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Test dvd

Hamburger film sandwich

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 1 / 2 / 2006

Image

Une image qui en général accuse quelques tâches et griffures mais rien de bien grave. L’aspect granuleux de quelques séquences dont celle du journal télévisé est en l’état normal et rien d’inquiétant à voir une définition et une compression aléatoires, car cela est voulu, le réalisateur l’ayant mis en scène les derniers jours de tournage. Au contraire de cette image télévisuelle le segment Fistfull of yen bénéficie d’un tout autre traitement de faveur, si bien qu’on a parfois l’impression de se retrouver devant un film ayant été tourné hier : couleurs pimpantes, contrastes toniques et noirs profonds finissent de rendre probant un travail de restauration qu’on aurait tort de ne pas saluer.

Son

Un mono d’origine tout ce qu’il y a de correct. La musique étant discrète c’est surtout les dialogues qui sont mis en avant et ils restent la plupart du temps très audibles. La VF comme la VO se valent avec une légère préférence pour cette dernière, un peu plus dynamique. La question du doublage doit cependant être abordée sans plus attendre. Et à ce niveau là il existe des différences radicales, qui ne dépendent pas uniquement de l’intonation des voix mais de la traduction elle-même. Ainsi, on sera surpris pour ne pas dire choqué par quelques libertés artistiques entreprises selon toute vraisemblance pendant le doublage en studio.
Trois exemples frappants : Quand un des prisonniers est sommé de rejoindre Detroit, dans la VF cette ville est remplacée par Étretat ("Oh non pitié, pas Etretat!, pas Étretat !", dit-il). Dans le sketch Catholic Highschool Girls in Trouble, un des types couche avec une femme mûre et s’aperçoit de la supercherie. Elle dit à la caméra : "A chaque fois on me confond avec ma fille". Dans la VF, cela donne : "A chaque fois on me confond avec mon fils !". Cela n’a alors plus du tout le même sens ! De même dans le journal télévisé, l’astrologue à la fin annonce : "Si vous êtes Gémeaux comme moi attendez-vous à l’inattendu". Or dans la VF, cela a été remplacé par : "Si vous êtes Capricorne, attendez-vous à l’inattendu". Plus surréaliste encore, la fin de Courtroom qui se traduit en VO par "Le commentateur fut emprisonné pour une durée de 20 ans", alors qu’en VF on parle de "Le commentateur fut condamné à faire du vélo pendant vingt ans sans selle". Bref, aberrations littérales, approximations de traduction ou volonté d’adapter à sa sauce le matériel d’origine ? Toujours est-il que le film en VF possède un degré d’exagération dans le doublage qui rend le film encore plus cabotin. On pense parfois au panard qu’on du prendre les doubleurs pour certaines séquences, et d’ailleurs cela se sent quand on écoute le personnage de Loo dire "Monsieur Peine-à-jouir" au lieu de monsieur Pennington. La VO possède une plus grande logique de ton. Le film est à voir dans les deux langues même si on lui préférera la version originale.

Suppléments

Bel effort de design avec de plus des menus sonorisés - même si la musique finit par taper sur les nerfs. Avant de parler plus en profondeur des suppléments de cette édition deux DVD, il faut parler de la tonalité générale des menus et de la façon dont ceux-ci sont présentés. Il faut s’attendre à un humour potache, qui peut ne pas plaire à tout le monde, même si on suppute que les gens sont ouverts d’esprit pour laisser passer quelques blagues qui hors contexte seraient tout simplement débiles. Sur le premier DVD on trouve le film et quelques petits suppléments, dont :

Un apéritif, mise en bouche avant de démarrer. Une petite introduction par John Landis hilare et très souriant qui s’y reprend à six ou sept reprises avant de présenter de façon correcte le film. Jim Abrahams y va aussi de son petit mot.

Le commentaire audio de John Landis, Jim Abrahams, David et Jerry Zucker et Bob Wise. Malgré la cacophonie de l’entreprise (tout le monde parle en même temps !), le commentaire audio reste un petit régal, puisque les intervenants montrent un sens de l’humour et du second degré qui sied à merveille à l’exercice. C’est bien simple : les anecdotes pleuvent et il faut tendre parfois l’oreille pour ne rien perdre tant cela va vite. Entre les souvenirs des uns et des autres, les petites blagues, les explications à propos de diverses scènes, il n’y a pas de temps mort ou presque. On apprend beaucoup de choses sur le tournage, il serait donc fastidieux de rapporter par écrit ce qui est commenté, tant il y aurait à dire, le commentaire se révélant aussi riche que le film lui-même. Quelques anecdotes à relever : David Letterman était pressenti pour le rôle d’ouverture (sketch Argon), mais il déclina l’offre. C’est le directeur de casting du film qui joue le rôle de Ron Butler. La plupart des acteurs qui jouent étaient déjà des acteurs sur scène avec le Kentucky Fried Theater. On apprend qu’une bonne partie de la famille et des amis du réalisateur et des scénaristes sont dans Hamburger Film Sandwich. L’acteur qui joue Claude Lamont a un petit rôle dans le Shining de Kubrick. Autres anecdotes : les producteurs avaient peur que les bougies ne tombent et foutent en l’air le décor dans le sketch des deux amants après le dîner aux chandelles. Le moindre centime devait être économisé et lorsque l’acteur casse la moitié du décor,on suppose que les producteurs devaient grincer d’autant plus des dents. Le dinosaure est issu d’un stock shot du film Le Monde Perdu de Irwin Allen. Plus tard la scène du nunchaku a été censurée en Angleterre, la représentation de cette arme étant interdite. Un autre titre a été envisagé, celui de Free Pop Corn. Il y a encore bien d’autres informations que vous êtes libres de découvrir par vous-mêmes. De très loin, LE supplément de ce premier disque, voire de l’édition tout court.

Un lien internet, permettant d’accéder au site de Wild Side Video entre autres.

DISQUE 2

L’autre partie des suppléments se trouve sur le deuxième disque. On y trouve :

Autour du film - Plein Ecran - 0'30" : Animation en 3D. Un morceau de poulet volant tourne autour du DVD de Hamburger Film Sandwich.

Bande-annonce - Plein Ecran - VOSTF - 2'17" : Une BA à l’humour grinçant qui montre un Samuel L Bronkowitz, producteur émérite et d’un certain âge assis dans un fauteuil présenter le film en le qualifiant "de plus grand de tous les temps". Il le présente en lisant un prompteur.

Club Sandwich - Plein écran - 28’58 : L’histoire du film en six chapitres. Rélisateur et scénaristes du film reviennent d’abord sur sa genèse. Il était question au départ de troupe qui présentait un spectacle sur Pico Boulevard en 1972 à Los Angeles. Il fut question par la suite de l’adapter pour le cinéma. David Zucker a invité John Landis et lui a demandé de monter un film promotionnel qui a fait un fiasco. Pour des problèmes de financements, c’est au final vers un ami propriétaire du Nu Art Theater, qu’il se tourne, Kim Jorgenson. Tourné en grande partie à Pasadena, il n’a pu disposer que d’un seul décor. Aucun des membres ne savait ce qu’était un plateau, c’était une expérience nouvelle. John Landis donne son appréciation du film et avoue adorer le segment Fistfull of yen en grande partie parce qu’il est lui-même fan de kung fu et qu’il admire Bruce Lee. A cette occasion il devient même émouvant quand il aborde la question en disant qu’il reste à ses yeux le meilleur. Jim Abrahams avoue ne pas aimer le segment sur l’assassinat de John Kennedy, tandis que son frère explique son "amour" pour le sketch de l’oxyde de zinc. Dans les dernières secondes, John Landis raconte une anecdote, en parlant de Cleopatra Schwartz. L’actrice qui l’interprète était avec son fiancé, et à un moment il crût qu’il y allait avoir un film Cleopatra Schwartz ce qui n’eut bien entendu pas lieu. Il se lance même dans une blague très marrante pour conclure son intervention.

Photos de tournage : Sans doute la partie la plus à même de fournir de belles infos mais aussi la plus frustrante par son manque d’interactivité. Trois galeries proposées, lesquelles affichent des photos pour la plupart en noir et blanc malheureusement, les derniers clichés étant en couleur. La galerie 1 reprend dans l’ordre chronologique les premières photos de plateaux. La Galerie 2 continue dans l’ordre chronologique et est axée en priorité sur le segment Fistfull of Yen. La Galerie 3 enfin concerne les dernières séquences. A chaque fois une voix-off rejoue en VF les scènes. Premier constat : il est impossible de faire une pause, de passer d’une photo à une autre comme bon nous semble. La lecture aléatoire n’est donc pas possible. D’autant plus rageant quand on voit que certains clichés sont très réussis mais qu’on est obligé de tout revoir pour les consulter. Second constat : les clichés ne sont pas très originaux et il n’occupent pas tout l’écran. Dommage.

En cliquant sur Toilette, on trouve un court extrait qui est en fait un plan de Catholic Highschool Girls in trouble. On peut aussi tomber sur un extrait vidéo, qui est un sketch de 10 secondes. En cliquant sur Casting, on tombe sur une galerie de photos animées ‘coquines’ de poupées prenant aux pieds de la lettre les principes du Kama-Sutra.

Un Making-of - Plein écran - VOSTF- 18'45" : Documentaire réalisé en 8mm par David et Jerry Zucker. L’image est abîmée et le son très moyen, mais on y voit les principaux intéressés au quotidien sur le plateau. Cela nous permet de voir John Landis au travail, dirigeant ses comédiens tandis que Bob Weiss veille dans son studio. Un document brut qui reste fascinant par sa capacité à montrer l’envers du décor (équipe technique, utilisation des décors, répétitions, repérages des scènes). Un des rares documents disponibles qui révèle un grand intérêt pour quiconque s’intéresse à la mise en scène. A noter à un moment le décrochage de l’image qui donne un cachet amateur au tout.

L’interactivité continue avec une option Choisir la sauce qui ouvre la porte à deux sections.

Section Ketchup :

Loin du film - Même principe que autour du film. On reprend les images de la bande-annonce présentées par Bronkowitz mais dans une fenêtre minuscule.

Ultimate making-of - 4'30" : Plans fixes sur la fabrication en usine des DVD du film. A la fin, une phrase demande : "Vous n’avez rien d’autre d’intéressant à faire ?"

Un petit bonus, frite : en cliquant on regarde un rush de quelques secondes d’un sketch

Une scène coupée d’un autre film : 0’22. Petit film tourné en vidéo qui montre un poisson rouge broyé dans un mixeur.

Publicité : 0'30" -Pub détournée dans laquelle on voit un hamburger dans le DVD du film servir de conditionnement.

Parodies : Trois parodies se voulant drôles donc essayant de reprendre l’esprit des ZAZ et de Hamburger Film Sandwich. Il est d’usage de souligner qu’il n’y a rien de pire qu’un sketch comique n’étant pas drôle. Exit donc la spontanéité des sketchs des ZAZ, on se retrouve devant de petits sketchs tourné en caméscope, donc qui en soit ne sont pas désagréables, mais qui vont d’un point A à un point B, en d’autres mots très prévisibles voire déjà-vu.

Le Biznessman : 0'40". Un biznessman raconte sa vision du métier tout en se lavant les cheveux dans la cuvette des toilettes grâce à son Harbic Gel Douche.

J’ai peur crêpeur : 4'40". Après un début intéressant, le sketch est une énième parodie de l’univers de M Night Shyamalan, orthographié ici M Night Chien malade (sic), avec dans le rôle principal une crêpe tueuse sur un visage qui transforme le personnage en serial killer.

Fishing Nemo : 6' - Sketch sympathique même si reprenant un univers déjà crée de toutes pièces. On y voit le personnage du poisson devenir l’ingrédient d’un bien étrange hamburger.

Section mayonnaise :

Gros plan sur le film : gros plan sur le film donc.

Kad et Olivier - Plein écran - 13' : Les deux célèbres comiques français qui officiaient un temps dans La Grosse émission sur Comédie ! sont accompagnés du réalisateur de Mais qui a tué Pamela Rose et parlent du film dont on leur montre quelques scènes. Ils évoquent l’influence qu‘il a eu, évoquent leur façon d’aborder l’humour et les limites qu’ils s’imposent eux-mêmes, tout en révélant leur position sur la question de la chute, bête noire de l’humoriste au moment de l’écriture. Intéressant bien que trop court.

Scène commentée : commentaire audio de Steven, responsable des effets spéciaux, qui s’exprime en allemand sur la scène d’infiltration de Loo dans le segment parodiant le film de kung fu.

Une recette de l’hamburger, avec des ingrédients quelque peu explosifs et une façon plus conventionnelle de les préparer.

Enfin une section DVD rom qui propose des affiches du film imprimables en haute définition.

Cette très belle édition collector d’un film assez méconnu encore de nos jours d’un des plus grand trio de l’histoire de la comédie permet donc de découvrir et redécouvrir à foison ce film à sketch aussi drôle qu’original. Il reste cependant que malgré les efforts de design et d’interactivité, certains bonus auraient pu être encore étoffés davantage et surtout plus intuitifs.

Par Jordan White - le 23 mars 2004