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Test dvd

L'Exorciste

DVD - Région 2
Warner
Parution : 1 / 12 / 1999

Image

Le DVD testé est celui de la première édition zone 2 sorti en décembre 1999. Certes, cela ne date pas d’hier, mais c’est devenu la seule à offrir le film tel que William Friedkin l’a toujours conçu bien que les commentaires de William Peter Blatty soient contradictoires et qu’ils aient valu aux deux principaux intéressés d’être opposés dans une bagarre pour savoir à qui des deux revenaient la paternité de certaines séquences qui en 1973, avaient du être coupées non pour les seules raisons de scénario, mais en partie parce que la technique de l’époque ne permettait pas de les y inclure. Entre temps, en 2001 est sortie la version dite « intégrale » réputée d’après sa jaquette pour être le film « tel qu’on ne l’avait jamais vu » , comprenant 11 minutes de film supplémentaires. De même qu’en 2003 est sortie une nouvelle édition dite cette-fois ci collector toujours chez Warner Video, reprenant le making-of du film. Ici, pas par simple purisme ou par passéisme, mais parce qu’il apparaît au fil des visionnages que la version la plus cohérente, la plus oppressante et la plus équilibrée est celle du DVD de la première mouture dite originale (copie de 1972 montrée aux Etats-Unis le 26 décembre 1973), c‘est le DVD de 1999 qui a été choisi. On parle de révisionnisme en Histoire. Sans coller ce qualificatif à la version 2001 de l’Exorciste, on peut dire après avoir vu les séquences manquantes incriminées et rajoutées à cette édition que le film pâtit davantage des explications en masse et des quelques plans subliminaux rajoutés qu’il ne profite d’une réelle embellie. Certes, le son a été retravaillé, l’image restaurée, mais avec cette séquence stupide du 'Spider Walk' , L’Exorciste perd le charme de la suggestion, remplacée ici par une scène ouvertement gore, à la limite du grotesque et n’apportant strictement rien à l’intrigue. Ou comment confondre effet choc et effet cheap. De même que les plans subliminaux du Malin qui apparaissent à différents moments (dont celui où Chris McNeil répond au téléphone en entrant dans sa cuisine) ne le sont plus du tout puisque repérables, et pire, inoffensifs. La tension tombe, le film en dit alors bien trop. Il n’existe en somme qu’une seule version du film de Friedkin qu’il a d’ailleurs toujours défendue comme étant son director’s cut, celle de 117 min de 1973 et non celle de 127 min de 2001.
Evidemment on se retrouve devant un transfert qui accuse son âge, mais ne vaut-il pas mieux une image granuleuse respectant l’aspect documentaire qu’une copie lisse trahissant un nettoyage numérique trop voyant ? On remarquera quand même que la colorimétrie ne s’en tire pas si mal (les couleurs rouges et oranges du ciel dans le préambule en Irak) tout en montrant ses faiblesses dans la même scène (la poussière souffre d’une compression très visible qui transforme le plan montrant Max Von Sydow face à la statue de pierre en un « nuage » illisible). Le reste du long-métrage est partagé entre quelques rayures et tâches, un grain prononcé, mais une tenue générale des couleurs agréable sans être renversante. Les scènes d’obscurité à la toute fin du film restent quand même très regardables. Une copie restaurée en 1999 et qui propose même un transfert 16/9 qui sauve les meubles.

Son

Oubliez tout de suite (à moins que vous ne soyez un grand nostalgique de la VF) la piste française, tant son doublage a vieilli et les voix du Démon pénibles à entendre plus de deux minutes quand Regan est possédée. La piste souffre d’une dynamique quasi inexistante. Une piste étouffée, molle. La piste en italien est strictement identique, seule la musicalité de la langue change. La piste 5.1 anglaise se défend comme elle peu mais l’ambiance se focalise surtout sur les avants. La musique claire ne profite donc pas de ce mixage qui n’offre cependant aucune saturation. Il faut par contre monter le volume pour avoir un semblant d’ambiance. On est loin du 5.1 et du 6.1 Dolby EX de la version collector, mais à la base le mixage en Dolby Stéréo du film est ici retranscrit sans trahison.

Suppléments

Menu fixe et désespérément muet. Vignettes des chapitres itou. On ne peut pas dire que ce soit la fête. L’interactivité est inexistante, si ce n’est la présentation du film par Friedkin lui-même qui nous invite à pousser le son au maximum et à le regarder dans le noir. Zéro bonus, même pas une simple bande-annonce.

Par Jordan White - le 15 octobre 2004