L'incompris (Luigi Comencini - 1967)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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L'incompris, c'est... ?

juste et poignant
31
91%
faux et larmoyant
3
9%
 
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Zelda Zonk
Amnésique antérograde
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Post by Zelda Zonk »

Truffaut et Comencini sont en effet ceux qui ont su le mieux filmer l'enfance.
Grand film.
mr muir
Stagiaire
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Post by mr muir »

Strum wrote:C'est un film prodigieux de sensibilité sur l'enfance. Un de ceux qui m'ont fait le plus pleurer aussi. Merci pour ta critique! :)
+1 c'est un film merveilleux
Jacausa
Stagiaire
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Post by Jacausa »

L'incompris est magnifique mais j'ai aussi le souvenir de 2 films merveilleux rarement cités :
Cuore et un enfant de Calabre. J'espère que je verrai un jour les DVDs,
je ne supporte plus les VHS.
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Jeremy Fox
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Post by Jeremy Fox »

Jacausa wrote:... mais j'ai aussi le souvenir de 2 films merveilleux rarement cités : Cuore et un enfant de Calabre.
Deux autres films très émouvants sur l'enfance effectivement, le second étant porté par les superbes concertos pour mandoline de Vivaldi
Sergius Karamzin
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Post by Sergius Karamzin »

Il faudrait que je le revois. Je n'ai jamais vraiment compris l'attachement de certains à ce film qui m'a grandement laissé impassible.
Et j'ai plus de mal avec Anthony Quayle parlant italien qu'avec Richard Harris dans le Désert rouge. Moins de dialogues peut-être...
Vous voulez maroufler ? Je suis votre homme...
Strum
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Post by Strum »

Sergius Karamzin wrote:Il faudrait que je le revois. Je n'ai jamais vraiment compris l'attachement de certains à ce film qui m'a grandement laissé impassible.
Et j'ai plus de mal avec Anthony Quayle parlant italien qu'avec Richard Harris dans le Désert rouge. Moins de dialogues peut-être...
Ce n'est qu'une hypothèse mais peut-être le film fait-il plus d'effet à ceux qui ont des enfants (en as-tu?)? Je l'ai vu deux fois, si je me souviens bien, une fois il y a longtemps, et une deuxième fois alors que mes enfants étaient nés. J'ai alors été absolument bouleversé.
Sergius Karamzin
Invité
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Post by Sergius Karamzin »

Strum wrote:
Sergius Karamzin wrote:Il faudrait que je le revois. Je n'ai jamais vraiment compris l'attachement de certains à ce film qui m'a grandement laissé impassible.
Et j'ai plus de mal avec Anthony Quayle parlant italien qu'avec Richard Harris dans le Désert rouge. Moins de dialogues peut-être...
Ce n'est qu'une hypothèse mais peut-être le film fait-il plus d'effet à ceux qui ont des enfants (en as-tu?)? Je l'ai vu deux fois, si je me souviens bien, une fois il y a longtemps, et une deuxième fois alors que mes enfants étaient nés. J'ai alors été absolument bouleversé.
Je n'ai pas d'enfant.
Ton hypothèse est peut-être valable.
Mais j'ai trouvé le film un peu sucré, et je n'ai pas été très emballé par la mise en scène, le jeu des comédiens. Tout m'a laissé un peu de marbre, sauf la scène du magnéto (vers la fin je crois) qui fonctionnerait même sur un mur de briques.
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-Kaonashi Yupa-
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Post by -Kaonashi Yupa- »

UP !


Je viens de découvrir le film...

Et comme il se doit, j'ai versé pas mal de larmes devant cette magnifique histoire sur le deuil et la manière de vivre avec et au-delà, sur le problème de communication qui peut exister entre adultes et enfants, et sur la perte d'un être cher.
Le film a été d'autant plus troublant pour moi que je ne savais rien sur l'histoire, et justement aujourd'hui j'avais eu quelques pensées autour d'un sujet similaire.

Film magnifique, la photo est absolument superbe (j'en ferai quelques captures plus tard dans la semaine), les acteurs sont bouleversants.
Max Schreck
David O. Selznick
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Post by Max Schreck »

-Kaonashi Yupa- wrote:la photo est absolument superbe (j'en ferai quelques captures plus tard dans la semaine)
J'attends toujours !



J'ai revu le film l'autre nuit. J'aurais pu aussi bien en parler dans le topic des films qui vous ont fait pleuré, ou celui consacré aux performances d'enfants-acteurs.

C'est bien simple, certaines scènes fonctionnent comme des coups de poignards au coeur, saisissant le spectateur comme le jeune protagoniste dans la soudaine conscience d'un présent dépeuplé. Je me noyais dans mes sanglots au point que c'en était véritablement douloureux. Et Comencini parvient à glisser là-dedans des scènes de vraie drôlerie (le cynisme faussement blasé de l'Oncle Will, le déjeuner avec les étudiants du Niger).

J'ignore quelle a été la méthode de Comencini pour parvenir à dirigier ses jeunes acteurs, qui apparaissent ici avec un naturel confondant, une mâturité dans l'interprétation presque dérangeante parce que jamais on n'a l'impression qu'ils trichent. Stefano Colagrande (Andrea) et Simone Giannozzi (Milo) ne feront d'ailleurs pas d'autres films. Ce qu'on voit à l'écran est juste prodigieux.


Enfin, que dire de ce dernier plan, génial, bouleversant, évident, qui vous abandonne, terrassé par tant de beauté et d'émotion.
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Père, mère et fils réunis dans le même tableau par la grâce d'un reflet.

Vive le cinéma.
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-Kaonashi Yupa-
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Post by -Kaonashi Yupa- »

Max Schreck wrote:
-Kaonashi Yupa- wrote:la photo est absolument superbe (j'en ferai quelques captures plus tard dans la semaine)
J'attends toujours !
:oops: C'est tout moi, ça.
Nicolas Brulebois
Usant jusqu'à la Coen
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Post by Nicolas Brulebois »

J'ai été littéralement écoeuré par ce film, qui tente de prendre le spectateur en otage avec de gros sabots (un n'enfant qui pleure, c'est forcément émouvant, ouiiinnn... :cry: ).

Je n'ai rien trouvé d'émouvant dans cette histoire. Le désespoir de ce gosse de riche qui en veut à son père passk'il s'occupe un peu plus de son petit frère (ouiiin) ne me touche pas.

Sitôt que l'Art s'avise de toucher à l'Enfance, il court (selon moi) l'énorme risque de confondre "enfantin" et "infantile", délicatesse et sirop. C'est exactement le travers de ce film à mon avis.
Je n'ai jamais été sensible à la "pureté poétique de l'enfance", cette tarte à la crême trop souvent gage de facilité lorsqu'elle est utilisée dans un but artistique.
A mes yeux, un film comme l'Enfance Nue, par exemple, parvient (sans être pleurnichard, et même en étant rèche et revêche) à être infiniment plus touchant que ce pauvre Incompris boursouflé de candeur et pathos nunuche.

C'est triste à dire... mais durant la projection du film de Commencini, nous avons été pris, mon "pote" et moi, d'un fou rire nerveux. :lol:

PS: j'ajoute que la séquence avec les diplomates noirs qui se mettent OBLIGATOIREMENT à faire du tam-tam, m'a paru (idéologiquement) très très très limite...
Holly Golightly
petite crêpe, ouhou petite crêpe
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Post by Holly Golightly »

Nicolas Brulebois wrote:Le désespoir de ce gosse de riche qui en veut à son père passk'il s'occupe un peu plus de son petit frère (ouiiin) ne me touche pas.
Je serais curieuse de savoir en quoi la précision "gosse de riche" est importante. Parce qu'il est fils d'ambassadeur, ses souffrances sont moins réelles, sont moins justifiées ou justifiables ? Ca reste avant tout un gamin qui a perdu sa mère, et qui voit toute l'affection de son père se reporter sur son petit frère. Tout gosse de riche qu'il soit, ça lui fait quand même deux bonnes raisons de se sentir seul et triste.
En outre, il n'en veut pas à son père, comme tu le dis. Ce qui est très touchant, c'est précisément qu'il n'éprouve aucun ressentiment ni envers son père, ni envers son frère... Il cherche à comprendre, cherche à agir, pense qu'il est coupable, qu'il est fautif... Il est désespéré, mais à aucun moment, il n'en veut à son père.
PS: j'ajoute que la séquence avec les diplomates noirs qui se mettent OBLIGATOIREMENT à faire du tam-tam, m'a paru (idéologiquement) très très très limite...
Ca sincèrement, ça me paraît très "politiquement correct"... Ce qui est limite, c'est de voir la moindre once de racisme dans cette scène...
- Seriez-vous lâche. Je connais vos griffes puissantes. Accrochez-les dans la vie. Défendez-vous! Effrayez la mort.
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Roy Neary
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Post by Roy Neary »

Tout ça me rassure. :D
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Holly Golightly
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Post by Holly Golightly »

Roy Neary wrote:Tout ça me rassure. :D
:?:
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cinephage
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Post by cinephage »

Nicolas Brulebois wrote:Le désespoir de ce gosse de riche qui en veut à son père passk'il s'occupe un peu plus de son petit frère (ouiiin) ne me touche pas.
Cette lecture du film me semble indiquer que tu n'en as pas perçu l'enjeu.

Les enfants dont les parents se séparent, mais aussi ceux qui vivent un drame, précisément comme celui du film de Comencini, culpabilisent toujours énormément. Sortant à peine du narcissisme de la petite enfance, ils sont peu amenés à considérer que les malheurs qui leur surviennent peuvent avoir une cause extérieure à eux.

En faisant peser de lourdes responsabilités sur son ainé, le père nie, ou ne comprend pas, l'insurmontable culpabilité dont il souffre. Il ne s'agit pas de ressentiment, mais de culpabilité. C'est, en l'occurence, le sujet du film (plus que de douleur précisément).

Après, que ça ne t'aie pas ému, c'est autre chose. Pour ma part, le film m'avait beaucoup touché.
Obviously the world is not a wish-granting factory (The fault in our stars, Josh Boone, 2014)
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