Battlestar Galactica (2003)

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JaimzHatefield
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Battlestar Galactica (2003)

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I. Battlestar Galactica : Mini-série (2003) et introduction à la Saison 1 :

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"Are you alive ?"

C'est l'interrogation que pose l'envoyée des cylons à l'ambassadeur humain, dès la première minute de la mini-série, faisant office de pilote. Une question pour le moins inversée, tant on pourrait penser qu'il reviendrait plutôt à l'émissaire humain de la poser. La surprise de cette nouvelle version de Battlestar Galactica vient de l'humanité des cylons, ils ont évolué jusqu'à une apparence proche de la nôtre. Le thème de l'humanité des cylon et leur "Plan" change radicalement l'esprit de la série d'origine, pour aborder par la suite des sujets plus profonds dans les saisons qui vont suivre, lorgnant même vers Philip K Dick. Le message est clair : cette fois les enfants de l'humanité reviennent et cherchent la confrontation.

Eloge du passé.

L'attaque cylon paralyse toutes les défenses coloniales, grace aux informations rapportées par Numéro Six auprès de Gaius Baltar. Les cylons utilisent des méthodes de guerre électronique en exploitant une brèche du système informatique (backdoor) des défenses coloniales, paralysant tous les appareils de défense de la flotte, se retrouvant à leur merci. Le Battlestar Galactica (BSG-75) est le seul mothership survivant de l'hécatombe. Destiné à devenir un musée le BSG-75 reprend son service en pleine cérémonie d'adieux. En vieux briscard qu'il est, son commandant (censé partir à la retraite ce jour-là) avait toujours tenu à ce que les ordinateurs du vaisseau ne soient pas connectés en réseau, fonctionnant de manière isolée et utilisant des systèmes de navigation rudimentaires dans le but d'échapper aux pénétrations informatiques des cylons. C'est l'ancien matériel qui sauve les derniers militaires, les éprouvés Vipers Mark II (et quelques Mark VII sans mise à jour) utilisant l'ancien système de navigation ne subissent pas les attaques électroniques.
Grande leçon du darwinisme belliqueux, la survie du plus adapté ne passe pas forcément par la sophistication, ce qui est obsolète est parfois meilleur. Il y a dans ce passé une sagesse et une force inexploitée, à l'image du commandant Adama et à l'image du respect qu'affiche le "remake" pour son modèle originel (même s'il s'en éloigne) et dont il parsème des clins d'oeil. Ici on fait du neuf avec du vieux.

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Spiritualité et féminité.

Sous l'égide de Ronald D. Moore (Star Trek TNG, DS9), la nouvelle série reprend la dimension biblique de la saga de 1978, l'exode vers la Terre promise et le Grand Dessein de l'humanité. Moore y introduit un élément encore plus mystérieux, cette dualité dans la personnalité de Gaius Baltar. La présence du Numéro Six dans l'esprit de ce dernier amène des interrogations quasi-métaphysiques (fuyez la VF et l'effet d'écho ajouté à la voix de Numéro 6).
Battlestar Galactica est une série très féminisée, de nombreux postes-clés sont occupés par des femmes (Roslin, Starbuck, Number 6, Elosha), la maladie de Laura est en outre un cancer du sein, la présidente est condamnée par le biais de sa féminité... Même si l'esprit est élogieux envers le passé et la rusticité, on est paradoxalement aussi dans un show de SF tourné vers la modernité, une SF longtemps "réservée" aux hommes (piou-piou, baoum, piou-piou craaasshh) et qui cherche à conquérir un auditoire féminin et plus adulte.

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"The war is over, and we lost."

Mélodies atmosphériques, chants féminins élégiaques comme des lamentations, percussions tribales... le score ne ressemble pas aux bandes-sonores de la SF traditionnelle, le ton est différent, l'heure est au drame, au traumatisme et à la lutte pour la survie. Non pas avec les honneurs d'une fanfare militaire mais avec le sang et les trippes, avec l'énergie du désespoir. Dans une ambiance de fin du monde, les sentiments sont exacerbés, et voué à un avenir incertain, on n'hésite pas à se jeter dans les bras d'un(e) inconnu(e) qui nous plaît (Dualla et Billy).
Le massacre de l'humanité se fait sans aucune pitié, un immense holocauste nucléaire des douze colonies, une vision d'apocalypse tout droit sortie d'un SDF-Macross (qui reprenait d'ailleurs le principe de la série originelle, son exode), le ton est résolument noir. L'orgueil militaire n'est pas au rendez-vous, il faut abandonner lâchement les appareils sans propulsion hyperluminique et leurs civils à un massacre en ordre ("I hope you people rot in hell for this"). Hangars en désordre, cabines sombres, couloirs exigus et mal éclairés comme dans la saga de jeux Wing Commander... Ronald D. Moore, le repreneur et créateur de cette nouvelle mouture s'attache à souligner le caractère dramatique de l'exode en se concentrant sur les survivants, contrairement à la série-mère de 1978 dont les protagonistes visitaient d'autres cultures et leur venaient en aide. Et tout comme dans SDF-Macross, il y a une violence non feinte et la constante confrontation des intérêts civils face aux intérêts militaires.

Développant les thématiques d'un univers post-apocalyptique, l'oeuvre de Ron Moore est le récit des derniers Hommes. Une humanité réduite à une poignée d'individus sans cesse pourchassés et menacés d'anéantissement total. Ceux qui sont condamnés à errer et à fuir. Ceux qui se raccrochent à leurs institutions et à leur substitut de démocratie comme autant de souvenirs d'un âge révolu, dans le but de maintenir un semblant de lien alors que tout s'écroule.

Abandonnez tout espoir car il est déjà trop tard. Battlestar Galactica est une série qui commence là où s'arrêtent toutes les autres... à la fin du monde.

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- You can run if you'd like, this ship will stand and it will fight.
- I'm gonna be straight with you here. The human race is about to be wiped out. We have 50 000 people left and that's it. Now, if we are even going to survive, as a species, then we need to get the hell out of here and we need to start having babies.
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II. Quelques personnages :

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Commander William ADAMA (Edward James Olmos), ex-callsign : "Husker" :

Ancien pilote de la flotte coloniale et vétéran de la guerre contre les cylons, le charismatique commandant du BSG-75 est sur le point de prendre sa retraite lorsqu'au dernier jour de son service survient l'attaque. Vieux loup rusé, il est opposé à toute informatisation de son vaisseau pour prévenir toute infiltration cylon. Adama se montre relativement parternaliste envers son équipage et à travers son style de commandement. Il prend le commandement militaire après l'attaque, devenant le plus haut gradé (le grade de Commandant est ici situé devant celui de Colonel et après celui d'Amiral), cette place l'amène à s'opposer parfois à l'avis de la nouvelle présidente des colonies.

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Captain Leland "Lee" ADAMA, callsign : "Apollo" (Jamie Bamber) :

Fils du commandant Adama, Lee tient son père pour responsable de la mort de son frère Zak. Il se réconcilie finalement avec lui. Excellent pilote et leader mesuré, Apollo est CAG sur le BSG-75. Lee a pour habitude de prendre parti pour les décisions de la présidente plutôt qu'en faveur de la hiérarchie militaire.

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Lieutenant Kara THRACE, callsign : "Starbuck" (Katee Sackhoff) :

Par rapport à l'ancienne série, Starbuck a changé de sexe mais a gardé son caractère impulsif et son cigare. Meilleur pilote de Viper de sa génération, Starbuck est un garçon manqué, forte tête, casse-cou, bagarreuse et constamment en différent avec Tigh. Kara a entretenu une relation amoureuse avec Zak Adama, mais sa conscience la rend indirectement responsable de la mort de ce dernier.

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President Laura ROSLIN (Mary McDonnell) :

Ex-ministre de l'éducation, condamnée à terme par un cancer du sein, Laura devient présidente des douze colonies après l'holocauste et la mort du président Adar. Partisante de la fuite, de l'exode des 50 000 derniers survivants plutôt que du combat suicidaire frontal contre les cylons, elle n'a de cesse de défendre son autorité, menacée par les prérogatives militaires. Mesurée, humaniste et sensible, sa mission prend une autre dimension quand elle prend conscience des Ecritures.

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Doctor Gaius BALTAR (James Callis) et Number Six (Tricia Helfer):

Elément essentiel de la série, génie scientifique et plus brillant esprit humain, Baltar est un personnage haut en couleurs, narcissique, séducteur, drôle, égocentrique et parano. Il se sent responsable de l'holocauste car une jolie blonde s'est servie de ses charmes pour lui soutirer des informations sur le système informatique militaire au profit des cylons. Rescapé miraculeusement, Baltar devient le conseiller scientifique de la présidente. La jolie blonde réapparaît sous les traits de "numéro 6", dans l'esprit de Baltar.
Elle est une vision abstraite et onirique dans sa conscience... Son personnage est le premier cylon humanoïde que l'on voit (sur les douze modèles existants), en revanche la nature du "numéro 6" dans la tête du scientifique est inconnue. Baltar croit être fou, victime d'hallucinations... elle prétend être un medium de Dieu, dictant à Baltar la volonté divine et se dit... amoureuse de lui ! Une relation complexe les lie, Numéro 6 l'aide parfois dans des décisions qui permettent le sauvetage de la flotte (tout en couchant avec lui... dans son esprit), toutefois il lui arrive de refuser cette aide lorsque Gaius ne semble plus avoir la Foi. Elle se vexe des propos anti-cylons qu'elle qualifie de racistes et peut également se montrer jalouse. Sa nature et sa relation avec Baltar est un des plus grands mystères de la série, avec le "Plan" cylon.

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Lieutenant Sharon VALERII, callsign : "Boomer" (Grace Park) :

Boomer a également changé de sexe, en revanche bien peu y trouveront à redire étant donné le charme de Grace Park. Elle est pilote de Raptor et éprouve des réactions étranges qu'elle ne s'explique pas.

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Chief Galen TYROL (Aaron Douglas) :

Responsable technique en chef de la maintenance des appareils avec le grade de Chief Petty Officer ou CPO, Tyrol entretient une relation avec Boomer. Il aime particulièrement son métier.

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Colonel Saul TIGH (Michael Hogan) :

XO du BSG-75, Tigh a sombré dans la boisson pour supporter les infidélités de son épouse délaissée. Faisant le "sale boulot" d'Adama, il est généralement détesté par l'équipage pour ses choix radicaux. Ses penchants pour le whisky lui font prendre des décisions parfois hasardeuses. Borné et autoritaire, c'est un vieil ami du commandant Adama et son loyal bras droit.

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Lieutenant Karl AGATHON, callsign : "Helo" (Tahmoh Penikett) :

Co-pilote dans le Raptor de Boomer (Electronic Countermeasures Officer ou ECO), Helo est l'archétype du héros courageux. Il se sacrifie en laissant son siège à Gaius Baltar et choisit de rester sur Caprica, bombardée et envahie par les cylons. Abandonné par les siens, Helo cherchera à survivre dans cet environnement hostile. Il est remplacé auprès de Boomer par le lieutenant "Crashdown".

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Specialist Callendra "Cally" Henderson (Nicki Clyne) :

Mécano au joli minois sous les ordres de Tyrol sur le Deck Crew 5, Cally est la technicienne préférée du Chief et la petite brune n'hésite pas à le protéger lors de ses rendez-vous avec Boomer.

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Tom ZAREK (Richard Hatch)

Prisonnier politique et/ou terroriste, Tom Zarek cherche à prendre le pouvoir par tous les moyens. Il organise de ce fait une rébellion sur l'Astral Queen, le vaisseau pénitenciaire. C'est Richard Hatch lui-même ("Apollo 78") qui incarne ce personnage aux desseins obscurs, s'écartant de l'image lisse qu'il donnait dans la série d'origine.

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Lieutenant Felix GAETA (Alessandro Juliani)

L'officier Gaeta s'occupe de la navigation à bord du Galactica, il calcule les trajectoires des sauts FTL et supervise le DRADIS. Féru de sciences et inflexible sur les questions morales, il admire depuis toujours les travaux de Gaius Baltar.

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Petty Officer Anastasia Dualla, dite "Dee" (Kandyse McClure) :

Dee s'occupe des communications sur le CIC du BSG-75. Elle a un faible pour Billy, l'assistant de la présidente.

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Billy Keikeya (Paul Campbell) :

Jeune homme timide et réservé, Billy est l'assistant de Laura Roslin. Très travailleur, son intelligence et son sens politique évoquent à cette dernière des aspects du président Adar.
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III. Petit lexique :

ASAP : As Soon As Possible.

BSG : BattleStar Group. Le Galactica ou Battlestar Galactica est désigné sous le nom de code BSG-75. Il y avait à l'origine douze Battlestars lors de la première guerre (un représentant par Colonie : le BSG-75 représentait Caprica et était donc le fleuron de l'époque). Lorsque la deuxième guerre éclate, il y a 120 Battlestar dans la flotte, soit le même nombre que de porte-avions US construits à la fin de la Seconde Guerre Mondiale (l'esthétique de la marine militaire de 1945 à 1960 a inspiré la série).

Basestar : Ils sont les équivalents cylons des Battlestar. Ces plates-formes de combat accueillent des centaines de chasseurs ainsi que des têtes nucléaires.

CAG : Commander Air Group (chef d'escadron).

CAP : Combat Air Patrol (patrouille aérienne défensive, déployée pour la couverture).

CIC : Commanding & Information Center (cabine des BSG).

Colonial One : Tout appareil accueillant la présence du Président des Colonies prend la désignation de "Colonial One" (par analogie au Air Force One).

COR : Command Observation Room.

DRADIS : Direction, Range And DIStance. Radar tridimentionnel.

Frak ou Frack : mot vulgaire inventé pour remplacer fuck et ses déclinaisons - frak off, fraking, motherfrakker, what the frak ? etc.
Veronica Mars fait un sympathique clin d'oeil à Battlestar Galactica, en reprenant le mot dans l'épisode 3x01, après que celle-ci l'ait entendu de la bouche d'un fan de la série de Ron Moore.

FTL jump : Faster-Than-Light jump (saut hyperspatial).

LSO : Landing Signal Officer (responsable des opérations de vol), Aaron Kelly sur le BSG-75.

Ragnar : Le nom de la station de ravitaillement Ragnar Achorage, cachée dans la nébuleuse, fait référence au Ragnarökr (Crépuscule des dieux) : le combat lors de la fin du monde dans la mythologie nordique.

Raider : Appareil de chasse cylon. Ils sont capables de guerre électronique ainsi que de longs sauts FTL.

Raptor : Appareils de reconnaissance, de transport de troupes, de sauvetage et de guerre électronique. Ils peuvent réaliser de petits bonds FTL.

SAR : Search And Rescue (mission de sauvetage).

Toaster : Le "grille-pain" est le terme péjoratif utilisé par les humains pour qualifier les cylons.

Viper : Chasseurs de la flotte. Il reste surtout des Mark II (plus rustiques) et quelques Mark VII (avec l'ancien système de navigation ou avec un "patch" antipiratage).

XO : eXecutive Officer (officier en second). Le Colonel Tigh sur le BSG-75 occupe le poste.

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IV. La musique de Battlestar Galactica :

4.1 : Mini-Série (Richard Gibbs)

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1. Are You Alive ? / Battlestar Galactica Main Title
2. Goodbye, Baby
3. Starbuck Buck Buck
4. To Kiss Or Not To Kiss
5. Six Sex
6. Deep Sixed
7. The Day Comes
8. Counterattack
9. Cylons Fire
10. A Call To Arms
11. Apollo To The Rescue
12. Launch Vipers
13. Seal The Bulkheads
14. The Lottery Ticket
15. Eighty-Five Dead
16. Inbound
17. Apollo Is Gone / Starbuck Returns
18. The Storm and The Dead
19. Thousands Left Behind
20. Silica Pathways
21. Reunited
22. The Sense Of Six
23. Starbuck's Recon
24. Battle
25. Good Night
26. By Your Command



Le score s'ouvre sur le thème de Numéro Six dès la première plage ("Are You Alive ?"). Associé à la blonde cylon, il sera réutilisé et décliné non seulement plusieurs fois dans la mini (pistes 2, 5, 6, etc.) mais également ensuite dans toute la série. Il s'agit d'un thème mystérieux débutant par un motif rythmique à la sonorité métallique étrange, probablement un gamelan ("ding... ding-ding-ding, ding"). A l'image de Number Six, le thème est étrange, d'un ton solennel et légèrement menaçant : l'orchestre assène amplement une sorte de flux et reflux lugubre. C'est là l'évocation musicale de battements cardiaques et d'une respiration, personnification d'une vie artificielle. Sans quitter la première piste, nous enchaînons directement sur le "Main Title" introduit par ce qui est depuis lors, un peu l'empreinte de Battlestar Galactica, sa marque de fabrique' : ses percussions utilisées de manière tribale, et au-dessus desquelles dominent de puissants taiko japonais.

"To Kiss Or Not To Kiss" est la pièce-maîtresse de la bande-son. Le morceau apparaît vers la fin de la mini-série / pilote, lorsque quelques survivants de l'holocauste se retrouvent et s'enlacent instinctivement. L'instant est particulièrement émouvant, d'autant plus que la musique nous provoque un doux frisson. Cette quatrième plage est une sorte de berceuse enfantine accompagnée par un xylophone ou plutôt un Glockenspiel (qui sonne comme une boîte à musique), et enveloppée par des synthés distillant une atmosphère d'apaisement, de sérinité et de simplicité... De manière céleste, une voix féminine entonne un chant religieux en sanskrit : Aum asato ma sad gamaya / Tamaso ma jyotir gamaya / Mrtyor mamrtam gamaya (De l'illusion, guide-moi vers l'Essence / Des ténèbres, guide-moi vers la lumière / De la mort, guide-moi vers l'immortalité).

In fine, Gibbs nous délivre un score étrange, relativement éloigné des canons de la SF traditionnelle et ses fanfares héroïques à la Williams / Goldsmith. Une musique qui lorgne plutôt vers le Dune de Graeme Revell ou encore le Solaris de Cliff Martinez. L'heure n'est pas à l'héroïsme mais au deuil et à l'amertume, la place est donc faite aux mélodies planantes et appaisées, aux voix féminines plaintives et orientalisantes ("The Lottery Ticket" et surtout le déchirant "The Storm and The Dead"). Il met en avant des sonorités plus organiques, plus grégaires, plus tribales... ce côté direct et viscéral l'empêche de sombrer dans un New Age niais et fade. Je trouve pourtant cette bande-originale assez austère et difficile d'accès en écoute isolée, hormis une poignée de titres qui se détachent (1, 4, 14, 17, 18, 21). Les parties "action" aux percussions répétitives finissent à la longue par fatiguer, surtout sans les images.


4.2 : Saison 1 (Bear McCreary)

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1. Prologue
2. Main Title (US Version)
3. Helo Chase
4. The Olympic Carrier
5. Helo Rescued
6. A Good Lighter
7. The Thousandth Landing
8. Two Funerals
9. Starbuck Takes on All Eight
10. Forgiven
11. The Card Game
12. Starbuck on the Red Moon
13. Helo in the Warehouse
14. Baltar Speaks with Adama
15. Two Boomers
16. Battlestar Operatica
17. The Dinner Party
18. Battlestar Muzaktica
19. Baltar Panics
20. Boomer Flees
21. Flesh and Bone
22. Battle on the Asteroid
23. Wander My Friends
24. PassAcaglia
25. Kobol’s Last Gleaming
26. Destiny
27. The Shape of Things to Come
28. Bloodshed
29. Re-Cap
30. Main Title (UK Version)


A tout juste 25 ans, Bear McCreary prend la suite de Gibbs sur la première saison de Battlestar Galactica. On est qualitativement au-dessus de la mini-série, même pour la musique où cette fois, il n'y a quasiment aucun déchet. Le jeune compositeur reprend consciencieusement le chemin tracé par son prédécesseur. Dès le "Prologue" est repris le thème de Six, avec cette fois un piano. Il y a deux génériques différents proposés. A l'origine, le "Main Title (UK)" devait être choisi, avec sa voix de femme sur une prière en sanskrit, un texte issu de l'hindouïsme. Or les producteurs ne l'aimaient guère et pour les Etats-Unis, le générique fut remplacé par une adaptation du thème développé dans la deuxième partie de "Two Funerals", joué par un doudouk (hautbois arménien). Cela se produisit seulement pour la diffusion télé de la première saison sur Sci-Fi US. Par la suite le générique UK fut finalement accepté et réintégré pour les éditions DVD. Je soulignerais l'apparition d'un air régulièrement exploité dans la série, et que j'appellerais Thème de la Destinée, entendu brièvement au milieu de "Two Funerals", sur la plage "Destiny" ou encore à partir du deuxième tiers de "Kobol's Last Gleaming". La mélodie est fortement connotée d'un point de vue ethnique, très orientalisante, jouée sur des instruments orientaux à cordes ou par un doudouk.

McCreary introduit le tout nouveau Thème de Boomer après le premier tiers de "Helo Rescued" : un leitmotiv lent et mélancolique de neuf notes, la plupart du temps (et c'est le cas ici) interprété sur un gamelan indonésien (métallophones et gongs de bronze que l'on frappe à l'aide de mailloches). Le choix de ces instruments aux lames métalliques n'est évidemment pas innocent. Cet air régulièrement utilisé dans toute la série deviendra familier. Le thème est également évoqué dans "Boomer flees", relayé ensuite par un doudouk et des percussions. "Two Boomers" y ajoute un riff de guitare électrique saturée, donnant une coloration heavy metal.

Pour le leitmotiv lié aux Adama père et fils (ou thème de la flotte), McCreary choisit d'utiliser des sonorités celtiques, flûtes irlandaises et cornemuse. L'originalité n'est guère de mise, puisque c'est à la mode depuis quelques temps. En revanche ça colle plutôt bien aux images et aux moments que la musique soutient. On y sent la tradition et la sagesse du vieux Bill, transmettant son espoir et sa "flamme" à son fils ("A Good Lighter"). Ça donne également un côté marin à l'ensemble, assez bien vu. L'air est utilisé sur "Wander My Friends", sur lequel est plaqué un chant gaélique. L'épisode dans lequel apparaît le thème, accueille un morceau d'action qui joue également de ces influences celtiques, notamment par l'utilisation d'une cornemuse ("Battle On The Asteroid"). On notera aussi des influences identiques pour les morceaux "The Thousandth Landing" et "Baltar Panics", légers et festifs, utilisant une flûte irlandaise.

D'autres bonnes idées sortent de ce score : les chants gutturaux Tuvan sur "Helo Chase",
"Battlestar Muzaktica" (plage 18) très easy-listening, et surtout le joli et trop rare Thème de Starbuck, développé dans "Forgiven" par un doudouk, ou encore repris par une voix féminine à la fin de "Starbuck On The Red Moon". La très gracieuse mélodie du début de "Kobol's Last Gleaming" et qui se poursuit sur le magnifique "Bloodshed" (joué sur le season finale), voit l'utilisation d'un texte latin qui adapte des versets de textes sacrés des Colonies, psalmodiés par une voix soprano très pure. J'appellerais arbitrairement cet air, Thème du Paradis. "Bloodshed" est réutilisé de manière très vibrante dans l'épisode 2x12, "Resurrection Ship part 2".

Mais le meilleur vient du côté des compositions lorgnant vers le classique. "Battlestar Operatica" est un excellent morceau que l'on croirait sorti d'un opéra (chanté en italien). Un quatuor à cordes se fait entendre sur "The Dinner Party", et enfin le superbe thème de "Passacaglia" et "The Shape Of Things To Come" (la perle qui émerge de ce très bon disque), qui sonne comme du Bach ou du Haydn ! Du grand luxe fait avec élégance et brio.


4.3 : Saison 2 (Bear McCreary)

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1. Colonial Anthem ("Theme from Battlestar Galactica")
2. Baltar’s Dream
3. Escape from the Farm
4. A Promise to Return
5. Allegro
6. Martial Law
7. Standing in the Mud
8. Pegasus
9. Lords of Kobol
10. Something Dark is Coming
11. Scar
12. Epiphanies
13. Roslin and Adama
14. Gina Escapes
15. Dark Unions
16. The Cylon Prisoner
17. Prelude to War
18. Reuniting the Fleet
19. Roslin Confesses
20. One Year Later
21. Worthy of Survival
22. Main Title
23. Black Market


Une fois n'est pas coutûme, c'est la fanfare triomphante de Stu Phillips réarrangée par McCreary qui ouvre le disque. Les puissants taïko, le doudouk, l'orchestre et les synthés rappelleront néanmoins que l'on se trouve dans la version réimaginée de Galactica.

Le jeune compositeur réutilise bien évidemment la thématique développée dans les précédents travaux, avec toutefois une écriture plus mature et, tout comme le show dans cette seconde saison, une coloration plus noire. "Shape of things", le thème baroque à cordes de la saison 1, est décliné dans une version plus sombre sur "Allegro". Cette mélodie exquise et élégante devient ainsi plus trouble, plus inquiétante. Sur le même mode du quatuor à cordes, est introduit un nouveau thème que j'appellerais thème de la promesse ("A Promise to Return"), légèrement plus optimiste (il est question de la promesse de Kara faite à Anders) mais délivrant toutefois une subtile mélancolie. On retrouve le très celtique thème des Adama Père et fils (ou thème de la Flotte), développé dans "Reuniting de Fleet".

Un nouveau thème militaire voit le jour sur "Martial Law", entonné solennellement par des cuivres et accompagné par une lente section de percussions, lourd comme une chape de plomb et annonciateur implacable de la dictature militaire. C'est excellent mais malheureusement trop court.

On retrouve le thème de la Destinée à l'état d'évocation dans "Epiphanies" (qui s'ouvre sur le thème du Paradis) et pleinement développé dans la deuxième plage, "Baltar’s Dream", dans un habillage fortement orientalisant. Influences orientales que l'on croise aussi dans "Standing in the Mud" et surtout le génial "Black Market" (piste 23), mélange réussi de heavy metal (guitares électriques saturées, riffs pentatoniques, solo avec tapping), d'un orchestre et de sonorités orientales. Le mariage m'évoque énormément le "Kashmir" de Led Zeppelin.

Sur "Dark Unions" se dessine le brouillon du thème pleinement présenté dans "Worthy of Survival", la toute dernière pièce musicale de la seconde saison (dernière scène du season finale). Plus triste encore est le nouveau thème lié à Laura Roslin, mourante, développé sur "Roslin and Adama" et fermant "Roslin Confesses". Ce dernier morceau contient un autre thème tout aussi désespéré et sombre, et qui se voit associé (sur la piste 20) à un piano sonnant comme le tic-tac d'une montre symbolisant la fuite du temps. J'aurais tendance à appeler cette mélodie, Thème de l'Ere Gaius Baltar.

"Pegasus" et "Something dark is coming" sont contruits comme des ballades pop-rock bluesy, avec basse et guitares électriques au son clair. Alors que le premier suggère un espoir (même si au moment de son introduction c'est plutôt la surprise qui prédomine tant il sonne étrangement, en cela il remplit parfaitement son rôle), le deuxième (qui souffre un peu de sa durée, trop longue) annonce en revanche comme l'indique son titre, des lendemains qui dé-chantent.
On pourrait classer "Lords of Kobol" dans le même genre, si ce n'est que ce dernier commence avec la seule voix de la chanteuse de jazz Raya Yarbrough, sur des paroles en... Sénégalais. Si le début est très joli, la suite est plus bizarre avec l'arrivée de l'accompagnement musical.

"Prelude to War" est probablement le must de ce score et risque de tourner en boucle sur les platines. Introduit par une rythmique martiale et régulière sur des percussions légères, des cordes en tension contenue (notes piquées, frappées par l'archet et lourdement étouffées par ce dernier) et quelques légères notes de gamelan. Le leitmotiv de Starbuck apparaît ensuite furtivement joué au loin par un doudouk, puis repris avec un léger temps de retard par une flûte. Un gros coup de taïko amorce alors le début de la ligne mélodique principale du thème, exécutée par les cordes. Le thème est frénétique, oppressant, son rythme ternaire évoque la boucle incontrolable, la spirale de la violence. Le morceau se complexifie/diversifie progressivement, mute au gré des relents et des différentes parties. Le doudouk se refait entendre régulièrement en fond avec une contre-mélodie plaintive et les taïko viennent ponctuer les fins de phrases. Ces derniers sont littéralement lâchés lors des breaks, martelés furieusement sur un rythme tribal jouissif. Cette plage représente à mon sens la quintessence du style "Galactica", atteignant rien de moins que l'intensité du "Hyperspace" de The Empire strikes back dans un tout autre style.

Problème récurrent des scores d'une saison complète condensées sur un seul disque, il manque dans cette sélection certains morceaux ("Bloodshed" sans la voix, dans l'épisode 2x12) et des reprises (le solo de piano "Metamorphosis Five" de Philip Glass ou l'extrait de The Deer Hunter). Cependant, il s'agit assurément d'une grande BO qui n'a pas à rougir - loin de là - face aux partitions destinées au cinéma, pouvant sans problème être écoutée de manière isolée. McCreary a su élever la qualité de son écriture, collant à la montée en puissance de la série.


4.4 : Saison 3 (Bear McCreary)

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01. A Distant Sadness
02. Precipice
03. Admiral and Commander
04. Storming New Caprica
05. Refugees Return
06. Wayward Soldier
07. Violence and Variations
08. The Dance
09. Adama Falls
10. Under the Wing
11. Battlestar Sonatica
12. Fight Night
13. Kat's Sacrifice
14. Someone to Trust
15. The Temple of Five
16. Dirty Hands
17. Gentle Execution
18. Mandala in the Clouds
19. Deathbed and Maelstrom
20. Heeding the Call
21. All Along the Watchtower



(A venir)
Last edited by JaimzHatefield on 2 Nov 08, 16:54, edited 1 time in total.
JaimzHatefield
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Post by JaimzHatefield »

V. Composition et éditions DVD :

Battlestar Galactica : Mini-série (2003)

Elle fait office de pilote (180 minutes). La mini-série existe en Zone 2 UK (VO et STA uniquement), en Zone 2 belge et Zone 2 français (VO, VF et sous-titres français).

Battlestar Galactica : Saison 1 (2004-2005)

Treize épisodes. La première saison suit la mini-série et existe en Zone 2 UK (VO et STA seulement). Le Zone 2 FR (VO, VF et sous-titres français) est sorti le 1er août 2006, mais le Zone 1 a l'avantage d'offrir à la fois la Mini-série et la saison 1 (VO seulement, avec je crois des STA), par ailleurs l'équivalent HD-DVD sortira en septembre 2007.

Battlestar Galactica : Saison 2 (2005-2006)

Vingt épisodes. La saison est scindée en deux parties avec un premier coffret "2.0" en Zone 1 (VO et STA), et un deuxième coffret "2.5". Le Zone 2 UK, plus cher, contient la saison complète (VO et STA). Le zone 2 FR est sorti le 12 décembre 2006.

Battlestar Galactica : Saison 3 (2006-2007)

Dix "webisodes" (mini-épisodes promotionnels diffusés sur le net) de transition puis vingt épisodes. L'édition zone 1 devait sortir vers mi-août 2007 (aucune nouvelle depuis), le coffret zone 2 UK est sorti le 3 septembre 2007 et le français est prévu pour le 25 septembre 2007.

Battlestar Galactica : Saison 4 (2007-2009)

Huit webisodes promotionnels, un double épisode spécial (2007) intitulé "Razor", puis vingt épisodes diffusés en deux tranches de dix épisodes sur deux ans (2008-2009).
Après le series finale, un téléfilm flashback viendra clôturer le tout en se focalisant côté Cylon.
Un dernier téléfilm a été commandé : il s'agit du pilote de la future série Caprica, spin-off prequel qui se déroulera quelques décénies plus tôt (le projet n'est pas encore officiellement signé).

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Liens :
Last edited by JaimzHatefield on 2 Nov 08, 17:03, edited 2 times in total.
Le prisonnier
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Post by Le prisonnier »

Woah! Ca c'est de la présentation! Bravo Jaimz!

Le nouveau Galactica, la meilleure série TV de Space Opera de tous les temps? :)

En tous cas, ne pas s'arrêter à la mini-série de 2003, qui effectivement ne fonctionne que comme introduction à la 1ère saison, et qui me semble handicapée par son format de double téléfilm. C'est parfois longuet et un peu lourd à digérer...

La première saison est par contre absolument passionnante, je l'ai dévorée à raison de 2 à 3 épisodes à la suite! Je devais me forcer à m'arrêter! J'attends les DVD avec impatience...

Pas encore découvert la 2ème saison malheureusement.

A regarder absolument en version originale (la VF est pitoyable)
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starfe
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Post by starfe »

et si je peux me permettre, JaimzHatefield, je rajouterai à ton excellente présentation :

La musique de Battlestar Galatica :

Battlestar Galactica : Mini-série : musique de Richard Gibbs + musique additionnelle de Bear McCreary - cd édité par La-La Land Records.

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Battlestar Galactica : Saison 1 : musique de Bear McCreary - cd édité par La-La Land Records.

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Battlestar Galactica : Saison 2 : musique de Bear McCreary - cd édité par La-La Land Records disponible des le 13 juin.

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site de La- La Land Records
site de Bear McCreary
site de Richard Gibbs
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Post by JaimzHatefield »

Le prisonnier wrote:Le nouveau Galactica, la meilleure série TV de Space Opera de tous les temps? :)
Difficile à dire car j'ai beaucoup de lacunes dans le Space Opera, en tout cas cette série est régulièrement plébicitée par la critique et sa popularité s'accroît progressivement. Tu n'es pas au bout de tes surprises, la qualité des épisodes augmente au moins jusqu'au 2x04 (le meilleur épisode), avec avouons-le un léger passage à vide durant un ou deux épisodes (très moyens) mais ça repart aussitôt ensuite pour terminer sur un cliffhanger abominable au 2x10. :D

1x01 : "33"

On retrouve le BSG-75 et les quarante vaisseaux qui l'accompagnent, poursuivis par les cylons qui apparaissent périodiquement toutes les trente-trois minutes. Les humains sont ainsi contraints à des bonds FTL toutes les demi-heures pour échapper à leurs poursuivants, se retrouvant ainsi à bouts de nerfs, exténués. Nous assistons également à l'apparition du compteur macabre de survivants, tenu à jour par la présidente et apparaissant à chaque générique US. Un compteur faisant plutôt office de compte à rebours, à mesure que le nombre de survivants se réduit comme une peau de chagrin au fil des épisodes.

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OK... next crisis ?
Spoiler (cliquez pour afficher)
D'un nombre total de 50 298, on passe directement sous la barre des cinquante mille dès le début de l'épisode à 49 998, à cause d'un compte mal estimé, de disparus et de morts suites aux blessures.

L'escadron de chasse ne se maintient éveillé que parce qu'il tourne aux amphét', tandis que Gaius Baltar fait mentalement l'amour à sa compagne imaginaire entre chaque bond FTL (celle-ci en profite pour lui parler de Dieu et de procréation), dans des songes plus vrais que nature. Lors d'une pause entre deux sauts, le commandant Adama élabore un plan pour embrouiller l'ennemi en divisant la flotte en plusieurs groupes avec des sauts dans des directions différentes. C'est alors qu'un des vaisseaux est porté manquant à la liste après le 238e saut FTL et étrangement cette fois, la flotte peut souffler au-delà de la fenêtre de 33 minutes.

On est étonné de pouvoir suivre parallèlement à l'exode, Helo, qui tente de survivre sur Caprica, traqué par les "toasters". La situation semble assez critique pour lui aussi (fatigué, bientôt à court de médicaments antiradiations et de munitions), il aperçoit Numéro Six au milieu des cylons métalliques et celle-ci se fait abattre par... Sharon "boomer" Valerii, qui dit être revenue sur Caprica pour venir le chercher. L'Olympic Carrier, quant à lui, réapparaît tout à coup parmis la flotte mais Baltar soupçonne un piège cylon (suggéré par Numéro Six) et supplie la présidente de demander l'élimination du vaisseau civil. Apollo aura la lourde tâche d'abattre le vaisseau... il n'y a plus désormais que 47 972 survivants.

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Douce ironie ou optimisme homéopathique, le dernier geste de Laura est d'ajouter un seul et unique survivant supplémentaire (une naissance) à ce compteur qui n'a de cesse de se réduire durant l'épisode, ramenant le nombre à 47 973 survivants...
... symptômatique du ton de Battlestar Galactica, où une note d'espoir se fait parfois entendre dans un océan de noirceur, permettant l'esquisse d'un sourire sur le visage fatigué de la présidente.

Accroché à son fauteuil, c'est la position du spectateur devant cet excellent premier épisode et devant bon nombre de suivants. celui-ci résume bien la malédiction pesant sur ces survivants, condamnés à une fuite perpétuelle, poursuivis sans relâche par un ennemi obstiné. Dans ce jeu où l'on joue sa chemise à chaque fois et où il faut sans cesse tenter de sauver les meubles, la moindre erreur entraîne la mort de centaines, voire de milliers de personnes. Si je vous dis que la qualité des épisodes va aller en s'améliorant à partir de celui-ci jusqu'au début de la saison 2, vous ne me croirez pas. Et pourtant, retrospectivement, il convient de constater le brillant tour de force.
Le prisonnier
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Post by Le prisonnier »

JaimzHatefield wrote:
Le prisonnier wrote:Le nouveau Galactica, la meilleure série TV de Space Opera de tous les temps? :)
Difficile à dire car j'ai beaucoup de lacunes dans le Space Opera, en tout cas cette série est régulièrement plébicitée par la critique et sa popularité s'accroît progressivement.
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kyle reese
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Post by kyle reese »

J'ai seulement vu la mini-série diffusé sur M6 et je dois avoué avoir été plutôt impressionné par le coté sombre et violent de l'entreprise. On est loin du Galactica original plutôt bon enfant surfant sur la vague Star Wars. Les cylons ont évolué ... et ma foi ils ont du gout. (voir la belle créature blonde qui m'a fait pensé à la terminatrix). L'intro est excellente.

Le casting est impeccable et ça m'a fait plaisir de revoir Edward James Olmos. L'idée de départ de l'ancienne technologie basique et ringarde devenant le salut de l'humanité est excellente.

Les sfx sont très réussie, la caméra par contre un peu trop shaké je trouve.

C'était effectivement un peu long par moment mais je suis très curieux de voir la suite. Je vais peut être m'y mettre rapidement n'ayant pas de séries à me mettre sous la dents sur les chaines dont je dispose.

Cette orientation plus sombre de la série n'est-t-elle pas la conséquence des évenements tragique du 11/9 quelque part ?
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JaimzHatefield
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Post by JaimzHatefield »

N'hésistez pas à donner vos impressions sur la série ou vos avis sur un épisode... :D

A propos de la réalisation : les combats spatiaux sont filmés de manière à évoquer une caméra "à l'épaule", avec des cadrages maladroits et des zooms brutaux, semblants être pris sur le vif... le procédé peut en effet rebuter, néanmoins il contribue à apporter un sentiment de réalisme à la série et donne l'impression que les choses sont faites dans la précipitation du moment, pas toujours de manière orthodoxe ou dans les règles de l'art... on suggère par là un sentiment d'insécurité, d'instabilité, et que l'on fait avec les moyens du bord.

Les rythmes et tambours tribaux qui accompagnent les accrochages spatiaux vont en ce sens : les derniers survivants se battent becs et ongles, de manière viscérale. L'organique se confronte, se mêle, répond au synthétique dans un combat entre percussions et synthétiseurs...

Les rêves éveillés du docteur Baltar échappent bien entendu au traitement, à la nervosité de cette mise en images. Sa résidence sur Caprica est reconstituée par les soins de Numéro Six, les choses y sont beaucoup plus élégantes, délicates et sereines, comme un refuge imaginaire, un havre de paix onirique. En revanche les scènes dans les intérieurs de vaisseaux font ressortir le confinement des espaces, l'étroitesse des lieux est suggérée, comme si le caméraman avait des difficultés à se mouvoir dans l'exiguïté des couloirs et des cabines.
kyle reese
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Post by kyle reese »

JaimzHatefield wrote: A propos de la réalisation : les combats spatiaux sont filmés de manière à évoquer une caméra "à l'épaule", avec des cadrages maladroits et des zooms brutaux, semblants être pris sur le vif... le procédé peut en effet rebuter, néanmoins il contribue à apporter un sentiment de réalisme à la série et donne l'impression que les choses sont faites dans la précipitation du moment, pas toujours de manière orthodoxe ou dans les règles de l'art... on suggère par là un sentiment d'insécurité, d'instabilité, et que l'on fait avec les moyens du bord.
J'avais bien compris le but et y adhère mais j''avais trouvé ça un chouia exagéré d'ou un petit coté artificiel alors que c'est l'inverse qui est recherché.
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Ubik
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Post by Ubik »

Que fallait il attendre de Battlestar Gallactica 2005 ? N’en déplaise aux détracteurs de l’original, qui fait aujourd’hui l’objet d’un culte assez surfait, peut être uniquement nostalgique : il n’y avait rien à sauver de cette tentative télévisuelle franchement ratée si ce n’est son pitch, très excitant : l’annihilation totale de la race humaine et la fuite des derniers survivants vers une terre promise et oubliée. Entre le nouveau et l’original, de nombreuses autres tentatives de faire de la science fiction cathodique (orientation Space Opera) quelque chose d’ambitieux, voire un genre reconnu. Alors que, via de nombreux spin off de grande qualité, Star Trek s’offre le luxe de transcender l’original qui fait pourtant encore aujourd’hui à tord sa réputation, il faut croire que l’imaginaire collectif se cantonne toujours à des pyjamas moulants et à une certaine idée du kitch que l’on doit très largement tout autant à Star Trek qu’à Battlestar Gallactica. Lorsque déboule Babylon 5, quelque chose se passe, mais tous les éléments ne sont pas réunis pour fédérer et des lacunes, importantes, subsistent. Star Trek Voyager, mimique terriblement réussie du concept Battlestar, et Deep Space Nine, dont les deux dernières saisons confèrent à l’orgasme, passeront pourtant largement inaperçus, nichés tendrement parmi les fans extrêmes d’un concept dont le grand public ne veut pas. Alors oui, lorsqu’on nous annonce que la chaîne Sci-Fi n’a d’autre idée que de relancer le genre avec une resucée d’une série dépassée, on fait la moue. Limite, on boude. On fait la gueule. D’autant qu’ils avaient déjà essayé de ressusciter cette même série avec Galactica 1980.

Dès les premières images du monstrueux téléfilm qui précède la saison 1, plusieurs choses. Le G alactica, d’abord. Ecoutilles, téléphones filaires, ambiance humide, comprendre : fumée, sueur, crasse, alcool, poker, radio qui grésille. Le Battlestar a des allures de U-Boot, et le cinéaste d’enchaîner les plans séquences à la Petersen lorsque celui-ci prend ses marins en filature dans Das Boot. Caméra épaule, zoom à gogo, même dans l’espace, le procédé est redondant sur la durée, mais persiste et signe. Le traitement est radicalement différent des productions du genre et on ne peut s’empêcher de penser que voilà à quoi aurait du ressembler l’écourté Star Trek Enterprise. Enfin, on notera que les ennemis ont changé de peau : ce sont maintenant des androïdes créés par la main de l’homme, qui reviennent mettre fin aux jours de leurs anciens maîtres et parents. Ce choix, pas insignifiant, offre à la narration un beau flou artistique et permet à la série de brasser large en évitant tout manichéisme. Ainsi, on note, ne serait-ce que parmi les personnages, le soucis de ne jamais céder à la facilité : après la première saison, dieu sait s’il est difficile de revenir sur le totalement retord Gaius Baltard (entres autres). Et les androïdes qui tombent amoureux… Coïncidence amusante, le commandant (impeccable) du Battlestar n’est autre que le Gaff du Blade Runner de Ridley Scott. De manière générale, il y a l’idée de faire peau neuve ; idée elle-même indiquée par cet espèce de passage à la postérité avortée. La série pose d’emblée un tombeau sur le genre qu’elle sert pour mieux le ressusciter (le Battlestar pour musée qui envoie finalement ses reliques pour guerroyer). A défaut de s’imposer comme la seule possibilité, partir d’une série déjà existante pour ce postulat semble alors s’avérer un concept pertinent.

L’entrée digérée, l’espèce humaine détruite, l’antique Battlestar seul protecteur d’une flotte de 50 000 rescapés, la série débute enfin. Et là, nouvelle surprise : orientation clairement dramatique susceptible de plaire au plus grand nombre, choix de mise en scène ouvertement astucieux (les hallucinations psychotiques de Baltard) voire virtuoses (nombreux magnifiques passages chorales sans oublier un final qui ramène au segment de Satoshi Kon sur Memories), séquence d’actions parfaitement calibrées, petites pauses inattendues dans le récit (dont une espèce de vaudeville très décalée), remarquable reconstitution du microcosme sociale, religieux et politique à l’échelle d’une flotte en exil, étonnante transposition du bureau ovale (à l’intérieur d’un « Colonial One ») et cerise sur le gâteau, des séquences de space opera très excitantes. Les fans purs et durs ne sont pas en reste (retour d’un des acteurs de la série originale) ; notamment les joueurs. Impossible de voir les frères Erin et Chris Roberts comme des sources minimes d’inspiration tant les amateurs de Wing Commander seront en terrain conquis : la série leur semble dédiée (du design général des différents décors et chasseurs à certains passages ou termes techniques).

Ces mêmes éléments explosent totalement dans une saison 2 époustouflante malgré un démarrage poussif. La morale ? L’homme est un loup pour l’homme (fabuleux cliffhanger de mi saison). Et on en plaindrait presque les Cylons… Ma série de l’année. Tout simplement. Dantesque.

PS : Et c'est sans aborder la musique, absolument prodigieuse. Tambours japonais à gogo, violon lyrique, du pur bonheur, un vrai travail de composition.
mynameisfedo
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Post by mynameisfedo »

Le prisonnier wrote:
JaimzHatefield wrote:
Difficile à dire car j'ai beaucoup de lacunes dans le Space Opera, en tout cas cette série est régulièrement plébicitée par la critique et sa popularité s'accroît progressivement.
Les Trekkies sont demandés sur ce topic pour nous donner leur avis. :mrgreen:
prochainement! dès que j'aurais visionné au moins le premier épisode.

mais on me parle également de babylon5...
Gege
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Post by Gege »

mynameisfedo wrote:
Le prisonnier wrote:
Les Trekkies sont demandés sur ce topic pour nous donner leur avis. :mrgreen:
prochainement! dès que j'aurais visionné au moins le premier épisode.

mais on me parle également de babylon5...

J'ai un avis qui prendrais sans doute 100 pages alors je vais faire tres tres court :)
Battlestar Galactica est une excellente série, la meilleure du moment sans doute, en tout cas pour moi... dans le genre ... Depuis l'arret de Star Trek et Babylon 5, ca fait tres plaisir de voir une série de SF de cette qualité là... Mais je trouve les univers difficile à comparer... Star Trek et Babylon 5 ont des années d'existance, un univers trés trés dense... C'est loin d'etre le cas pour Galactica... Ca peut etre excellent par la suite, si ca dure encore 1 ou 2 saisons...
Spoiler fin saison 2 :
Spoiler (cliquez pour afficher)
Mais qd on vois la fin de saison 2, on peux se poser la question : ca va où maintenant ? Les saisons 1 et 2 se suivent et se completent, avec des haut et des bas, mais avec cette "fin", pas mal de chose vont etre remise en cause... J'aimais bien la situation d'avant J'espere juste qu'elle sera toujours là apres...
En gros Star Trek reste intouchable car c'est Star Trek, Babylon 5 reste intouchable car c'est ... :) :)
Chaque série à son propre charme, sa propre identité... Perso, Je choisis les 3 (enfin 6..) séries, elles sont à voir... Et pour ceux qui n'ont pas envie d'entrer dans un univers trop compliqué, le pilote de Galactica les mettra dans le bain très rapidement !

Question VO / VF ... Ca depend... c'est comme toute les séries, faut voir par quoi on commence à regarder... J'ai vu Boston Legal (Boston Justice en fr...) en VOSTF, et j'ai écouté la VF... Je suis horrifié tellement c'etait mauvais... Je comprend tout a fait qu'on aime pas la VF de Galactica... J'ai la chance de m'etre fait au 2 versions :)
(au passage, c'est hors sujet, mais c'est une excellente série, Boston Legal... j'adore mais quand j'entend la VF, je me dis que je serais sans doute le seul fan, et c'est trés dommage !
Champion du Up saison 2, 3, 4, 7, 14, 15 et 16.
Champion avec Ikkoku59 saison 12, 24 et avec Love Hina saison 13
Vice-Champion saison 5 et 6
3ème des saisons 18 et 19
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Post by JaimzHatefield »

Je ne peux pas lire ton spoiler, Gégé. Je n'ai pas encore vu la seconde partie de la deuxième saison. :uhuh:
Ubik wrote:...
Bel hommage (même si je ne serais pas aussi sévère envers la série de 1978, pour laquelle j'ai beaucoup d'attachement). Par coïncidence, je regardais l'autre jour la filmo d'Edward J. Olmos, pour me rendre compte qu'il avait justement un rôle dans Blade Runner.

Nous sommes quand même quelques uns à avoir noté une similitude d'ambiance de Battlestar Galactica avec Wing Commander, les nostalgiques des jeux de Chris Roberts en rêvaient tous secrètement. On retrouve la même atmosphère de cabines et de hangars sales... et sans spoiler, il y a même un ton que l'on retrouve, notamment du fait des dilemmes moraux (je me souviens que l'on était poussé à carrément changer de camp pour passer à l'ennemi dans Wing Commander IV, à mesure que nos valeurs morales étaient bafouées... ça aussi c'était fort). L'autre évocation (probablement involontaire ou indirecte, car postérieure à la série de 1978) que j'avais noté était le formidable anime Macross, au scénario très mature pour l'époque et le public, avec toujours cette opposition entre prérogatives civiles et militaires, la question des réfugiés du camp ennemi, l'insertion difficile de ces derniers (avec révoltes), le tout dans une sombre ambiance apocalyptique...

Pour revenir à BSG, notons en outre le très bon article sur Ecran Large (attention aux légers spoilers dans le corps du texte, lors du développement des thématiques).

Depuis quelques temps j'encourage à voir cette série, au risque d'être un peu lourd, mais je pense qu'elle vaut le détour. Pour mémoire, Time Magazine l'avait élue meilleure série en 2005 :
James Poniewozik wrote:-1-
Battlestar Galactica (Sci Fi)


Most of you probably think this entry has got to be a joke. The rest of you have actually watched the show. Adapted from a cheesy '70s Star Wars clone of the same name, Galactica (returning in January) is a ripping sci-fi allegory of the war on terror, complete with religious fundamentalists (here, genocidal robots called Cylons), sleeper cells, civil-liberties crackdowns and even a prisoner-torture scandal. The basic-cable budget sometimes shows in the production, but the writing and performances are first-class, especially Edward James Olmos as the noble but authoritarian commander in charge of saving the last remnants of humanity. Laugh if you want, but this story of enemies within is dead serious, and seriously good.