Topic naphtalinippon

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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magobei
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Re: Topic naphtalinippon

Post by magobei »

Intimidation (Koreyoshi Kurahara, 1960)

Takita a le vent en poupe: promu au siège de la banque à Tokyo, il s'apprête à quitter la filiale de Niigata. Alors que son ami d'enfance, Nakaike (excellent Ko Nishimura), voit sa carrière au point mort, toujours dans l'ombre de Takita. Sauf qu'il y a un cadavre dans le placard: Takita est acculé par un maître-chanteur pour une vieille affaire de prêts illégaux, et contraint de braquer sa propre banque...

Très bon petit noir de Kurahara, articulé autour de la relation trouble Takita-Nakaike; bon scénar, prenant quelques détours imprévisibles, et une belle mise en scène (notamment lors de la scène du hold-up, silencieuse).

7/10
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
magobei
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Re: Topic naphtalinippon

Post by magobei »

The Warped Ones (Koreyoshi Kurahara, 1960)

Le film fait forcément penser à Contes cruels de la jeunesse d'Oshima: on y suit la dérive d'Akira, chien fou en rupture avec la société (Kurahara en profite pour se moquer de façon assez caustique de l'establishment, et notamment du milieu de l'art). Forme = fonction, et le film est mené tambour battant, sur un rythme trépidant et jazzy: caméra sans cesse en mouvement, en roue libre, à l'unisson d'Akira.

C'est assez beau, et assez fatigant en même temps. D'autant que question cabotinage, Tamio Kawachi (Akira) se pose là...

6/10
Ça sera la restauration antédiluvienne de 2017 sortie chez Olive et Koch, mais avec un bitrate à 26Hz et du DNR à 36Mb comme toujours chez l'éditeur. Autant dire que l'image sera merdique. Mais je vais l'acheter, même si ça fera doublon avec le Olive, le Koch et le Indicator parce qu'il y a des STF - je n'en ai pas besoin, mais c'est important si on veut partager - et surtout la VF d'origine avec Henri Chalant qui double Rex Edwards qui joue l'indien qui se fait tuer sur la gauche à 40:23.
Eigagogo
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Eigagogo »

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Du 2 au 23 novembre à la Cinematheque

Fondées en 1986 par Tetsujiro Yamagami, les Productions Siglo débutent en produisant des films documentaires puis de fiction consacrés aux problèmes sociaux du Japon : la pollution, la pauvreté, l’alcoolisme. Tetsujiro Yamagani s’intéresse à des catégories et des classes sociales délaissées par le cinéma traditionnel.
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* Agent Orange : A Personal Requiem - Masako Sakata
* All Around Us - Ryosuke Hashiguchi
* Another Life - Masato Koike
* Arakawa - Yoshihiro Hagiwara
* Artists in Wonderland - Makoto Sato
* Breaking the Silence - Toshikuni Doi
* La Complainte du vent - Yoichi Higashi
* Counterfeit - Yuichi Kimura
* Echoes from the Miike Mine - Hiroko Kumagai
* Hush! - Ryosuke Hashiguchi
* The Matsugane Potshot Affair - Nobuhiro Yamashita
* The Meaning of Documenting : Claude Lanzmann and Tsuchimoto Noriaki - Osamu Wakatsuki
* Minamata Disease : 30 Years / Town Alive - Noriaki Tsuchimoto
* Out of Place : Memories of Edward Said - Makoto Sato
* Outside the Great Wall - Guang Han
* Power and Terror : Noam Chomsky in Our Times - John Junkerman
* La Rivière sans pont - Yoichi Higashi
* Uminchu : The Old Man and the East China Sea - John Junkerman
* Le Village de mes rêves - Yoichi Higashi
* Wandering Home - Yoichi Higashi
* Where is Grandma Zheng's Homeland? - Zhongyi Ban
* Wind from Shigaraki - Masahiro Nishiyama
* Yuntanza Okinawa - Masahiro Nishiyama
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Le Cinéma produit par Siglo

Chaque année, un nombre important de documentaires sont produits et distribués au Japon. Leurs genres sont variés mais les films qui attirent le plus l’attention sont ceux qui traitent des problèmes sociaux tels que l’environnement, la paix, la discrimination, le handicap, le travail des ouvriers, les droits de l’homme... et qui sont classés dans la catégorie « documentaires sociaux ». Ces films ont peu de chance d’accéder à une distribution commerciale dans les salles mais ils sont souvent projetés au cours de réunions associatives regroupant des citoyens intéressés par ces sujets. Dans le passé, j’ai proposé à NHK, la chaîne publique japonaise, de produire un documentaire sur la manière dont les cinémas asiatiques représentent la guerre d’invasion faite par le Japon. NHK a alors demandé à la maison de production Siglo de réaliser ce film, au tournage duquel j’ai participé comme interviewer. J’ai été satisfait du résultat car le film réalisé transmettait avec justesse ce qu’ont subi des peuples asiatiques qui haïssent la guerre d’invasion japonaise. Or, au cours de la production, un des responsables de NHK avait manifesté une appréhension exagérée de la réaction négative des téléspectateurs japonais. Mais l’équipe de Siglo a su résister jusqu’à la fin, ce qui m’a beaucoup ému. Les documentaires dits « sociaux » devraient être diffusés plus largement à la télévision, mais ils ne sont projetés que dans le cadre de rassemblements associatifs.
La parole donnée aux anonymes

Ningen no machi – Town Alive de Masato Koike est un film qui traite un des problèmes sociaux les plus dramatiques au Japon : celui des buraku, groupes minoritaires discriminés. Masato Koike était assistant de Noriaki Tsuchimoto lorsque ce dernier réalisait la série des documentaires sur le mouvement contestataire des victimes du mercure versé par l’usine d’une grande entreprise à Minamata. Quant à Tetsujiro Yamagami, producteur de Siglo, il était à cette époque un des jeunes organisateurs des projections de cette série à Minamata même. L’attention que Koike et Yamagami manifestent envers les personnes qui luttent contre l’injustice, vient probablement de ce qu’ils ont appris auprès de leur maître commun : Noriaki Tsuchimoto.

Yuntanza Okinawa de Masahiro Nishiyama (1987) est un film sur la tradition culturelle et la réalité de l’île d’Okinawa, qui a été un champ de bataille sanglant lors de la Guerre du Pacifique et qui est devenue une des plus grandes bases militaires américaines après la guerre. Lorsqu’elle a été transformée en champ de bataille et que les troupes américaines ont débarqué, beaucoup de ses habitants ont été incités au suicide collectif pour manifester leur loyauté envers le Japon. Shigaraki kara fuite kuru kaze/ Wind from Shigaraki (1990), un autre film de Masahiro Nishiyama, nous montre les handicapés mentaux qui travaillent à Shigaraki. Dans cette ville, connue pour ses poteries, travaillent deux mille personnes dont 106 sont des handicapés mentaux (soit 5% de la population). Le film suit de près quelques-uns d’entre eux afin de découvrir comment ils choisissent l’endroit où ils souhaitent travailler, comment ils nouent des liens étroits avec leurs collègues et enfin comment ils arrivent à mener une vie autonome grâce à leur travail. Peu de films nous montrent des handicapés adultes bien intégrés comme citoyens et travailleurs. Ce film dépeint, avec calme et simplicité, leur vie quotidienne.

Arakawa de Yoshihiro Hagiwara (1993) est une réflexion à la fois scientifique et sociologique sur le rapport entre la rivière Arakawa qui coule à Tokyo et la vie des habitants de ses berges. Dans ce film, ceux qui émettent des opinions ne sont ni des experts ni des journalistes mais les habitants eux-mêmes. Mô hitotsu no jinsei/ Another Life de Masato Koike (1995) est un documentaire sur les personnes alcooliques et leur traitement en thérapie de groupe avec les familles.

On retrouve la même méthode dans tous les films de Siglo que j’ai cités. Il s’agit de donner de l’importance aux paroles des personnes anonymes qui vivent les situations plutôt qu’à des spécialistes.

Rojin to Umi/ Uminchu : The Old Man and the East China Sea est un documentaire que Tetsujiro Yamagami a demandé à John Junkerman de réaliser. En fait, Yamagami s’est rendu compte qu’il existait, dans les îles du sud du Japon, le même environnement et la même méthode de pêche que ceux décrits par Hemingway dans son fameux roman. Il est donc allé chercher un vrai pêcheur. Ce film fait effectivement penser à la mer et à la pêche d’Hemingway, mais le personnage principal du vieil homme est très différent de celui du roman, qui vit dans son monde, à la fois obstiné et viril, tel que l’aiment les Américains.
Quant à Bômei/ Outside the Great Wall, il est réalisé par le chinois Han Guang. Ce dernier, qui est né et a grandi en Chine, est venu au Japon à l’âge de 29 ans puis il est devenu journaliste. Ensuite, il a réalisé un premier documentaire Chon obasan no kuni/ Where is Grandma Zheng’s Homeland ? produit par Siglo, qui montre la vie d’une femme forcée par l’armée japonaise à devenir prostituée.

Dans Bômei/ Outside the Great Wall, nous assistons aux interviews des intellectuels chinois contraints de s’exiler aux Etats-Unis et en Europe après le massacre de Tian’anmen en 1989.

Mahiru no hoshi/ Artists in Wonderland, un autre film de Makoto Sato (1998), présente les activités artistiques d’handicapés mentaux.

Siglo a également produit de merveilleux films de fiction. Contrairement aux documentaires traitant des sujets sociaux voire polémiques, les thèmes abordés dans les fictions sont plus variés et chaque film témoigne de l’originalité de son auteur.
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Helward
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Helward »

Mais çà peut être diablement intéressant tout çà !
Vais p'têtre faire l'effort tiens.
Tancrède
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Tancrède »

Bruce et les autres qui s'y connaissent, que recommandez vous dans les films suivants:
http://www.cinematheque.fr/fr/dans-sall ... u,438.html

?
Helward
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Helward »

Çà reprend beaucoup de films dispo en dvd (coffrets Eclipse Nikkatsu Noir et Kurahara, Imamura, Suzuki...).
J'vois quand même La Terre de Tomu Uchida, assez rare, déjà passé à la MCJP mais que j'avais raté (une bonne occasion de le découvrir autrement qu'avec ma copie dégueue sous-titrée allemand).
Le Shinji Somai pourrait me faire sortir de chez moi également.
Les Yamanaka sont à voir aussi, ne serait-ce que pour leur dimension patrimoniale.
Le Hasebe pourrait être sympatoche dans le genre film d'exploit.
Un pinku qui traine (bof).
Et je fuis Daisuke Itô (mais chacun son truc).

Çà sent un peu trop la reprise d'anciennes rétro à mon goût.
shaman
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

Helward wrote: Et je fuis Daisuke Itô (mais chacun son truc).
Daisuke Ito qui n'aura jamais été aussi fascinant & créatif qu'à l'époque du cinéma muet, dont les films les plus connus Chuji & Chevalier Voleur - qui sont sélectionnés ici - reprennent des figures mythiques pour en révéler toute la substance critique à l'égard du système féodal. Mine de rien, c'est des films réalisés entre 1927-1931, pas très banzaï tout ça...


Helward wrote:Un pinku qui traine (bof).
Mais surtout, le faux roman porno, Retreat Through the Wet Wasteland, véritable petite bombe subversive.

À défaut de proposer des raretés - comme le dit Helward, la plupart sont dispo en vidéo - ça permettra de (re)voir certains films sur grand écran. Genre les polars A Colt is my Passport, Le Vagabond de Tokyo, Warped Ones ou encore les Kurahara pourtant fraichement édités chez Criterion... Forcément un peu décevant vu l'important catalogue de la Nikkatsu. Sur 3000 titres, c'est toujours les mêmes qui reviennent, alors qu'il doit bien rester quelques pépites totalement méconnues dans un coin d'étagère.


(youpi!!)
bruce randylan
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Re: Topic naphtalinippon

Post by bruce randylan »

Oui, je pense que la terre de Uchida est à voir en priorité comme les films de Yuzo Kawashima qui est le père spirituel de Imamura (et dont les films Nikkatsu sont très réputés et très rares aussi). Il va sans dire que les Imamura tout court sont plus que recommandés.

A l'époque de la rétro MCJP, j'avais beaucoup aimé Terre et soldats de Tasaka Tomotaka qui n'est pas sans défaut mais le réalisme des scènes de batailles est saisissant et finalement toujours inédit (les 2 autres films que j'ai vu de lui confirme que l'homme est vraiment à redécouvrir).
Le Mizoguchi est en revanche décevant, on sent que le cinéma parlant l'encombre plus qu'il ne l'inspire car les séquences "muettes" sont virtuoses tandis que les passages parlés sont pesants et approximatifs. L'histoire reste moralisatrice et assez mauvaise dans l'ensemble.

Sinon, le Shinji Somai et passion Juvénile doivent valoir le déplacement comme les Kurahara dont j'adore les deux films que j'ai vu de lui (et qui ne sont pas repris ici).

Daisuke Ito, comme Helward, je me méfie, j'en ai vu un (le conspirateur) qui s'est avéré atroce d'ennui, de cabotinage et d'académisme. Mais j'irai quand même les voir :mrgreen:

Dans l'ensemble, c'est vrai qu'elle ne prend pas trop de risque cette rétro. Les titres les plus anciens sont quasi les mêmes que ceux de la MCJP il y a 4 ans. Les Pinku Eiga sont les plus connus.
Mais bon, y-a plein de Kawashima et de Kurahara, ça c'est plutôt chouette. :D
"celui qui n'est pas occupé à naître est occupé à mourir"
Helward
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Helward »

bruce randylan wrote:Daisuke Ito, comme Helward, je me méfie, j'en ai vu un (le conspirateur) qui s'est avéré atroce d'ennui, de cabotinage et d'académisme.
C'est ce que j'allais répondre à Shaman. Vu aussi the Ambitious qui ne m'a pas fait forte impression.
Mais à voir pitêtre alors, si sa période muet s'avère plus convaincante.
shaman
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Re: Topic naphtalinippon

Post by shaman »

Helward wrote:Vu aussi the Ambitious qui ne m'a pas fait forte impression.
Clairement froid et hermétique, loin d'être définitif aussi, mais représentatif d'un vieillard en pleine possession de ses moyens où l'Histoire du Japon s'imprime à l'écran plus qu'elle ne s'explique/se présente - ça sent l'héritage du muet à 200%. C'est visuellement ouf. :shock:

(du Daisuke Ito sur grand écran, ça doit valoir le coup d'oeil de toute manière 8) )
Tancrède
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Tancrède »

Helward, shaman, bruce, je vous remercie.
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Le lac des femmes - 1966 - Kiju Yoshida

Post by gnome »

Le lac des femmes - 1966 - Kiju Yoshida

Au cours d'un rendez-vous avec son amant, Miyako se laisse prendre en photo nue, mais les négatifs sont bien vite dérobés par un mystérieux individu qui semble vouloir la faire chanter, mais sans réellement dévoiler ses intentions. Pour une fois, Yoshida abandonne son maniérisme froid et distanciateur qui malheureusement m'a fait un peu passer à côté de certains de ses films pour filmer avec beaucoup de sensibilité ce chassé-croisé entre une femme et celui qui a dérobé des photos d'elle nue. Mariko Okada que je trouve d'habitude assez froide et peu expressive et qui d'habitude n'est pas loin de m'insupporter, n'a jamais été aussi belle dans ce film et Yoshida la filme à merveille. La caméra capte avec beaucoup d'acuité, sonde les visages et restitue avec énormément de nuances les sentiments. Un film qui m'a fait vibrer et qui en quelque sorte me réconcillie avec Kiju Yoshida et Mariko Okada. 8/10
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Deathlapinoo
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Deathlapinoo »

De retour du festival des 3 Continents, retours très rapides sur quelques films de la rétro Nikkatsu :D

Petite précision d'ailleurs, la majorité des films projetés étaient tirés d'archives, donc interdiction de toucher aux amorces des bobines, ce qui fait qu'on a le droit à un écran noir toutes les trente minutes dans le meilleur des cas, le temps de changer de bobine...

Chôkon
(1926) de Daisuke ITO


Seule la dernière bobine du film existe, faisant donc de ce "film" une projection de 15minutes, ou l'on assiste à une magnifique scène de bataille très bien chorégraphiée, dont le maitre mot est la démesure! Un samourai se défend ici contre une vingtaine d'adversaires, et bien d'autres arrivent en cours de combat! Incroyable!

Hometown ou Le village natal
(1930) de Kenji MIZOGUCHI


Rien d'exceptionnel ici, Mizoguchi livre une fable classique sur les classes sociales...

Tange Sazen and Pot Worth a Million Ryo
(1935) de Sadao YAMANAKA


Un film d'aventure très réussi, notamment dans ses phases comiques. Le réalisateur utilise très habilement le montage pour créer des scènes très drôles.

Singing Love birds aka Samurai Musical
(1939) Masahiro MAKINO


Une comédie musicale assez hallucinante, où les chansons se succèdent à un rythme effréné! Le scénario est très convenu mais offre quelques bons fous rires, soit pour le côté un peu kitsch de la chose, soit pour quelques gags réussis. Une belle curiosité en tous cas.

Mud and soldiers
(1939) de Tomotaka TASAKA


Passé le réalisme en effet assez bluffant des scènes de batailles, j'ai trouvé le film très vain et répétitif.

Earth
(1939) de Tomu UCHIDA

une bonne occasion de le découvrir autrement qu'avec ma copie dégueue sous-titrée allemand
En fait non, car la copie dégueue sous-titrée allemand est la seule qui existe de ce film, et dont il manque toujours la dernière bobine. En dehors de la frustration de ne pas connaitre le dénouement de l'histoire, on appréciera dans ce film l'immense talent de metteur en scène de Tomu Uchida, dont certains plans vont me hanter quelques temps. Le film est par ailleurs profondément humaniste, et offre un magnifique regard sur la condition paysanne. Un très grand film.

Till we meet again
(1950) de Yûzô KAWASHIMA


Une romance légère et fine suivant les amours de quatre jeunes gens, joliment mis en scène, et révélateur des changements sociaux arrivant dans la société japonaise (divorce, etc...)

Sun in the Last Days of the Shogunate aka Shinagawa Path
(1957) de Yûzô KAWASHIMA


LA découverte de cette rétrospective, une comédie chorale hilarante se déroulant quasiment exclusivement dans une auberge. On sent bien la patte de Imamura (co-scénariste sur ce film) dans certains aspects, mais le film brille surtout pour le personnage de l'escroc, maître absolu dans l'art de retourner des situations abracadabrantes à son profit. Seul point noir, le film est en 13 bobines, soit une pause écran noir toutes les 12 minutes...

The women from the sea
(1959) de Koreyoshi KURAHARA


Un bon complément de visionnage au coffret Eclipse, ou le réalisateur mêle ici histoire surnaturelle et amourette adolescente de manière très habile, venant confronter ainsi les croyances populaires à la jeunesse dorée. Les séquences aquatiques sont sublimes.

Dancer in Izu
(1963) de Katsumi NISHIKAWA


Un mélodrame très classique...

Love Hotel
(1985) de Shinji SOMAI


Faussement vendu comme un "roman porno", le film est surtout un superbe film d'atmosphère, la mise en scène et les plans séquences de Shinji Somai étant parfaits pour donner une mélancolie au monde de la nuit et à des histoires noires. J'ai vu par la suite que Takashi Ishii (Night In Nude, Gonin) était au scénario, et ça se ressent! Superbe!
Abdul Alhazred
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Abdul Alhazred »

Deathlapinoo wrote:De retour du festival des 3 Continents, retours très rapides sur quelques films de la rétro Nikkatsu :D

Earth
(1939) de Tomu UCHIDA

une bonne occasion de le découvrir autrement qu'avec ma copie dégueue sous-titrée allemand
En fait non, car la copie dégueue sous-titrée allemand est la seule qui existe de ce film, et dont il manque toujours la dernière bobine. En dehors de la frustration de ne pas connaitre le dénouement de l'histoire, on appréciera dans ce film l'immense talent de metteur en scène de Tomu Uchida, dont certains plans vont me hanter quelques temps. Le film est par ailleurs profondément humaniste, et offre un magnifique regard sur la condition paysanne. Un très grand film.
Petite question : comment étaient les sous-titres à Nantes sur La Terre ?
Dans la projection de vendredi dernier à la Cinémathèque, c'était une abomination, environ 1 phrase sur 2 sous-titrée. En gros, ils n'ont pas traduit les dialogues japonais mais les sous-titres incrustés allemands. Et les cartons d'introduction et de fin n'étaient pas sous-titrés (le dernier carton expliquant la fin du film). J'avais heureusement des voisins de rangée japonais qui m'ont dit ce qui était marqué.
Deathlapinoo
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Re: Topic naphtalinippon

Post by Deathlapinoo »

Abdul Alhazred wrote: Petite question : comment étaient les sous-titres à Nantes sur La Terre ?
Dans la projection de vendredi dernier à la Cinémathèque, c'était une abomination, environ 1 phrase sur 2 sous-titrée. En gros, ils n'ont pas traduit les dialogues japonais mais les sous-titres incrustés allemands. Et les cartons d'introduction et de fin n'étaient pas sous-titrés (le dernier carton expliquant la fin du film). J'avais heureusement des voisins de rangée japonais qui m'ont dit ce qui était marqué.
Je pense que le sous-titrage était le même puisqu'en effet, pas mal de phrases n'étaient pas traduites. Par contre, je ne me souviens pas avoir eu droit aux cartons expliquant la fin du film!