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Test dvd

L'Aventurier du Texas

DVD - Région 2
Sidonis / Calysta
Parution : 19 / 10 / 2017

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Après être sortis dans un très beau coffret zone 1, il fallait bien que ces chefs-d’œuvre de la collaboration entre Budd Boetticher et Randolph Scott arrivent également un jour chez nous et c'est ce qu'avait heureusement décidé de faire Sidonis voici plusieurs années pour le plus grand plaisir des westernophiles possédant un lecteur non dézoné. Concernant L'Aventurier du Texas, les copies d'origine s'avèrent identiques, la colorimétrie est la même ainsi que les quelques défauts de pellicule. Dommage alors que la compression du DVD Sidonis soit cette fois encore moins convaincante : le fourmillement intempestif du zone 1 n'est certes plus de la partie mais l'ensemble paraît moins net, les séquences avec travellings et panoramiques pâtissant de ce travail de numérisation assez moyen qui fait même apparaitre bien trop d'effets de peigne, bien plus que dans les autres DVD de cette collection Sidonis / Boetticher. Rien de nécessairement rédhibitoire en l'état - sauf pour ceux biberonnés à la HD pour lesquels cela ne passera surement pas - mais on avouera néanmoins notre petite préférence pour le DVD américain tout en rêvant que cette pépite ait un jour droit à un master digne de ce nom.

Son

Deux versions sont disponibles : une version française d'origine, plutôt correcte même si assez lointaine et pas franchement dynamique, ainsi qu'une version originale qui ne souffre d’aucuns gros défauts apparents : assez claire, plutôt précise et sans trace de souffle (ou si peu), elle nous restitue voix, bruits de fond et musique d'assez belle manière. Une fois n'est pas coutume, il est à signaler que l'on peut passer d'une langue à l'autre à la volée et que les sous-titres sont débrayables ; une aubaine pour les anglophiles !

Suppléments

Un joli programme de suppléments pour le DVD de ce western jubilatoire, à commencer par les trailers des cinq westerns de la collaboration Budd Boetticher / Randolph Scott sortis fin 2010 chez l'éditeur. Des bandes-annonces de qualité inégale, celles ayant le moins souffert des vicissitudes de l'âge concernent les deux films en Cinémascope, celles de Decision at Sundown et de L'Homme de l'Arizona s'avérant plus que médiocres. Nous avons aussi droit à les présentations du film par Patrick Brion et Bertrand Tavernier, ce dernier ayant profité de cet entretien pour nous parler plus globalement de l'œuvre du réalisateur, l'éditeur ayant tout simplement décidé de scinder son intervention pour en faire deux modules différents. Dans le premier, Bertrand Tavernier nous présente le film en seulement 12 minutes, bien moins prolixe qu'à l'habitude. Il faut dire qu'il avoue avoir moins bien apprécié le film qu'à sa découverte et qu'il le minimise désormais. Même si plus mineur, plus désinvolte et moins rigoureux que les autres précédents films du cycle, il le trouve néanmoins réjouissant sur bien des points et notamment en ce qui concerne les comédies dont surtout Peter Whitney. "Une sorte de pochade, de film de vacances décontracté au scénario plus conventionnel et dont le traitement est plus original que l'intrigue." Seulement 5 courtes minutes pour Patrick Brion qui n'aborde ici que la pure intrigue et qui comme Bertand Tavernier s'appesantit sur l'une de ses séquences préférées par l'intermédiaire de citations du cinéaste lui-même, celle de l'oraison funèbre dite par L.Q. Jones. Il semble avoir beaucoup apprécié le film - et particulièrement Craig Stevens -  même s'il ne s'étale pas longuement dessus.

Dans sa présentation du cinéaste en 23 min 32, Bertrand Tavernier sera bien plus extatique, parlant plus du réalisateur, de ses rencontres avec lui et de ses divers corpus que de ses films. Il ne tarit pas non plus d'éloges sur Burt Kennedy, le scénariste fétiche de Boetticher, et revient avec humour sur Harry Joe Brown, pochtron sympathique, ainsi que sur le fait que Boetticher bénéficiait d'une liberté artistique totale. Ce bonus complète parfaitement sa présentation du film.

Par Erick Maurel - le 17 février 2018