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Test dvd

Coffret Tomu Uchida

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 21 / 3 / 2006

Image

- Le Mont Fuji et la lance sanglante. Un très beau master, nettoyé, ne présentant quasiment aucune rayure, ni tache. La compression est bonne, ainsi que la définition sauf sur quelques scènes où elle se révèle un peu faible. Le seul défaut se situe au niveau de blancs cramés et de contrastes moyens.
- Meurtre à Yoshiwara. Master très propre, belle palette de couleur (même si elle a tendance à tirer un peu sur le vert), définition et compression impeccables. Un bel écrin pour cette merveille.
- Le Détroit de la faim. Un master très satisfaisant. La compression est moins bonne que sur les deux autres titres, et des scènes se révèlent flou ou pixellisées (notamment sur les visages). Les blancs sont de nouveau parfois brûlés, mais les contrastes sont dans l’ensemble très bons.

Son

- Le Mont Fuji et la lance sanglante. La piste sonore est également très propre, sans souffle ni parasite. Cependant elle manque de dynamique, ne donnant jamais de relief aux voix ou la musique, qui demeurent tout de même constamment claires.
- Meurtre à Yoshiwara. Une bande originale claire, sans défauts, dynamique.
- Le Détroit de la faim. Pas de défaut flagrant sur cette version originale qui offre un bon confort d’écoute.

Suppléments

Un quatrième disque est consacré aux compléments :

- Entretien avec Yusaku Uchida, fils de Tomu (52mns). Tomu Uchida est décrit comme un nomade par son fils. “Change d’endroit, change de vie” était son leitmotiv. Ce qui explique son passage d’un studio à l’autre, fait très rare dans le cinéma japonais où les cinéastes sont affiliés à des maisons de production. Yusaku Uchida s’attarde longuement sur le passage militariste de son père, nationalisme auquel il s’accroche et qui le fait se rendre en Mandchourie où il décide de demeurer plusieurs années. Outre cette période évoquée en détail, qui l’amène à s’intéresser au Maoïsme avec toutes les implications que cela entraîne lors de son retour dans les studios japonais, Yusaku décrit en détail les trois films proposés dans le coffret, ainsi que la saga Miyamoto Musashi. Moults secrets de fabrication viennent appuyer la spécificité du style d’Uchida. L’accent est également mis sur les influences du cinéma occidental, comme Grand Hotel (Samuel Goulding, 1932) qui inspire la scène finale du Mont Fuji ou encore Pépé le Moko (Julien Duvivier) pour celle de Meurtre à Yoshiwara. On apprend énormément de choses sur le cinéaste durant ces 52 minutes passionnantes, mais aussi sur le cinéma japonais de l’époque, sur les amitiés d’Uchida (Ozu, Mizoguchi, Inoué) qui lui ont permis de travailler après son retour de Chine.

- Le Cinéma d’Uchida à travers l’histoire des studios TOEI (14mns). Entretien avec Kazunori Kishida, employé à la Toiei comme publiciste. A partir de la naissance de la Makino pro. et du bouleversement des jidai-geki sous l’égide du scénariste Rokuhei Suzukita, Kishida nous brosse un portrait pertinent de l’évolution du genre. Kishida met le doigt sur un élément particulièrement important du genre qui est l’issue de la bataille finale (soit le héros défait les méchants soit il sacrifie sa vie) qui éclaire rétrospectivement quel type de jidai-geki nous venons de voir. Un jidai-geki contestataire voit donc le sacrifice du héros au bout du chemin. C’est l’influence de Suzukita qui pousse le genre dans cette voie que suivra Tomu Uchida. Kishida nous parle ensuite de l’acteur Chiezo Kataoka (Le Mont Fuji, Meurtre à Yoshiwara), du théâtre No et du Zanshin, qui consiste à se maintenir dans une pose et à faire deviner au spectateur quelle émotion se cache sous le masque. Des explications certes passionnantes mais quelque peu noyées dans une profusion de références, de lieux, de faits et de noms à donner le vertige. Ce joyeux coq à l’âne, tout aussi déconcertant soit-il, reste cependant une petite mine d’information.

- Le Cinéaste vagabond (26mns). Entretien avec Fabrice Arduini autour du cinéaste. A partir de l’itinéraire d’Uchida, Fabrice Arduini nous raconte, en quelques moments bien choisis, l’histoire du cinéma japonais, des formes figées du Kabuki à sa modernisation par Kurihara et autres cinéastes et scénaristes tournés vers l’occident. Après cette introduction passionnante, le commentaire se concentre sur les trois films proposés dans le coffret. Des analyses brillantes, claires, qui aident à la compréhension de l’œuvre méconnue du cinéaste.

- Bandes-annonces :

Meurtre à Yoshiwara (3mn13) . “Peinture d’un système impitoyable (…) jusqu’à la mort, travaillez ! gagnez de l’argent !”. Une bande annonce qui appuie sur le prestige de la production et qui a la fâcheuse tendance à raconter tout le film.
Le Détroit de la faim (3mn54). Un texte ouvre la bande-annonce qui fait défiler l’ensemble des récompenses obtenues par le film. “Un tournage pharaonique du nord au sud du Japon” clame la réclame. On est bien loin de l’ambiance véritable du film avec cette emphase.

Chaque film contient également :

- Affiches & photos des films. Une dizaine de photos d’exploitation et les affiches originales du Mont Fuji et du Détroit de la faim.

- Filmographie de Tomu Uchida

Par Olivier Bitoun - le 20 février 2006