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Test dvd

The King of Marvin Gardens

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 12 / 6 / 2013

Image

La qualité est au rendez-vous avec ce très beau nouveau titre de la collection Les Introuvables. Le travail de restauration est impeccable et il est servi par un transfert numérique de très bonne tenue. Les contrastes sont bien gérés, aussi bien dans les scènes d'extérieur que dans celles de nuit où les noirs se révèlent profonds et naturels. Les couleurs pourront peut-être paraître ternes à certains mais elles sont fidèles aux intentions de Bob Rafelson et de son chef opérateur Laszlo Kovacs, même si elles auraient pu être un brin poussées. La définition est quant à elle tout à fait satisfaisante, avec des contours nets et un beau piqué d'image qui respecte le grain argentique. Une très belle édition SD donc qui ne peut que nous faire regretter que Wild Side n'ait pas misé sur le Blu-ray, comme l'a fait Criterion qui a sorti le film dans ce format en 2010. La comparaison est en faveur de l'éditeur américain avec un BR qui présente un superbe piqué et des couleurs légèrement plus vives. Mais le travail de Wild Side n'est pas à mettre en cause - la supériorité de la HD sur la SD expliquant la différence de qualité entre ces deux éditions - et l'on ne peut que regretter que l'économie du patrimoine DVD et BR en France ne permette pas aux éditeurs d'offrir tous leurs films en haute définition. On se réjouira malgré tout de voir ce chef-d'oeuvre inédit enfin disponible dans notre contrée et avec une qualité on ne peut plus satisfaisante.

Son

Seule la version originale est ici proposée. Elle est très propre, toujours claire mais par contre assez étouffée, sans relief. Le même défaut se retrouvant dans le Blu-ray Criterion, on peut légitimement penser que c'est la prise de son d'origine qui est à mettre en cause et non un manquement des deux éditeurs.

Suppléments

Bob Rafelson : Confidences d'un cinéaste éclairé (27 min 42 - 2013)
Après une filmographie déroulante du cinéaste, Bob Rafelson apparaît et commence à raconter la genèse du film. Il raconte qu'est d'abord né le personnage de David qui lui vient de son amour pour la radio, le cinéaste ayant animé pendant un temps une émission nocturne où il racontait des histoires à la manière de son personnage. Rafelson pense immédiatement à Bruce Dern - acteur qu'il admire - pour interpréter David. Il rencontre Al Pacino pour le rôle de Jason, mais ce dernier prend « cette décision ridicule d'accepter un rôle dans Le Parrain à la place » ! Jack Nicholson, qui est un proche de Rafelson et de la famille BBS, tombe alors sur le scénario et demande à son ami cinéaste pourquoi il ne joue pas dans le film. Ce dernier lui explique qu'il ne le voit pas dans le rôle de Jason, trop évident pour lui, trop attendu. Nicholson lui propose alors de jouer David et Rafelson est séduit par cette idée, demandant juste à l'acteur s'il se sent capable de jouer tout un film sans « montrer ses dents». Rafelson a donc son casting, son histoire, mais pas encore de scénario. Il prend contact avec Jacob Breckman, un jeune critique de 25 ans dont l'attaque virulente du Lauréat a séduit le cinéaste, qui apporte énormément au film, notamment en enrichissant les personnages de Sally et Jessie. Rafelson évoque ensuite sa jeunesse, ses études, ses rapports conflictuels avec sa famille et notamment avec son frère (un thème qui l'intéresse plus que tout au cinéma), ses goûts en matière de mise en scène (qui sont à trouver du côté de Ford et Ozu) ou encore la façon dont il imagine au fil de longues nuits d'insomnie chaque plan de ses films avant le tournage. Porté par sa faconde, le cinéaste passe ensuite d'un sujet à l'autre : l'influence des Cahiers du Cinéma et de la politique des auteurs, sa rencontre avec Godard qui fait l'ouvreur pour la projection de son premier film, son goût pour les voyages et le travail de Claude Levi-Strauss, l'Afrique... Il clôt ces "confidences" en expliquant qu'il a arrêté le cinéma il y a maintenant dix ans et qu'il n'a pas pour ambition de revenir derrière la caméra. Un bonus intéressant qui permet de faire mieux connaître ce cinéaste rare et de corriger un peu le tir du portrait qu'en fait Peter Biskind dans Le Nouvel Hollywood, le journaliste pointant du doigt en effet sa propension a s'accaparer le travail de ses collaborateurs alors qu'ici il ne cesse de mettre en avant les apports de chacun (les acteurs, son chef opérateur, son co-scénariste) à la création d'un film.

Galerie photos
Sont proposées ici trente-trois photos d'exploitation. Malheureusement donc, pas d'images des coulisses du tournage, ce qui limite l'intérêt de ce bonus.

Bande-annonce
(3 min 28)
Une bande originale très sobre, presque dépouillée, qui retranscrit fidèlement l'atmosphère singulière du film.

Par Olivier Bitoun - le 6 juin 2013