Spencer Tracy (1900-1967)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Rick Blaine
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Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Post by Rick Blaine »

Flavia wrote:un très grand John Ford et Spencer Tracy au sommet de son art.
:D
Ça me fait plaisir de lire ça. Pour moi, on est effectivement dans le tout meilleur, pour l'un comme pour l'autre! Et vu leurs talents respectifs, ce n'est pas peu dire!!
bogart
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Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Post by bogart »

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The Seventh Cross (la septième croix, 1944) de Fred Zinnemann avec Spencer Tracy, Hume Cronyn, Jessica Tandy, Signe Hasso et Agnes Moorehead

Allemagne, 1936, George Heisler s'évade d'un camp de concentration avec six autres détenus. Il réussit à atteindre la ville de Mayence où il recherche un ami pour l'aider à fuir...

Le désir de voir ce film est né d'une grande frustration. Il y a bien 25 ans, le film était passé au Cinéma de Minuit. J'avais commencé à le regarder, puis un orage violent avait perturbé les ondes hertziennes. Je m'étais retrouvée devant un brouillard à peu près au milieu du film... J'ai enfin pu entancher ma soif et voir la fin du film. Ce film de Zinnemann propose une vue de l'Allemagne nazie avant la guerre. Les opposants politiques y sont pourchassés comme des criminels. Le film mentionne également le sort des juifs, mais sans appuyer, restant fidèle au système MGM qui ne voulait pas trop se mouiller. Un médecin juif qui soigne Tracy blessé lui annonce sa judéité, comme il se doit selon la loi, lui dit-il. De même, un des évadés est juif. Il faut bien l'admettre, les décors et les personnages n'ont pas l'air du tout allemands. On a plutôt l'impression de voir de bonnes familles américaines dans un décor propret. Si on regarde le North Star (1943, L. Milestone) on se trouve également devant une vision de l'Ukraine terriblement américaine. Mais, The Seventh Cross bénéficie d'un scénario très efficace et d'un suspense haletant qui rappelle un thriller ou un film noir. Le héros traqué joué par Spencer Tracy est perdu dans un univers menaçant qui ne semble peuplé que de personnes afiliées au régime en place. Il ne peut se fier à quasiment personne. En chemin, il va reprendre néanmoins confiance en les hommes car certains vont lui tendre la main, au péril de leur vie. J'ai particulièrement apprécié le couple formé par Hume Cronyn et Jessica Tandy (mariés aussi à la ville). Il n'est qu'un simple ouvrier qui se désintéresse de la politique. Il retient néanmoins que le régime nazi lui fournit des allocations généreuses pour ses trois enfants. Cet homme neutre va prendre conscience que son attitude a été une profonde erreur. Il ne doit pas accepter sans mot dire les diktats des nazis. Il va donc aider son ami au péril de sa vie et de sa famille. La courte romance finale avec Signe Hasso n'est pas très crédible. On y sent une concession au système hollywoodien en vigueur. Tracy est sobre et juste en homme traqué. Dans l'ensemble un bon film.

Découvert ce film par les "Warner" à la demande.

Effectivement, c'est un très bon film qui nous tient en haleine, porté par des comédiens excellents dans leurs rôles respectifs. Le fait d'avoir rajouté une voix off tout du long du film renforce le parcours de cet homme traqué dont la foi auprès de ses semblables a vacillé...
Je trouve aussi la romance avec Signe Hasso complétement en décalage du film.
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Federico
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Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Post by Federico »

J'ai eu plus de chance que toi il y a 25 ans car je me rappelle très bien l'avoir vu au CDM. Ne m'en reste plus qu'un excellent souvenir, sans les détails. C'était un cycle Zinnemann, il me semble, où Brion avait proposé aussi Acte de violence (à moins que je confonde avec un cycle "Noir")...
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Supfiction
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Post by Supfiction »

luc wrote:
bogart wrote:Mannequin de Frank Borzage Pas vu
La septième croix de Fred Zinnemann Idem :cry:
La femme de l'année de George Stevens Idem :cry:
Mademoiselle gagne tout de george Cukor Un petit bijou avec un Charles Bronson, débutant.
La dernière fanfare de John Ford Pas vu également.
SPENCER TRACY surnommé "l'acteur des acteurs " fait parti du panthéon du cinéma , c'est évident...

On dit que GABLE qui tourna 3 fois avec lui à la fin des années 30 ne se sentait pas acteur lorsqu'il tournait avec TRACY tellement il y avait de la force dans son jeu...

A cette liste de films superbes , l'on peut rajouter son dernier rôle en 1967
dans"DEVINE QUI VIENT DINER" et sa dernière scène ultra émouvante sur
le mariage de sa fille avec SIDNEY POITIER ...
Jean Michel wrote: il y a également le film "devine qui vient diner?" un chef-d'oeuvre ou Spencer Tracy dans son dernier rôle est doté d'un personnage d'un attrait irrésistible!
Egalement intéressante les nombreuses comédie qu'il a joué avec sa complice de toujours Katharine Hepburn!.
Vu hier Devine qui vient dîner? (1967), j'ai trouvé que le film sonnait encore très juste et les mêmes réactions pourraient encore avoir lieu aujourd'hui. En fait je m'attendais davantage à une comédie (du genre la cage aux folles), ce qui n'est pas du tout le cas. Le sujet est pris très au sérieux (on est en 1967, on ne rigole pas avec ça après une décennie "chaude" de revendications et de heurts).

Cette dernière scène en revanche est je trouve celle qui a le plus vieillie et donne un coup de vieux au film. Le père de famille qui fait taire tout le monde pour faire son speech et donner sa réponse avant de dîner, c'est pratiquement inconcevable dans ces conditions aujourd'hui.
Sidney Poitier m'a épaté une nouvelle fois, il a une classe folle, ce qui quelque part émousse quelque-peu le propos du film vu de 2013 (des beaux-parents qui font la fine bouche devant le gendre idéal.. qu'auraient-ils dit s'il était arrivé avec la tête de Huggie les bons tuyaux !).
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Ann Harding
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Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Post by Ann Harding »

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Dante's Inferno (1935, Harry Lachman) avec Spencer Tracy, Claire Trevor et Henry B. Walthall

Jim Carter (S. Tracy) ancien chauffeur dans la cale d'un navire, retrouve un emploi dans une fête foraine. Il y rencontre Pop McWade (H.B. Walthall) qui tient une attraction inspirée de l'Enfer de Dante. Il devient bonimenteur et décide de développer l'attraction à grande échelle...

Cette production Fox du réalisateur Harry Lachman est une véritable curiosité. Lachman avait été peintre dans sa jeunesse avant d'embrasser une carrière cinématographique. Il s'inspire ici de l'oeuvre de Dante et des illustrations réalisées par Gustave Doré. Au-delà de l'aspect pictural, l'intrigue se veut une fable moderne sur un homme dévoré par l'ambition qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Le Jim Carter qu'interprète avec talent Spencer Tracy est un homme parti de rien, sans éducation , mais qui sait manipuler son environnement. Chauffeur à fond de cale, il réussit à éviter les corvées en se faisant passer pour malade. Cela ne l'empêche pas d'organiser un concours entre les chauffeurs en empochant les paris. A peine viré de son emploi, il se retrouve dans une fête foraine. Dans cet univers factice, il se fond avec facilité. La rencontre avec le doux et paisible Pop (Henry Walthall, un ancien acteur de Griffith) va lui ouvrir soudain de nouveaux horizons. L'attraction de Pop est basée sur L'Enfer de Dante, une espèce de grotte en carton-pâte où sont détaillés les grands hommes et femmes de l'histoire et le sort qui attend les pécheurs. Jim n'y comprend pas grand'chose, mais il voit immédiatement comment en tirer de l'argent. Il réussit à convaincre les forains d'investir dans son immense attraction, provoquant le suicide de l'un d'eux, dépouillé de tous ses biens par Jim. Il devient rapidement un entrepreneur de spectacles et de casinos flottants. Mais, Jim n'a pas compris le message de Dante que Pop tente de lui faire comprendre: l'avidité le ménera à sa perte. Dans une magnifique séquence, les illustrations de L'Enfer s'aminent et prennent vie dans de splendides décors stylisés. Et la scène finale du navire casino en flammes se veut un enfer moderne où Jim va prendre conscience de ses erreurs. La jeune Claire Trevor est encore une ingénue, qui n'est pas encore devenue la garce qu'on lui fera jouer pendant des années. Et Rita Cansino (future Rita Hayworth) fait une belle apparition en danseuse à bord du navire. Une belle réussite du début de carrière de Tracy qui méritrait de sortir en DVD dans une belle copie permettant d'apprécier le travail de l'opérateur Rudolf Maté.
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Supfiction
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Re: Spencer Tracy (1900-1967)

Post by Supfiction »

Ann Harding wrote: Dante's Inferno (1935, Harry Lachman) avec Spencer Tracy, Claire Trevor et Henry B. Walthall
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Jim Carter (S. Tracy) ancien chauffeur dans la cale d'un navire, retrouve un emploi dans une fête foraine. Il y rencontre Pop McWade (H.B. Walthall) qui tient une attraction inspirée de l'Enfer de Dante. Il devient bonimenteur et décide de développer l'attraction à grande échelle...

Cette production Fox du réalisateur Harry Lachman est une véritable curiosité. Lachman avait été peintre dans sa jeunesse avant d'embrasser une carrière cinématographique. Il s'inspire ici de l'oeuvre de Dante et des illustrations réalisées par Gustave Doré. Au-delà de l'aspect pictural, l'intrigue se veut une fable moderne sur un homme dévoré par l'ambition qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Le Jim Carter qu'interprète avec talent Spencer Tracy est un homme parti de rien, sans éducation , mais qui sait manipuler son environnement. Chauffeur à fond de cale, il réussit à éviter les corvées en se faisant passer pour malade. Cela ne l'empêche pas d'organiser un concours entre les chauffeurs en empochant les paris. A peine viré de son emploi, il se retrouve dans une fête foraine. Dans cet univers factice, il se fond avec facilité. La rencontre avec le doux et paisible Pop (Henry Walthall, un ancien acteur de Griffith) va lui ouvrir soudain de nouveaux horizons. L'attraction de Pop est basée sur L'Enfer de Dante, une espèce de grotte en carton-pâte où sont détaillés les grands hommes et femmes de l'histoire et le sort qui attend les pécheurs. Jim n'y comprend pas grand'chose, mais il voit immédiatement comment en tirer de l'argent. Il réussit à convaincre les forains d'investir dans son immense attraction, provoquant le suicide de l'un d'eux, dépouillé de tous ses biens par Jim. Il devient rapidement un entrepreneur de spectacles et de casinos flottants. Mais, Jim n'a pas compris le message de Dante que Pop tente de lui faire comprendre: l'avidité le ménera à sa perte. Dans une magnifique séquence, les illustrations de L'Enfer s'aminent et prennent vie dans de splendides décors stylisés. Et la scène finale du navire casino en flammes se veut un enfer moderne où Jim va prendre conscience de ses erreurs. La jeune Claire Trevor est encore une ingénue, qui n'est pas encore devenue la garce qu'on lui fera jouer pendant des années. Et Rita Cansino (future Rita Hayworth) fait une belle apparition en danseuse à bord du navire. Une belle réussite du début de carrière de Tracy qui méritrait de sortir en DVD dans une belle copie permettant d'apprécier le travail de l'opérateur Rudolf Maté.
Je n'avais jamais vu Claire Trevor aussi jeune et dans un rôle comme celui-ci jusqu'à présent. Et Spencer Tracy tient un rôle entre deux eaux, à la fois antipathique en arriviste et touchant lorsqu'il est en famille (notamment avec son fils). Les décors sont il est vrai impressionnants.
Pour le reste, le film ne m'a malheureusement pas convaincu avec son côté moralisateur très appuyé.

Sinon comme tu l'as mentionné, il y a Rita dans l'une de ses toutes premières apparitions de 1935 et qui bien avant ses futures collaborations avec Fred Astaire exposait déjà ses talents évidents de très bonne danseuse !

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