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Test dvd

La trilogie de L'Ile-aux-Coudres

DVD - Région 2
Editions Montparnasse
Parution : 18 / 4 / 2007

Image

Les Editions Montparnasse nous proposent de beaux masters, propres, sans défauts notables si ce n’est des points blancs et de légères griffures. On note des effets de fourmillements assez présents, surtout sur les gros plans de visages et les ciels. Ces défauts de compression sont très sensibles sur Le Règne du jour, très pixellisé par moments. Les contrastes sont satisfaisants, blancs et noirs sont bien équilibrés.

Son

Des pistes sonores mono de très bonne qualité, très audibles, très claires. Rappelons que nous sommes ici à la naissance du cinéma documentaire léger et synchrone et l’on peut constater tout le travail remarquable réalisé par Perrault et son équipe malgré des technologies encore balbutiantes. Les Voitures de l’eau est proposé avec des sous-titres français, seul film à être accompagné de la sorte. Si pour les deux précédents films, l’absence de sous-titres ne permet pas de saisir chacun des mots et des expressions, loin de là même, on regrette finalement un peu la présence de ces sous-titres sur ce dernier long métrage. On se sent moins immergé dans la belle langue des habitants de l’Île-aux-coudres et si l’on comprend désormais tout ce qui se dit, une certaine poésie s’évapore dans le même temps.

Suppléments

Pierre Perrault, homme de la parole, cinéaste du vécu (1999, 39 mn). Entretien inédit avec Pierre Perrault, réalisé par Michel La Veaux l’année de la disparition du cinéaste. Pierre Perrault s’éteint le 24 juin 1999 à Montréal. 29 ans auparavant il déclarait : « Je pouvais devenir grâce aux insulaires de l’Île-aux-coudres mon propre contemporain… jusqu’à Montréal un 24 juin. » Il évoquait alors une manifestation de 1968 où des centaines d’indépendantistes furent arrêtés, mais l’on ne peut s’empêcher d’être saisi par cette phrase prémonitoire (1). Perrault parle ici des rencontres, des hasards qui ont mené sa carrière de cinéaste qui n’est en rien préméditée. Lui qui aime Lorca, Corneille, Camus, se retrouve un jour à être plus ému et transporté par les histoires d’une vieille femme sur son pays que par ces livres fondateurs. Dès lors, il ne cesse de tourner autour de la puissance d’évocation du langage. Une parole claire et généreuse, une envie de partager et une humilité qui caractérisent à merveille Pierre Perrault et son cinéma.
 
Le Beau plaisir (1968, couleur, 15mn). Un film de Pierre Perrault, Bernard Gosselin et Michel Brault sur la pêche au marsouin. Resucée de la technique de pêche utilisée dans Pour la suite du monde.

Biographie de Pierre Perrault.
Par Olivier Bitoun - le 20 juillet 2007