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Test dvd

Duel

DVD - Région 1
Universal Pictures Video
Parution : 17 / 8 / 2004

Image

L’image du DVD rend parfaitement justice au film de Steven Spielberg. C’est bien simple : on n’a jamais vu Duel dans de telles conditions ! La copie a été nettoyée de quasiment toutes les scories et l’image a été légèrement lissée sans toutefois nuire au grain d’origine, ce qui est fort appréciable. Les couleurs sont idéalement saturées (peut-être observera-t-on une légère dominante chaude, mais elle a toujours existé), la voiture rouge ne s’est jamais autant détachée du décor, conformément aux volontés du réalisateur, et le bleu du ciel est un enchantement. Le contraste et la luminosité sont parfaitement gérés, ainsi que la définition. Certains plans sont vraiment magnifiques. La compression, quant à elle, est également de qualité, même si on peut apercevoir quelques légers fourmillements dans les arrière-plans en début de film.

Son

La crainte de se retrouver avec un remixage complètement artificiel s’évapore dès la touche Play enfoncée. Et c’est une heureuse surprise ! Le travail sur les six canaux est non seulement respectueux de la bande son, mais il a également été fait de manière intelligente. La scène frontale sonne vraiment juste, les enceintes surround sont utilisées parcimonieusement, principalement pour l’ambiance, mais savent se faire entendre lors des scènes d’action. Le rendu est réaliste et impressionnant. Les versions Dolby Digital et DTS rivalisent plus ou moins. Le DTS offre plus de dynamique, cependant on notera que cette piste est proposée avec un niveau sonore supérieur.

Suppléments

Universal n’a pas vraiment fourni d’efforts pour soigner la présentation et l’esthétique de ses menus. Comme si Duel était un film de seconde zone destiné à être vendu au rabais ! Le choix même de la jaquette se révèle décevant quand on songe aux nombreuses affiches originales crées de par le monde. Les menus sont fixes et muets.Tous les suppléments sont en anglais non sous-titré.

Les suppléments comportent :

- Le chapitrage fixe et muet : 20 vignettes réparties sur 5 pages

- A conversation with Steven Spielberg (35’40’’) : un entretien avec le réalisateur qui revient abondamment et avec enthousiasme sur Duel. Il s’agit de la première partie du documentaire conçu par l’inévitable et talentueux Laurent Bouzereau. Le cinéaste revient sur l’historique du téléfilm : son engagement par le producteur George Eckstein après que celui-ci ait vu le montage de l’épisode de Columbo, son admiration pour le travail de Richard Matheson au cinéma et à la télévision, le choix heureux de Dennis Weaver pour jouer David Mann, dont il appréciait beaucoup la performance dans La soif du mal de Orson Welles. Spielberg revient également sur les conditions du tournage : le choix du camion, l’obligation de tourner en 10 jours et son insistance pour filmer le tout en extérieurs pour plus de crédibilité, sa stratégie de tourner à plusieurs caméras, sa préparation minutieuse (il a dessiné la totalité du parcours du film sur une énorme carte). Le réalisateur poursuit avec des indications techniques, comme son idée ingénieuse de jouer avec les reliefs des décors et les objectifs adéquats pour donner encore plus de vitesse aux déplacements des véhicules. Les cascades sont également évoquées dont celle, dangereuse, effectué par l’acteur principal. On apprend aussi que cinq monteurs furent employés (de même que Spielberg n’eut point le temps de voir les rushes au jour le jour), l’un d’eux ayant droit à un hommage particulier de sa part pour avoir donné une intensité particulière à une scène. Spielberg termine enfin par le travail du son et le travail quasi expérimental du compositeur Billy Goldenberg, puis évoque le succès aux USA et à l’étranger ainsi que les scènes rajoutées. Nous sommes donc en présence d’un documentaire riche en anecdotes et en analyses faites par le principal intéressé qui conclut son entretien par une idée forte : sa foi dans le cinéma et son sérieux dans l’approche des films de genre. Voilà de quoi méditer quand on observe le cynisme qui envahit bien trop souvent les productions contemporaines.

- Steven Spielberg and the Small Screen (9’27’’) : il s’agit de la seconde partie de l’entretien, centré sur les années de télévision du cinéaste. Spielberg revient sur sa jeunesse et sur son envie de faire carrière au cinéma, mais seul le milieu de la télé lui fut accessible et il en profita pour en faire un terrain d’entraînement. Il évoque sommairement quelques-uns de ses travaux sur Night Gallery, The Psychiatrist (deux épisodes sur lesquels il eut plus de liberté qu’à l’accoutumée), ou Marcus Welby M.D. On apprend aussi que le tournage de l’épisode pilote de Columbo (dont le scénario écrit par Steven Bochco lui plût énormément) fut l’occasion pour lui de se mettre dans la peau d’un réalisateur de cinéma. Il est vraiment dommage de ne pas voir évoqué dans ce documentaire les deux autres téléfilms qu’il réalisa à cette époque : Chantage à Washington (Savages) (1973) et surtout La Chose (Something Evil) (1972).

- Richard Matheson : the Writing of Duel (9’23’’) : un entretien malheureusement trop court avec le célèbre écrivain/scénariste centré donc principalement sur Duel. On apprend que l’idée principale du film est issue d’une histoire vraie vécue par Matheson avec des amis. Sa première intention fut de vendre son script à la télévision, mais le refus qu’il essuya l’amena à faire publier son histoire sous la forme d’une courte nouvelle dans le célèbre magazine Playboy. Matheson parle ensuite du téléfilm lui-même et des ajouts de Spielberg qu’il a appréciés.

- Une galerie de photos et d’affiches : le DVD propose 14 photos du film et 7 affiches. Il est encore une fois dommage que ces illustrations ne remplissent pas la totalité de l’écran. De plus, elles apparaissent compressées dans la largeur.

- La bande annonce (59’’) d’une qualité visuelle médiocre avec ses couleurs passées, ses taches et ses griffures. De plus, cette bande annonce se réduit à un montage approximatif et sans intérêt de plusieurs scènes avec le titre qui apparaît plusieurs fois en surimpression. Décevant.

- Les courtes biographies et les filmographies sélectives des acteurs et de l’équipe. Dennis Weaver, Jacqueline Scott, Eddie Firestone, Lou Frizzel d’un côté, et Steven Spielberg et Richard Matheson de l’autre.

- Des notes de production : un texte moyennement instructif réparti sur 4 pages.

- La DVD Newsletter de l’éditeur.

En conclusion, le cinéphile a droit à une très belle édition, tant au point de vue technique que de celui des suppléments. Cependant, nous devons déplorer la légèreté avec laquelle Universal a édité son DVD. En effet, non seulement le titre fut maintes fois repoussé dans les plannings de sortie, mais de plus et surtout cette première édition vient d’être retirée des ventes peu après sa parution. Deux fautes techniques qui ont provoqué la colère de Steven Spielberg ont amené l’éditeur à faire ce choix. En premier lieu, il semble que le prologue avec le générique ait eu à subir un recadrage avec des caches noirs. Ce défaut n’est pas vraiment handicapant, d’autant plus que ses effets dépendent de la nature des diffuseurs vidéos. Par contre, une grossière erreur sonore a été commise dans les deux remixages multicanaux. Les techniciens ont manifestement "oublié" d’y faire figurer le bruitage du cri de dinosaure voulu par le réalisateur (effet qu’il réutilisera de la même manière sur Les Dents de la mer). La bande son mono 2.0 originale est donc la seule à proposer cet effet sonore qui donne une toute autre dimension à la chute du camion. Une autre édition corrigeant ces défauts est donc à prévoir pour remédier à ces balbutiements honteux…

Par Ronny Chester - le 24 août 2003