Buster Keaton (1895-1966)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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The General (Buster Keaton, Clyde Bruckman, 1927)

Voilà un film dont on aimerait le découvrir comme la première fois, avec toutes ses merveilles, sa construction parfaite, sa production certes dispendieuse mais dont l'effet se voit sur l'écran: bref, un chef d'oeuvre. Non seulement d'un metteur en scène, mais plus, d'un genre: je pense sincèrement que cette comédie supplante toutes les autres. Et pour bien des gens, si on en croit le Top 10 établi sur le site Silent Era.com, c'est tout bonnement leur film muet favori, devant Metropolis, Sunrise et City lights... (http://www.silentera.com/) Et bien sur, comme il se doit, au moment de sa sortie, ce film a été un flop.

The general, ça nous rappelle bien sur The Navigator: adepte de titres courts et directs, Keaton était aussi un passionné de systèmes mécaniques, et par la même de véhicules. On a bien sur vu cette petite manie à l'oeuvre dans ses courts, mais ses longs métrages se sont signalés par leur degré de sérieux, du moins en matières de mécanique: aussi bien Our hospitality que The Navigator voient Keaton utiliser des machines pré-existantes ou reconstruites avec le sceau de l'authenticité. The General ne fera pas exception à la règle, mais Keaton ne limite pas cet aspect à sa locomotive dans ce film à la reconstruction scrupuleuse...

Johnnie Gray, conducteur de locomotives, habite à Marietta, Georgie, au moment de la cannonnade sur Fort Sumter, la provocation du Nord pour pousser les Etats du Sud à leur déclarer la guerre. Il se doit, pour conserver l'estime de sa petite amie (Marion Mack)et de sa famille, de s'engager. Seulement son métier le rend plus utile en civil, et il ne peut donc pas devenir soldat, passant ainsi pour un lâche. Mais un évènement va survenir, qui va tout changer: une dizaine d'espions Nordistes s'introduisent à Marietta et lui volent sa locomotive... avec sa fiancée dedans. Le sang de Johnnie ne fait qu'un tour, et il se lance dans une épopée personnelle, afin de récupérer le tout, seul contre l'armée Nordiste.

La ville de Marietta, les paysages de sous-bois dans lesquels la locomotive avance, mais aussi le pont de Rock River, tout le film possède une qualité de reconstitution franchement rare dans le cinéma muet. Et Keaton pousse le vice jusqu'à imposer des coiffures authentiques (Il suffit de comparer avec par exemple Gone with the wind, et avec les photos d'époque pour s'en convaincre), et une certaine tendance scrupuleuse au niveau vesimentaire, pas seulement our les robes de ces dames. La belle tenue visuelle s'accompagne de deux autres exigences: d'une part, à l'instar de cet officier Nordiste qui s'aventure à Marietta, après avoir étudié les lignes de chemin de fer qu'il connait désormais comme sa poche, Keaton va nous conter son périple ferroviare avec une incroyable lisibilité, détaillant la poursuite en utilisant le montage et la variété des plans pour montrer au public la géographie particulière dans laquelle il évolue. D'autre part, il va faire en sorte de demander à ses chefs-opérateurs (Au nombre de trois: J. Devereaux Jennings, Bert Haines and Elmer Ellsworth) et à son éclairagiste Denver Harmon un travail particulièrement pointu sur la lumière, et le résultat est splendide: les scènes durant lesquelles Johnnie Gray délivre sa belle, situées la nuit et en plein orage, sont superbes. Et une scène de sous bois, magnifiquement éclairé pendant la bataille, est du plus bel effet. Tout dans ce film est beau à voir...

Et puis il y a l'incident de Rock River Bridge, bien sur, amené avec un savoir-faire impressionnant par le cinéaste: les deux héros rentrent chez eux, en locomotive, poursuivis par deux trains Nordistes, et alors que les troupes de L'union se déplacent en masse vers Marietta. Le dernier rempart: un pont, sur une rivière domptée par un barrage. Après leur passage, Keaton et Mack incendient le pont, qui ne tient plus qu'à un fil. Les soldats du Nord continuent à affluer, augmentant le suspense. Les deux jeunes gens arrivent à temps en ville, préviennent les gens, et les soldats du Sud se précipitent vers la rivière. A ce moment, la cavalerie et l'infanterie Nordiste commencent leur traversée par un gué, pendant qu'une locomotive s'engage sur le pont... qui cède, le tout dans un plan hallucinant et non truqué. aPr la suite, cerise sur le gateau, un obus tombera sur le barrage et achèvera de semer la pagaille dans les troupes nordistes. Il faut le voir our le croire, ces plans sont toujours aussi efficaces...

Au sujet de ce film, on peut s'interroger bien sur sur les sympathies Sudistes de Keaton, mais elles sont romantiques avant tout. Dans ce film, ce n'est pas le Sud Esclavagiste qui est représenté, c'est le sud souverain attaqué par le Nord: la principale motivation de la guerre pour bien des Sudistes fut le respect de l'état, et Keaton ne dira pas autre chose, revenant au folklore Sudiste dans l'hilarante pièce de théâtre représentée dans Spite Marriage en 1929. On retrouve des traces de cette sympathie sudiste chez Walsh, qui se fait un honneur de jouer John Wilkes Booth, l'assassin de Lincoln, dans Birth of a nation, ou représente avec Band of angels un Sud humaniste qui laisse une chance à ses esclaves; on les retrouve aussi chez Ford, sans parler bien sur de Gone with the wind...

L'auteur? Keaton, bien sur. il est temps de reparler de ce serpent de mer: qui est le véritable auteur des films avec Keaton réalisés entre 1920 et 1929? Certains, la plupart en fait, sont créditésà Keaton "et...", que ce soit Eddie Cline (Soit un collaborateur sous contrat en même temps qu'un collègue proche) ou Donald crisp (Un metteur en scène freelance recruté pour l'occasion); d'autres sont bien sur crédités à Keaton seul, d'autres enfin sont crédités à d'autres metteurs en scène, sans aucune mention de Keaton. Mais l'unité derrière ces films, la volonté derrière ces oeuvres, ne font aucun doute. on y reviendra, puisque après l'insuccès de ce film, Joe Schenck demandera prudemment à Buster de renoncer à son crédit à l'avenir, afin de ne pas effaroucher leurs nouveaux commanditaires, qui craignent que les dépenses délirantes comparables à celles engagées sur The General ne pèsent de nouveau sur le budget. Keaton obéira, mais il en ira des quatre films suivants comme de celui-ci: qui oserait imaginer que tout le luxe génial et la qualité de la reconstitution de ce film puissent incomber à Clyde Bruckman? Le metteur en scène, gagman génial et bientôt employé chez Hal Roach, n'est ici que l'assistant de Keaton, point final.

Voilà, le film le plus beau de son auteur, l'une des fictions les plus belles sur la guerre de sécession, une comédie exceptionnelle, un sommet de suspense et de dynamisme, The General est tout cela et bien plus. Un film auquel il faut succomber, se laisser aller dans son fauteuil, et rire, vibrer et s'émouvoir devant les belles images qui nous sont montrées. Dans une salle, si possible, en compagnie d'autres, dont certains voient le film pour la première fois: les veinards!

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Watkinssien
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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C'est en effet un des plus grands films comiques de l'histoire, et j'adhère à ton enthousiasme.

Cependant, même si je pense que Keaton est le principal auteur de cette oeuvre majeure, je ne serais pas aussi certain de ma position concernant Clyde Bruckman. Ce dernier est quand même le coauteur du scénario, comme la plupart des films de et avec Keaton... Sa part ne paraît pas aussi minimisée que celui du simple assistant de Keaton...

Même si le vrai prodige c'est Buster...
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allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by allen john »

Watkinssien wrote:C'est en effet un des plus grands films comiques de l'histoire, et j'adhère à ton enthousiasme.

Cependant, même si je pense que Keaton est le principal auteur de cette oeuvre majeure, je ne serais pas aussi certain de ma position concernant Clyde Bruckman. Ce dernier est quand même le coauteur du scénario, comme la plupart des films de et avec Keaton... Sa part ne paraît pas aussi minimisée que celui du simple assistant de Keaton...

Même si le vrai prodige c'est Buster...
Oui, bien sur, il a co-écrit le scénario, comme le faisait Cline (Sans doute le plus impliqué de tous les co-réalisateurs de Keaton, d'après les commentateurs: ils étaient en symbiose totale, parait-il), comme Lex Neal, qui n'est crédité sur les films auxquels il a collaboré (Go west, Battling Butler) qu'à cette fonction de scriptwriter. Mais le point commun de tous ces films, c'est Buster, et mon terme d'assistant n'a rien de péjoratif. C'est le terme qui qualifiait le réalisateur Monta Bell sur A woman of Paris, ou encore Henry d'Abbadie d'Arrast et Chuck Reisner (lui même futur réalisateur crédité seul au générique de Steamboat Bill Jr) sur The Gold rush. Keaton avait besoin de ces collaborateurs de luxe, mais franchement, ils le secondaient.

Et du reste, aux Etats-Unis ou le crédit est roi, on a rayé définitivement Keaton de la réalisation de ses propres films, je pense que c'ets un crime autrement plus important que de concéder un rôle pâr trop secondaire à ce brave Clyde Bruckman, dont voici une photo pour me faire pardonner:

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Je l'ai toujours confondu avec ce brave Jean Havez, dont l'embonpoint ne cachait pas autant de trouble intérieur que ce pauvre Bruckman, qui est mort de la même maladie que Max Linder ou George Sanders...
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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College (James W. Horne, 1927)

Intermédiaire de Keaton auprès de la United Artists, et "patron" de Buster, depuis les débuts, Joe Schenck a fait payer les excès budgétaires de The General à son poulain de multiples façons: d'une part, il lui a collé dans les jambes un superviseur du budget, lui a imposé la présence d'un réalisateur unique, l'a privé de toute interférence sur le script (du moins dans la phase de planification, comme on va le voir), et lui a imposé un sujet. College représente donc, après le chef d'oeuvre The general, le point le plus bas de la carrière muette de Buster Keaton. le plus mauvais film, ou en tout cas le moins bon, et le début de la perte de contrôle du metteur en scène. Une fois de plus, j'utilise à dessein cette expression, sans doute paradoxale dans la mesure ou Keaton n'est crédité d'aucune participation à la mise en route de College, pas plus que des trois films muets suivants qu'il interprétera. Mais un acteur aussi physique que lui (Et c'est vrai aussi pour Laurel, Chase, Langdon, et Chaplin bien sur, sans oublier Lloyd) ne peut pas déléguer à un autre toute latitude sur le placement des acteurs, les mouvements de caméra, le montage, à plus forte raison dans un film dont les trois quarts des scènes ont trait au sport, et avec le sens particulier du timing dont fait preuve Keaton. Du reste, il a manifestement mis la main à la mise en scène (Qui porte souvent sa marque), et la légende veut qu'il ait, avec la complicité de l'équipe technique du film, fait sentir à Horne qu'il était indésirable sur le plateau.

College a été dicté non seulement par la nécessité de faire un film à petit budget suite au naufrage de The General, mais aussi certainement par le succès de The Freshman, énorme succès de 1925 pour Lloyd: le scénario du à Carl Harbaugh copie sans vergogne l'histoire du film de Lloyd, faisant de Keaton un étudiant doué pour les études qui s'essaie au sport avec des résultats désastreux, afin de gagner le coeur de sa bien aimée. Il est la risée de tous mais finit bien sur par triompher.

Keaton est donc le clown de l'université, ce qui est répété avec insistance, mais c'est très gênant pour un acteur dont le personnage avait coutume de rester à l'écart du monde. Moqué par tous, il devient automatiquement le centre d'intérêt, et on peut comprendre que Keaton ait été gêné par cette violation de ses principes. Clairement les concepteurs du scénario n'ont aucune connaissance de l'univers Keatonien. Un autre truc gênant, c'est cette tendance des films sur les universités à ne retenir que le sport. Le film prend un parti très manichéen, ridiculisant Keaton lorsqu'il met en avant sa réussite sans la moindre implication sportive, et se plaçant du coté des rieurs le plus souvent. Les sportifs du film, d'un autre côté, sont comme dans la vraie vie: néandertaliens, préoccupés de gagner plus que de participer, prompts à pratiquer l'exclusion. Au moins, on est d'accord.

Pour le reste, Keaton fait beaucoup d'efforts pour s'approprier le film, en mettant un point d'honneur à rater avec le tentatives de faire du sport, avec des résultats inégaux mais souvent très drôles. D'autres touches prouvent qu'il a mis son grain de sel un peu partout: il a dépéché Snitz Edwards, avec lequel il avait déjà tourné Seven chances et Battling Butler, dans le rôle du doyen de l'université; il a appelé l'un des bateaux de la course le Damfino (Voir The Boat), ce qui ne lui portera pas chance, bien sur, et il a entièrement construit la fin à son image: Keaton reçoit un coup de téléphone de sa petite amie Mary, séquestrée par la grosse brute de l'université. Keaton se lance dans un sauvetage de toute beauté, faisant des prouesses (Course, saut à la perche, et autres) afin d'arriver et de la sauver. Mais surpris dans la chambre de la jeune femme, il n'a d'autre ressource que de se marier avec elle. Ils le font, en deux plans (Ils entrent dans l'église, fondu, ils en sortent), puis on les voit plus agés avec des enfants, et enfin vieux et manifestement aigris. Cette reprise du dispositif final et inattendu de The blacksmith nous rappelle que Keaton n'a pas dit son dernier mot, et que décidément son mariage était un naufrage...

Ce n'est pas un calvaire à regarder, du moins tant qu'il n'y est pas trop question de sport... Mais voilà, ce n'est ni The general, on l'aura compris, ni The Freshman. Keaton a très mal pris qu'on lui fasse copier un confrère, même si je n'ai aucune idée de l'estime dans laquelle il tenait un Harold Lloyd sans doute trop homme d'affaires pour lui; en tout cas, College n'était pas pour lui une bonne expérience. Ironiquement, le film fera moins d'argent que The general...

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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

Alors la, The General est avec City Light et The Gold Rush mon film muet préféré, et sans aucun doute le meilleur Keaton. Quel film fantastique et incroyablement drole.

Il faut vraiment que je m'offre le Blu-ray Kino pour celui-la... et pour les autres d'ailleurs, j'ai meme vu que les cours metrages vont faire justement parti d'un coffret qui sortira bientot. :D

Pour The College, c'est le plus faible des longs metrages de Keaton en effet, mais il se laisse regarder tout de meme. :wink:
allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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Steamboat Bill Jr (Charles Reisner, 1928)

Steamboat Bill Jr est le denier film indépendant de Buster Keaton. Ce qui a commencé comme une entreprise quasi familiale lorsque Joe Schenck, producteur de Roscoe Arbuckle dans les années 10, a poussé Keaton en avant, est devenu un objet encombrant dans les mains du producteur. Celui-ci va avoir des responsabilités à la MGM, dont son frère est l’un des dirigeants, et Keaton n’est plus profitable. Le contrat est dissous, et Keaton « vendu » à la MGM. Le divorce de Keaton d’avec Natalie Talmadge, belle-sœur de Schenck, a certainement joué aussi. Mais pour une dernière fois, Steamboat Bill Jr voit Keaton tricher avec Schenck, et faire un film derrière son dos, avant de partir pour sa nouvelle demeure, un studio qui ne sait pas ce qu’est la comédie (Pourtant, ce sont bien des affiches MGM qui figurent sur un mur détruit de cinéma, lors de la fameuse tempête qui clôt le film : hommage ou ironie, ou simple commodité ? Les affiches de The Boob, de William Wellman, et de The temptress, de Fred Niblo, sortis tous les deux en 1926, apportent un petit décalage charmant.).

Le réalisateur en titre, Charles Reisner, a travaillé avec Chaplin, et travaillera plus tard avec les Marx. Son style est une absence de style, il s’agit d’un de ces réalisateurs spécialisés et compétents, sur lesquels on peut compter. Keaton, lui, va mener la barque de bout en bout, phagocytant le script de Carl Harbaugh et le transformant à sa guise, menant tout le monde à la baguette, à tel point que Kevin Brownlow parlera de Reisner, dans son documentaire Buster Keaton : A hard act to follow, comme de l’ « assistant » de Keaton… de fait, on se trouve ici avec un film dominé par le style de Keaton, construit avec sa rigueur, et empreint de ce jeu physique, de représentation de l’émotion par le geste. Quelle qu’ait été la part de Reisner sur le film (et il était sur le plateau, ça ne fait aucun doute), c’est Keaton qui l’a signé. C’est une évidence.

Ce qui est encore plus évident, c’est la façon dont Keaton a utilisé ce film pour régler ses comptes (comme il l’avait déjà fait avec le concours de l’intéressé, dans Neighbors) avec son propre père : Steamboat Bill, ce capitaine de vapeur sur une rivière non identifiée (le film a été tourné sur la Sacramento River, et le petit port de River Junction est largement fictif) est modelé sur Joe Keaton, l’homme auquel Joseph Keaton Jr, dit Buster, doit son surnom : Joe avait l’habitude, lors de leurs sketches de music Hall, d’envoyer son fils dans le décor, littéralement. Sa grande violence incontrôlable apparait à mon sens dans sa gestuelle délirante, telle qu’on peut la voir dans une scène de Our hospitality : le conducteur de train irascible exprime son mauvais caractère par des coups de pieds inattendus, qui font penser que ce type devait être invivable. Keaton fait de Steamboat Bill un home qui n’a pas vu son fils en 20 ans, s’attend à le découvrir en grand gaillard, et découvre Buster à la place. Sa rancœur sera à la hauteur de sa déception, et comme Buster Keaton s’est ingénié à se représenter exactement comme le pire cauchemar d’un homme comme Steamboat Bill Canfield (Ridiculement accoutré, avec une horrible moustache, flanqué d’un ukulélé, et sans le moindre effort pour cacher sa petite taille), l’effet est saisissant. Pour incarner le père abusif, Buster a engagé une star, Ernest Torrence, et le contraste entre l’énormité du jeu de celui-ci, et l’absence rituelle d’émotions classiques par Keaton fait merveille.

A River Junction, deux hommes se disputent : Steamboat Bill Canfield propose des croisières aux touristes sur son vieux bateau à aubes, le Stonewall jackson, mais le riche King veut lui faire concurrence : il est déjà un banquier influent, un restaurateur important, et certainement impliqué dans la politique : d’ailleurs, il ne lit pas la presse locale : une scène le voit chercher désespérément, sur un stand, des journaux nationaux qu’il ne trouve pas. Bref, un sale bonhomme… Comme personne n’est parfait, la sale bonhomme a une fille, Kitty (Marion Byron), qui s’apprête à rentrer de ses études à Boston. Et c’est le jour même du grand retour de Willie, le fils de Steamboat Bill, dont l’apparition va déclencher des ennuis ans fin pour son père, qui va à la fois souffrir de la présence de son fils, et essayer de le former. Comme les deux jeunes gens se connaissent et s’apprécient, la lutte contre King va poser une multitude de problèmes…

L’ensemble des premières cinquante minutes concerne effectivement cette comédie de caractère, dans laquelle on n’attendrait pas Keaton s’il ne jouait au mieux de son physique, et de la puissance homérique de Torrence. Marion Byron est beaucoup mise à contribution, aussi, ainsi que le décor de la petite ville, très typée, avec ses maisons en bois et son coté fourre-tout portuaire. On est de retour dans l’Amérique profonde de Our hospitality, et tant pis si Marion Byron est de fait une jazz-baby typique, avec ses cheveux courts, son chapeau cloche et sa voiture puissante, tout va dans le sens de célébrer l’Amérique de toujours. On n’est pas loin ici d’un film contemporain, sorti exactement la même année : Speedy, de Ted Wilde, avec Harold Lloyd concerne lui aussi une lutte entre les anciens (Un vieux bus à cheval) et les modernes (une compagnie de tramway), mais contrairement à lloyd, Keaton fait de cette lutte un élément folklorique. La lutte la plus importante du film, c’est celle entre Canfield et son fils.

Les efforts de Willie seront nombreux, mais au début, tout porte à croire qu’il ne peut satisfaire ce père intransigeant, jusqu’à une tentative désastreuse de faire évader son géniteur : celle-ci a bien failli réussir, et le tour de force de cette scène est de jouer la carte de l’évasion sans aucun second degré, et de faire de cette scène, de façon crédible, la réalisation par Canfield de la vraie valeur de son fils. Par crédible, j’entends avec quand même une grande dose de ridicule et de décalage, avec ce fils qui débarque en pleine prison avec un pain rempli d’outils, limes et autres scies… de même les rapports entre Kitty et Willie sont-ils dépeints avec le principal renfort de la gestuelle, comme en témoigne cette superbe scène durant laquelle Willie assiste impuissant à l’arrestation de son père, alors que Kitty derrière lui hésite à venir à sa rencontre. Elle finit par se décider, et s’avance précautionneusement, finissant par tourner les talons au moment ou Willie se retourne. Celui-ci ne comprend pas de quelle direction la jeune femme vient, et celle-ci continue son chemin, en faisant semblant de ne rien avoir vu, le nez au vent… Superbe exemple d’une scène dans laquelle un e grande dose d’émotions, ainsi que d’intentions liées aux sentiments, sont exprimées en un plan, et en quelques gestes. Si le film repose sur les caractères, et un certain nombre d’enjeux (Canfield acceptera-t-il son fils ? Willie peut-il se rendre acceptable ? King et Canfield peuvent-ils enterrer la hache de guerre et s’entendre ? Kitty et Willie parviendront-ils à résoudre ce sac de nœuds et s’aimer sans arrière-pensées ?), il lui fallait biens sur une résolution spectaculaire. Après avoir flirté avec l’idée d’une inondation, c’est finalement avec une tornade que le film se clôt, dans une série de scènes et de gags justement célèbres, qui ont fait grimper le budget… Mais le responsable de la décision de simuler la tornade n’étant autre que Harry Brand, le superviseur du budget imposé par Schenck, l’affaire ne manque pas d’ironie…

On a tout dit sur cette fin en forme de cyclone dévastateur, et tout est vrai : magnifiquement construite, avec la panique générale qui précipite tous les protagonistes dans les abris… sauf Buster, qui seul dans la ville en pleine tornade, doit affronter le vent, les objets qui volent, et bien sur les murs qui le menacent. On pourra bien sur considérer cette tempête comme l’épreuve que doit affronter Willie Canfield pour être accepté par son père (D’autant que cette tornade implique effectivement de sauver Steamboat Bill de sa prison) ou pour que King lui donne la main de sa fille. On peut l’interpréter comme une métaphore brillante de la propre tourmente dans laquelle se débattait alors le comédien, ou on peut simplement y voir un tour de force de la part de quelqu’un qui ne rivalisait qu’avec lui-même, et qui essayait ici de retrouver le style de scène spectaculaire qu’il vait par la force des choses laissées de coté depuis The General. Quoi qu’il en soit, ces scènes sont merveilleuses, et on n’a pas besoin ici de rappeler à quel point Buster Keaton savait s’impliquer physiquement dans ce genre de séquence : ici, il va plus loin que jamais. Ces scènes hissent le film, tout simplement, au niveau de The General. Bien sur, la cohésion de ce dernier, avec sa poursuite fabuleuse qui court sur le film entier, aura toujours l’avantage, mais Steamboat Bill Jr est bien le deuxième chef d’œuvre, un film spectaculaire dont tout le monde se rappelle, y compris ceux qui n’aiment pas le muet, y compris ceux qui n’ont jamais vu le film : on appelle ça un classique.

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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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Encore une fois un excellent film de Keaton celui-la, et comme tu dis a peine moins bon que The General, toute la séquence de la tempete est un tour de force absolument incroyable. Et un film superbement drole. :lol: :D
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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The cameraman (Edward Sedgwick, 1928)

Dans The General, Katon partait à la poursuite de sa locomotive, et découvrait une fois arrivé sur les lignes ennemies que sa petite amie avait été enlevée par-dessus le marché. Dans Go west, lorsque le riche fermier lui demandait ce qu'il voulait en échange du service rendu à la fin, il avait préféré la vache plutôt que la fille... Ici, Buster (jamais nommé, mais manifestement Marceline Day l'appelle Buster si on lit sur les lèvres...) est en plein travail, lorsqu'une équipe de prise de vue d'actualité le bouscule, avec la foule massée pour accueillir une célèbrité en pleine rue, et Buster se retrouve face à la jeune femme, et c'est le coup de foudre. Seulement plus tard, lors de leur seconde rencontre, il va découvrir sa vocation: il sera caméraman d'actualités... C'est un détail, mais c'est aussi une preuve, aussi infime soit-elle, que Keaton ne fait plus ce qu'il veut. Enfin, pas tout en tout cas: il a réussi à mener en contrebande un tournage entier, sans être crédité, et à imposer son montage, ce qui n'est pas rien! The cameraman est un film paradoxal: à la fois il inaugure la déchéance, en étant le premier film de son contrat MGM qui est une émasculation en bonne et due forme, et il reste parmi les meilleurs films du comédien.

Buster est un photographe de rue, un peu minable, lorsque sa rencontre avec une jeune femme qui travaille pour les actualités MGM lui donne une nouvelle vocation: il sera caméraman, mais les films qu'il ramène sont pour le moins déroutants. Parallèlement, il entame une maladroite mais touchante cour auprès de la jeune femme, interprétée par Marceline Day (Elle a travaillé chez Sennett, notamment aux cotés d'Harry Langdon, et est une jeune vedette en vue à la MGM), et rencontre souvent un policier qui le soupçonne d'être un fou furieux, Harry Gribbon...

New York n'est pas, dans les années 20, une destination privilégiée, et pourtant il va le devenir: en 1928, deux films, deux comédies, vont capter avec bonheur la ville dans sa vérité, dans son quotidien, avec des extérieurs tournés sur place, en liberté: celui-ci, et Speedy, de Ted Wilde, avec Harold Lloyd. Le film qui nous occupe a été décidé par d'autres personnes, et un réalisateur, des gagmen maison, et des techniciens ont été imposés par la MGM. Trouvant le script ridicule, Keaton a profité de l'éloignement vers l'Est pour faire ce qu'il voulait, et le film est en réalité un savant mélange de situations imposées (les mésaventures de Keaton avec le policier commencent par une scène que les auteurs MGM ont écrite pour en faire un dialogue basé sur de nombreux jeux de mots, ce qui en dit long sur leur science la comédie burlesque muette!) et d'improvisations (Le match joué par un Keaton rêveur sur un stade absolument vide, la course dans les rues très peuplées de New York pour arriver chez marceline alors que celle-ci ne s'est pas encore rendue compte que Buster n'était plus à l'autre bout du fil, ou encore la vsion d'un Buster affublé de sa caméra, accroché à une voiture de pompier). L'ensemble possède une unité, une humanité aussi, qui en font tout simplement un très grand film. L'enjeu final, durant lequel Buster se fait voler le sauvetage de sa petite amie par un sale type, arrache immanquablement des soupirs de frustration du public, quel que soit l'age, quel que soit le lieu ou il est projeté.

A ce niveau d'identification et d'empathie du public pour le héros, on s'incline: Buster Keaton, en liberté, flanqué de son équipe (Fred Gabourie, Elgin Lessley, Clyde Bruckman) ne pouvait pas faire autre chose que du bon. Au lieu de reconnaitre leur erreur et d'admettre que le film était réussi grâce à Keaton, le studio s'est approprié la réussite, et de fait, avec The cameraman, empreint de sa sensibilité, de son humour si typique, et de son sens visuel si distinctif, Keaton signe son dernier grand film.

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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

Son dernier peut-etre mais pour moi aussi le 3e meilleur apres The General et Steamboat Bill Jr, du moins dans ceux que j'ai vu.

Ce film est une merveille encore une fois. :D

Et aussi un que j'ai pu découvrir en dvd grace au coffret TCM... :D
allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

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Spite marriage (Edward Sedgwick, 1929)

Pour son deuxième film MGM, Buster Keaton a probablement vite compris dans quel piège il était venu tête baissée. Tous ses collaborateurs sont remplacés les uns àla suite des autres par des techniciens sous contrat, le sujet lui est imposé, et le script lui arrive tout cuit dans les mains, avec très peu de scènes en extérieur, c'est-à-dire peu de possibilités d'improvisation pour le comédien, et peu de chances de prendre le contrôle.

Le scénario est un scénario de comédie, effectivement, mais dans lequel la part physique de comédie est réduite, et l'ensemble ne possède pas l'unité et la cohérence d'un film de Keaton, toujours centré autour d'un problème, ou d'un contexte bien défini. L'histoire est celle d'Elmer (Buster Keaton), un modeste teinturier obsédé par une actrice, Trilby Drew, qu'il va applaudir tous les soirs dans une pièce consacrée à la guerre de sécession, Carolina. Son fanatisme pousse Elmer à suivre son idole partout, à tel point que tout le monde l'a remarqué. Lorsque Trilby (Dorothy Sebastian) voit l'homme qu'elle aime, l'acteur Lionel Benmore, flirter avec une autre, elle choisit le premier venu (devinez qui!!) pour s'afficher avec, et même se marier avec lui, afin de rendre son collègue jaloux...

Le film n'est pas pour Keaton: trop riche, trop éloigné de ses précoccupations... De plus, le scénario accumule les péripéties, enchainant cette histoire d'amour triste avec un film d'aventures en mer, et franchement les coutures se voient. La première version d'Elmer (la plupart des personnages que Keaton jouera dans les films MGM portent ce nom) est pathétique, et doit parfois se sortir de certaines situations par le langage... A un moment, sur un bateau, Keaton est témoin d'un incendie, et veut le signaler, mais les officiers du bateau l'en empêchent. Le gag provient de l'expression d'émotions par Keaton: un sacrilège! Mais il y a de vrais beaux moments: la relève d'un figurant, au pied levé, par Elmer qui a vu la pièce 35 fois, est une scène très physique; le retour à l'hôtel, avec Elmer qui porte une Trilby ivre-morte, et qui doit la coucher, alors qu'elle est inerte, renvoie à un gag de The Navigator...

La collaboration avec Dorothy Sebastian est une excellente surprise: la scène de la saoulographie n'a pas du être une partie de plaisir à jouer pour la jeune femme, et on voit qu'elle s'en remet entièrement à Buster. Studio oblige, elle a droit à un nombre conséquent de gros plans: que Buster ait eu son mot à dire ou non, elle n'est définitivement pas à ranger parmi les actrices-potiches. De fait l'acteur qui traversait un enfer domestique, avec son mariage qui coulait, était tombé amoureux d'elle... On ne sait pas ce qu'il advint, d'autant que les ravages de l'alcoolisme commçaient à se faire visibles sur le visage fatigué de Buster Keaton...

Les séquences maritimes abondent en situations physiques, et on voit que, par opposition à une autre cascade pour laquelle Buster a été doublé (ce qui l'a rendu furieux), il assume toutes les cascades sur le bateau, avec bonheur. Ces quelques moments sont la preuve que tant qu'il restait dans le cadre du film muet, comme avec College en 1927 qui lui avait été imposé, Keaton avait encore la possibilité de prendre un peu le pouvoir et sauver un film. De fait, Spite Marriage est le dernier film décent, regardable, engageant même de Keaton. C'est aussi, hélas, son dernier muet, et son chant du cygne.

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someone1600
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by someone1600 »

En effet, je n'ai pas encore regardé le dernier film du coffret TCM, mais Spite Marriage est tout de meme regardable, meme si on atteint jamais le meme niveau que les précédents... malheureusement... :(
santiago
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by santiago »

Tous à La Rochelle du 1er au 10 juillet.
Le programme est en ligne : http://www.festival-larochelle.org/fest ... /programme

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Une alimentation saine dirige l'énergie sexuelle dans les parties concernées
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allen john
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by allen john »

The cook (Roscoe arbuckle, 1918)

L'équipe de Arbuckle, en roue libre, dans un restaurant... Keaton est le garçon, obsédé sexuel pas gêné pour faire du gringue à des clientes en présence de leur mari, et Arbuckle est un cuisiner aux méthodes peu orthodoxes, et salissantes. On retrouve l'innomable cabotin Al St-John, en voyou qui aime à venir embêter les clientes, et le chien Luke, un vrai cabot celui-ci, qui lui tient la dragée haute. L'histoire est impossible à résumer, mais disons qu'on y voit Arbuckle faire de la cuisine qui ne donne pas envie d'être mangée, pêcher d'une façon inepte: il pêche au chien... et aussi, on y voit, moment fascinant, une danseuse se livrer à des simagrées inspirées manifestement autant de Cléopâtre (Versant Theda Bara, qui avait incarné la fatale reine dans un film de 1917) que de Salomé. Buster et Arbuckle, pris dans la danse, en font des tonnes pour notre plus grand plaisir... avant de s'attabler et de manger des spaghetti de toutes les façons les plus sales possibles...

C'est beau.

http://allenjohn.over-blog.com/article- ... 74634.html
Vieux parasite
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by Vieux parasite »

allen john wrote:The General (Buster Keaton, Clyde Bruckman, 1927)

Voilà un film dont on aimerait le découvrir comme la première fois, avec toutes ses merveilles, sa construction parfaite, sa production certes dispendieuse mais dont l'effet se voit sur l'écran: bref, un chef d'oeuvre. Non seulement d'un metteur en scène, mais plus, d'un genre: je pense sincèrement que cette comédie supplante toutes les autres. Et pour bien des gens, si on en croit le Top 10 établi sur le site Silent Era.com, c'est tout bonnement leur film muet favori, devant Metropolis, Sunrise et City lights... (http://www.silentera.com/) Et bien sur, comme il se doit, au moment de sa sortie, ce film a été un flop.
(...)
Voilà, le film le plus beau de son auteur, l'une des fictions les plus belles sur la guerre de sécession, une comédie exceptionnelle, un sommet de suspense et de dynamisme, The General est tout cela et bien plus. Un film auquel il faut succomber, se laisser aller dans son fauteuil, et rire, vibrer et s'émouvoir devant les belles images qui nous sont montrées. Dans une salle, si possible, en compagnie d'autres, dont certains voient le film pour la première fois: les veinards!
Longtemps, j'ai acheté des dvds - parmi eux un coffret Keaton (ni plus ni moins qu'un vrai faux pirate du coffret Kino The art of BK, je crois - j'ai honte :oops: , je ne le ferai plus) acheté il y a de nombreuses années sur un site d'enchères pour quelques yuans, jamais ouvert - maintenant je les regarde.

Et quelle claque et quel bonheur de découvrir Le mécano de la General pour la première fois. C'est beau, cocasse, poétique et peut aussi se regarder comme un très bon film d'aventure sans baisse de tension !

Que dire de plus ? Keaton, maladroit, aux prises avec la technique (les moyens de locomotion évidemment, les armes, le piège), la nature, la société, est toujours crédible (un comble !) et touchant.

Un chef d'oeuvre en effet.
Le 2 du mois, c'est, sans doute, le film du mois !

Du coup, question aux amateurs : par quel film dois-je continuer l'exploration de ce coffret ?
daniel gregg
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Re: Buster Keaton (1895-1966)

Post by daniel gregg »

Sans hésitation Sherlock Jr et The Navigator ! :wink: