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Test dvd

Hôtel Terminus

DVD - Région 2
L'Atelier d'images
Parution : 3 / 5 / 2016

Image

Le film mêlant différents registres d'images (interviews réalisées par Ophüls et ses collaborateurs en 35mm, images d'archives, passages d'émissions télévisées...), la qualité variable est inhérente aux différents supports sources et on n'évoquera ici que le matériel tourné par Ophüls. Même séparé sur deux disques, le film montre quelques soucis de compression avec la présence de grain numérique et quelques artefacts visibles sur les fonds sombres. Rien cependant qui ne vienne perturber le visionnage du film. La copie en elle-même est propre et on ne note que quelques rares et courts passages présentant des griffures verticales, des défauts essentiellement regroupés dans la deuxième partie du film.

Son

La bande sonore est très claire, propre, sans défaut notable. Le film mêle français, anglais, allemand et espagnol et les témoignages recueillis dans ces trois dernières langues sont proposés avec des sous-titres non amovibles depuis le menu (un lecteur d'ordinateur permet par contre de les retirer). A noter que ce sous-titrage est peu élégant mais est bien visible sans être trop envahissant.

Suppléments

Le Procès de Klaus Barbie - Entretien avec Isabelle Davion (19 min 13)
Maître de conférence à l'Université Paris-Panthéon Sorbonne, Isabelle Davion revient en détail sur le procès de Klaus Barbie. Elle souligne en préalable l'importance de Beate et Serge Klarsfeld qui les premiers ont agité l'opinion publique et ainsi permis de lever les protections dont bénéficiait le criminel de guerre et, ce faisant, de conduire in fine à son arrestation. Elle détaille le long processus conduisant enfin au jugement de Barbie : la première demande d'extradition demandée par la France en 1972 à la Bolivie, alors dirigée par une dictature militaire qui n'y donne aucune suite ; le passage à un gouvernement socialiste qui permet de débloquer la situation ; la reconstruction de l'itinéraire de Barbie et de son implication durant l'Occupation... Elle explique également les étapes progressives des procès des criminels de guerre, du souci en France de très vite tourner la page et de mettre en avant la résistance au tournant provoqué par le procès d'Eichmann. Elle termine enfin sur le procès en lui-même, évoquant la défense qui déstabilise les témoins et présente Barbie comme un simple exécutant ou encore la différence juridique entre crime de guerre et crime contre l'humanité, que l'accusation parvient à faire coïncider afin d'obtenir sa condamnation. Un éclairage historique très instructif, clair et synthétique.

Et je ne résiste pas au plaisir, bien qu'il n'ait rien à voir avec cette édition et le film qui nous occupe, de glisser le trailer de Des vérités désagréables, projet encore non abouti de Marcel Ophüls... une rencontre au sommet entre deux cinéastes !

Par Olivier Bitoun - le 9 mai 2016