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Test dvd

Coffret Eiichi Kudo

DVD - Région 2
Wild Side
Parution : 27 / 3 / 2007

Image

Les Treize tueurs est présenté dans une copie propre ; il faut chercher pour trouver un défaut de pellicule ou une saleté. Le noir est blanc est de toute beauté bien que parfois un peu trop contrasté, ce qui a tendance à brûler certains blancs notamment sur les visages. Néanmoins, on peut dire que Wild side fait ici, le quasi sans faute avec une compression pour ainsi dire invisible et une définition la plupart du temps irréprochable, des lieues au dessus de certains DVD de relativement triste mémoire de l’éditeur. Globalement légèrement moins bien défini que Les treize tueurs, Le Grand Attentat souffre également d’un contraste moindre et de fréquentes mais très faibles variations de luminosité. La copie a été également restaurée au mieux et, si le résultat final reste très bon voire excellent, notamment grâce à une compression très bien gérée, il est difficile de ne pas être un peu déçu.


Les Onze guerriers du devoir s’en sort presque aussi bien que Les Treize tueurs avec un master très bien restauré. Encore une fois, le contraste a été peut-être un peu trop poussé d’autant qu’il est souligné dans les bonus que Kudo avait voulu des contrastes doux sur ce film, sans pour autant que cela soit vraiment dommageable. La définition est presque du niveau de Les Treize tueurs. Aucun problème de compression ou de luminosité. Dans l’ensemble, si Le grand attentat est légèrement en dessous des deux autres, ce coffret offre une très bonne qualité d’image et cela mérite d’être souligné.

Son

Mono japonais d’origine de très bonne qualité pour les trois films.

Suppléments

Disque 1 :

- Samouraï guérilla partie 1 (+/-26’ VO japonaise stfr) : Première partie d’un entretient avec Misao Arai ancien assistant réalisateur d’Eiichi Kudo aux studios de la Toei à Kyoto et Dirty Kudo, réalisateur et auteur d’un ouvrage d’entretiens avec Eiichi Kudo (1) . Sont abordés le contexte dans lequel était plongé l’industrie cinématographique de l’époque alors en nette perte de vitesse face à la télévision, la place de la Toei dans le paysage cinématographique de l’époque et celle de Kudo face aux autres réalisateurs contemporains. Dirty Kudo évoque ensuite la genèse des « Treize tueurs », sur la nécessité pour le genre de se renouveler en définissant ce qu’il appelle le Jidai-geki choral (non plus centré sur un personnage principal, les grandes vedettes ayant perdu de leur popularité, mais sur un groupe de personnages étoffés). Les deux hommes discourent ensuite de différentes thématiques avant que Misao Arai ne revienne sur les difficultés de tournage dont des grèves et divers impératifs syndicaux avec lesquels Kudo dû jongler pour mener à bien son film. Ils terminent sur le travail de Reijiro Adachi pour la chorégraphie particulière des combats.

- Une Galerie de photos : une affiche et huit photos de production.

- Deux bandes-annonces pour Les Treize guerriers très amusantes ponctuées de slogans tels que « Un film qui va bouleverser le cinéma japonais », « Une vraie bombe », « Le spectacle du siècle ! », « Le plus grand meurtre de tous les temps », « Une superproduction Toei qui restera inégalée »… A noter une très courte image de tournage dans la première bande annonce.

- Les filmographies de Eiichi Kudo, Chiezo Kataoka, Ko Nishimura et Kantaro Suga.

Disque 2 :

- Samouraï guérilla partie 2 (+/-26’ VO japonaise stfr) : Suite de l’entretient avec Dirty Kudo et Misao Arai. Les deux hommes discourent sur les grands maîtres dont Tomu Uchida et Tai Kato avant qu’Arai ne fasse une digression sur Sanjuro de Kurosawa et ne compare la vision du ronin présentée dans le film de Kurosawa avec la vision que Kudo avait des samouraï. Il reviennent ensuite sur une série de points techniques comme l’utilisation des chevaux (les parents de Kudo avaient une ferme et ce dernier a passé son enfance parmi les chevaux), la maîtrise du son, le sens du cadrage et l’approche réaliste du réalisateur qui n’hésitait pas à bouger un élément de décors pour placer sa caméra… Ils comparent ensuite le style de combat propre à Kudo avec le style kabuki classique, reviennent sur le travail du tateshi (chorégraphe) pour finir sur l’aspect politique du Grand attentat mis en perspective avec les manifestations contre l’ANPO et sur la reconnaissance critique de Kudo dans les années 80.

- Souvenirs d’Eiichi Kudo par Maasaki Ito (+/-Treize’ VO japonaise stfr) : Court et émouvant entretient avec celui qui fut l’assistant et le beau-frère du réalisateur. Ito évoque tout d’abord le travail à la Toei et les réalisations de Kudo pour la télévision : les séries télé « Sengoku Mushuku » et « Shokin Kasegi » avec Tomisaburo Wakayama ; le peu de succès de celles-ci et les problèmes avec Wakayama. Il raconte une anecdote à propos de la météo dans les séries pour enchaîner avec le combat de tout les instants que menait Kudo pour filmer comme il le voulait, pour avoir suffisamment de pellicule pour faire plusieurs prises si c’était nécessaire. L’entretient se termine sur les souvenirs personnels concernant sa sœur, le décès de celle-ci et les sentiments que Kudo manifestait pour son épouse. Un très beau petit document.

- Une Galerie de photos : une affiche et sept photos de production.

- Les filmographies de Eiichi Kudo, Kotaro Satomi et Ruitaro Otomo.

Disque 3 :

- Samouraï guérilla partie 3 (+/-26’ VO japonaise stfr) : Suite et fin. Les deux hommes reviennent dans cette dernière partie sur l’utilisation du brouillard dans Les Onze guerriers du devoir, l’emploi du téléobjectif ou de la caméra à l’épaule, celui de la contre-plongée empruntée à Tai Kato. Après quelques anecdotes concernant Kantaro Suga et une remise ne contexte de la décapitation finale des Onze guerriers du devoir, les hommes terminent sur les origines samouraï de Kudo et sur la vision que le réalisateur avait sur ceux-ci, clôturant une document en trois partie fortement instructif mais un peu parasité par l’usage intempestif du split screen.

- Eiichi Kudo, l’art du réalisme par Fabrice Arduini (+/-Treize’ VF) : Curieusement placé sur le dernier disque, ce petit module déjà disponible sur le net est une bonne introduction au réalisateur. Arduini rappelle la notion de « petit maître » par rapport aux Kyoshos (ou « maîtres » qu’étaient Uchida, Kurosawa, Mizoguchi…) avant de faire un petit résumé de la situation de l’industrie cinématographique et des studios en 1959, époque où débute Kudo. Il revient comme ça a été discuté dans Samouraï guérilla sur l’essoufflement du Jidai-Geki et sur la nécessité de renouvellement du genre avant de donner quelques exemples dans les films de Kudo. Il rappelle par exemple les codes en usage dans les processions et la transgression de ceux-ci par Kudo…

- Une Galerie de photos : une affiche et quatre photos de production.

- Les filmographies de Eiichi Kudo, Isao Nasuyagi, Kantaro Suga et Ruitaro Otomo

- Liens internet sur les trois disques

Présentant des films rares dans des masters restaurés au mieux accompagnés de bonus on ne peut plus pertinents, ce coffret s’annonce d’ores et déjà comme un incontournable pour tout amateur de cinéma nippon et on ne peut que féliciter Wild Side de nous permettre de découvrir ce réalisateur méconnu au travers d’un travail éditorial aussi exemplaire.

(1) « Eiichi Kudo : L’ombre et la lumière » par Dirty Kudo malheureusement non traduit.

Par Christophe Buchet - le 17 mars 2007