Topic naphtalinippon

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

Deathlapinoo wrote:
Abdul Alhazred wrote: Petite question : comment étaient les sous-titres à Nantes sur La Terre ?
Dans la projection de vendredi dernier à la Cinémathèque, c'était une abomination, environ 1 phrase sur 2 sous-titrée. En gros, ils n'ont pas traduit les dialogues japonais mais les sous-titres incrustés allemands. Et les cartons d'introduction et de fin n'étaient pas sous-titrés (le dernier carton expliquant la fin du film). J'avais heureusement des voisins de rangée japonais qui m'ont dit ce qui était marqué.
Je pense que le sous-titrage était le même puisqu'en effet, pas mal de phrases n'étaient pas traduites. Par contre, je ne me souviens pas avoir eu droit aux cartons expliquant la fin du film!
OK, merci.

Dans notre projection, il y avait 3 cartons d'introduction, au début du film, et 1 carton de conclusion.
Je ne sais pas ce que disaient les cartons d'introduction, je suppose qu'ils fournissaient le contexte de la restauration et prévenaient le spectateur du manque de la dernière bobine.
Le carton de conclusion expliquait ceci :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Le grand-père se rétablit et aide finalement son beau-fils à travailler la terre.
magobei
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Re: Topic naphtalinippon

Post by magobei »

C'est l'heure du bilan pour le coffret Koreyoshi Kurahara, sorti chez Criterion dans la collection Eclipse:

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Je recolle quelques avis déjà postés:
Intimidation (Koreyoshi Kurahara, 1960)
Takita a le vent en poupe: promu au siège de la banque à Tokyo, il s'apprête à quitter la filiale de Niigata. Alors que son ami d'enfance, Nakaike (excellent Ko Nishimura), voit sa carrière au point mort, toujours dans l'ombre de Takita. Sauf qu'il y a un cadavre dans le placard: Takita est acculé par un maître-chanteur pour une vieille affaire de prêts illégaux, et contraint de braquer sa propre banque...
Très bon petit noir de Kurahara, articulé autour de la relation trouble Takita-Nakaike; bon scénar, prenant quelques détours imprévisibles, et une belle mise en scène (notamment lors de la scène du hold-up, silencieuse).
The Warped Ones (Koreyoshi Kurahara, 1960)
Le film fait forcément penser à Contes cruels de la jeunesse d'Oshima: on y suit la dérive d'Akira, chien fou en rupture avec la société (Kurahara en profite pour se moquer de façon assez caustique de l'establishment, et notamment du milieu de l'art). Forme = fonction, et le film est mené tambour battant, sur un rythme trépidant et jazzy: caméra sans cesse en mouvement, en roue libre, à l'unisson d'Akira. C'est assez beau, et assez fatigant en même temps. D'autant que question cabotinage, Tamio Kawachi (Akira) se pose là...
J'enchaîne avec Black Sun (1964), où on retrouve le fatigant Tamio Kawachi en voyou nonchalant et trop coool. Le mérite du film, c'est d'aborder (un peu) la question raciale, à travers le personnage de Gill, G.I. black pourchassé par la police militaire. Akira (Kawachi) l'héberge, mais son niveau d'anglais - grand fan de jazz, il ne peut que répéter "I lovu blacku people" - fait que la conversation est limitée et les malentendus nombreux. Comme The Warped Ones, un film en roue libre, excité, élégant mais assez lassant. Le cool "taiyozoku" agace un peu à la longue...

I Hate but Love (1962): voilà qui est déjà plus intéressant. Seul film en couleur du coffret et ça compte: Kurahara exploite à merveille la colorimétrie criarde, tapageuse, des swinging sixties. Surtout, l'idoru Yujiro Ishihara, au jeu infiniment plus subtil, remplace Kawachi. Ishihara, c'était déjà la star de I Am Waiting, jolie réussite de Kurahara présentée dans le coffret Nikkatsu noir de Criterion.

Ishihara interprète ici Daisaku, star des médias nippons: il a le vent en poupe, mais en pince pour sa manager Noriko, avec qui il entretient une étrange relation amoureuse platonique. Jusqu'au jour où Daisuke pète les plombes, quitte le plateau et se lance dans un périple existentialiste à travers le Japon, au volant d'une jeep, de Tokyo à Kyushu. Il y a ici l'amorce d'une critique des médias, mais le vrai sujet c'est la love story Daisuke-Noriko, prétexte à bon nombre de péripéties. Un drôle de road movie, à la fois excité et atmosphérique.

Et on termine par Thirst For Love (1967), avec la belle Ruriko Asaoka. Celle-ci joue une jeune veuve qui couche avec son beau-père (qu'elle appelle "papa") et qui flirte avec le jardinier. Rien de vaudevillesque, tout se passe au contraire sous le vernis impeccable des convenances... On ne s'étonnera pas que le film soit une adaptation d'une nouvelle de Mishima. Niveau mise en scène, c'est très élégant, voire esthétisant (quelques effets un peu creux), avec un chouïa d'expérimentations: quelques plans couleurs tranchent sur le beau noir et blanc du film, et une scène-clé de dialogues est filmée de loin, muette, avec le contenu de la conversation en surimpression. Pas franchement enthousiasmant, mais intéressant.

Bon bref, je ne saute pas sur place. On a ici un coffret assez moyen, renfermant un joli petit noir, un film de moeurs mishimesques et quelques fantaisies sous influence taiyozoku. Si je dois établir un palmarès, je dirais dans l'ordre I Hate but Love, puis Intimidation, Thirst for Love, The Warped Ones et Black Sun. Mais le meilleur Kurahara édité par Criterion est indéniablement I Am Waiting, absent de ce coffret. D'où le sentiment que Criterion a surtout capitalisé sur les bonnes ventes du Nikkatsu Noir. Bon, ne boudons pas notre plaisir, c'est tout de même une jolie collection de curiosités pour amateurs de cinoche japonais 60s. A réserver aux complétistes et aux fans.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

Du 17 janvier au 18 février 2012, cycle Les maîtres de l’âge d’or du cinéma de genre japonais Kenji Misumi et Tai Katô VOL.1 (ce qui laisse supposer d'autres volumes) : http://www.mcjp.fr/francais/cinema/les- ... -or-du-433

Côté Misumi, 3 films qui n'existent pas sur support physique en France (Le fan­tôme de Yotsuya, Sur la route à jamais et La rivière des lar­mes) et de très bons films.
Côté Katô, pas mal de choses, mais je connais moins ce réalisateur et je n'ai pas accroché à ses films sur La pivoine rouge.
Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

Je poste ça ici, car c'est sûrement le seul endroit où je risque de trouver des gens intéressés par un truc aussi spécifique :mrgreen:

Sur mon blog, j'ai écrit un petit billet sur La Terre de Tomu Uchida, que j'ai pu voir à la Cinémathèque dans le cadre de la rétrospective Nikkatsu : http://hicsuntninjas.blogspot.com/2011/ ... chida.html
Ça pourra peut-être en intéresser certains (je sais qu'il y avait au moins bruce randylan dans la salle lors de la projection il y a 2 semaines ^^).
shaman
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

Abdul Alhazred wrote:Du 17 janvier au 18 février 2012, cycle Les maîtres de l’âge d’or du cinéma de genre japonais Kenji Misumi et Tai Katô VOL.1 (ce qui laisse supposer d'autres volumes) : http://www.mcjp.fr/francais/cinema/les- ... -or-du-433

Côté Misumi, 3 films qui n'existent pas sur support physique en France (Le fan­tôme de Yotsuya, Sur la route à jamais et La rivière des lar­mes) et de très bons films.
Côté Katô, pas mal de choses, mais je connais moins ce réalisateur et je n'ai pas accroché à ses films sur La pivoine rouge.
D'ailleurs, si ça peut servir.

Sur la Pivoine rouge, qu'est-ce qui t'as déplu ? Dans mes souvenirs, les opus signés Kato figurent parmi les meilleurs de la série, il y apporte une vraie dynamique visuelle capable de dynamiter l'incroyable naïveté générale de cet univers chevaleresque classique. D'arriver à replacer la Pivoine dans son rôle de femme, avec sa féminité et ses faiblesses. Au lieu de se complaire à en faire une icône asexuée symbole de sagesse traditionnelle (toujours à se mêler des affaires des autres, quelle emmerdeuse :mrgreen: ). Kato réussit à donner un peu d'ampleur et d'intérêt à des histoires franchement plates - commencer un film avec un plan ajustant la tête de la Pivoine sur le corps d'une prostituée = génie !

(intéressant de noter que la MCJP est restée fidèle au titre original, ignorant complètemenet et à raison le titre d'exploitation vidéo : Lady Yakuza :| )
Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

shaman wrote:D'ailleurs, si ça peut servir.
Merci pour l'info, je vais tenter à tout hasard.
shaman wrote:Sur la Pivoine rouge, qu'est-ce qui t'as déplu ? Dans mes souvenirs, les opus signés Kato figurent parmi les meilleurs de la série, il y apporte une vraie dynamique visuelle capable de dynamiter l'incroyable naïveté générale de cet univers chevaleresque classique. D'arriver à replacer la Pivoine dans son rôle de femme, avec sa féminité et ses faiblesses. Au lieu de se complaire à en faire une icône asexuée symbole de sagesse traditionnelle (toujours à se mêler des affaires des autres, quelle emmerdeuse :mrgreen: ). Kato réussit à donner un peu d'ampleur et d'intérêt à des histoires franchement plates - commencer un film avec un plan ajustant la tête de la Pivoine sur le corps d'une prostituée = génie
Je n’ai vu que les trois épisodes sortis en DVD simples chez Metropolitan, soit La pivoine rouge de Kosaku Yamashita (premier des huit films), Le jeu des fleurs de Tai Kato (troisième des huit films) et Le retour d'Oryu de Tai Kato (sixième des huit films).
Je n’ai pas vu celui décrit par AsiaFilm.fr et auquel tu sembles faire principalement référence, Prépare-toi à Mourir de Tai Kato (septième des huit films).

Mon avis ne porte donc que sur trois films, dont deux de Kato.
J’avoue avoir été assez déçu par le personnage principal, Oryu, que j’ai trouvé terne et archétypal : c’est la gentille Yakuza au grand cœur qui doit paraître dure pour se faire respecter dans ce monde d’hommes. Tout ça dans le plus grand sérieux. Sur un film ça aurait pu passer mais, sur une série de films, je préfère les personnages plus ambigus.
Cet élément est, je pense, assez déterminant dans mon appréciation. J’aime beaucoup les Zatoichi avec Shintarô Katsu essentiellement grâce au personnage de Zatoichi, que je retrouve toujours avec plaisir d’un épisode sur l’autre. Zatoichi, au final, a bon cœur également, mais le personnage m’est plus sympathique et Katsu le joue très bien.

Par ailleurs, sur la série des Pivoine rouge, les scénarios et situations ne m’ont pas franchement emballé, trop manichéens à mon goût, avec les gentils d’un côté et les méchants de l’autre. Les méchants sont assez fades et je ne me suis pas senti concerné pas les enjeux.

Sans forcément chercher la folie d’un Baby Cart (on retrouve d’ailleurs dans la série des Pivoine rouge Tomisaburô Wakayama, le frère de Shintarô Katsu et acteur principal de Baby Cart, dans un rôle amusant mais pas franchement intéressant au final), plus tardif, j’avoue que je m’attendais à autre chose et que j’ai été un peu déçu.
La réalisation de Kato sur ces deux films ne m’a pas spécialement marquée, de bonne qualité et esthétiquement intéressante, mais pas au point de transcender des scénarios plutôt ennuyeux.

Le septième opus me ferait peut-être réviser mon jugement, de même que la vision de la série complète des huit films : parfois, c’est à force de voir un personnage qu’on finit par l’apprécier.
En l’état actuel, je reste dubitatif sur cette série.
Abdul Alhazred
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Re:

Post by Abdul Alhazred »

Dans le cadre de la rétrospective consacrée à la Nikkatsu à la Cinémathèque, j’ai récemment vu Terre et Soldats de Tomotaka Tasaka (1939). Avant de disserter rapidement sur le film, je remonte cet avis un peu ancien de Bruce Randylan, avis intéressant mais auquel, et c’est là le but de mon post, je n’adhère pas totalement.
bruce randylan wrote:Terres et soldats ( Tomotaka Tasaka - 1939 )

Incroyable film de guerre qui fut produit pour sensibiliser les japonais sur la vie des soldats au front à l'époque où les informations n'étaient pas relayées depuis la Manchourie.
Pour la préparation, le réalisateur a ainsi collé au plus prés plusieurs compagnies sur de vrais combats et l'on sent dans le film cet approche trés documenté.
Le film prend donc une structure narrative qui surprend au debut où l'on passe de quelques scènes centrés sur des groupes de soldats évoquant la dureté de la vie sur place ( les longues marches d'entraienement ; l'impuissance face à la mort de civils ; décès d'un frère d'armes ) à d'autres moments quasiment sans dialogues où l'on suit presque en TEMPS REEL la progression sur les champs de bataille.
D'un réalisme extraordinnaire près de 60 ans après leur réalisations, ces passages sont d'immenses moments de cinéma. Il faut voir l'assaut d'une maison isolé qui dure presque 40 minutes pour comprendre les efforts du cinéaste à suivre le plus possible la réalité. On y tire vraisemblablement à balles réelles en percevant du coup le tracés des tirs et les dégats sur la maison que les soldats sont obligés d'effritrt par morceaux pour déloger un groupe de sniper invisibles et mortels. La difficulté de la progression, la peur d'une balle faucheuse, les problèmes de communication entre les escouades, le bruit assourdissant ( le travail sur le son est tout aussi fabuleux )... tout y est, porté en plus par une caméra qui se s'écarte jamais du point de vue des soldats, histoire de renforcer l'immersion.

Cet effacement du réalisateur et de tout propos s'il évite de sombrer dans le film de propagande ( à une scène près où un blessé agonisant dédie sa mort à l'empereur ) nuit cependant tout de même à l'implication emotionnelle au profit de celle sensorielle.
L'agencement des scènes et le montage du film rend donc impossible un récit fluide et l'on regrette quelques fois que les histoires personnelles ne soit réduits à quelques minutes ( celui où un soldat essaye de sauver en vain un bébé au milieu de cadavres étant le plus flagrant ).

C'est bien sur un choix de réalisation osé et l'on ne peux qu'admirer l'ambition de Tasaka à livrer un document brute, précis au discours effacé avec ce risque de laisser certains spectateur sur le carreau.
De mon point de vue, j’ai beaucoup plus remarqué l’aspect propagandiste du film, le réalisme ayant pour conséquence de renforcer l’immersion du spectateur et de faciliter son acceptation des évènements présentés.

J’ai essayé, dans une note sur mon blog que je viens de publier, de montrer en quoi Terre et soldats est bien un film de propagande : http://hicsuntninjas.blogspot.com/2012/ ... otaka.html

Ma démonstration est un peu longue. Pour résumer en quelques mots, je dirais que le film se situe dans une série de films de propagande humanistes. Reprenant une partie du discours des autorités militaires de l’époque en gommant les éléments les plus grossiers, ces films réussirent à rendre acceptable des thèmes auparavant rejetés par le public et les critiques (les films de propagande grossiers datant des débuts de la guerre contre la Chine en 1937 furent en effet boudés).

J’ai essayé de comprendre les éléments amenant à cette acceptabilité, tout en mettant en avant le discours sous-jacent, raison d’être du film (financé et approuvé par les autorités militaires, il ne faut pas l’oublier).
Du coup, je trouve que Terre et soldats est un film de propagande intelligent, dans le sens où le discours est amené subtilement et qu’il n’apparaît pas pour ce qu’il est. Cette subtilité le rend d’autant plus pernicieux, bien qu’il ne faille pas en exagérer la portée, l’efficacité des films de propagande n’ayant jamais pu être quantifiée.

Nonobstant cet élément, un film de propagande peut tout de même être agréable à regarder. Le problème ici, comme tu le signales, est l’absence de développement des personnages du récit (pour des raisons que j’explique dans ma note). Ce manque d’individualisation minimise, je trouve, l’intérêt du film pour un spectateur lambda, qui risque de s’ennuyer pas mal.

Passionné par l’Histoire et le cinéma japonais des années 30, et m’intéressant aux questions de nationalisme et de propagande, j’ai trouvé le film intéressant à voir et à étudier. Mais je ne le conseillerais pas à tout le monde, seulement aux fans de films de guerre, de cinéma japonais ou de cinéma de propagande.

Pour finir, je précise tout de même que ma vision n'est pas dominante dans les études consacrées au film. J'ai volontairement cherché la petite bête. L'avis de Bruce Randylan est plus en accord avec la perception classique du métrage.
shaman
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Zatoichi > Pivoine Rouge

Post by shaman »

Abdul Alhazred wrote: Je n’ai vu que les trois épisodes sortis en DVD simples chez Metropolitan, soit La pivoine rouge de Kosaku Yamashita (premier des huit films), Le jeu des fleurs de Tai Kato (troisième des huit films) et Le retour d'Oryu de Tai Kato (sixième des huit films).
Je n’ai pas vu celui décrit par AsiaFilm.fr et auquel tu sembles faire principalement référence, Prépare-toi à Mourir de Tai Kato (septième des huit films).
En fait, c'est Le retour d'Oryu avec Bunta Sugawara donc -- et je te rejoins concernant la qualité générale de la série. Qui brille par une absence frustrante d'ambition et de perspective, je suppose que c'est l'unes des conséquences d'un contexte d'époque difficile. Avec un studio profitant d'un petit succès au box-office pour pousser le filon plus loin (à défaut d'être pleinement intéressant malgré les éléments de base : perso féminin, monde yakuza...).

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La Pivoine Casse-couilles, prude et moralisante
Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

Dans le cadre du cycle Misumi/Katô, je suis allé hier pour la première fois à la Maison de la Culture du Japon à Paris.
Rien à redire sur les conditions de projection : la salle est assez petite mais bien agencée et aucun problème à signaler vis-à-vis des sous-titres (à l’inverse des sous-titres de la Cinémathèque dans le cadre de la rétrospective Nikkatsu, contre lesquels j’ai pas mal râlé).
J’ai un pass gratuit pour l’ensemble du cycle, merci à AsiaFilm.FR, et je ne comptais pas m’en priver.

Deux films de Tai Katô étaient projetés hier soir : Requiem pour un massacre (Minagoroshi no reika, 1968) et Chroniques guerrières du clan Sanada (Sanada fûunroku, 1963).
Je n’aime pas particulièrement donner mon avis en quelques lignes mais j’avoue avoir plusieurs fois profité de ceux postés sur ce forum, sur des films japonais peu connus dont il n’existait quasiment aucune critique en français ou en anglais. N’ayant pas trouvé d’avis sur ces deux films ici, je vais y consacrer quelques lignes. Les résumés sont ceux de la MCJP, pour cause de flemme et pour comprendre mes attentes.

Comme précisé quelques commentaires plus haut, je ne connais pas bien Tai Katô et je n’avais pas été convaincu par ses films sur La pivoine rouge. Deux films plus tard, je reste dubitatif et je pense qu’il est capable du pire comme du intéressant.

Requiem pour un massacre :
MCJP wrote:Takako Yasuda, femme riche et oisive, est assassinée chez elle par un inconnu. Avant de la tuer, celui-ci l’a forcée à noter le nom sur une feuille de papier de quatre femmes…
Autre film noir réalisé par Katô pour le compte des studios Shôchiku.
Entre film de serial killer à la Le voyeur de Michael Powell et film de vengeance, c’est le type d’œuvre susceptible de plaire aux amateurs de thriller ou de films de serial killer. N’étant pas fan de ce dernier genre (je n’ai pas accroché au Voyeur justement, pour ne mentionner que le plus réputé), je n’ai pas été complètement convaincu.
Sur le plan stylistique, le film est très intéressant et nous a rappelé certaines œuvres de Seijun Suzuki par son côté quasi expérimental. Il y a certaines scènes superbes, surtout dans la deuxième moitié du film, plus rythmée et intéressante que la première. Mais j’avoue avoir trouvé le temps un peu long, ne me sentant pas franchement concerné par les péripéties du tueur et de ses victimes. Je ne suis pas fan de l’acteur principal, Makoto Satô, ce qui n’a pas aidé.

Au final, un film que je conseillerai tout de même, histoire de se faire sa propre opinion.
Il existe une critique dithyrambique en anglais, qui spoile tout le film : http://wondersinthedark.wordpress.com/2 ... -tai-kato/


Chroniques guerrières du clan Sanada :
MCJP wrote:Après la bataille de Sekigahara, un groupe d’enfants intrépides se lie à un samouraï, Sanada, qui part à l’assaut du château d’Ôsaka.
Une comédie musicale à costumes atypique mêlant combats de ninjas, anachronismes loufoques et science-fiction. À travers l’histoire du clan Sanada qui, par opportunisme, ne choisit jamais son camp au cours de ce conflit décisif, Tai Katô transpose dans le Japon guerrier du 16e siècle les troubles politiques de 1960, l’année où la jeune génération s’opposa violemment à la reconduction du traité de paix nippo-américain par le gouvernement.
Hum… Sur le papier, ça pouvait être sympa. Je n’ai pas peur des films barrés et, la semaine passée, j’avais vu à la Cinémathèque Oshidori utagassen de Masahiro Makino, une comédie musicale de 1939 assez géniale (cf. ce billet en anglais pour un avis détaillé : http://vermillionandonenights.blogspot. ... n-edo.html. Je conseille d’ailleurs ce blog, qui propose une vision souvent originale du cinéma japonais).

Je diviserai le film en deux parties.
Les deux premiers tiers sont assez pathétiques : humour lourd, acteurs peu charismatiques en roue libre, personnages principaux agaçants, effets spéciaux lamentables. La même chose en français avec un doublage un peu ridicule et on aurait un bon nanar.
Le dernier tiers sauve un peu les meubles : le récit devient plus sombre, l’humour disparaît, et le film se concentre sur d’autres personnages et acteurs plus intéressants. Le sous-texte politique est bien présent et contribue à assombrir ce dernier tiers. Ça ne devient pas exceptionnel hein, mais au moins c’est regardable sans souffrance.

Ne pouvant pas faire avance rapide au cinéma pour sauter les deux premiers tiers, je déconseille donc fortement ce film, qui n’intéressera que les fans les plus hardcore de cinéma populaire japonais des années 60.
Anorya
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Anorya »

Je copie-colle mon avis sur un Oshima des 60's aussi mis dans le topic consacré au cinéaste ! :D

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L'obsédé en plein jour (Oshima - 1966).


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Le portrait d'un violeur (et dorénavant tueur en série) inquiétant qui pourtant un jour, s'introduit dans une maison mais, reconnaissant la servante, ne la tuera pas, au contraire de sa maîtresse. La jeune femme épargnée semble avoir un lien avec l'homme. D'ailleurs elle semble si bien le connaître que plutôt que de prévenir la police, elle écrit une longue lettre à la femme de celui-ci pour demander la permission de le dénoncer aux autorités.....


Ma connaissance du cinéma d'Oshima est encore des plus confuses pour pouvoir vraiment juger son oeuvre à sa juste valeur. Comme beaucoup, j'ai évidemment vu les oeuvres récentes ou les plus connues comme Furyo (que j'adore cela dit), Tabou et L'empire des sens. Mais son cinéma des années 60 me restait encore un continent à découvrir et c'est alléché par la promesse d'une virtuosité technique affolante (verso de la jaquette du dvd !) que je me suis jeté sur le film, tel cet obsédé dont on parle, mais avec une soif avide de connaissance dans mon cas (et non une pulsion sezuelle et de mort, hein). Bref, virtuose, oui, on va y venir, c'est même assez éblouissant, mais d'un point de vue narratif, qu'en est-il d'un autre côté ?


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Pour reprendre le petit ouvrage de Max Tessier consacré au cinéma japonais (*) :

"Ce qui est remarquable chez Oshima, c'est non seulement sa volonté de s'attaquer à tous les interdits de la société nippone actuelle, mais aussi l'étonnant éclectisme de son langage. Au nombre minimal de plans séquences dans Le piège (alias Une bête à nourrir, 1961), s'oppose le morcellement ahurissant de L'obsédé en plein jour, tourné en près de 2000 plans !"

Près de 2000 plans. Ah ouais. :shock:

Voilà qui laisse rêveur, d'autant plus que le travail est au final, admirable : jeu sur l'espace, sur la profondeur, échelle de plans entre le gros et le petit, aspect presque sensitif de certaines matières, morcellement de parties du corps comme dans les Godard les plus intéressants des 60's, tout fait d'autant plus sens que le montage alterne tout ça entre divers époques, entre flash-back renseignant sur les différents personnages qui appartenaient alors à une même communauté rurale d'un même village, au présent et ce que sont devenu ces mêmes personnages principaux (avec un qui s'est perdu... euh, pendu en route, plutôt). Jusqu'ici tout va bien et il est intéressant de constater qu'Oshima à l'intelligence de ne pas perdre son spectateur en cours de route, soucieux de constamment garder en tête les motivations de chacun afin de mieux prendre le spectateur à parti.


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Et pourtant on finit par un peu perdre le spectateur en cours de route, et ce pour plusieurs raisons.

D'abord, comme apparemment dans tous les Oshima de l'époque, parce qu'il y a une forte charge sociale et politique qui recquiert des connaissances importantes sur le Japon des années 60. En soi, ayant dû aborder pour mon mémoire de cinéma certains aspects du Japon de cette décennie, je n'ai pas été trop perdu mais je pense que certains spectateurs pourraient être largués (et encore, c'est pas Nuit et brouillard au Japon (1960)). En même temps je trouve même que cet aspect n'est pas assez poussé.

Ensuite, et plus important, chacun des personnages m'était soit antipathique, soit pas des plus intéressants. Le violeur en question se révèle un je-m'en-foutiste égoïste, sans personnalité uniquement mû par l'instinct, nullement préoccupé de son prochain (bon en même temps vous me direz, c'est presqu'un peu normal, certes). La jeune servante est molle et parfois effacée. Le 4e protagoniste (celui qui s'est pendu), avait encore de l'honneur mais trop gentil et gagné par l'amertume envers ces contemporains, il préfère en finir. Sur ce point, j'ai apprécié qu'Oshima dresse un portrait sans concession de la jeunesse rurale telle qu'il la voit même si d'un autre côté je regrette que ce soit tailladé à la hache sans pouvoir modérer un peu envers d'autres jeunes du milieu. Oshima est trop pressé de démonter tous ses personnages dans son jeu de construction/déconstruction qu'il en oublie que la subtilité peut elle-même apporter de la force.


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Il y a pourtant ce personnage d'institutrice, elle-même épouse du violeur, sans doute le meilleur personnage, le plus complexe, en fait la femme d'Oshima à l'époque. Une femme qui va expliquer pourquoi elle reste avec cet homme. De l'amour ? De la compassion ? De la jalousie ? Au fur et à mesure de l'histoire et des flash-backs, les langues se délient. Mais comme je l'ai dit, impossible de s'attacher un tant soit peu à des personnages violemment pris dans une histoire d'amour sans doute trop torturée et personnelle pour nous. Il m'a semblé que dans la dernière demi-heure du film, le film piétinait, ne savait pas sur quel pied danser, que les avis des deux femmes dans le train s'accordaient tout en changeant constamment d'avis. Qui fait quoi ? Qui aime qui ? Fallacieuse impression de voir un cinéaste ayant mené sa barque du mieux qu'il pouvait et ne sachant comment vraiment finir son film, si ce n'est sur un énième coup d'éclat (que je ne révèlerai pas ici même si je peut dire qu'il m'a assez laissé dubitatif).


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Reste donc pour ma part un film assez incroyable techniquement et visuellement et dont la première partie est des plus intéressantes narrativement. Dommage donc que la fin s'emmêle pas mal les pinceaux... Je conseillerais néanmoins le film aux cinéphiles et aux cinéastes en herbe passionnés par l'esthétique de l'image. Il y a là de sacré leçons à tirer et l'on sent un bouillonnement constant durant tout le long-métrage. Y'a pas à dire, Oshima savait filmer comme un grand maître et sur ce point le film est bon ! Cela me donne envie de continuer la découverte de cette période du monsieur car apparemment, il y a des pépites sous la vase.

4/6.







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(*) Le cinéma Japonais - Max Tessier, éditions Armand Colin, collection 128, p.70.
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magobei
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Re: Topic naphtalinippon

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Stolen Desire (Shohei Imamura, 1958)

Pour son premier film, Imamura suit la tournée d'une troupe de théâtre itinérante dans l'après-guerre. Les "films sur le théâtre" (la terminologie japonaise m'échappe pour l'instant) sont un genre en soi dans le cinéma nippon, auquel ont notamment recouru Ozu et Mizoguchi (c'était aussi un moyen d'échapper à la censure dans le Japon militariste).

Il y a deux sujets dans ce Stolen Desire d'Imamura: d'abord, la modernité, qui enterre les arts traditionnels (ironiquement, c'est aussi le cinéma qui enterre le théâtre, alors que dans ses balbutiements, le cinéma japonais se limitait souvent à du théâtre filmé); la troupe, fauchée, est obligée de recourir à de discutables expédients pour attirer le chaland, mêlant numéros de strip-tease aux pièces kabuki. La première scène, où un acteur supplie le public de rester après la séance d'effeuillage, est très parlante.

Second sujet, les histoires de coeur, les jalousies, tromperies, qui émaillent la vie de la micro-société. C'est déjà présent chez Mizoguchi, mais ça reste très feutré, policé. Chez Imamura, cinéaste de l'instinct, de la pulsion, le sexe (où devrait-on dire le désir?) est au coeur de l'intrigue (même si ça reste très soft). Au final, un film énergique, assez captivant, où le réalisateur explore déjà sa veine de cinéma social.

7/10

PS: jolie édition MoC. Quand on pense que le film est un "bonus" de Pigs and Battleships...
Last edited by magobei on 25 Jan 12, 14:40, edited 1 time in total.
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
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gnome
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Re: Topic naphtalinippon

Post by gnome »

C'est marrant, j'ai visionné le film ce WE aussi... Et j'avoue y avoir pris un vif plaisir. Imamura signe ici une excellente petite comédie (et même probablement plus qu'une simple comédie) et met beaucoup d'humour dans les tribulations de cette troupe de comédiens qui peine à attirer les foules. Et comme tu le soulignes bien, ce sont les pulsions, les désirs et le sexe qui sont au centre du débat. Les spectateurs se déplacent essentiellement pour mâter la séance de strip-tease avant le spectacle ou pour les femmes, hurler leur admiration devant la plastique de l'acteur principal, le metteur en scène, seul à s'inquiéter de son art est aussi obsédé par l'épouse de l'acteur principal et j'en passe. Mais loin de la farce légère et gratuite, Imamura dépeint une société uniquement motivée par le profit (les promoteurs), un état d'esprit (un certain je m'en foutisme dans le chef des comédiens)... Seul encore une fois, le metteur en scène garde un idéal de son métier et un idéal amoureux. Très bon petit film.
bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Bon, beaucoup, beaucoup de retard mais je vais essayer de parler de la rétro Nikkatsu à mon tour.

Izu Dancer (Katsumi Nishikawa - 1963)

Une des innombrables versions de cette histoire populaire japonaise (j'en connais au moins 3 autres - pas encore vus). On y suit un jeune étudiant timide qui voyage avec une troupe de comédiens itinérant dont il tombe amoureux de la plus jeune actrice. Mais la différence de rang social entre eux posent rapidement une barrière.

J'ai beaucoup aimé même si je reconnais que ça reste conventionnel et classique. il n'empêche que ça fait partie de ces chroniques humaines que j'affectionne tant. Une approche simple, sans péripéties forcées, sans effluves de mélodrame tout en étant parfois étonnement grave voire cruel (l'adolescente en phase terminale). Mais dans l'ensemble, le ton est chaleureux, plutôt léger jouant beaucoup sur la maladresse de ses 2 amoureux timides face au franc parler des adultes (comme lors de la partie de Go).
La conclusion avec le bateau s'éloignant est vraiment très belle et fait monter les larmes aux yeux sans trop de difficulté. Dans l'ensemble, le film bénéficie d'une facture visuelle très soignée avec des plans joliment soignées (cadre, photo, paysages...).

Je suis moins convaincu par la narration en flash-back avec une partie contemporaine en noir et blanc. Mais cela dit, le passage en couleur pour le flash-back est une idée fort poétique qui traduit bien la nostalgie et l'idéalisation d'un moment clé dans l'éveil sentimental du héros.

Curieux désormais de voir à quoi ressemblent les autres versions. Pour ce que j'ai zappé sur celle de Heinosuke Gosho (1933), ça a l'air très proche.


Passions juvéniles (Ko Nakahira - 1956)

Un film qui, avec ceux de Kawashima, annonce fortement la nouvelle vague qui va arriver quelques années après.

C'est un drame sur la rivalité entre deux frères amoureux de la même femme. L'un est réservé et mal dans sa peau tandis que le plus âgé est un coureur de jupon insouciant et égoïste. Il est dommage que l'histoire subisse des ralentissements et des répétitions dans son tiers central qui fait retomber la tension dramatique comme il est décevant que le personnage féminin soit si passive et manque cruellement de caractère.
Pour le reste, la mise en scène est excellente avec un découpage très moderne et un excellente photographie. Dans sa première et dernière partie on sent une tension écrasante qui explose littéralement dans une conclusion mémorable et sauvage. Une séquence d'autant plus marquante qu'elle est quasi muette.
C'est aussi l'un des rare films sur la jeunesse où la musique est exploitée intelligemment, loin d'être un simple argument commercial.


Retreat through the wet land ( Yukihiro Sawada - 1973)

Gros coup de cœur pour celui-là. On sent que le scénariste est le futur réalisateur du meurtrier de la jeunesse Kazuhiro Hasegawa. On retrouve cette ambiance de déambulation, une vision entre tendresse désespérée et rage envers l'autorité pour des personnages marginaux touchants et ambigus (étonnant personnage de policier devenu un violeur presque "autiste" suite aux violences de flics rippoux).

L'histoire part dans beaucoup de directions, multiplie les personnages, mélange les genres (policier, pinku eiga, drame...) mais finit par former un ensemble totalement cohérent. Ce qui n'était vraiment pas gagné.
les acteurs ont une présence incroyable et la mise en scène parvient à trouver le ton juste quelque soit la scène et le registre : l'introduction très efficace avec un cambriolage sans dialogue qui aboutit sur une rebondissement savoureux (les voleurs sont des policiers qui viennent enquêter sur leur propre crime), des moments plus calmes et poétiques, des touches sublimes de mélancolie, des explosions de violences.

Un film fascinant, atypique et inclassable. J'aimerai beaucoup le revoir.
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Toujours dans la rétro Nikkatsu, j'ai écrit un p'tit texte 1kultien sur Daisuke Ito et son Carnet de voyage de Chuji (en évoquant au passage les 2 autres films du cycle)

http://www.1kult.com/2012/01/24/le-carn ... isuke-ito/
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shaman
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

bruce randylan wrote:Toujours dans la rétro Nikkatsu, j'ai écrit un p'tit texte 1kultien sur Daisuke Ito et son Carnet de voyage de Chuji (en évoquant au passage les 2 autres films du cycle)

http://www.1kult.com/2012/01/24/le-carn ... isuke-ito/
De quoi relativiser les quelques croûtes qu'il réalisera dans le courant des année 50 ? 8)