Le Virginien (1962-1971) Universal

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Jeremy Fox
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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Brenda Scott



7.24- The Girl in the Shadows

Réalisation : James Sheldon
Scénario : Phylis White, Robert White... & Robert Van Scoyk
Guest stars : Jack Albertson & Brenda Scott
Première diffusion 26/03/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 7.5/10

Le Pitch : Claire (Brenda Scott) et Nathaniel sont des artistes de music-hall qui gagnent difficilement leur vie en se produisant dans les saloons avec un numéro de télépathie. Avec l’aide de deux escrocs qui en ont eu l'idée, ils mettent au point une supercherie pour pouvoir amasser d’un coup une grosse somme qui permettrait aux deux comédiens de retourner à leur passion première, le théâtre. C’est Clay Grainger qui est pris pour pigeon, Claire devant faire croire qu’elle pourrait être sa nièce, la fille de son frère mort depuis 20 ans. Les deux partenaires sont invités à séjourner quelques jours à Shiloh où Trampas s’éprend de Claire…

Mon avis : Souvenez-vous : lorsque l’on avait subi quelques déceptions après un des rares mauvais épisodes lors des premières saisons, on pouvait alors compter sur Don McDougall pour relever le niveau. C’est James Sheldon qui a donc pris la relève, comme son prédécesseur, l’un des seuls réalisateurs de la série à sortir du lot par son talent dans la direction d’acteurs, son goût dans le choix de ses décors extérieurs comme intérieurs ainsi que par sa maitrise technique très assurée qui fait souvent ressembler ses épisodes à des films, tout du moins plus que la plupart des autres, l’aspect télévisuel parfois étriqué se diluant sous sa direction dans un ensemble plus ample et plus cinématographique. Après trois épisodes médiocres, The Girl in the Shadows fait retrouver espoir et réchauffe donc le cœur des aficionados de la première heure du Virginien même si ces derniers ont pu constater que le rôle-titre était depuis quelque temps rarement aux avants postes des différents récits qui nous étaient proposés ; c’est à nouveau le cas pour ce superbe épisode : le Virginien est de la partie mais en second plan, Trampas, Clay et Elizabeth lui volant la vedette, non pas tant par le talent de leurs interprètes que par la place accordée à leurs personnages au sein de ces différentes histoires. En plus d’être un épisode superbement réalisé avec son extrême attention apportée aux cadrages que l’on constate dès les premières images alors que le générique défile - avec par exemple ce superbe plan automnal sur le train en marche -, The Girl in the Shadows bénéficie d’un scénario remarquablement bien écrit à pas moins de six mains dont celles des auteurs du déjà magnifique The Deadly Past de Abner Biberman avec Darren McGavin au tout début de la précédente saison.

La séquence pré générique se déroule dans un saloon de San Francisco et nous présente les deux protagonistes principaux, deux saltimbanques, une charmante jeune femme et son partenaire bien plus âgé qui pourrait être son père. Ils effectuent un numéro de télépathie bien rodé mais ne gagnent pas assez d’argent avec, eux qui aimeraient pouvoir monter sur des planches plus prestigieuses. Un duo d’escrocs va leur proposer de mettre en place une imposture visant à dépouiller le riche Clay Grainger de la moitié de la somme qu’il destinait à sa nièce Elisabeth qu’il pensait être le dernier membre de sa famille. Nous aurons donc vite compris que Claire allait faire en sorte d’être prise pour l’autre nièce des Grainger, fille censée disparue suite à la mort de son père enfoui sous l’éboulement d’une mine. En arrivant à Medicine Bow, Claire va tout d'abord manœuvrer pour faire connaissance avec Elizabeth. En amenant de fil en aiguilles la conversation sur certains points très précis mais avec grande discrétion 'comme si de rien n’était', elle va parvenir à lui faire croire être en présence de sa cousine et réussir à se faire inviter quelques jours à Shiloh afin de convaincre également celui qui serait son oncle. Sur place elle va être séduite par Trampas qui lui aussi va tomber amoureux d’elle. Il faut dire que Brenda Scott et son joli minois est une fois encore vraiment craquante ; déjà inoubliable dans Dark Destiny, Men with Guns et Jed, son talent et sa douce beauté aident à ce que la romance soit totalement crédible, les séquences la réunissant avec son partenaire s’avérant vraiment touchantes, d’une belle sensibilité et d’une grande délicatesse ; dans Dark Destiny elle et Doug McClure avaient déjà vécu une histoire d’amour très émouvante, les sentiments et relations au sein du couple s’avérant à nouveau très vraisemblables, l’alchimie entre les deux fonctionnant parfaitement.

L’épisode va ainsi tourner autour de deux axes, la romance et la conspiration pour mystification, ces deux pistes dramatiques aussi bien écrites et menées l’une que l’autre. Du suspense va s’ajouter à cet harmonieux mélange par le fait que les deux escrocs qui mènent en fait la danse, ceux qui ont imaginé ce stratagème et 'embauchés' leurs comédiens, vont être un peu plus présents sur le devant de la scène : deux personnages malfaisants interprétés par Greg Mullavey ainsi que par l’inquiétant Larry Chance. Ces deux hommes veulent aller jusqu’au bout et menacent les deux artistes de music-hall de mort s’ils lâchent l’affaire avant qu’ils soient arrivés à leurs fins. Car on devine assez vite que Claire et son partenaire ne sont pas foncièrement mauvais et qu’ils vont avoir quelques scrupules à poursuivre leur imposture, tombés sous le charme de la famille Grainger à qui ils ne veulent plus escamoter l’argent qui revient à Elisabeth. Tout ceci va nous mener à un climax qui ne démérite pas, les amateurs d’action allant eux aussi être bien servis. Avant ça nous aurons assisté à une scène de cauchemar tout à fait réussie et plutôt bien montée, nouvelle preuve du talent de réalisateur de James Sheldon, les séquences similaires déjà rencontrées au sein de la série ayant au contraire souvent frôlées le kitsch voire le ridicule. L’épisode nous permettra aussi d’apprendre quelques détails sur les membres de la famille Grainger, sur l’histoire des deux frères de Clay et enfin d’assister à une amitié toute à fait sincère et assez touchante entre Claire et Elisabeth. Quant aux scènes au grand air au cours desquelles Trampas fait visiter le ranch à Claire, elles ne manquent pas de lyrisme.

Même si tous les comédiens accomplissent un travail formidable, Brenda Scott attire tous les regards et porte l’épisode sur ses épaules ; à tel point que ça nous attriste un peu de savoir que ce sera sa dernière participation à la série. Une histoire de supercherie bouclée avec rigueur et efficacité, aidée en cela par une interprétation remarquable et une mise en scène qui ne démérite pas. Un des très bons épisodes de la série et nous en avions bien besoin après une succession de quelques pénibles ratages. Avec Don McDougall qui va prendre les rênes du prochain épisode on se prend à espérer une fin de saison bien plus satisfaisante que le ressenti d'ensemble. Mais avant ça nous ne sommes pas près d’oublier ce personnage de Claire d’une formidable richesse d’écriture. Et puis quel culot de faire se terminer le récit sans avoir vraiment appris si la jeune femme n’aurait pas pu effectivement être le personnage qu’elle jouait, soit la cousine d’Elisabeth…




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Jeremy Fox
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Jean Inness



7.25- Fox, Hound and the Widow McCloud


Réalisation : Don McDougall
Scénario : Judith Barrows
Guest Stars : Victor Jory, Troy Donahue & Jean Inness
Première diffusion 02/04/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 7/10

Le Pitch : Poursuivi par un chasseur de primes (Troy Donahue), le vieux Luke Nichols (Victor Jory) se rend à Shiloh pour demander de l’aide à son ami Trampas, les deux hommes s’étant autrefois entraidés pour s’évader de prison. Trampas a une idée de cachette pour Luke ; il l’emmène à la ferme de la veuve McCloud (Jean Inness), femme acariâtre qui accepte de le prendre pour hôte en contrepartie de nombreux travaux qu’elle lui donne à accomplir. Le Bounty Hunter retrouve néanmoins sa proie et plutôt que de l’arrêter entame un chantage avec Trampas : il laissera Luke libre à condition que Trampas lui donne le double de la prime promise…

Mon avis : En conclusion du précédent et superbe The Girl in the Shadows avec une mémorable Brenda Scott, j’écrivais qu’avec Don McDougall qui allait prendre les rênes du prochain épisode on se prenait à espérer une fin de saison bien plus satisfaisante que le ressenti d'ensemble. Et c’est effectivement ce qui arrive en espérant cependant un dernier épisode de la saison au moins aussi bon ! Non seulement Fox, Hound and the Widow McCloud est une réussite mais, une fois n’est pas coutume, s’avère être une séquelle d’un épisode précédent, A Bad Place to Die, déjà réalisé par Don McDougall et qui nous avait fait faire connaissance avec Luke Nichols, le personnage interprété par Victor Jory. Trampas avait été déclaré coupable de meurtre et condamné à être pendu ; le bourreau étant attendu six jours plus tard, Clay Grainger et le Virginien n’avaient que ce court délai pour prouver son innocence. En attendant, Trampas avait décidé de s’évader avec l’aide de Luke, un assassin pour lequel il n’était pas difficile de se prendre d’empathie puisque son crime s’était exercé à l’encontre d’un patron qui se fichait totalement des conditions de travail de ses ouvriers, les envoyant à la mine au mépris de tout danger et s’étant par son inconscience rendu responsable de la mort de beaucoup d’entre eux, dont le frère de Luke. Bref, dans ce magnifique épisode, tout s’était bien terminé pour un Trampas innocenté ainsi que pour Luke qui avait réussi à rejoindre le Canada.

Sauf que n’ayant pas terminé de purger sa peine, Luke est toujours hors-la-loi et qu’une prime de 500 dollars a été émise pour le ramener en prison mort ou vif. Fox, Hound and the Widow McCloud débute alors que le vieil homme à pied est poursuivi par un chasseur de primes à cheval. Rien que ces quelques minutes introductives nous démontrent que Don McDougall n’a rien perdu de son talent de réalisateur dans la gestion du suspense et de l'espace. Le Bounty Hunter est un Troy Donahue moustachu méconnaissable, très éloigné de ses personnages de beaux gosses qu’il a tenu durant les années 60 notamment dans les superbes mélos de Douglas Sirk (La Ronde de l’aube ; Mirage de la vie) et surtout ceux de Delmer Daves (Parrish ; Susan Slade ; Rome Adventure). Quant à Luke, c’est donc un Victor Jory toujours aussi juste aussi bien dans le ton de la comédie que du drame, l’épisode mélangeant les deux sans déséquilibre mais avec au contraire beaucoup d’harmonie. En effet Luke ayant réussi à échapper momentanément à son poursuivant, il retrouve Trampas, son ancien compagnon de cellule, à qui il demande de l’aide en espérant qu’il n’a pas non plus oublié le rêve qu’il avait eu tous deux, se mettre ensemble pour construire leur propre ranch. Voyant qu’il est parfaitement heureux à Shiloh et que même ses collègues disent que l’ambiance au domaine ne serait plus aussi chaleureuse sans lui ("Shiloh wouldn't be Shiloh without him"), Luke comprend qu’il faut oublier l'association qu'il avait souhaité voir le jour ; en revanche Trampas a une idée pour le cacher et l’envoie chez une voisine de Shiloh, la veuve McCloud, acariâtre depuis qu’elle a perdu mari et enfants emportés par une épidémie de choléra. Elle va accepter de l’héberger à condition qu’il effectue de nombreuses tâches pour l’aider à la ferme. L’aspect léger de l’épisode provient des relations au départ tendues entre ces deux personnes âgées, Luke essayant avec difficultés d’amadouer son hôtesse par tous les moyens.

Rien cependant de burlesque ni d’exagérément drôle au cours de ces séquences toutes plutôt amusantes par leur justesse et l’alchimie qui s’opère entre les deux comédiens (un couple à la ville tout comme le couple Grainger) ainsi qu'assez touchantes par l'écriture toute en finesse de l’évolution de leurs relations. Le côté plus grave, on le devine aisément, serait plutôt à chercher du côté du chasseur de primes qui a très vite retrouvé sa proie mais qui a eu une idée plus démoniaque que sa simple arrestation qui ne lui rapporterait que 500 dollars ; il fait chanter Trampas en lui proposant d’arrêter de pourchasser Luke à condition qu’on lui donne le double de la prime pour abandonner, soit 1000 dollars ; s’il ne reçoit pas cette somme, il est prêt à tout ("gone to a lot of trouble for that worthless old man.") Sacré dilemme pour notre cow-boy ! Malgré les réticences du Virginien qui désapprouve et qui dit à Trampas que le chantage n’a jamais positivement abouti pour quiconque et qu’il faudrait toujours éthiquement le refuser, Trampas par loyauté fait tout pour réunir la somme quitte à jouer et à vendre ses propres biens. Nous nous en arrêterons là afin de ne pas déflorer le reste de l’intrigue mais presque jamais depuis le début de la série nous n’étions tombés sur un épilogue aussi surprenant, jamais les scénaristes n’avaient démontré un tel pessimisme, tout ça pour une série que l’on a un peu trop hâtivement qualifiée de familiale sans avoir vu assez d’épisodes pour le décréter. Évidemment certains d’entre eux peuvent facilement entrer dans cette case mais d’autres comme celui qui nous concerne auraient pu déconcerter plus d’un jeune spectateur d’autant que leurs héros ne peuvent absolument rien faire contre la fatalité, en l’occurrence s'avérant totalement inutiles certainement au plus grand désespoir de leurs admirateurs.

En plus d'une stupéfiante et sombre conclusion nous aurons assisté au début d’une belle amitié entre deux personnes âgées et à un captivant problème de conscience posé à Trampas. L'auteur Judith Barrows toujours sous la direction de celui que l’on pourrait qualifier de premier "bienfaiteur de la série", Don McDougall, avait auparavant signé le très bon Requiem for a Country Doctor avec Cloris Leachman et Coleen Gray, ainsi que A Bad Place to Die, encore un cran au-dessus au niveau de l’écriture. Sa troisième participation permet à nouveau à la série de démontrer sa maturité et McDougall de nous prouver une fois de plus sa grande facilité à bien diriger des comédiens ici tous excellents que ce soit nos acteurs récurrents, Victor Jory, la truculente Jean Inness ou encore Troy Donahue que nous ne nous attendions pas à voir endosser la défroque d’un Bounty Hunter sans scrupules. La scénariste est tout autant sans concessions lorsqu'il s'agit de dénigrer avec virulence cette profession qu'elle décrit avec le plus grand réalisme. Une bonne réussite !


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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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Shelly Novack



7.26- The Stranger

Réalisation : Michael Caffey
Scénario : Mel Goldberg
Guest stars : Shelly Novack
Première diffusion 09/04/1969 aux USA
DVD : VOSTF
Note : 7/10


Le Pitch : Alors qu’il est détroussé par trois brigands, Le Virginien est étonné de voir un homme au loin ne rien faire pour lui venir en aide. Plus tard la situation est inversée mais le régisseur de Shiloh se porte au secours de l’étranger (Shelly Novack). Ce dernier, Garrison, cherche du travail et le Virginien l’embauche à Shiloh malgré les réticences de toute son équipe car très peu aimable et même totalement renfrogné. Néanmoins tout le monde constate qu’il accomplit sa tâche à la perfection. Tout irait pour le mieux si l’intendant d’un rancher voisin n’était pas retrouvé mort. Le caractère de Garrison fait peser les soupçons sur lui et il finit par être arrêté…

Mon avis : Sur 26 épisodes, une dizaine de réussites – dont celle qui nous concerne ici - : c’est moins que durant les précédentes saisons mais le nombre demeure cependant assez important ; malgré un tiers de ‘déchets’ les afficionados ne doivent donc pas faire l’impasse sur cette septième saison certes un peu plus inégale et décevante que les autres mais qui compte au moins un sommet, Death Wait de Charles S. Dubin avec en Guest Star Harold J. Stone. The Stranger fait se terminer plus qu’honorablement cette saison même si l’on aurait souhaité que les auteurs ne se débarrassent pas de David Sutton comme d'une vulgaire chaussette ; en effet, pour sa dernière apparition on ne peut pas dire que David Hartmann ait été gâté, relégué en second voire troisième plan sans qu’on ne s’en soucie ; dommage pour ce sympathique comédien ! Pour le reste, hormis quelques acteurs assez limités comme Jadeen Vaughn ou Michael Conrad et un scénario peut-être un peu trop dense pour 75 minutes - avec notamment un déséquilibre entre la première partie qui ne s’embarrasse pas d’ellipses et la seconde au contraire qui prend parfois un peu trop son temps -, nous sommes en présence d’une intrigue très satisfaisante qui permet donc à cette saison de se clore sur une note d’espoir pour la suite. Le thème principal en est la différence qu’il est parfois difficile de faire accepter ; c’est Clay Grainger et Le Virginien qui porteront ici à bout de bras ce ‘combat’ progressiste pour essayer de faire cesser la méfiance envers tous ceux qui ne se comportent pas nécessairement comme la majorité. Et ici il n’est pas question de racisme ou d’intolérance religieuse ; le personnage mis à l’index est simplement un homme peu expansif, pas bavard et pas forcément aimable de prime abord qui n’aime ni boire ni forcément aller faire la fête et qui enfin ne s’embarrasse pas de fausse modestie : "Je suis le meilleur dans mon travail !"

Garrison, c’est Shelly Novack (ancien footballeur professionnel) qui nous livre ici une prestation admirable tout en underplaying. Lors de la première séquence le Virginien se fait attaquer par trois hommes qui le délestent de son argent. Alors que les bandits s’enfuient le régisseur de Shiloh se rend compte qu’un homme observait la scène de loin sans intervenir. Ce même soir, c’est au tour de cet étranger (Garrison donc) de se faire appréhender par les mêmes brigands qui veulent lui voler son cheval ; mais le Virginien qui avait réussi à les suivre met fin à leurs agissements en aidant l’homme qui n’avait précédemment pas levé le petit doigt pour lui. Quoiqu’il en soit, Garrison se retrouve à Medicine Bow au saloon et a une altercation avec l’intendant d’un rancher voisin de Shiloh par le fait d’avoir refusé de boire à sa santé. Le Virginien ayant été témoin de la bagarre vient discuter avec lui, apprend qu’il cherche du travail et lui propose de l’embaucher ; avant ça cet étranger aura essuyé plusieurs refus de la part des habitants de Medicine Bow, ces derniers s’en méfiant comme de la peste, le jugeant pas sympathique et peu engageant par sa manière de rester taiseux et de sembler ne pas vouloir partager leurs joies et fêtes. Il atterrit donc à Shiloh malgré les réticences des cowboys pensant la même chose que leurs concitoyens. Ils seront cependant obligés de se rendre à l’évidence ; même si peu aimable, il travaille à la perfection, ce qui n’est pas pour déplaire au Virginien qui semble le prendre sous sa coupe. Clay Granger lui fera prendre conscience que Garrison lui fait certainement penser à lui lorsqu’il était plus jeune : la même façon de se comporter, le même caractère. Une partie qui ne s’embarrasse pas de longueurs et qui aurait même tendance à aller un peu trop vite sans néanmoins que ça ne la pénalise grâce à la qualité de l’écriture. On apprend à connaitre Garrison, son mutisme mais aussi sa franchise (c’est le seul à avouer à Elizabeth qu’elle ne sait pas cuisiner), son air peu avenant mais aussi son honnêteté, son asociabilité mais aussi son sérieux dans le travail qui lui fait préférer soigner une bête plutôt que de se rendre à une fête de mariage.

A cause de ce choix, de son tempérament guère jovial et des circonstances qui l’ont fait se retrouver sur les lieux du crime dans la même journée, on va l’accuser du meurtre du futur marié même s’il clame son innocence. Le Virginien n’a jamais été aussi sûr de lui et va tout faire pour le sortir de ce mauvais pas. Malheureusement pour lui on retrouve une somme d’argent dérobée sur les lieux du crime à l’endroit où Garrison faisait le plus gros de son travail : on le met en prison mais, persuadé d’avoir un procès partial et les jeunes avocats ne désirant pas risquer leur réputation pour le défendre, il s’évade, ce qui renforce les soupçons à son encontre. Le Virginien demande au shérif de ne pas lever un posse tout de suite, le temps que lui-même prenne l’affaire en main et le ramène malgré les dangers encourus. Le rythme devient alors assez différent, les auteurs prenant leur temps pour décrire la course poursuite qui s’engage entre l’intendant de Shiloh et le jeune homme ; belle mise en scène qui atteint son paroxysme d’efficacité au moment où les deux hommes se rejoignent et où le Virginien n’hésite pas à risquer sa vie pour arrêter Garrison, cependant intimement persuadé qu’il ne lui arrivera rien : montage, cadrages en plongées/contre plongées pour un suspense qui se termine par une partie de franche rigolade, les deux hommes se reconnaissant un peu comme des doubles. Séquence superbe suivie par une dernière partie qui commence par le procès du soi-disant meurtrier, le piège tendu par Grainger et le Virginien pour faire se dévoiler le véritable coupable… Nous n’en dirons évidemment pas plus ou alors en restant dans le vague au paragraphe suivant ; mais notons tout de même encore que les auteurs en auront également profité pour tacler un peu les journalistes un peu trop zélés capable de faire pencher l'opinion pour la peine de mort ainsi que pour nous rappeler à quel point le patron de Shiloh et son régisseur sont des protagonistes profondément tolérants et humains, des hommes d’honneurs d'une grande loyauté.

Dans un premier temps Clay, après avoir fait la leçon à Elizabeth comme quoi on ne devrait pas se méfier de ce qui est différent de nous, affirme avec conviction et sincérité préférer perdre de l’argent et se couper de quelques fortes amitiés plutôt que d’envoyer un innocent à la potence : "If all that's to be lost because you're doing the right thing, helping a man who needs help, we'll survive without selling those horses and we'll live without Willis's friendship, too, if that's the price of it." Quant à la dernière séquence elle conclut en beauté la saison lorsque Le Virginien dit à son protégé dépité qui préfère quitter la région plutôt que de rester parmi des gens qui l’ont tous mal jugés et rejetés sans trop le connaitre : "It's hard to be yourself, be your own man, go your own way. I hope you find what you're looking for." Avant ceci nous aurons assisté à un numéro émouvant de John Doucette - grand second rôle hollywoodien, surtout dans le western d'ailleurs - lors de son long témoignage final qui va nous donner toutes les clés de l'intrigue. Maintenant je suis curieux de savoir comment la saison 8 va évoluer...

Je m'arrête cependant là concernant mes avis détaillés sur chaque épisode par manque de motivation à poursuivre...


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Re: Le Virginien (1962-1971) Universal

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La médiocre saison 8 qui contient cependant 7 perles qui a elles seules valent néanmoins l'achat.