Val Guest (1911-2006)

Rubrique consacrée au cinéma et aux films tournés avant 1980.

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Wall of Voodoo Fan
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Post by Wall of Voodoo Fan »

Lord Henry wrote:En décembre 2005, Le British Film Institute avait invité Val Guest à revenir sur sa carrière à l'occasion de la projection de l'une de ses réalisations préférées, Hell is a City.

On peut lire la transcription de ses propos sur cette page. A l'aube de ses quatre-vingt-quatorze ans, il nous en apprenait de belles sur les coulisses d' Amicalement Vôtre et de Casino Royale.
Merci Lord Henry, très intéressante cette interview. Moi qui croyais que le tournage d'Amicalement Vôtre avait été idyllique.
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nobody smith
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by nobody smith »

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Quelle bizarrerie ce film surtout quand on le découvre juste après le très solide Le Jour Où La Terre Prit Feu. D’un côté, Quand Les Dinosaures Dominaient Le Monde fait preuve d’une certaine ambition. A l’exception de la voix-off au début, il n’y a aucun dialogue en anglais. Les personnages ne s’expriment qu’au travers de quelques termes répétitifs. Un choix qui pousse logiquement à favoriser une narration visuelle, tâche à laquelle s’acquitte Val Guest avec une belle efficacité. Il met au point une charmante immersion dans cette époque préhistorique. Seulement faut voir comment la dite époque est traité. C’est la foire aux approximations scientifiques puisque comme l’indique le titre les hommes cohabitent avec les dinosaures (l’héroïne dresse même un des mastodontes comme un toutou) et auraient même assisté à la formation de l’astre lunaire. On nage donc en pleine fantaisie rehaussée par l’improbable casting à base de plantureuses jeunes filles en bikini. Le résultat donne un film à la schizophrénie amusante épaulé ses chouettes effets spéciaux en stop-motion.
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Kevin95
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Kevin95 »

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WHERE THE SPIES ARE (Val Guest, 1966) découverte

Réponse de la MGM au carton des James Bond avec un David Niven plus proche du standing d'un Cary Grant dans North by Northwest que du prolo Sean Connery. Eurospy de première classe, bien foutu, rythmé, drôle et tendu à la fois. Val Guest navigue entre exotisme du genre et héritage du film noir comme dans la mise à mort de l'espion en intro filmée en plan large et dans toute sa dureté. La personnalité de Niven permet d'accentué la distance et l'humour british. Il faut voir notre agent pas si secret essayer de repérer son contact à l'aéroport ou mentir à son ennemi au sujet du livre source pour les codes. La durée commence à se faire sentir sur la fin, mais Guest sort ses jouets et amuse la galerie avec de l'action spectaculaire en maquettes. Dorléac est charmante et en fait quatre tonnes mais c'est le rôle qui veut ça tandis que le collègue de Niven, cynique et gouailleur, est un espion que j'aimais. Dommage que la musique easy listening plombe l'ambiance en ironisant à outrance les quelques séquences de tension. Sans ça c'est sympa comme tout. Le film amorce sans la convoquer complétement, la veine parodique du film d'espionnage de la fin des sixties.
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by bruce randylan »

Ah qu'il est sympa ce Kevin95 quand même ! :P

J'ai trouvé particulièrement pénible et affligeant.
Un ennui assommant à peine, et vaguement, relevé par la présence de Françoise Dorléac (et David Niven).
Le flegme n'excuse pas tout, à commencer par ce rythme indigne d'un batteur manchot frappé d'arthrose. La mollesse de la réalisation est pas mal aussi. Le scénario convenu et prévisible aussi d'ailleurs (devinez qui était le traître ?). Encore que certaines péripéties sont assez incompréhensibles (pourquoi Niven s'empare-t-til du fusil et ainsi passer pour le sniper méchant ?).

Plus que la mort aux trousses, j'ai pensé à Notre agent à la Havane mais dénué de la moindre qualité la plus basique.
Elles étaient bien longues ces 105 minutes. :?

,
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Kevin95
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Kevin95 »

J'y peux rien, j'aime bien l'europsy en velours côtelé. :mrgreen: :oops:
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by bruce randylan »

C'est confortable le velours pour dormir. :)
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Julien Léonard »

Kevin95 wrote:J'y peux rien, j'aime bien l'europsy en velours côtelé. :mrgreen: :oops:
La psychiatrie en Europe a toujours constitué un cas d'école. :mrgreen:
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Alexandre Angel »

Julien Léonard wrote:
Kevin95 wrote:J'y peux rien, j'aime bien l'europsy en velours côtelé. :mrgreen: :oops:
La psychiatrie en Europe a toujours constitué un cas d'école. :mrgreen:
Il me semblait bien que quelque chose clochait :mrgreen:
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Kevin95 »

Je suis une bille en tissu, m'enfin vous m’avez compris n'est-ce pas ?
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by bruce randylan »

Le mystère de la villa blanche (Jigsaw - 1962)

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Une petite ville du sud de l'Angleterre, l'étrange cambriolage d'une agence de location immobilière conduit la police à une villa isolée où sont découverts les restes d'une femme assassinée. Le début d'une enquête compliquée.

Dernier des 4 polars anglais restaurés par Cohen Film Collection et présentés dans le festival Toute la mémoire du monde, c'est une grosse révélation qui confirme que si Val Guest a une carrière pour le mois inégale, quand il s'en donne les moyens, il peut-être formidable.

Ce titre-ci ne doit rien au thriller ou au polar d'atmosphère mais repose sur une approche plus proche du documentaire en suivant les techniques d'investigation des policiers : interroger les voisins, analyses en tout genre, fouiller le jardin, essayer d'identifier les personnages de passages à proximité de la maison, retrouver une voiture... avec son lot de fausses pistes et d'impasses. Et c'est tout simplement passionnant. :D

Déjà parce que l'enquête est particulièrement retorse, que certaines déductions demeurent brillantes et que le cheminement des policiers est décrit avec justesse. Mais c'est surtout la réalisation qui fait tout la différence. Guest exploite toute une série de trouvailles pour maintenir l'attention (et la tension) avec un accumulation d'informations permanente. La densité de la réalisation est presque vertigineuse et il y a toujours une astuce pour remplir le cadre de mouvements. Même lors d'une banale conversation, les personnages ne sont pas platement assis mais effectuent divers tâches qui ne les rendent que rarement statiques, et si c'est le cas il y a toujours quelques choses de supplémentaires dans le champ pour conserver le tempo : un agent qui prend des notes, des officiers qui creusent dans la cour, des allers-retour dans l'arrière plan. De plus le débit verbal est incroyablement soutenu pour des dialogues qui fusent à 100 à l'heure sans qu'ils soient trop explicatifs.
Il n'est donc pas rare que les enquêteurs fassent quelques choses de différents du sujet de leur discution. Par exemple, on peut entendre un interrogatoire crucial autour de l'emploi du temps du suspect principal tandis que le second inspecteur fouille dans la pièce voisine de ce dernier et tombe sur plusieurs indices concomitants (sans jamais les commenter façon "mais on dirait l'imperméable du tueur"). J'ai trouvé ça non seulement d'une redoutable économie de moyen tout en étant intelligent avec son désir de ne pas prendre le spectateur tout le temps par la main.
Il y a plein d'autres scènes de ce genre (le découpage sur l'échange de regard des deux héros lorsqu'ils vident une malle avec différents étages, alors qu'un témoin tient une conversation à côté d'eux, fait immédiatement comprendre aux spectateurs qu'il y a quelque chose qui ne tourne désormais plus rond). De plus, la psychologie des seconds rôles est assez réussie, offrant quelques moments plus calmes, mais toujours chargé en tension comme la crise de nerf d'une femme apprenant qu'elle a eut une liaison avec le tueur alors qu'un cadavre se trouvait à quelques mètres.

Enfin les comédiens, pas forcément les plus connus, sont toujours dans le bon registre, ni trop charismatiques ou ni trop flegmatique. Avec 105 minutes au compteur et avec un tel parti-pris dans la réalisation, et l'accumulation d'impasses, le rythme faiblit légèrement à quelques reprises avant de repartir de plus belles quelques minutes après.

Ce jigsaw est un fabuleux exercice de style qui mériterait vraiment une redécouverte. Pour le moment seul un DVD anglais existe mais peut-être que la Cohen Film Collection va sortir un blu-ray avec de la chance (mais les sous-titres seraient indispensables)
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Re: Val Guest (1911-2006)

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Re: Val Guest (1911-2006)

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Vendredi British : Justin Kwedi nous parle aujourd'hui de La Marque
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Re: Val Guest (1911-2006)

Post by Jeremy Fox »

Le Brit du vendredi c'est Life is a Circus de Val Guest chroniqué par Justin Kwedi, film qui vient de sortir en DVD chez Tamasa.