Barbara Stanwyck (1907-1990)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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feb
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by feb »

Arion wrote:Coffret already in the bag! :wink:
Ce topic a également attiré mon attention sur l'impressionnante biographie consacrée à Stanwyck et la première partie de sa carrière... Ceux qui l'ont acheté peuvent-ils nous confirmer que cet ouvrage tient ses promesses ?
C'est un livre indispensable sur la Dame, hautement recommandé (et en tant qu'amateur de Capra tu devrais y trouver ton bonheur). Sinon je suis d'accord avec ce qui a été dit juste au-dessus, Stanwyck est un monstre du cinéma classique US, une actrice à l'aise dans la screwball comedy, le Pre-Code, le drame, le noir, le western, le melo made in Sirk et à la TV. Pour moi c'est l'Actrice avec un A et il y en a peu à son niveau :wink:
Et dédicace à Tommy Udo concernant les liens amicaux qui existaient entre Stanwyck et une certaine Joan C. de la MGM. Rien que pour ça la Dame mérite tout ma sympathie...:mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Tommy Udo
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by Tommy Udo »

feb wrote:C'est un livre indispensable sur la Dame, hautement recommandé (et en tant qu'amateur de Capra tu devrais y trouver ton bonheur). Sinon je suis d'accord avec ce qui a été dit juste au-dessus, Stanwyck est un monstre du cinéma classique US, une actrice à l'aise dans la screwball comedy, le Pre-Code, le drame, le noir, le western, le melo made in Sirk et à la TV. Pour moi c'est l'Actrice avec un A et il y en a peu à son niveau :wink:
Et dédicace à Tommy Udo concernant les liens amicaux qui existaient entre Stanwyck et une certaine Joan C. de la MGM. Rien que pour ça la Dame mérite tout ma sympathie...:mrgreen:
Elle aussi ? :o C'est pas possible :mrgreen:
J'ai reçu le livre, mais pas encore lu car il sera sous le sapin. Mais bon, c'était un achat indispensable^^

Sinon, je plussoie avec Feb et Julien : quelle actrice !! :D
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feb
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by feb »

Tommy Udo wrote:Elle aussi ? :o C'est pas possible :mrgreen:
Oula si tu savais :!: Et la liste est longue crois moi :mrgreen:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Tommy Udo
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by Tommy Udo »

feb wrote:
Tommy Udo wrote:Elle aussi ? :o C'est pas possible :mrgreen:
Oula si tu savais :!: Et la liste est longue crois moi :mrgreen:
Tu as des noms ? :arrow: Je t'envoie un MP immédiatement :mrgreen:
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feb
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by feb »

Margaret Lindsay et Kay Francis....je t'envoie les liens YouTube par MP :mrgreen:
Bon j'arrête de pourrir ce topic :oops:
ed wrote:Portrait de la jeune fille en feu
L'un des films les plus rigoureux, scénaristiquement et formellement, qu'il m'ait été donné de voir depuis longtemps (...)
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by Federico »

feb wrote:Margaret Lindsay et Kay Francis....je t'envoie les liens YouTube par MP :mrgreen:
Bon j'arrête de pourrir ce topic :oops:
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Kay Francis ? Cette coquine de Barbara avait bon goût... :wink:
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homerwell
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by homerwell »

C'est sans doute mon actrice américaine préférée. A partir du moment où elle apparait à l'écran, on ne voit plus qu'elle.
kiemavel
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by kiemavel »

Pareil, une des plus grandes sinon la plus grande pour le coté tout terrain. Elle était comme un poisson dans l'eau partout. Par contre, contrairement à quelques actrices de cette génération qui ont poursuivit leur carrière jusqu'à un âge avancé, trouvant encore tardivement de bons rôles (Bette Davies, Katharine Hepburn, etc…), celle de Barbara s'est arrêtée assez tôt. Alors qu'elle n'avait que 50 ans, après 40 tueurs (1957), c'est presque le désert. Beaucoup de TV et quelques films dont un seul rôle qui vaille (un peu) la peine, celui de la mère maquerelle lesbienne de La rue chaude et encore plus à la rigueur les retrouvailles horrifiques avec Robert Taylor dans Celui qui n'existait pas.
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El Dadal
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by El Dadal »

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Si je lui connaissais quelques films médiocres (bon, il m'en reste encore un sacré paquet à découvrir sur le nombre), je ne pouvais pas en dire autant de ses interprétations. C'est chose faite! J'ai vu Jeopardy (La plage déserte) il y a quelques jours, et non seulement le film est un peu débile, sacrément niais et assez mal fagoté (pas ma première déconvenue venant de John Sturges par contre), mais Stanwyck est régulièrement à côté de la plaque. Amorphe, docile, et passive puis l'exact inverse dans un renversement scénaristique des plus bateaux, son jeu est si outré et dépourvu de nuance qu'elle est parvenue à me faire bâiller. Il faut que Ralph Meeker entre en scène pour que la dame se réveille quelque peu, et encore, Meeker vole chaque photogramme sur lequel il apparait, ange noir fiévreux, mauvais garçon charmeur face à la mère de famille nunuche (mais qu'est ce qui a poussé Stanwyck a accepter ce rôle?). C'est finalement pour lui qu'il faut à la rigueur voir le film.
:arrow:
kiemavel
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by kiemavel »

El Dadal wrote:Si je lui connaissais quelques films médiocres (bon, il m'en reste encore un sacré paquet à découvrir sur le nombre), je ne pouvais pas en dire autant de ses interprétations. C'est chose faite! J'ai vu Jeopardy (La plage déserte) il y a quelques jours, et non seulement le film est un peu débile, sacrément niais et assez mal fagoté (pas ma première déconvenue venant de John Sturges par contre), mais Stanwyck est régulièrement à côté de la plaque. Amorphe, docile, et passive puis l'exact inverse dans un renversement scénaristique des plus bateaux, son jeu est si outré et dépourvu de nuance qu'elle est parvenue à me faire bâiller. Il faut que Ralph Meeker entre en scène pour que la dame se réveille quelque peu, et encore, Meeker vole chaque photogramme sur lequel il apparait, ange noir fiévreux, mauvais garçon charmeur face à la mère de famille nunuche (mais qu'est ce qui a poussé Stanwyck a accepter ce rôle?). C'est finalement pour lui qu'il faut à la rigueur voir le film.
:arrow:
C'est vrai que ce n'est pas terrible mais il y en a un dont le sort était encore moins enviable, c'est Barry Sullivan. Non seulement son rôle était encore moins intéressant que celui de tous les autres réunis mais de plus il a sans doute du passer plusieurs semaines les pieds dans l'eau (non, non, pas une location "Les pieds dans l'eau"...au sens strict du terme) et qu'il a du attraper a cold...
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

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Baby Face de Alfred E. Green (1933)

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Après la mort de son père dans l'incendie d'un bar minable qu'il tenait dans le sud des USA, Lily Powers écoute les conseils d'un client qui l'encourage à quitter la ville et à utiliser les hommes pour réussir au lieu d'être utilisée par eux. Débarquée à New York, elle se fait engager dans une banque et gravit les échelons de la hiérarchie, en même temps que les étages du building, en séduisant les hommes, du chef du personnel au directeur, les renvoyant au fur et à mesure qu'elle n'en a plus besoin.

Baby Face s'affirme comme une réponse de la Warner au sulfureux Red-Headed Woman sorti par la MGM l'année précédente et où Jean Harlow gravissait en usant de ses charmes les échelons de la haute société. Bien que marqué chacun par le spectre de la Grande dépression, les deux films diffèrent pourtant dans le ton et principalement à cause de la personnalité de leurs actrices et héroïnes. Red-Headed Woman justifiait par un ton rigolard et coquin les exactions de Jean Harlow dont la capitale sympathie faisait tout passer. Le ton sera bien plus sombre dans Baby Face faisant office de vrais manifestes féministes pour justifier l'attitude de Lily Powers (Barbara Stanwyck). Celle-ci a grandi dans la véritable fange d'un quartier pauvre d'une ville du sud des États-Unis. Servante dans le bar miteux de son père, elle y est régulièrement confrontée au machisme et à l'attitude libidineuse des répugnants clients qui entre mains baladeuses et remarques salaces donne une vision désastreuse de la gent masculine. Les hommes s'avèrent des porcs indignes de confiance dont le dégout de Lily remonte à loin, un dialogue suggérant que son propre père a déjà abusé d'elle et ce dernier n'hésitant pas à la donner en pâture aux les plus puissants et pouvant contribuer à ses affaires. Lorsque ce géniteur indigne meurt accidentellement, le seul homme l'ayant jusque-là soutenue la pousse à endosser son destin. Son attrait physique ayant toujours fait d'elle la proie des hommes doit désormais devenir une arme lui servant à les dominer et accéder aux sommets.

Dès lors les airs aguicheurs, les robes moulantes et les regards brûlants constitueront des pièges implacables dans lesquels tous les hommes se laisseront prendre. Baby Face s'avère moins ouvertement "sexy" qui]Red-Headed Woman[/i] et son festival de nudité mais bien plus provocateur. Les hommes tels qu'ils sont dépeints justifient ainsi pleinement l'attitude de l'héroïne. Lily arrive en guenilles et sans le sou au pied de l'immense building qui abrite la banque et la caméra d'Alfred E. Green arpente les étages de l'extérieur au fil de son ascension. À l'intérieur, les chefs de service, directeur et vice-président succombent à tour de rôle, leur rang, âge et supposée morale étant balayés par le désir irrépressible qu'éveille en eux Lily. Les tenues se font plus sophistiquées, la séduction plus subtile et les cibles à conquérir toujours puis pluissantes. de Barbara Stanwyck est comme d'habitude formidable, la froide détermination se lisant constamment sous les attitudes provocantes et son propre passé difficile et misérable déteint aisément dans vérité que véhicule le personnage. La présence glaciale dissimule pourtant un vrai dépit se révélant par intermittences, que ce soit ce soir de Noël passé en solitaire où le Terrible fait divers qu'elle va provoquer mais comme toujours l'inconsistance masculine fera disparaître tout état d'âme. La rencontre avec un homme sachant ce qu'elle est (George Brent) mais prêt à l'aimer au-delà du simple assouvissement charnel pourrait peut-être faire vaciller l'ambitieuse. C'est en tout cas ce que suggère le beau final même si justifié par la censure qui refusa la conclusion initiale bien plus cinglante et amorale. Une séquence retrouvée en 2004 et incluse lors de la restauration du film, dommage qu'elle ne soit pas visible sur le DVD mais Baby Face demeure un des Pré-code les plus brillants de l'époque. 5/6
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

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Crime of Passion (Meurtrière ambition, 1957) de Gerd Oswald avec Barbara Stanwyck, Sterling Hayden, Raymond Burr et Fay Wray

Kathy (B. Stanwyck) est une journaliste renommée à San Francisco. Après avoir réussi un scoop, elle obtient un excellent poste à New York. Mais, elle a entre temps rencontré Bill Doyle (S. Hayden) un flic de Los Angeles et décide de renoncer à sa carrière pour l'épouser...

Cette production indépendante distribuée par United Artists offre à Barbara Stanwyck un rôle à tiroirs. Elle est d'abord une journaliste célibataire et ambitieuse. Puis, virage à 180 degrés, elle renonce à tout pour épouser cette bonne pâte de Sterling Hayden, qui est un flic consciencieux et terne au sein de la brigade criminelle. La voici soudain transformée en femme au foyer qui attend patiemment que son homme rentre à la maison pour lui faire ses oeufs au bacon! Inutile de dire que cette petite routine lui pèse rapidement et encore plus les réunions entre collègues où elle doit supporter le caquetage des épouses de ceux-ci. Un soir, elle pique une crise et décide de prendre en mains la carrière de son époux. Elle réussit à se faire inviter par le patron de son mari en tamponnant délibéremment la voiture de son épouse. Evidemment, elle va aller encore plus loin, jusqu'au meurtre, pour assurer la promotion de son époux qui n'en demande pas tant. Ce scénario offre des transitions brusques qui sont parfois difficiles à avaler. Comment croire que Barbara la battante puisse devenir meurtrière pour la promotion de son cher et tendre ? Cependant, le film offre des incarnations intéressantes, en particulier celle de Raymond Burr, en chef de la brigade criminelle qui devine tout de suite ce que Barbara a derrière la tête. Stanwyck est égale à elle-même: professionnelle jusqu'au bout des ongles dans ce rôle multiple, malgré un lifting récent qui lui donne un visage de cire. Un amusant film noir qui se laisse regarder sans ennui.
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by Supfiction »

L'année 2015 s'annonce sous des augures Stanwyckiennes. Grosse découverte que ce Remember the night de Mitchell Leisen que j'ai adoré.
J'ai mis du temps à voir ce film, la faute à la jaquette du dvd U.S. qui laissait imaginer une comédie de Noël potentiellement aseptisée.

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kiemavel
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Re: Barbara Stanwyck (1907-1990)

Post by kiemavel »

Supfiction wrote:L'année 2015 s'annonce sous des augures Stanwyckiennes. Grosse découverte que ce Remember the night de Mitchell Leisen que j'ai adoré.
Bien vu, c'est sublime. L'un des chefs d'oeuvre de Leisen. Pas rare du tout à la télévision celui là mais un petit DVD ne serait pas de refus.
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You Belong to Me (1941, Wesley Ruggles)

Post by Supfiction »

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You Belong to Me (1941, Wesley Ruggles)


Un playboy millionnaire rencontre lors de vacances à la neige une séduisante doctoresse, dont il ne tarde pas à s'éprendre.

Leur mariage suit presque immédiatement mais absorbée par sa profession de médecin, son épouse ne peut même pas passer leur nuit de noces en sa compagnie.
Sa femme continuant à travailler nuit et jour, il ne tarde pas à éprouver de la jalousie lorsqu'il remarque que la plupart de ses patients sont de jeunes et beaux hommes.
Spoiler (cliquez pour afficher)
Pour se changer les idées, il se fait embaucher comme employé dans un grand magasin mais ses collègues ont du mal à accepter la présence d'un homme qui n'a pas besoin de travailler pour vivre. Finalement, le millionnaire achètera un hôpital qu'il dirigera avec sa femme.


1941 fut définitivement l'année Barbara Stanwyck.
Meet John Doe, The Lady Eve, Ball of Fire et You Belong to Me dans lequel le couple Barbara Stanwyck/Henry Fonda se reforme pour la troisième fois après Un cœur pris au piège la même année et Miss Manton est folle en 1938.
Un cœur pris au piège (élu meilleur film de l'année par le New York Times) fut un peu l'apogée et la conclusion d'une décennie de Screwball comedies.

Henry Fonda est absolument tordant dans You Belong to Me en mari trop peu sûr de lui et jaloux. Et comment ne pas l'être un peu tant Barbara Stanwyck est magnifique en femme moderne et active (le film est d'ailleurs très moderne pour l'époque, la femme travaillant et le mari restant à la maison), tantôt tendre, tantôt agacée par le comportement de son jeune mari. Et visiblement elle n'a pas eu besoin de jouer beaucoup tant Fonda la fait fondre, le bougre, par ses manières de petit garçon grondé. C'est vraiment lui qui tient le film sur ses épaules. Personnellement je ne l'ai jamais vu à ce point dans le registre de la comédie. Le scenario est très limité (à l'image d'Infidèlement vôtre / Unfaithfully Yours de Preston Sturges, en moins caricatural) mais le talent et la beauté des deux acteurs suffit largement.
Fonda/Stanwyck : un couple de rêve !


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