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Test dvd

L'Argent

DVD - Région 2
Carlotta
Parution : 24 / 4 / 2008

Image

Carlotta gâte les amoureux du film de Marcel L’herbier car tout ici est remarquable, de la qualité de la restauration au packaging (magnifique fourreau lenticulaire recouvrant un double DVD en boitier Amaray), en passant par la délicatesse et la sobriété de l’interactivité et la qualité des suppléments sans oublier un portfolio de 32 pages sur papier glacé contenant 29 photos et une affiche et qui devrait finir de combler les fans. Mais voyons tout ceci plus en détail. Une chose est certaine : Carlotta demeure une valeur sure !N’oublions tout d’abord pas qu’il s’agit d’un film de 1928 et que les nombreuses scories dues à l’âge de la pellicule n’ont pas toutes pu être nettoyées. Cela dit, la restauration effectuée par les Archives Françaises du film est assez étonnante et nous offre un confort de visionnage tout à fait remarquable pour une œuvre de cette époque, d’autant plus que Carlotta nous offre un DVD qui ne souffre d’aucun problème de compression. La définition aurait certainement pu être encore améliorée mais là nous commençons à chipoter. Et puis il faut savoir que la plupart des floutés de l’image sont voulus par le réalisateur.

Son

Les deux pistes sonores proposées, assez identiques car uniquement au piano seul, l’une en Dolby Digital 5.0, l’autre en stéréo, n’ont pas grand-chose à se faire reprocher. Encore une fois, du très bon travail.

Suppléments

Présentation par Jean-François Zygel (4/3 - 2'45) : Jean-François Zygel, pianiste, compositeur et professeur d'écriture et d'improvisation, auteur de l'accompagnement musical du film, nous le présente brièvement. Homme éminemment sympathique et toujours passionnant à écouter, son introduction nous met l’eau à la bouche.

Autour de "L'Argent" (1928 - 40'00 ) : Marcel L’Herbier demande à un jeune cinéaste de 20 ans de filmer le tournage de son film et c’est un nommé Jean Dréville, alors simple photographe amateur, qui s’en acquitte. Ancêtre du making of, ce moyen métrage est de nos jours presque aussi connu que le long métrage de l’Herbier. Mais il s’agit avant tout d’un essai cinématographique, le tout jeune Dréville s’amusant alors comme un fou avec sa petite caméra et s’émerveillant d’un rien, nous délivrant au final un journal de tournage original, aussi fiévreux que L’Argent mais évidemment fiévreux d’enthousiasme. Il fut d’ailleurs sous titré : "Indiscrétions cinégraphiques commises en cours de réalisation par Jean Dréville." Sonorisé en 1971, Jean Dréville lui-même en assure le commentaire avec une belle lucidité sur son propre travail pour lequel il révèle les flagrants défauts de jeunesse, se regardant parfois un peu trop filmer comme lors de cette séquence où il s’essaie à expérimenter le montage "cut", voulant ainsi plagier certaines scènes du film de son aîné. En tout cas, il est passionnant de voir un témoignage historique aussi précieux sur un tournage au temps du muet ; cette flânerie sur un immense plateau de cinéma au cours de laquelle le "promeneur" est ébloui par tous les décors, toutes les techniques de mise en scène et s’extasiant même devant l’énergie déployée par les techniciens au travail, se révèle vite assez grisante. On y voit Marcel L’herbier diriger ses acteurs, les fameuses inventions grâce auxquelles on peut admirer les mouvements de caméra virtuoses ayant lieu durant le film… Indispensable !

Marcel L'Herbier, poète de l'art silencieux (54'07) : Un documentaire très intéressant de Laurent Veray, enseignant et président de l’AFRHC, consacré au réalisateur de L’Argent au cours duquel on peut même voir ce dernier, à la fin de sa vie, parler assez longuement lors d’un entretien qui eut lieu en 1969. Mis en scène comme une enquête au cours de laquelle le comédien Frédéric Pierrot se rend à Bois D’Arcy rencontrer Jean-Louis Cot, responsable et spécialiste de l'œuvre du cinéaste au sein des Archives françaises du film, ce documentaire nous permet de voir et d’entendre aussi la fille du réalisateur, Marie-Ange L'Herbier, des historiens du cinéma tels François Albera, Christophe Gauthier, Noël Burch, Dimitri Vezyroglou et Alain Carou. Illustré par des extraits de films et des images d'archives, il est une véritable plongée dans l’univers et les thèmes du cinéaste français sophistiqué. Jamais ennuyeux, bien documenté et plaisamment mis en scène, encore un supplément de grande qualité.

L'arrivée à Paris de Brigitte Helm pour le tournage de "L'Argent" (1'09) : Images d’archives muettes filmées par Jean Dréville.

Essais des acteurs (17'05) : Nous pouvons voir des bouts d’essais de huit d'entre eux devant les caméras du cinéaste, dont ceux de Pierre Alcover, Yvette Guilbert, Jules Berry, et de certains autres comédiens non retenus.

L'accompagnement musical (7'18) : L’homme passionnant qu’est Jean-François Zygel nous régale pendant sept trop courtes minutes en évoquant l’histoire de l’accompagnement musical des films muets, et comment il le conçoit aujourd’hui tout en nous donnant des exemples concrets et improvisés. On aurait aimé l’écouter des heures durant...

Scène de la Bourse avec et sans bruitages d'époque
(3'35) : Deux bandes-son différentes utilisées, selon le cas, pour la séquence centrale du film, celle du montage alterné entre le décollage de l’avion d’Hamelin et la frénésie qui s’empare de la Bourse.

Par Erick Maurel - le 4 avril 2008