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Test dvd

La Femme au Portrait & La Rue Rouge

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 2 / 12 / 2009

Image

La Femme au portrait

La copie a été nettoyée, et est remarquablement propre. C’est également extrêmement satisfaisant au niveau du contraste (peut-être quelques séquences un peu sombres) et du rendu des textures, malgré un certain grain dans plusieurs scènes. Si point faible il doit y avoir, c’est peut-être au niveau de la stabilité de l’image : celle-ci tremble parfois de manière significative, et plusieurs plans impliquant mouvements de caméra et/ou mouvements de foule font apparaître de légers effets de ghosting ou combing. L’ensemble est toutefois très honnête.

La Rue rouge

Comme nous le mentionnions plus bas, La Rue rouge, tombée dans le domaine public, avait longtemps pâti de la prolifération des copies médiocres. C’est aujourd’hui réparé une seconde fois avec cette édition de très honnête facture, proposée par Wild Side pour son premier coffret Classic Confidential, qui associe La Rue rouge à son film-reflet, La Femme au portrait (pour le test du coffret, voir la page consacrée à ce dernier titre). Comme pour ce dernier titre, on se doit de mentionner pour cette édition de légers défauts de stabilité (tremblements, pixellisations, effet de peigne…) autant que la qualité globale du rendu d’ensemble, notamment dans la propreté ou le contraste.

Son

La Femme au portrait

La version originale, en mono, est plus que convenable, malgré quelques défauts imputables à son ancienneté (le rendu global est un peu sourd, on frôle ponctuellement la saturation sur certains chuintements ou la partition musicale oscille parfois sensiblement). Par comparaison, la version française est en tout cas très inférieure, notamment au niveau de l’équilibre du mixage (la musique est parfois envahissante) - sans parler de la désuétude du style de doublage.

La Rue rouge

Là encore, le film n’est proposé que dans sa version originale mono. Celle-ci est propre et, à défaut d’être parfaite (un rendu un peu sourd, quelques oscillations), ne pâtit d’aucune tare majeure.

Suppléments

Pour ouvrir sa nouvelle collection Classic Confidential, l’éditeur Wild Side a donc décidé de mettre en lumière cet admirable diptyque de Fritz Lang : il s’agit pour La Femme au portrait de la première édition en DVD zone 2 français tandis que La Rue rouge, libre de droits, avait déjà eu l’honneur de plusieurs éditions de factures très inégales (pour le commentaire technique de l’édition de ce titre, voir la page qui lui est déjà consacré). Tout d’abord, il convient de saluer la naissance de cette collection de prestige qui réunit ces deux titres dans un coffret très stylisé ; si les volumes suivants de cette collection sont du même acabit, il s’agira d’une indéniable plus-value esthétique pour une dvdthèque (on déplore juste, outre un titre offrant un jeu de mot un peu minable sur le nom de famille du cinéaste, de devoir glisser les DVD dans une simple pochette à l’intérieur des couvertures)

La singularité majeure de cette collection réside dans l’adjonction au coffret DVD d’un ouvrage inédit de 80 pages signé Jean Ollé-Laprune, Jeux de Lang, sous-titré Fritz Lang à Hollywood. Plutôt que de s’atteler à une énième biographie complète du cinéaste comme il en existe tant (les titres de références sont cités dans la bibliographie finale), l’auteur concentre ses efforts sur la période hollywoodienne de Fritz Lang, et en particulier sur les années périphériques à la réalisation de La Femme au portrait et de La Rue Rouge (sans toutefois oublier le passé allemand, notamment quand il rappelle l’importance du suicide présumé de la première femme de Fritz Lang dans son parcours thématique). En quelque sorte, Jean-Ollé Laprune aborde Lang comme la figure centrale d’une histoire complexe dont ce diptyque serait le nœud, presque comme une enquête criminelle dont ces films seraient les principales pièces à conviction. Point par point, l’auteur recueille donc les indices, crée des ramifications autour de Lang, faisant davantage œuvre d’archiviste (l’ensemble, très factuel, est parsemé d’innombrables anecdotes) que d’analyste. L’ouvrage, au style clair, est par ailleurs richement illustré d’extraits de storyboards, de fac-similés de pages de scénarios, mais aussi et surtout de photos extraites de la BIFI, pour certaines assez étonnantes. Un beau livre d’historien du cinéma.

La Femme au portrait

La partie complément du disque de La Femme au portrait offre en premier lieu une galerie de 91 photos, reprenant en partie celles illustrant l’ouvrage de Jean Ollé-Laprune en les complétant par un certain nombre d’autres images, essentiellement issues des tournages. Est également proposé un comparatif film/storyboard sur une dizaine de séquences. L’idée est intéressante, mais le rendu grossier des dessins ainsi que leur incrustation parfois maladroite ne la mettent pas en valeur. Plus anecdotique, une filmographie (sélective) de Fritz Lang, presque incongrue tant le coffret en lui-même se destine d’emblée, par son exigence éditoriale, aux amateurs du cinéaste. Enfin, outre quelques liens Internet, on retrouve sur la partie CD-ROM, en format pdf, l’intégralité du scénario original (128 pages qui permettent de constater que le titre du roman Once Off guard avait été conservé pour cette version de travail), 13 pages de storyboard ainsi que 2 affiches (dont la française).

La Rue rouge

Ce disque offre également quelques suppléments propres : outre une galerie d’environ 80 photos de tournage et une filmographie sélective de Fritz Lang, le gros morceau se situe sur la partie CD-ROM, qui offre de précieux documents d’archives : on y trouve ainsi des versions pdf du dossier de presse de l’époque (une vingtaine de pages), du scénario original (163 pages annotées par Fritz Lang !), ainsi que 8 pages de notes de tournage du cinéaste et 2 affiches imprimables (française et américaine).

Plutôt qu’une édition rivale de la précédente signée Carlotta, cette édition offre donc une alternative éditoriale intéressante (plus historique qu’analytique) comme un témoignage de la belle émulation qui existe entre deux des meilleurs éditeurs français.

Par Antoine Royer - le 20 décembre 2009