Topic naphtalinippon

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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gnome
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Re: Topic naphtalinippon

Post by gnome »

Ben, je serais bien plus que partant si je n'étais pas à 350 bornes... :|
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gnome
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Re: Topic naphtalinippon

Post by gnome »

k-chan wrote:Hello tout le monde ! Donc moi j'ai posé ma journée de vendredi. Pas encore validée, mais s'il ne me la valide pas, je viens quand même ! Donc je serais ravis de rencontrer qui veut !

NAKADAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAIII !!!!!!!!!!!!!! Bordel de bordel !!

Précisons que L'âge d'or des assassins (The Ages of Assassins, de l'excellent Kihachi Okamoto) qui passe le samedi est un inédit en France. J'étais justement sur la traduction de ce film, et le premier tiers que j'ai traduit me permet de dire que ça commence de façon excellente. Nakadai y est très drôle.
Tiens... Un revenant !
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johell
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Re: Topic naphtalinippon

Post by johell »

Anorya wrote:UP !
Nakadai sera là donc les vendredi 7 et samedi 8 juin à la MCJP.
Sachant que nous bossons tous à 90% vendredi, je propose une rencontre Classikienne pour les intéressés samedi pour Hara-Kiri.
Bande de veinards! Profitez bien! Bien entendu, je ne pourrais pas être des vôtres. C'est pas l'envie qui manque, plutôt le temps (et le pognon)! :|
julien
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Re: Topic naphtalinippon

Post by julien »

Moi j'irais bien me mâter Figures Infernales de Shirô Toyoda qui a l'air assez intrigant. Une histoire de revenants, durant l'époque médiévale d’après ce que j'ai compris. Ça passe Le 15 Juin à la Maison de la Culture. Quelqu'un l'a vu ?
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Anorya »

johell wrote:
Anorya wrote:UP !
Nakadai sera là donc les vendredi 7 et samedi 8 juin à la MCJP.
Sachant que nous bossons tous à 90% vendredi, je propose une rencontre Classikienne pour les intéressés samedi pour Hara-Kiri.
Bande de veinards! Profitez bien! Bien entendu, je ne pourrais pas être des vôtres. C'est pas l'envie qui manque, plutôt le temps (et le pognon)! :|
Pour l'instant seul K-chan est d'accord (confirmation via facebook). Vu que tout le monde semble complètement passer à côté (Riiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiick, youhou ?), on ne sera que deux je pense. :mrgreen: :|

julien wrote:Moi j'irais bien me mâter Figures Infernales de Shirô Toyoda qui a l'air assez intrigant. Une histoire de revenants, durant l'époque médiévale d’après ce que j'ai compris. Ça passe Le 15 Juin à la Maison de la Culture. Quelqu'un l'a vu ?
Bruce Randylan l'a sûrement vu. Il voit tout et sait tout sur le cinéma asiatique. 8)
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bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Anorya wrote:
julien wrote:Moi j'irais bien me mâter Figures Infernales de Shirô Toyoda qui a l'air assez intrigant. Une histoire de revenants, durant l'époque médiévale d’après ce que j'ai compris. Ça passe Le 15 Juin à la Maison de la Culture. Quelqu'un l'a vu ?
Bruce Randylan l'a sûrement vu. Il voit tout et sait tout sur le cinéma asiatique. 8)
:mrgreen:


Et justement :fiou:

http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 0#p2069870



Et j'irai me faire du Nakadai les 2 prochains jours. :D
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Re: Topic naphtalinippon

Post by julien »

Bon d'accord. Si je vais le voir, je donnerais mon avis sur le film, histoire que tu sois pas tout seul à te répondre sur ton propre topic.
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Petit retour sur la venue de Tatsuya Nakadai à Paris. Et bien à 81 ans (et après 60 ans de carrière), Tatsuya a encore la forme et dégage toujours un charisme et un magnétisme impressionnant, un homme qui a l'air simple, modeste, assez timide, loin du regard dur qu'il pouvait jeter dans ses films. Il n'a rien perdu de son intégrité via des choix de films exigeants et personnels.
C'est d'ailleurs lui qui avait élaboré la programmation des 2 jours couvrant son passage à la MCJP

Il avait notamment opté 2 films très récents, tous deux réalisés par Masahiro Kobayashi.

Un voyage avec Haru (2010)

Le film n'est pas inédit en France suite à un passage sur Arté.
C'est un drame en forme de road movie où Nakadai joue un grand-père vivant avec sa petite-fille. Après une dispute avec elle, il part sur un coup de tête pour demander à ses frères et sœurs s'il peut vivre avec eux. Il est suivi par sa petite-fille qui cherche à s'excuser et le convaincre de revenir vivre avec elle.

Il y a de bonnes choses, voire de très bonnes choses, mais des éléments bien plus dommageables. Autant commencer donc avec les choses qui fâchent : la musique mélodramatique est bien trop envahissante, la jeune actrice qui joue Haru est par moment assez agaçante avec ses cris et ses supplication stridentes, la réalisation comme la photographie est bien trop terne (avec un passage caméra à l'épaule en contradiction avec le style plus posé de la mise en scène) et puis le film est bien trop long pour une durée de 2h15 avec un scénario qui ne peut s'empêcher de tourner en rond à certains moments.

Heureusement on trouve d'autres chose plus positives à commencer par Nakadai, sobre mais intense, dur mais fragile, caractériel mais tendre. Une très belle interprétation qui fait pour beaucoup dans la qualité du film. L'autre bon point est le scénario, mené assez habilement. Kobayashi prend le parti de commencer son film directement pas la conséquence de la scène de ménage sans en donner les raisons ni les explications. On en comprendra les causes et son origine par brides. C'est une manière assez intelligente et pertinente que de faire confiance aux spectateurs pour qu'ils comprennent les chose à rebours sans que l'émotion en pâtisse. De plus, la structure de la narration même est également bien mené, une sorte de croisement entre Voyage à Tokyo (pour savoir quelle famille va accueillir Nakadai) et l'Aurore (pour la dimension circulaire du périple vers la ville et le couple retrouvant leur "amour" à l'issue de leur retour - une scène d'ailleurs reproduit le moment où les 2 héros sont dans un tramway alors que l'évolution du paysage extérieur évoque leurs sentiments). De plus le film aborde de nombreux sujets de société assez délicats comme la place des personnages âgées.
Et puis on trouve quelques scènes vraiment réussi dans les rapports entre les personnages comme le discours de la sœur qui refuse d'excuser une nouvelle fois le caractère égoïste de son frère, le moment où ils se disent au revoir alors qu'ils savent qu'ils ne se reverront pas, l'autre frère qui lui fait croire qu'il lui reste de l'argent, les retrouvailles gênées avec le père et la fin dans le tram.

Dans l'ensemble, ça penche quand même légèrement du bon côté de la balance.


La tragédie du japon (2013)
Pour le coup c'est plutôt un inédit (malgré son passage dans quelques festivals) puisque le film n'est même pas sorti au Japon et qu'il n'est pas sûr d'y sortir véritablement à cause de son aspect peu commercial.
Faut dire que c'est très minimaliste et exigeant. Un drame sous forme de huit clos en noir et blanc et avec un sujet douloureux : alors qu'on fête l'anniversaire de la mort de sa femme, un vieil homme s'enferme dans une pièce de la maison de se pour se laisser mourir au côté des cendres de son épouse. Il demande à son fils qui vit avec lui de respecter son choix, ce qui lui permettra s'il ne déclare pas son décès, de toucher sa pension de retraite et ainsi l'aider financièrement. En effet, suite à la mort de sa femme et de sa fille lors du Tsunami de Fukushima, il traverse une grosse dépression qui lui a fait perdre son travail.

Joyeux n'est-ce pas ?

Pourtant le film n'est absolument pas un mélodrame larmoyant. C'est au contraire, très, très dépouillé, pour ne pas dire austère. Uniquement de long-plan fixes, parfois de plusieurs minutes, dans un décor qui se résume à 2 pièces et un couloir pour une bonne partie des actions en hors-champ qui se limitent aux bruits se déroulant dans à proximité, La tragédie du Japon n'est pas le film le plus existant et dynamique qui soit. Si beaucoup n'ont pas adhéré à la noirceur cruelle du sujet et sa forme aride, j'ai beaucoup accroché par son sujet audacieux qui évoque de nombreux thèmes (deuil, rapport entre génération, divorce, les retraités...), par sa narration très maîtrisée qui mélange présent et flash-backs qui se déroulent à différentes époques (et qui se sont pas chronologiques) et par sa réalisation sophistiquée. Le maître du cinéaste est Jean-Luc Godard, ce qui se voit logiquement mais dont les influences sont très bien digérés dans son style et son histoire (le travail sur le son est brillant par exemple).

Et puis il y a Nakadai, fabuleux dans un rôle pas évident. Il déclarait d'ailleurs que ce personnage était le plus gros challenge de sa carrière. Kazuki Kitamura qui joue son fils est peu moins convainquant mais vu ce qu'il doit jouer, il s'en sort avec les honneurs.

Pour ma part, une jolie réussite avec une approche originale pour un sujet douloureux. Mais ça ne sera pas du gout de tout le monde assurément.
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Re: Topic naphtalinippon

Post by gnome »

bruce randylan wrote:La tragédie du japon (2013)
Pour le coup c'est plutôt un inédit (malgré son passage dans quelques festivals) puisque le film n'est même pas sorti au Japon et qu'il n'est pas sûr d'y sortir véritablement à cause de son aspect peu commercial.
Faut dire que c'est très minimaliste et exigeant. Un drame sous forme de huit clos en noir et blanc et avec un sujet douloureux : alors qu'on fête l'anniversaire de la mort de sa femme, un vieil homme s'enferme dans une pièce de la maison de se pour se laisser mourir au côté des cendres de son épouse. Il demande à son fils qui vit avec lui de respecter son choix, ce qui lui permettra s'il ne déclare pas son décès, de toucher sa pension de retraite et ainsi l'aider financièrement. En effet, suite à la mort de sa femme et de sa fille lors du Tsunami de Fukushima, il traverse une grosse dépression qui lui a fait perdre son travail.

Joyeux n'est-ce pas ?

Pourtant le film n'est absolument pas un mélodrame larmoyant. C'est au contraire, très, très dépouillé, pour ne pas dire austère. Uniquement de long-plan fixes, parfois de plusieurs minutes, dans un décor qui se résume à 2 pièces et un couloir pour une bonne partie des actions en hors-champ qui se limitent aux bruits se déroulant dans à proximité, La tragédie du Japon n'est pas le film le plus existant et dynamique qui soit. Si beaucoup n'ont pas adhéré à la noirceur cruelle du sujet et sa forme aride, j'ai beaucoup accroché par son sujet audacieux qui évoque de nombreux thèmes (deuil, rapport entre génération, divorce, les retraités...), par sa narration très maîtrisée qui mélange présent et flash-backs qui se déroulent à différentes époques (et qui se sont pas chronologiques) et par sa réalisation sophistiquée. Le maître du cinéaste est Jean-Luc Godard, ce qui se voit logiquement mais dont les influences sont très bien digérés dans son style et son histoire (le travail sur le son est brillant par exemple).

Et puis il y a Nakadai, fabuleux dans un rôle pas évident. Il déclarait d'ailleurs que ce personnage était le plus gros challenge de sa carrière. Kazuki Kitamura qui joue son fils est peu moins convainquant mais vu ce qu'il doit jouer, il s'en sort avec les honneurs.

Pour ma part, une jolie réussite avec une approche originale pour un sujet douloureux. Mais ça ne sera pas du gout de tout le monde assurément.
Là, tu me mets méchamment l'eau à la bouche ! :D
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bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

gnome wrote: Là, tu me mets méchamment l'eau à la bouche ! :D
T'as vu ça ! :D
Il vieillit vraiment très bien celui-là


Toujours vu en présence de Nakadai

L'âge d'or des assassins (Kihachi Okamoto - 1967)

Un timide et maladroit professeur en criminologie se retrouve embarqué malgré lui dans affaire sanglante où des nazis tentent de mettre la main sur un diamant légendaire

Durant sa présentation, Nakadai expliquait qu'il avait énormément de respect pour Okamoto dont il était assez proche. C'est parce que celui-ci trouvait que Nakadai ne faisait que des rôles trop sérieux que le cinéaste lui écrivit cette intrigue sur mesure pour mettre en avant cette facette farfelue et iconoclaste, moins connu du grand public.

L'âge d'or des assassins est donc une excellente comédie d'espionnage où Nakadai se fait plaisir, surtout dans le premier tiers où il joue à merveille ce prof gauche, portant d'énormes lunettes bien épaisses, portant des vêtements miteux, enchainant les gaffes (mais qui lui sauvent la vie) tout en ne manquant pas d'idées. C'est un vrai régal d'autant que Nakadai n'en fait pas des caisses, évitant toute grimace ou cabotinage excessif.

Et puis il y a évidement la mise en scène très inventive de Okamoto qui est réjouissante au plus haut moins : raccords qui mettent en avant un humour bien noir (une séquence qui se conclut par une mort brutal enchaine sur un boucher découpant de la viande), Axe de prises de vue improbables, gestion impeccable de l'espace, de la profondeur de champ et du cadrage, photographie tranchée... bref une réalisation à la fois très moderne (presque avant-gardiste) et extrêmement ludique.

L'humour vient donc autant du décalage crée par la mise en scène que par des situations loufoques dont certaines sont littéralement à mourir de rire (la tortionnaire qui tombe par la fenêtre en essayant de protéger la vue sur ses sous-vêtements :lol: :lol: ) avec en plus des idées dans certaines situations vraiment bien vues et originales : c'est pas tous les jours qu'un héros se bat avec une rappe à fromage (très efficace) ou qu'il fait d'un stylo à mine rétractable un mini pistolet à clou.
Sans oublier un véhicule pétaradant, des tueurs à gage excentriques, un champ de mine, un hôpital psychiatrique, des top-models, un bijou greffé sous la peau, une sorte de James Bond Girl frivole...

Bref, ça fait beaucoup de choses et Okamoto ne parvient pas à maintenir la folie du début à la fin avec la même cadence et la même frénésie. Du coup le dernier quart s’essouffle un peu et s'étire un peu trop alors que l'histoire "officielle" est déjà terminée pour s'égarer dans divers rebondissement sur des faux semblants à foison. Ca donne une tonalité assez curieuse, presque mélancolique, interrogeant la véracité des faits auxquels on a assisté pour une étrange conclusion qui donne presque l'impression d'avoir assisté à un rêve.
C'est plutôt audacieux mais niveau rythme, c'est assez regrettable.

Accessoirement, l'histoire m'a un peu fait penser à Intrigues en Orient de Raoul Walsh
Spoiler (cliquez pour afficher)
Comme George Raft, Nakadai a l'air d'être un citoyen lambda pris dans un engrenage d'espionnage avant qu'on découvre à mi film qu'il est lui même un agent secret en réalité
Mais la vitalité de la mise en scène, Tatsuya Nakadai et l'ambiance surréaliste/folie en fond un divertissement à ne pas rater.



Et puis, la projection était aussi l'occasion d'assister aux retrouvailles assez touchantes entre Nakadai et la veuve d'Okamoto. :wink:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

Auteur de référence sur le cinéma japonais, Max Tessier parle de son expérience de pionnier
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Il ne parle pas de Tadashi Imai. C'est donc pas un vrai spécialiste :twisted:
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je déconne.... A moitié :mrgreen:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Frances »

shaman wrote:Auteur de référence sur le cinéma japonais, Max Tessier parle de son expérience de pionnier
Merci pour le lien shaman. Un article bien intéressant + un site que je ne connaissais pas ! De quoi enrichir mes maigres connaissances sur le cinéma japonais en particulier et asiatique en général.
"Il faut vouloir saisir plus qu'on ne peut étreindre." Robert Browning.
" - De mon temps, on pouvait cracher où on voulait. On n'avait pas encore inventé les microbes." Goupi
Mains Rouges.

Mes films du mois :
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Jan 21 : Cousin Jules
Fev 21 : Midnight special
Mar 21 : Nanouk l'esquimau
Avr 21 : Garden of stones
Mai 21 : Fellini Roma
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Re: Topic naphtalinippon

Post by 1kult »

Je rejoins ce topic pour parler de la saga Lady Yakuza...

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Je ne sais pas si je suis le seul, mais ma cinéphilie spécialité nippone passe surtout par la vidéo. Entre les télévisions un peu moribondes, et les salles de cinéma un peu chiches en terme de prog dès qu'on n'habite pas près de la Cinémathèque, à la MCJP ou dans le corps de Bruce Randylan, les claques ont souvent été commises en achetant un peu par hasard avec le recul - ou plutôt par politique d'éditeur - tantôt un coffret Baby cart, tantôt un DVD de Femmes Criminelles, plus tard Le Couvent de la Bête sacrée et Elle s'appelait Scorpion... Et ainsi de suite.

Une cinéphilie pas monomaniaque, ou en tout cas si, mais par intermittence. En fait, la cohérence de mes achats ne suit pas celle de mes visionnages, et lorsque je décide de regarder un film nippon, c'est pour m'en regarder généralement 20 de suite, mais tous pour la plupart végétant dans mes étagères depuis des lustres... Le sabre du mal, harakiri, quelques pinku, du Teruo Ishii, une bonne dizaine de Hideo Gosha, certains Seijun Suzuki, ils attendent tous l'étincelle pour peut-être suivre (ou attendre leurs tours lors d'une prochaine lubie nippone).

C'est arrivé il y a quelques semaines avec d'abord la vision "pour le boulot" de Kuroneko (je m'en expliquerai peut-être plus tard) de chez masters of Cinema, et puis il y a quelques jours de Lady Snowblood, les deux opus. Pour ces derniers, une critique arrivera un jour (mais quand ?) sur 1K, mais en attendant, après sa rdaction, j'ai enfin enlevé les quelques centimètres de poussière sur mon coffret Lady Yakuza, coffret HK Video qu'on est plusieurs à avoir acheté de la même manière (premièrement : super je ne connais pas, deuxièmement roooh c'est cher, troisièmement - à la caisse - Roooooh c'est TRES cher - et souvent : je suis fier, c'était cher... mais faudrait que je me cale un moment pour ls voir quand même...). On est tous pareil. Sauf Bruce randylan, mais c'est déjà évoqué tantôt.

Et puis, pris de cette frénésie du moment, je me suis maté les trois premiers. Et bah c'est vraiment pas mal. Faut laisser reposer le tout, et mater les 5 autres épisodes, mais c'est assez bien. On regrette le manque d'infos en quantité, même si le texte de Léo Haddad est vraiment très très bien (un de ses meilleurs), un docu resituant la série historiquement de manière plus approfondie n'aurait pas été de trop.

Lady Yakuza / La Pivoine rouge c'est quoi ? En fait, je n'ai pas fini, mais je dirai que c'est une sorte de grand feuilleton en 8 parties (et peut-être plus, tant on sent que c'est déclinable) assez passionnant. Ca se passe à la fin du 19-début 20ème siècle, l'êre Meiji si je ne me trompe (Bruce ?)

On sent que la charnière, le passage d'une ère à une autre est fondamental. Ici, une femme tente de reprendre et reformer le clan de son père, chef yakuza assassiné, et dont la vengeance sera le moteur du premier eps. Il y a constamment une dualité. Valeurs traditionnelles, et trahisons. Une femme au pouvoir dans un microcosme d'hommes. L'arrivée de la modernité (elle utilise le sabre mais aussi un pistolet dans les trois épisodes), face aux règles ancestrales. Le personnage, mi-homme mi femme, ou plus exactement, jamais un homme et plus vraiment une femme (c'est une problématique récurrente), proche du peuple mais extrêmement respectueuse des règles, est à ce titre passionnant. L'actrice (fille du producteur et nièce de Norifumi Suzuki, scénariste des 7 premiers épisodes et même réalisateur du second) est parfaite dans le rôle, à la fois chaste et pure,mais d'où peut éclater un torrent de violence, de plus en plus graphique à mesure que les épisodes avancent...

En fait La Pivoine rouge c'est l'anti Femme Scorpion ou lady Snowblood (pour cette dernière il y a une ressemblance évidente). Presque traditionnel, et en fait je ne pense pas que ça soit anodin que la série (apparemment très populaire puisqu'il y a eu en 4 ou 5 ans 8 épisodes) précède justement toute la vague des iconoclastes (les deux cités deux lignes plus haut, mais aussi Baby Cart, Hanzo the razor1, etc...). Enfin ça seul un spécialiste pourrait nous le dire (devinerez-vous à qui je pense ?)

Autre chose encore (il est dur de ne pas paraphraser le livret de Haddad) : l'esprit serial est assez fascinant, mais on est presque dans une mini-série pour être plus juste. On est rapidement fasciné par de longs dilemmes moraux entre obligation social et moral, entre son statut de yakuza aux ordres d'un chef qui nous prête hospitalité et honneur profond. Il y a donc tout un rituel de déférence et de respect qui sur le papier est absurde (en Occident certains passages dureraient 1 minutes quand là ils s'étalent sur presque 10) mais qui donne son sens et qui en plus est réussi de bout en bout.

En attendant que je me finisse les 5 épisodes restant (en entrecoupant avec du pinku quand même), je ne peux que vous conseiller de ne pas laisser passer trop longtemps l'exemplaire sur amazon (ce n'est pas le mien, rassurez-vous) qui reste. Certes, ça aurait dû coûter au plus 80 euros, surtout que les photos et les posters reproduis, je ne pense pas qu'ils bougeront de leurs étuis... Mais sinon il faudra se contenter de seulement trois opus de la saga, ce qui est dommage (peut-être que l'import permet d'acquérir les 8 épisodes pour moins cher). Mais en l'état c'est vraiment une très bonne surprise (en tout cas les trois huitièmes vus l'indiquent) pour qui n'est pas rebuté au classicisme et à un rythme un poil répétitif.

:wink:

1 : si vous en voyez d'autres, je suis preneur ! Je vais certainement me commander Hanzo justement (en trilogie chez MoC), mais ensuite je suis ouvert ! bon vous aurez compris je ne les verrai peut-être pas dans la foulée mais bon... ;) Pareil pour un livre traitant du cinéma pop nippon de cette époque et de ce genre, qui pourrait m'en apprendre d'autre... :wink:
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

bruce randylan wrote:Il ne parle pas de Tadashi Imai. C'est donc pas un vrai spécialiste :twisted:
Il s'est peut-être endormi devant les films... :mrgreen:
Presque traditionnel, et en fait je ne pense pas que ça soit anodin que la série (apparemment très populaire puisqu'il y a eu en 4 ou 5 ans 8 épisodes) précède justement toute la vague des iconoclastes (les deux cités deux lignes plus haut, mais aussi Baby Cart, Hanzo the razor1, etc...).
Une période charnière où le traditionnalisme voit éclore à côté des films plus violents, plus expérimentaux -- formellement, thématiquement -- avec une montée en puissance de l'érotisme... tout ça amène les exécutifs à trouver de nouvelles formules pour tenter de comprendre les goûts en pleine transformation d'un public (qui aime bien sa télévision). Ce qui donne un côté anachronique à cette Pivoine Rouge, incapable d'assumer sa féminité, sa violence dans une époque où justement, la femme prend de l'importance -- sortir des archétypes pour embrasser l'humain et ses contradictions (ça passe dès 68/69 avec des séries mettant en avant du personnage féminin vengeur, il y a quelques années aux US, un coffret DVD d'une série méconnue était sorti mais le nom m'échappe pour le moment, sinon voir du Stray Cat Rock & autres pinky).

C'est ce qui se passait grossièrement et plus généralement avec le film de yakuza -- cf, l'article plus haut -- où le traditionnalisme fera place à du Kinji Fukasaku brisant les idéaux, les archétypes, avec un chaos ambiant qui bouscule le public plutôt que de l'enfermer dans une sphère semi-passéiste à base d'honneur, devoir, de méchants et de gentils clairement distingués.
Frances wrote: Merci pour le lien shaman.
:wink: