Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

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Jerome
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Jerome »

Geoffrey Firmin wrote:Test du BR anglais (confirmation qu'il y a des STA):
http://www.dvdtimes.co.uk/content/id/71 ... eries.html

j'ai lu ça aussi ce matin. joli set. les commentaires audio ont l'air bien chiant mais c'est vrai que le doc de 90 minutes est vraiment intéressant :wink:
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kontarkh
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by kontarkh »

ci-joint le lien pour les bonus de l 'édition ultime http://www.dvdseries.net/news-922-Une-i ... nnier.html
Jerome
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Jerome »

l'itw de Patrick McGoohan est exceptionnelle de part les propos tenus. Elle date de 1977. C'est une exclu mondiale en dvd.
Le doc de 90 minutes est le même que sur le coffret anglais
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kontarkh
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by kontarkh »

super :) ,merci pour les précisions,je suis impatient d'avoir tout çà chez moi.
Jerome
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Jerome »

ce matin, j'ai participé à une conférence de presse pour la sortie de ce nouveau coffret.
C'est désormais officiel, sortie de la version Blu-Ray au premier semestre 2010 avec ajout d'une VO dans un nouveau mixage 5.1, différent de celui que l'on trouve sur les éditions anglaises. Mêmes bonus

PS : On ne pourrait pas compiler les deux sujets qui existent sur la série ?
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 5#p1900275
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by cinephage »

Jerome wrote:ce matin, j'ai participé à une conférence de presse pour la sortie de ce nouveau coffret.
C'est désormais officiel, sortie de la version Blu-Ray au premier semestre 2010 avec ajout d'une VO dans un nouveau mixage 5.1, différent de celui que l'on trouve sur les éditions anglaises. Mêmes bonus

PS : On ne pourrait pas compiler les deux sujets qui existent sur la série ?
http://www.dvdclassik.com/forum/viewtop ... 5#p1900275
C'est à dire qu'il y a une partie séries TV, où l'on parle de la série à proprement parler, quel que soit le support sur lequel on l'a vue (VHS, diffusion télé, dvd ou autre), des épisodes qu'on aime ou pas, de la mise en scène, du scénario ou de tout ce qui touche à la série au sens le plus large, et une partie DVD (ou, comme ici, HD), où l'on parle plus particulièrement du support technique, de la sortie à venir, des qualités ou faiblesses de l'édition dvd ou bluray... Ainsi, c'est plutôt dans cette partie que devrait apparaître ton intervention.
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Jerome »

OK. je poursuivrais ici pour l'aspect technique
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Le prisonnier »

Jerome wrote:ce matin, j'ai participé à une conférence de presse pour la sortie de ce nouveau coffret.
Il est vraiment sorti ? Dans ma fnac ils essaient de refiler en loucedé les anciens coffrets qu'ils ont remis bien en évidence. Et pas de trace du nouveau :x
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by Jerome »

Le prisonnier wrote:
Jerome wrote:ce matin, j'ai participé à une conférence de presse pour la sortie de ce nouveau coffret.
Il est vraiment sorti ? Dans ma fnac ils essaient de refiler en loucedé les anciens coffrets qu'ils ont remis bien en évidence. Et pas de trace du nouveau :x
oui, vu en fnac aux halles.

C'est ce coffret
Image
l'ancien
Image

Les visuels se ressemblent, mais le nouveau a un dvd de plus
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restaurée

Post by mynameisfedo »

le mieux est d'attendre l'édition blu-ray pour ne pas se tromper. :mrgreen:
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restauré

Post by Steed3003 »

Un guide complet de la série avec analyses et anecdotes vient d'être mis en ligne sur Le Monde des Avengers:

http://www.theavengers.fr/supplement/ho ... onnier.htm
http://lemondedesavengers.fr: le site dédié aux séries et films cultes
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zemat
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restauré

Post by zemat »

Jérôme, tu as des nouvelles de la sortie du coffret blu-ray français ? :?
Jerome
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restauré

Post by Jerome »

zemat wrote:Jérôme, tu as des nouvelles de la sortie du coffret blu-ray français ? :?
pas de nouvelles, mais je ne connais pas le planning 2011 de TF1 Video.
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Mère-Grand
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restauré

Post by Mère-Grand »

Je me suis repassé la série culte LE PRISONNIER en blu-ray. C’est une courte série -17 épisodes – mais elle a fait couler beaucoup d’encre et les avis divergent sur beaucoup de points dont le final. Je ne m’en cache pas : je trouve le final nul. Mais sur notre site, l’auteur de la critique le trouve génial. Cela fait une moyenne….
Voici mon avis sur les 17 épisodes :
Arrival - l'arrivée §§§§
Contrairement à de nombreuses séries, le pilote est une totale réussite. C’est même, pour moi, le meilleur épisode du Prisonnier. Il présente magistralement l’œuvre et sa conception ressemble à celle d’un film (d’ailleurs, sa durée initiale était de deux heures). Sans temps mort, aux images parfois saccadées, la réalisation retranscrit le tempérament du numéro 6 qui est vif, froid et calculateur.
Le générique, inoubliable, est seulement dans son intégralité lors de ce premier opus. Très années 60 sur la superbe musique rythmée de Ron Grainer, il sert d’introduction avec l’enlèvement du mystérieux agent dans son appartement (qui se trouve au numéro 1 Buckingham Place, à cinq minutes à pied de l’appartement de Lord Brett Sinclair).
L’épisode plante le décor et les codes de la série : le village, la boule blanche, la plage, 'the green dome' où les numéros deux se succèdent, la trahison, les tentatives de fuites avortées...Première réplique du numéro six : 'What's the name of this place ?'. Le village est international : la conductrice de taxi parle français et demande si l’arrivant est polonais ou tchèque, le numéro deux dit : 'au revoir' à Cobb qui lui répond par : 'Auf wiedersehen'. La Big Question sera le leitmotiv de la série: 'Why did you resign?’.
Un des gros attraits de cet épisode est la promenade dans le village de Portmeirion que j’ai visité un soir de 1987 dans les conditions de McGoohan à son arrivée : il était désert. Un spectacle grandiose. Il faut en profiter car certains épisodes seront pauvres en vues du village.
Cet épisode est une des meilleures réussites télévisuelles et la version Blu-ray restitue parfaitement les couleurs chatoyantes. A noter les présences de Virginia Maskell et Peter Swanwick, décédés peu après le tournage, et la réplique du joueur d’échecs - ‘We’re all pawns’- plus parlante que le fameux Be seeing you !

The Chimes of Big Ben - Le carillon de Big Ben §§§
L’excellent et plutôt sympathique numéro 2 en la personne de Leo McKern engendre des dialogues savoureux entre le numéro 2 et le numéro 6 ('Don't worry, Number Six, you will be cured !’). Il y a beaucoup d'humour dans les attitudes (la radio dans le frigo : 'fascinating! ') ou les commentaires ('whisky is 24 work units and vodka 16. I hope there's nothing significant in that !'). Un petit faible pour la réplique du numéro 2 lorsque le 6 l’informe qu’il va aller aux bois avec le n°8 : ‘Naughty, naughty’.
A partir de cet épisode, la séquence post-générique présente la fameuse phrase culte: ‘I’m not a number, I’m a free man !’. Au sujet de l’intrigue, la préparation de l'évasion est trop longue et la remise des prix un peu rébarbative (l'évasion commence finalement à la 33ème minute !). Et puis, c'est vraiment chanceux que le numéro six remarque qu'il manque un coup à Big Ben tout en parlant ! Le numéro six se fait donc trahir deux fois consécutivement par une femme (bien que la trahison d’Arrival soit involontaire). La confection du bateau et l’acquisition de la voile lors du concours d’arts manuels font toujours sourire, même si à la revoyure, le suspense tombe à plat. A noter que le début de The Chimes colle parfaitement à la fin d’Arrival (l’arrivée de l’hélicoptère d’ailleurs repiquée, le joueur d’échecs).
Le village est supposé être en Lituanie pour Nadia (de son vrai nom, Nadia Gray devenue française en 1964), mais il y a très peu d’extérieurs car les scènes du village et même la plage sont du studio ! Patrick McGoohan évitait les contacts féminins pendant le tournage et il passe le bras autour des épaules de sa fille avec une perruque censée être Nadia : C’est vraiment de l’extrémisme religieux. (27'54). Une version alternative trouvée en 1986 possède une dizaine de différences mineures. En tout cas, une fin d’épisode qu’on n’oublie pas !

A. B. and C. - A. B. et C. §§§§
Le numéro deux, sous pression, recherche non seulement la raison de la démission du numéro six, mais il s'intéresse aussi à ses agissements : à qui peut-il avoir voulu vendre des informations ? A, B ou C ? La manipulation est présente dans toute la série et particulièrement dans cet épisode. Le numéro 14 (une femme ! et de trois !) essaie t'extirper au numéro six, transformé en cobaye sous l'effet d'une drogue, ses secrets sous forme de rêves contrôlés, mais les manipulateurs deviennent finalement les manipulés ! Ce numéro deux change de ses prédécesseurs : il est faible, boit du lait et sait que son temps est compté. Il a sûrement raison pour le lait car même l’eau du robinet n’est pas potable au village.
Un épisode qui commence lentement mais qui va crescendo. L'expérience se passe très bien avec A, moins bien avec B. Le numéro six retourne la situation pour C et crée même un quatrième personnage (D ?) qui n'est autre que le numéro deux lui-même !!! Colin Gordon reviendra néanmoins dans ce rôle dans Le Général. A noter que 'l'action des rêves' est censée se passer à Paris d'où la DS – symbole tricolore de l’époque - et les répliques en français d'Eglantine !
Pour les fans des Avengers et de séries britanniques, on remarquera l'inoubliable Peter Bowles (A), et Annette Carell (B), la psychologue des Marchands de peur décédée quelques mois après le tournage d' A, B & C (‘You are not who you pretend to be’). Un quatre car, contrairement à l’opus précédent, c’est une victoire du numéro six et la manipulation finale est jubilatoire. A noter que les rares réelles vues de Portmeirion furent filmées sans Patrick McGoohan.

Free for All - Liberté pour tous §§
J'accroche beaucoup moins cet épisode que les trois précédents. L’intrigue est une dénonciation des bidouillages électoraux, de la vacuité des candidats (avec la complaisance de la presse au passage) et l’ensemble est plutôt bavard, lent et confus, bien que toujours d’actualité. D’ailleurs, l’assemblée de ‘brainwashed imbeciles’ me fait penser à une convention du PS ! Le numéro 6 accepte de participer à des élections. Avait-il le choix ? Il est manipulé de bout en bout sans espoir de soulèvement, à part la tentative d'évasion en bateau vite avortée (la doublure de McGoohan est visible sur ce passage). Le numéro 6 fait preuve de naïveté car c'est la quatrième fois consécutivement qu'il se fait posséder par une femme ! Celle-ci n'est autre que le numéro 2 et le 6 subit une véritable correction (tic - pif - tic - paf). L’excellente Rachel Herbert s'est-elle inspirée d'une amie yougoslave (site le rôdeur) ou d'une amie polonaise (site anglais) ? Le but est de montrer au numéro 6 qu''ils' peuvent le briser mentalement et physiquement. C’est le deuxième épisode en ordre de production, ce qui explique l'abondance de scènes tournées au village. A noter que la bagarre dans la cave a été censurée au Royaume-Uni jusqu'en 1984 et que la photo du numéro 6 sur les pancartes électorales provient de Destination danger. Eric Portman avait des difficultés à se souvenir de son texte et il est décédé peu de temps après le tournage (cette série est une vraie malédiction).
La série est à voir en VO : le numéro 58 (en fait numéro 2) parle un langage étrange dans la VO mais passe pour une demeurée dans la VF. L'œuvre initiale est tout simplement dénaturée. En VO, chaque numéro 2 participe au court dialogue après le générique, alors que c'est toujours la même voix en VF. La réplique de l’épisode: ‘Number six? That is the number of this place!’ Seulement deux pour cet épisode écrit et realisé par McGoohan himself.

The Schizoid Man – Double personnalité §§§§
Chaque série qui se respecte a son histoire de doubles et c’est souvent top ou flop, sans demi-mesure. Pour celui-ci, c’est top. Je n’avais pas revu cet opus depuis des décennies et je ne me souvenais que du twist final : ‘Susan died a year ago, Number Six !’. Le reste fut une redécouverte et on tombe dans le panneau. Le 6 a subi un lavage de cerveau pour être le 12 et essayer de prendre la place du 6, qui est un ‘fake’. Difficile à suivre, même si l’habit est significatif (et cette sublime moustache à la Steed/Webster !) : pourquoi le vrai numéro 6 serait-il habillé en blanc ? Comme tout, l’apparence est trompeuse et le téléspectateur se laisse abuser et il est conscient du plan machiavélique seulement lorsque le numéro 6 finit par se souvenir longuement du traitement infligé. Le petit bobo au doigt du début a de l’importance et on le sait tout de suite. En fait, c’est la jolie Alison (pas qu’un numéro !) qui a tout compris. On espère qu’elle ne fasse pas partie de la brochette de traitresses que la série nous a présentée jusqu’à présent. On est soulagé par sa répartie du final. D’ailleurs, Jane Merrow aurait été ma préférée pour être l’Avengers girl de la sixième saison, mais ça, c’est une autre histoire…Et dire que le numéro 6 ne la garde pas pour la soirée et la renvoie chez elle car il est tard…Hmm, la bigoterie a ses limites, Mr McGoohan ! Les bémols sont la façon radicale du N°6 de redevenir droitier et l’utilisation abusive des studios Borehamwood pour Portmeirion….
A noter le premier (et seul) personnage noir de la série et c’est un méchant. Quelque chose qui perturberait les instances télévisuelles de nos jours…Un excellent scénario, accompagné d’une réalisation époustouflante pour l’époque lorsque les deux numéros 6 se rencontrent. Et McGoohan est sensationnel, mais c’est toujours le cas. Le numéro 6 gagne la manche mais perd le match, et mentionne Le Général, qui sera au centre de la prochaine aventure !

The General - Le général §
Je suis bien plus critique envers cet épisode que lors de ma dernière vision il y a cinq ans. Si le message de l’opus est fort louable, sa mise en œuvre est laborieuse, bavarde et presque indigeste. L'épisode est axé psycho et 'brain washing' avec à la clé un enseignement accéléré : trois ans en trois minutes pour le programme d’histoire ! Le rêve du gouvernement qui permettrait de faire ingurgiter un formatage idéologique, bien que je ne sois pas sûr que cela soit concluant de nos jours car le niveau a bien baissé depuis 1967 ! Remarquez que cela n’empêche pas d’avoir pratiquement le même taux de réussite que dans l’épisode ! La finalité est de contrôler la pensée des villageois et ce thème est d’actualité avec tout le politiquement correct que nous vomissent nos médias formatées à longueurs de journée.
Il n'y a pas de tentative d'évasion et le but ultime du Numéro 6 n'est pas envisagé malgré qu’il puisse compter cette fois sur un allié (le numéro 12, mais vu l’épisode précédent…). Le général est en fait un ordinateur, un sujet très à la mode dans les années 60, et cela m'a fait inévitablement penser au médiocre George et Fred des Avengers. A noter que la version française plombe la partie finale, qui est la plus intéressante. En effet, le 'WHY ?' devient 'QUOI' sans point d'interrogation pour respecter les quatre touches sur le clavier ! J’aime particulièrement le dessin du N°6, et très peu d’autres choses car aucun second rôle ne m’a marqué. A quoi rime tous ces types qui se baladent en hauts-de- forme avec des lunettes de soleil ?

Many Happy Returns – Le retour §§§
Cet épisode a toujours été synonyme pour moi de première partie sensationnelle et de fin ratée. Le N°6 se réveille et le village est complètement désert (à part un chat noir) : il s’empare d’un taxi Moke et se rend compte qu’il n’y a pas d’échappatoire par la route à cause de l’obstacle naturel constitué par les montagnes. Il construit un radeau (le 6 est excellent dans le travail du bois comme on l’a vu dans The Chimes) et navigue plusieurs semaines avant de rencontrer un navire hostile qu’il aborde (les deux occupants parlent allemand et se nourrissent de boites de fayots du Village). Il débarque sur la côte, monte dans un camion et arrive au milieu de Londres (superbe plan devant Marble Arch). Un début à L’heure perdue des Avengers. Après, ça se gâte quand il revient chez lui ; l’appartement et la voiture appartiennent à une femme et le N°6 se fait embobiner comme un enfant avant de se jeter dans la gueule du loup en se rendant dans ses anciens bureaux (dès l’apparition de Cargill, le téléspectateur sait qu’il y a coup tordu !). Il n’a pas pris de douche depuis des semaines et il ne doit pas sentir la rose, assis sur le canapé dévorant les sandwichs !
Si la première partie est absente de dialogue, la seconde est trop bavarde et la fin se renifle à des kilomètres. On ne sait jamais pourquoi le village était désert (un rêve du N°6 ?), ni s’il y a une justification (Why ? comme N°6 l’écrit dans The General). On sait simplement que l’ancien employeur de l’agent fait partie du complot et que le Village est au large de Gibraltar. L’atout de cet épisode est les extérieurs (et aussi la musique très originale). Portmeirion désert, filmé comme je l’ai découvert vingt ans après le tournage, est sublime et je me revois tel McGoohan prendre des photos (de nos jours, ce n’est plus possible car l’accès est fermé après les heures d’ouverture). Mais aussi la côte et Londres. A noter que le numéro 2 n’est pas présent dans la petite séquence post-générique, vraisemblablement pour entretenir le suspense. La belle sauvageonne tsigane qui donne à boire à notre héros est Nike Arrighi que j’avais repérée dans deux épisodes de L’homme à la valise, tourné en même temps. Ah, j’allais oublier : les fans anglaises ont dû se pâmer devant les pyjamas bondiens très sexy du N°6 ! Avec un dénouement final différent, cet épisode aurait pu conclure la série.

Dance of the Dead – Danse de mort §
C’est incontestablement l’épisode le moins intéressant jusqu’à présent. Quel lien peut-on trouver entre un cadavre avec une radio sur une plage, des ‘aguicheuses’ pour un N°6 coincé, un numéro 2 en Peter Pan, un carnaval et un procès contre le Prisonnier ? Le numéro 2 est une femme cette fois, mais son apparition en Peter Pan la ridiculise au possible ; d’ailleurs toute la fin de l’épisode est ridicule et on se demande si le scénariste n’a pas fumé la moquette comme j’ai lu ça et là : c’est guignolesque et le final de la machine à écrire est pitoyable. L’intrigue est proche du néant et des évènements s’enchainent sans aboutissement. Ainsi, le 6 se paye une promenade nocturne sur la plage. Le N°20, chargée d’observer le Prisonnier, semble indécise et on appréciera comment le N°6 danse avec elle : les bras croisés, sûrement encore la bigoterie de McGoohan qui l’empêche de toucher une femme (Bigre !). Les maigres bons points sont les extérieurs de Portmeirion dans la première partie (profitons-en car c’est le quatrième sur cinq à être tourné au village) ; ils sont nombreux car le Prisonnier se balade pratiquement sans entrave, l’aguicheuse femme de ménage N°54 (la jolie Denise Buckley ‘who is different from the others’) et la phrase qui scotche : ‘Never trust a woman - even the four-legged variety’. Sinon, on apprend que les animaux ne sont pas autorisés (si le chat est celui du N°2, est-ce le même que l’aventure précédente ?) et le déguisement du 6 est son propre costume, car il est toujours lui-même (ou John Drake). Bref, un épisode dispensable. Y a pire me dira-t-on, mais j’espère qu’il y aura mieux, car il reste encore 9 épisodes !

Checkmate - Échec et Mat §§§§
Malgré quelques imperfections, cet épisode m’a toujours emballé à plusieurs titres. Avant tout, c’est le dernier véritablement tourné à Portmeirion et je trouve regrettable que si peu d’épisodes (5, moins du tiers) aient profité de cet écrin magnifique. Checkmate présente même la particularité d’avoir le village et la plage en contrebas. Ensuite, le Prisonnier n’est plus seul dans sa tentative d’évasion, même si l’issue renforce le sentiment d’individualisme qui l’anime.
Un opus qui ravira aussi les amateurs d'échecs. Les premières minutes sont surprenantes : le rôdeur circule dans les rues et les villageois se figent à son passage (un procédé de réalisation qui permettait au ballon d'aller dans une direction voulue : il fallait 'commencer par la fin' et montrer le film à l'envers !). Seul, l'homme à la canne poursuit sa route suivi du numéro six. Ils se dirigent vers un échiquier géant sur lequel va se jouer une partie dont les pièces sont des villageois. Le numéro six est le pion de la dame ! La scène culte de l'échiquier géant, souvent rejouée à Portmeirion et symbole du Village où toutes les pièces (donc les habitants) ne sont que des pions, résume la série à elle seule.
Le numéro 58 (une Tour, Ronald Radd) se déplace sur l'échiquier sans en avoir reçu l'ordre et il doit subir un séjour à l'hôpital. Il deviendra l'allié du numéro six dans sa quête de liberté, mais doit-on juger quelqu'un sur son attitude ? L'apparence est souvent trompeuse ! Cela est le thème de l'épisode et l’air autoritaire du six finira par causer 'a slight misunderstanding' comme le dit si bien le numéro deux ! Le docteur fait froid dans le dos et remarquez que le Prisonnier répond : 'for all' à la question 'free' (titre d'un épisode). Peter Wyngarde, inoubliable pour les fans des Avengers, est un numéro deux désinvolte : 'In society, one must learn to conform'. Il parait que Patrick MacGoohan avait pensé à lui pour un numéro deux permanent, mais cela ne s’est pas fait. Beaucoup d’extérieurs et de mystère nous font apprécier cet épisode et je retiendrai quelques scènes ; celle culte du jeu d’échecs, mais aussi l’entretien clé du 6 avec la Tour sur les hauteurs et les deux hommes qui échappent à la surveillance en taxi. Et la dernière image du butler qui dépose le pion de la dame sur l’échiquier (d’où le titre envisagé). Le 6 est maté…pour cette fois ! Mais pourquoi dans la VF, le Tour devient le Roi ?
Le personnage de la Dame, amoureuse programmée du 6, est amusant mais il ne sert qu’à ‘meubler’ l’aventure et à créer une fausse piste et le final sur le bateau est moyen. Pas le meilleur mais un du top 5.

Hammer into Anvil – Le marteau et l’enclume §§
Patrick Cargill est un numéro 2 magistral par sa perversité et son sadisme, mais le numéro 6 le casse, le broie et finit par le faire pleurnicher et demander son remplacement au numéro 1. C’est une victoire sans appel. Ceci dit, j’ai trouvé l’épisode répétitif, parfois illogique, auquel il manque un twist final inattendu. Le suicide du 73 n’a servi qu’à mettre le Prisonnier en rage. S’il était aussi simple de vaincre un numéro 2– il y eut de moins redoutables que celui-ci -, on se demande pourquoi le 6 est toujours en cage ! Le numéro 6 compte sur la peur paranoïaque du 2 face à l’autorité du 1 pour lui faire croire qu’il prépare un plan secret. Il fomente ainsi plusieurs évènements plus incroyables les uns que les autres (le coucou et le pigeon sont les pompons). Un épisode moyen pour moi malgré un superbe Patrick Cargill qui se délabre de minute en minute et la cocasse scène du 6 en train d’écouter les disques de L’arlésienne dans la boutique. Dommage que le 73, Hilary Dwyer, ait une participation si courte. Quel est ce kosho ridicule entre le 6 et le 14 ?

It’s Your Funeral – L’enterrement §§§
Un épisode original où le Numéro six prend du galon en s’immisçant judicieusement dans une guerre de succession entre numéros deux. Averti d’un complot visant à assassiner un 2 vieillissant, le Prisonnier parvient à tirer avantage et affaiblir le prochain 2 – un jeune loup arriviste - avant que celui-ci ait pris pleinement les fonctions au Village. Les principales guest stars sont deux acteurs qu’on retrouvera dans Amicalement vôtre quelques années plus tard : Derren Nesbitt est un bon et excentrique numéro 2 – le seul gay de la série avec son homme de main n° 100 en rose – et Annette Andre (N°50) est mise plus en valeur que dans La danseuse. On ne peut pas dire que la série foisonne de jolies filles et après Jane Merrow, c’est la seconde à avoir un rôle consistant. Dans cet épisode, il y a aussi Wanda Ventham (N°8, qui épie le Prisonnier) avec un rôle plus modeste. La séquence d’introduction est excellente (‘Tell them I was not interested’). Le 6 ne tombe pas dans le panneau et il est tout de suite conscient, dans son pyjama sexy, que la belle est envoyée par le Dôme Vert (d’ailleurs, la porte est ouverte automatiquement). Mais, sans user de son charme, il parviendra à utiliser la fille, qui fut droguée la veille et manipulée à son insu, à bon escient. Comme prévu dans le plan du jeune numéro 2, le 6 l’avertit du complot visant à l’assassiner de peur que les habitants du Village soient punis, sauf que le 2 visé –le vieux – est la véritable cible.
A part l’introduction, la séquence des anticipations des activités journalières est cocasse - on y reconnaît de suite le peintre à sa diction (c’est Charles Lloyd Pack de la Poussière qui tue et ses fameuses chaussettes) – la longue séquence de kosho est tellement déconcertante qu’on l’apprécie ici, surtout qu’on comprend enfin le but final. J’ai noté aussi la tentative de faire passer le 6 pour un menteur et le discréditer avec la succession de 2 (qu’on n’a d’ailleurs jamais vu) et la bagarre finale. Dans les points négatifs ; le fait de piquer la montre du 6 pour l’envoyer voir l’horloger, le père de la fille, qui a préparé la bombe, et l’exemple d’épisode tourné en studio. Toutes les vues du village sont des inserts avec des figurants, le reste n’est qu’une reconstitution. Malgré des invraisemblances – mais quel épisode n’en a pas dans cette série ? - et des critiques négatives, cet épisode est divertissant et reste cohérent. En tout cas, même à l’époque, les économies pour les retraites étaient un sujet d’actualité !

A Change of Mind – J’ai changé d’avis §§
Comme The General, le message de l’épisode est primordial et toujours d’actualité, mais le déroulé de l’opus est le plus souvent lent, bavard et ennuyeux. L’intrigue tourne autour d’un Comité chargé de remettre dans le droit chemin ceux qui pensent et agissent hors-norme. Ils ne doivent pas se justifier mais se confesser et se repentir. Cela fait terriblement penser aux auteurs de ‘dérapages’ de nos jours, qui doivent s’auto-flageller pour être sorti du chemin balisé de la pensée unique. Le N°6 défie le Comité et il est déclaré ‘unmutual’ (asocial) et tout le monde l’évite. Là encore, c’est la politique socialiste d’obligation de socialiser, du ‘vivre ensemble’, qui est décrite et gare à ceux qui la dénigrent : ils sont vilipendés. Il y a même un sous-comité d’appel, composé de quatre boudins, pour remettre le 6 dans le chemin avant qu’il ne soit trop tard ; c’est le Terra Nova socialiste ! Le 6 résiste et se moque et il doit subir une ‘conversion sociale instantanée’ (en clair, une lobotomie) afin de lui supprimer toute agressivité et le rendre docile comme un mouton. A mettre en parallèle avec le politiquement correct que nous vomissent nos médias formatées à longueurs de journée afin d’empêcher la masse de réfléchir.
Finalement, le traitement n’est pas administré car le 6 a trop de valeur mais il pense qu’il l’a eu. Quand il réalise que ce n’est pas le cas, il finit par retourner la situation et le N°2 est, à son tour, taxé d’asocial. 4 pour l’idée, 2 pour l’épisode, car comme écrit plus haut, il n’y a pas grand chose d’intéressant : la séquence de l’ ‘opération’ est trop longue, le 2 sans saveur, la scène d’hypnose ne convainc pas (c’est pourtant celle qui est censée amener le twist final). Pour couronner le tout, l’épisode est exclusivement tourné en studio avec parfois des ‘backdrops’ (décors peints) et quelques rares inserts de Portmeirion. La seule scène tournée au Village pour cet épisode est la dernière, lorsque le 2 tente d’échapper aux villageois (mais la doublure trop mince fait sourire).
Il ne reste que le message et la présence d’Angela Browne que le Prisonnier préfère en robe plutôt qu’en pantalon (il a bien raison). Elle est la ravissante N°86, la doctoresse, dans un rôle principal où l’actrice est remarquable, comme lors de ses apparitions dans The Avengers et un épisode clé de L’homme à la valise. La meilleure scène de l’épisode – et une des meilleures de la série – est la préparation du thé et l’échange des tasses. ‘Stupid woman !’

Do Not Forsake Me, Oh My Darling - L’impossible pardon §
Sans intérêt. Patrick McGoohan avait besoin de temps pour tourner un film, et il n’apparait qu’au commencement et à la fin de cette aventure, qui marque le début de la fin (la scène finale est la seule que l’acteur tourna pour cet épisode). Pour être honnête, je pense n’avoir jamais vu en entier cet épisode et il n’a pas dû être diffusé très souvent tant il ne représente pas la série. Il y a déjà cette séquence pré-générique inhabituelle puis l’absence de dialogue numéro 2/6 post-générique. L’histoire de transmissions d’esprits n’a rien à voir avec Qui suis-je ??? des Avengers, car il n’y a pas d’humour et l’intrigue est creuse. En plus de cela, on repère facilement des erreurs de montage et de doublures très fréquemment (c’est Patrick McGoohan qui conduit la Lotus dans certains plans de Londres par exemple). Il y a quelques images de Portmeirion d’hélicoptère (des inserts), d’autres scènes sont reprises d’épisodes pour le flashback ou certains passages (la soirée/A.B. and C., N°6 marchant dans son logement/Once Upon a Time). Plus fort : à l’arrivée du Colonel en taxi, on voit même McGoohan à l’arrière ! Un épisode fait en dépit du bon sens.

Living in Harmony – Musique douce §
Harmony est un caprice de star : McGoohan adorait les westerns et il s’est servi de son jouet pour en faire un. Il n’y a pas de générique et le film commence directement par un cow-boy à cheval dans une vallée, de telle sorte qu’on peut penser visionner une des nombreuses séries western de l’époque. Sauf que les meilleures, comme Chaparral, étaient tournées totalement en extérieurs ce qui est loin d’être le cas ici. Ce western est certes divertissant et on a droit à tous les clichés du genre : le shérif, le saloon, la prison, les bagarres, le duel, le juge (N°2), la ‘girl’, le ‘bad boy’….D’ailleurs, celui-ci, muet et mal fagoté, est particulièrement énervant avec ses simagrées de demeuré (scène de la prison). Le problème est que cela n’a rien à voir avec The Prisoner et que les aficionados s’attendent à voir le 6 dans son village (pas en carton-pâte de préférence) avec une intrigue, une tentative d’évasion et un twist qui scotche au fauteuil. En fait, ce dernier est une ridicule tragi-comédie. Ce ‘western’ ne vaut pas les originaux même si McGoohan s’en tire très bien dans le rôle d’un shérif pacifiste, mais il n’arrive pas à la cheville d’un autre cow-boy énigmatique de westerns européens à la vogue de l’époque, Clint Eastwood. McGoohan s’est fait plaisir et a ainsi bouclé un épisode d’une série pour laquelle il n’avait plus d’idées (ou plus de scénaristes à la hauteur après le départ de Markstein), mais cela n’apporte rien à la série. Au contraire. A noter que cinq scènes furent censurées en Grande-Bretagne jusqu’en 1984 !

The Girl Who Was Death – La mort en marche §
Cet opus clôt la trilogie des épisodes déjantés bouche-trous. Des trois, c’est sûrement le ‘western’ qui aurait ma préférence, mais aucun ne fait honneur à la série. The Girl est une parodie qui emprunte beaucoup aux Avengers (You have just been poisoned – la fusée est la bombe), mais, à côté, la saison 6 de Tara King, c’est du sérieux collé-monté ! Référence aussi à James Bond (sans les filles collantes, hein, il ne faut pas plaisanter avec ça avec McGoohan !) et Mission Impossible (la scène au disquaire). Avec ce genre d’épisodes, une conclusion bizarroïde n’était pas à exclure et je comprends qu’à moitié que les fans du programme de l’époque furent surpris. Pourtant, tout avait bien commencé dans cet épisode avec un générique et une séquence 2/6 normaux. Ensuite, c’est indescriptible (et longtemps muet) et je me demande ce qu’avait pris le scénariste pour pondre cela. L’histoire d’un savant illuminé qui veut envoyer sa fusée-bombe sur Londres avec sa fille, Death, complètement démoniaque qui en fait voir de toutes les couleurs à N°6. En tout cas, les séries de l’époque –Avengers compris – étaient plutôt obnubilées par notre Empereur. La dernière scène, seul lien avec le Village, dans laquelle le 6 lit des histoires à des enfants est du n’importe quoi. On remarque Justine Lord, plutôt jolie même avec un casque à pointe, et la barmaid à la poitrine généreuse. En conclusion, les trois épisodes restés inédits chez nous jusqu’en 1991 forment une sorte d’excroissance à la série et n’en sont pas représentatifs. Ils peuvent aisément être laissés de côté…surtout que c’est ce que McGoohan a fait en étant aux USA laissant sa place à sa doublure (scènes de Sherlock Holmes par exemple).

Once Upon a Time – Il était une fois §§
Les grands moyens sont employés pour faire fléchir le N°6 : ‘Degree Absolute’. Un huis clos d’une semaine entre le N°2 et le 6, retombé en enfance, sous l’œil du majordome. Un seul survivra. On est de retour au Village; enfin, le souterrain du Village. Le N°2, c’est Leo McKern, excellent dans ce rôle et il le fallait ! Après l’étude du dossier du 6 et quelques flashbacks, le 2 décide que le degré absolu est la seule solution. Le lavage de cerveau à la lampe et le N°2 en train de chanter des comptines est cocasse. C’est ensuite la descente dans les sous-sols et le huis clos. La vie du N°6 est passée en revue avec toujours l’éternelle question : ‘Why did you resign ?’. Le 2 en figure autoritaire est inquiétant, mais le 6 gagne de l’assurance avec l’ ‘âge’ (et le conditionnement qui s’estompe). Le duel est phénoménal, même si parfois, on sent le remplissage. En tout cas, l’implication de McKern est palpable (il était au bord de la crise cardiaque parait-il !). Une bataille d’esprits que le 2 emporte même si McKern vole la vedette à McGoohan. Une excellente idée de départ qui tourne le plus souvent par la suite à de l’incohérence, du grotesque et de la folie pure. Il y a néanmoins d’excellents échanges tels que sur l’individualisme et la société (la notion de loup solitaire) et la ‘dernière minute’ est envoutante. Faut aimer cette ambiance surréaliste et théâtrale ; moi, j’ai dû mal. Le 6 est invité à voir le Numéro 1 par le Superviseur : un des plus gros cliffhangers de séries, supposé annoncer une seconde saison !

Fall Out – Le dénouement §
Voilà, j'en ai terminé avec cette série culte. Pas de générique (c’est mauvais signe), mais un long résumé de Once Upon a Time à la place et Portmeirion est enfin dévoilé comme lieu de tournage. On reprend exactement là où on s’est arrêté. On conduit le 6 dans un couloir au son de All You Need Is Love (c’est sympathique) et on arrive devant une sorte de tribunal, qui va constituer l’essentiel de l’épisode. C’est bavard et ennuyeux, avant que le 6 ne rencontre le numéro 1 (lui-même sous deux déguisements), fasse décoller une fusée et retourne à Londres accompagné du 48 et de l’ancien 2, McKern ressuscité.
Cet ultime épisode me fait le même effet que la première fois : amusement et incrédulité. C’est du foutage de gueule et on se met à la place des téléspectateurs de l’époque, période – je le rappelle – où les épisodes étaient diffusés au rythme d’un par semaine. Tout ça pour ça a dû être la réaction de la majorité. Ah, cette fusée qui décolle du village….McGoohan voulait sûrement arrêter et la série ne devait pas être de toute façon renouvelée. Il a eu le courage ou le culot (pas le génie, faut pas exagérer !) de fournir ça, car c'est particulièrement difficile à regarder sans jeter un coup d’œil sur sa montre toutes les cinq minutes. Il faut néanmoins se placer dans le contexte : McGoohan était parti aux USA tourner un long métrage et il savait à son départ qu’il n’y aurait plus que quatre autres épisodes produits. En son absence et à son retour, les trois épisodes ‘bizarres’ furent tournés. L’acteur n’avait plus beaucoup de temps de conclure – et pas trop d’idée - et il se servit d’Once Upon, tourné juste après The Chimes, pour trouver une conclusion qui envoie ‘paitre ses détracteurs’ et qui, en même temps, saborde son jouet. De toute façon, une seconde saison n’aurait pas été envisageable vu le caractère impossible de McGoohan qui faisait vivre un enfer aux acteurs et à la production. D’ailleurs, l’égocentrisme de l’acteur/scénariste/producteur/réalisateur ressort dans l’ultime volet par la place qu’il prend sur le trône et les ‘Sir’ et ‘You are the greatest’ qui lui sont destinés !
Cette fin est complètement nulle mais c’est donc fait exprès. La série est devenue culte après coup, mais beaucoup – j’en fais partie – retiennent de la série ce qui faisait son charme au début : ce mélange réussi d'espionnage et de fantastique dans un village atypique. Ces intrigues tarabiscotées à diverses interprétations ont fait l’objet d’études et la série est encore décortiquée pour tenter de comprendre son message, mais elle a toujours résisté à son explication. La fin, qui n’apporte aucune solution, laisse la porte ouverte à notre propre interprétation et elle a contribué au statut atteint par la série. C'est aujourd'hui une œuvre à part, hors des canons traditionnels, et surtout intemporelle, car les sujets de société traités sont toujours d’actualité, comme les parallèles personnels que j’ai parfois tirés sur la liberté d’expression, les limites de la démocratie et le refus de la conformité. Et puis, le Village est une anticipation de la mondialisation qu’on vit actuellement.
Patrick McGoohan a réussi son coup : la série est devenue culte et on en parle encore presque un demi-siècle après et je ne pense pas que cela aurait été le cas si la fin avait été cartésienne.
La série permet d’avoir une lecture personnelle et pour moi, c’est une suite directe à Destination danger et le N°6 est John Drake. McGoohan l’a démenti mais George Markstein, un des concepteurs, l’a affirmé. Je crois plus volontiers le second dans ce cas. D’ailleurs, Markstein a détesté cette conclusion « surréaliste ». Je dois avouer que je décroche souvent après le douzième opus et les derniers ne font pas partie de mes préférés – je les considère dans l’ensemble ratés – mais cela ne m’empêche pas de penser que la série est globalement une réussite et qu’elle mérite son statut. D’ailleurs, je garde un merveilleux souvenir de ma découverte de Portmeirion et du 1, Buckingham Place. Mon top 5 de la série ; dans l’ordre : L’arrivée (Arrival), Double personnalité (The Schizoid Man), Echec et mat (Checkmate), A. B. et C. (A. B. and C.) et Le retour (Many Happy Returns).
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Randolph Carter
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Re: Le prisonnier - coffret de la série entièrement restauré

Post by Randolph Carter »

Je n'ai pas revu la série depuis l'édition soi-disant ultime,mais ton post me donne une sacrée envie de me replonger dans ce qui reste pour moi le meilleur feuilleton télévisé tous genres confondus.(dans mon souvenir,le dernier épisode relève de la sf et ne m'a pas paru indigne des épisodes précédents même s'il ne se hisse pas au niveau de certains.) Mais quelle fin de série ne déçoit pas les amateurs ?(Souvenons-nous de la calamiteuse fin de "Lost" pour ne citer que cette récente série.)En tout cas,bravo pour ton analyse.Tes commentaires sont rares,mais méritent le détour.
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