un peu cohérente la progression de la deuxième partie : pourquoi son chef est si remonté contre lui et le mariage final. Cette scène est d'ailleurs constituée d'une séquence légèrement différente puisqu'ils s'écroulent directement sur le champ (et non plus dans une meule de foin) et que Buster profite de l'évanouissement de la dame pour lui subtiliser sa bague qu'il lui offrira juste après en bague de fiançaille :mrgreen: .

Bref, ces 5 minutes au centre du récit sont du pur Keaton avec plein de gags très rapides qui s'enchaînent très vite dont certains sont vraiment excellents (le deuxième effet kisscool avec la publicité pour la voiture est géniale). Ce n'est pas ce que Keaton a fait de plus original mais ça fonctionne bien même si au final on a l'impression qu'il demeure des trous dans la narration et que l'inspiration comique demeure inégale.

Pour l'anecdote, la voiture blanche qui se fait réduire en miette à la fin du film est en fait un cadeau de Joe Keaton à son fiston qui détestait ce véhicule. Il a donc trouvé un moyen de s'en débarrasser avec panache :lol:
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"