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Test dvd

Léon Morin, prêtre

DVD - Région 2
Studiocanal
Parution : 24 / 1 / 2012

Image

De la série de films de Melville édités en DVD par StudioCanal, Léon Morin, prêtre est de loin le moins bien loti. La copie reste marquée par l'usure, avec de nombreuses griffures et des points blancs qui, s'ils restent dans des proportions acceptables et ne sont pas vraiment gênants au visionnage, font regretter que le film n'ait pas bénéficié d'une restauration correcte. Plus embêtant est le manque de définition. L'image manque cruellement de piqué et donne une impression de flou à l'ensemble. Si l'on ajoute à cela une compression moyenne, du fourmillement numérique, des macro-blocs biens visibles sur les fonds noirs et des contrastes mal gérés avec de nombreux blancs brûlés, on peut conclure que sans être catastrophique - le film demeure visible - une nouvelle édition en haute définition serait grandement bienvenue !

Son

La bande sonore accuse également les années avec un grésillement léger mais sensible tout au long du film. Des effets de souffle et de saturations sont également sensibles, notamment lors des quelques éclats musicaux qui parsèment le film.

Suppléments

Filmographies de Jean-Paul Belmondo, Emmanuelle Riva et Jean-Pierre Melville.

Bande-annonce
(3 min 06). Un film-annonce quelque peu plombé par une voix off insistante.

A propos de Léon Morin, prêtre (14 min 28)
En introduction, le narrateur rappelle en voix off la déception de Jean-Pierre Melville suite à l'échec de Deux hommes dans Manhattan. Le réalisateur en a marre d'être un cinéaste maudit, seulement adulé par une poignée de jeunes cinéphiles, les Godard, Truffaut et consorts qui voient en loin le père de La Nouvelle Vague. C'est ainsi qu'il propose à ses producteurs, Carlo Ponti et Georges de Beauregard, de tourner une adaptation d'un best-seller avec les deux stars de l'année, Emmanuelle Riva et Jean-Paul Belmondo. Après avoir posé la genèse du film, le narrateur explique que si le film se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, il fait également écho à l'actualité, le personnage de Léon Morin n'étant pas sans rappeler la révolution moderniste qui agite alors l'Eglise catholique. Pour parler du rapport du film à la religion, le documentaire interroge le père Frédéric Roder, spécialiste du cinéma au diocèse de Paris. Pour lui, le personnage de Léon Morin est très réaliste, non pas pour 1942 lorsque l'action du film se déroule, mais pour 1961 pendant cette période de bascule du mouvement catholique. Il explique que cette figure de prêtre progressiste incarne cette évolution de l'Eglise depuis la sortie des camps des concentration. Le père Roder s'applique ensuite à étudier le cheminement de Barny et la manière de faire de Léon Morin, trouvant que le cheminement de l'un et les méthodes de l'autre correspondent parfaitement à la réalité d'une conversion religieuse. Un éclairage du film certes orienté - l'aspect Morin "allumeur" est vite évacué - mais très intéressant.

A noter qu'il s'agit de la même édition que celle précédemment parue en avril 2007 chez StudioCanal, avec simplement un nouveau packaging.

Par Olivier Bitoun - le 15 mai 2015