Menu
Test dvd

Antoine et Antoinette

DVD - Région 2
Gaumont
Parution : 19 / 9 / 2012

Image

Après visionnage, l'impression générale reste plutôt mitigée. Pour un DVD standard d'un film de patrimoine relativement peu connu, le rendu s'avère plutôt correct ; mais pour un disque appartenant à l'ambitieuse collection Gaumont Classiques, il faut tout de même avouer notre déception. Si restauration il y a eu, elle se voit surtout au niveau de la propreté de l'image ; sur ce point le résultat ne souffre d'aucun défaut. La luminosité d'ensemble est agréable et la définition est correcte. Correcte mais hélas assez fluctuante... car on est alternativement en présence de plans au piqué séduisant et de plans légèrement flous. Et quand la compression numérique, qui n'est pas toujours au top, marque le pas, le rendu s'avère disgracieux. Car on sent comme un léger voile de compression sur l'ensemble du film mais sans que cela n'en gêne trop la vision. On observe tout de même que le réducteur de bruit a bien pris du service, mais on imagine bien volontiers que l'état de la copie originale ne devait pas être fameux. Même impression mitigée concernant les contrastes, avec des noirs parfois gris, mais l'ensemble s'en sort sans trop de fausses notes. Il faut cependant admettre que notre jugement est orienté devant le haut niveau d'exigence atteint par les DVD de la collection Gaumont Classiques et préciser que notre analyse est issue d'une vidéo-projection ; sur un téléviseur, le rendu est beaucoup plus agréable. Pour profiter pleinement du film sur grand écran, il est nettement conseillé de se procurer le Blu-ray correspondant.

Son

Le rendu sonore est globalement correct. Les dialogues sont presque toujours parfaitement audibles, la propreté de la piste est exemplaire et l'équilibre entre les voix et les ambiances s'avère assez satisfaisant. Bien sûr, la bande-son manque de profondeur et la définition ne fait pas d'étincelles ; en plus de l'état du matériel original, il faut compter sur le processus de nettoyage qui, s'il est trop poussé, peut détériorer le son. Bref, le DVD présente un équilibre convenable entre d'un côté la restauration et de l'autre le respect de l'œuvre. Comme pour l'image, à moins de lancer une énorme entreprise de restauration, il sera difficile de profiter d'Antoine et Antoinette dans de meilleures conditions que celles présentées ici par l'éditeur.

Suppléments

Jacques Becker, le goût des autres (SD - 41 mn 27)
Cette production Gaumont, réalisé par Pierre-Henri Gibert, est construite sur des interviews croisées des personnalités suivantes : Olivier Curchod, historien du cinéma, Jean Becker, cinéaste et fils de Jacques, Denitza Bantcheva, écrivain et historienne du cinéma, Françoise Fabian, comédienne et compagne de Jacques Becker, Sophie Becker, scripte et fille de Jacques, Pierre Lhomme, directeur de la photographie et Claude de Givray, scénariste/réalisateur. A travers ces échanges apparaît un portrait de Jacques Becker qui nous apporte un éclairage bienvenu sur l'œuvre et sur son auteur, assez peu connu finalement au regard de l'importance de ses films. Sont évoqués sa personnalité (son origine bourgeoise, son charme naturel, son élégance, son fort tempérament, son amour des femmes, sont attrait pour la jeunesse, sa tendresse pour les milieux populaires), sa relation forte avec Jean Renoir, pour qui il fut bien plus qu'un assistant, et son rapport au travail et au cinéma (sa méticulosité, sa recherche de l'authentique, la priorité donnée aux personnages et à leurs élans, son refus des conventions). On note avec satisfaction que les intervenants sont nombreux à vouloir dépasser la simple description de "cinéaste social" qui colle trop à la peau de Jacques Becker. Antoine et Antoinette est abordé plus précisément à travers les ambitions du cinéaste, la structure de son scénario, sa réalisation et la dynamique de son montage. Le documentaire est illustré d'extraits du film et de nombreuses photos de tournage et d'archives ; c'est toujours un plaisir de pouvoir les consulter. Si l'ensemble est agréable à regarder, on relève parfois des raccords heurtés et inutiles dans le montage des interviews et une prise de son présentant quelques ratés. Mais même si le documentaire manque de ligne directrice, il reste suffisamment instructif pour mériter le coup d'œil.

Par Ronny Chester - le 22 septembre 2012