Menu
Test dvd

Chronique d'un été

DVD - Région 2
Editions Montparnasse
Parution : 6 / 3 / 2012

Image

Le film a été tourné principalement sur pellicule inversible 16mm mais également sur négatif 35mm. Un agrandissement 35mm a été effectué en 1961, et c'est à partir de ce dernier que la Cinémathèque de Bologne a effectué en 2011 une restauration numérique en 2K. Cette restauration s'est effectuée au laboratoire L'Immagine Ritrovata et a été supervisée par Michel Brault, l'un des chefs opérateurs du film. Ce dernier a ainsi pu guider les restaurateurs pour tout ce qui était question de contrastes et de rendu d'image.

Comme d'habitude, le travail de la Cinémathèque de Bologne nous permet de découvrir le film dans des conditions optimales. La pellicule est ainsi parfaitement nettoyée et ni griffures, ni points blancs ne viennent entacher le confort de vision. Ce matériel de base est servi par un transfert vidéo quasi impeccable, à l'exception d'un léger effet de banding sensible sur certaines zones noires de l'image. A noter que l'on ressent forcément une différence entre les images prises en 16mm et celles en 35mm, et il ne faut donc pas jauger l'ensemble du film au regard des scènes tournées à l'usine Renault, dont la texture - en terme de grain, de précision des contours et de contrastes - reste supérieure aux séquences tournées en 16mm.

Son

La bande sonore a également été restaurée en 2011 par la Cinémathèque de Bologne. Elle a été réalisée à partir d'un magnétique 35mm complété par un positif son tiré du négatif optique original. Ainsi, et ce malgré un système de prise de son direct encore expérimental et balbutiant, les paroles sont très claires, les discussions à plusieurs voix parfaitement audibles et mixés. Il subsiste un léger souffle mais qui n'entrave en rien la compréhension des dialogues et le confort d'audition.

Suppléments

Un été + 50 (Un film de Florence Dauman  - 2011 - 72 min)
La matière principale de ce documentaire - sorti en salle en octobre 2011 à l'occasion de la réédition de Chronique d'un été - est constituée de séquences non utilisées dans le montage final du film et qui ont été inventoriées et numérisées en 2008. De prime abord, on peut se demander si un tel "making-of" est bien utile, tant le film de Rouch et Morin est déjà en lui-même un fantastique documentaire sur sa propre réalisation. De fait, on n'en apprend guère plus sur la démarche des deux réalisateurs mais Un été + 50 n'en est pas moins intéressant d'une part car il précise quelques éléments de la méthode Rouch / Morin, d'autre part car en évoquant ce qui a été écarté du montage final, on se rend mieux compte du poids de la censure qui pesait sur cette entreprise où était longuement évoquée la guerre d'Algérie. Le tout est monté intelligemment, par blocs thématiques, ce qui confère au documentaire une réelle structure et lui évite d'être un simple empilement de rushes.

Des entretiens avec Edgar Morin, Régis Debray, Jean-Pierre Sergent, Marceline Loridan-Ivens, Raymond Bellour et Nadine Ballot viennent compléter le montage d'images. Cinquante après le tournage, ils reviennent sur cette expérience hors norme de cinéma, sur les intentions des deux réalisateurs, sur leurs vies d'alors et sur ce que le film leur a chacun apporté.

Par Olivier Bitoun - le 27 février 2012