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Test blu-ray

Violence et passion

BLU-RAY - Région B
Gaumont
Parution : 23 / 5 / 2013

Image

Même s'ils restent bien rares sur ce support dans notre pays, les films réalisés par Luchino Visconti ont été particulièrement chanceux dans leur traitement haute définition. Après la copie remarquable de Senso chez StudioCanal et le master sublime du Guépard chez Pathé, voici que Gaumont propose un Blu-ray plutôt engageant de Violence et passion, l'avant-dernier film du maître italien. Ce qui réjouit d'emblée dans cette restauration, c'est l'aspect proprement cinématographique du rendu général. C'est ce que l'on attend en priorité du support HD. Néanmoins, on ne poussera pas le jugement jusqu'à faire de ce Blu-ray une référence comme les disques évoqués ci-dessus. Si la propreté du master est quasi exemplaire et la stabilité de l'image jamais prise en défaut, on regrettera l'irrégularité de la définition (certaines scènes proposent un piqué très satisfaisant quand beaucoup d'autres, plus "nébuleuses", manquent de relief) et une gestion du contraste discontinue. Et l'on aurait globalement apprécié un grain cinéma plus présent qu'il ne l'est. Cela dit, il faut mentionner les conditions du tournage - et surtout l'approche formelle adoptée par le cinéaste et son chef opérateur - pour relativiser notre première impression. Violence et passion est un film tourné presque intégralement en intérieurs et souvent dans des espaces sombres avec des contrastes volontairement peu agressifs - les séquences lumineuses offrent d'ailleurs tout de suite un aspect plus agréable à l'œil. De même, la colorimétrie peu saturée utilisée dans ces lieux confinés, avec ses tons marrons, beiges, ocres et gris n'est pas du genre à faciliter le traitement vidéo et il faut avouer que ce dernier s'en sort généralement assez bien. En résumé, si l'on sent qu'il y aurait matière à créer un master de meilleur qualité, force est de constater que nous sommes bien en présence d'une copie HD de bonne facture qui rend justice à ce superbe film.

Son

Ce Blu-ray Gaumont de Violence et passion propose trois pistes sonores en DTS-HD Master Audio mono 1.0 en anglais, français et italien. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, et sûrement parce que les deux acteurs principaux du film ne sont pas italiens, la version que l'on qualifiera d'originale est la version anglaise (la langue du tournage). Ce sera la bande-son à privilégier et, bonne pioche, c'est la meilleure des trois. Plus profonde, plus dynamique, plus équilibrée, plus respectueuse des ambiances, la piste anglaise offre un confort d'écoute appréciable même si les voix saturent un peu. La version française ne démérite pas avec des voix claires mais un peu trop mises en avant (comme la musique, étrangement mixée plus haut que sur la version anglaise). La bande-son italienne, quant à elle, est à fuir : sans aucune profondeur, elle écrase complètement les ambiances et propose un doublage peu pertinent. Enfin, on saluera à nouveau l'initiative prise par l'éditeur de proposer des sous-titres pour sourds et malentendants à côté du sous-titrage français traditionnel.

Suppléments

Luchino Visconti : la quête de l'impossible (56 min - 1.85 - DTS-HD MA 2.0 - VOST/VF - 2013 - HD)
Ce documentaire réalisé par Dominique Paillet et produit par Gaumont Vidéo propose un retour sur le tournage de Violence et passion, en se consacrant essentiellement sur le travail exigeant de Visconti alors affaibli par une condition physique défaillante. Monté avec des extraits du film (correctement dosés) et quelques photos de tournage, le récit se construit par les propos (en italien ou en français selon le cas) des intervenants suivants : le coscénariste Enrico Medioli, Catarina D'Amico (la fille du scénariste Suso Cecchi d'Amico), la scripte Renata Franceschi, les comédiens Helmut Berger et Stefano Patrizi, l'assistant réalisateur Giorgio Treves, le réalisateur Jean-Claude Missiaen (ami de Lancaster) et le créateur de costumes Piero Tosi.


Autour de la personnalité du cinéaste, sont abordés les sujets suivants : l'origine du projet (le tableau de Medioli) et l'écriture du scénario, l'accident vasculaire cérébral de Visconti au moment du montage de Ludwig, la volonté de son entourage de lui faire tourner un nouveau film, le tournage simplifié en studio, la maîtrise du réalisateur malgré sa maladie, l'investissement essentiel de Burt Lancaster, les relations étroites entre l'acteur américain et le cinéaste italien (un rapport symbiotique selon Missiaen), la direction d'acteur autoritaire de Visconti, sa gestion de l'espace filmique, le travail à plusieurs caméras, l'influence de sa condition physique sur sa mise en scène, la figure de la mère dans son cinéma, les éléments autobiographiques présents dans ses films (que le cinéaste réfutait publiquement), sa tendresse pour Silvana Mangano, les relations conflictuelles entre Visconti et Helmut Berger. De nombreuses anecdotes viennent également émailler les souvenirs des personnalités interviewées, chez qui l'on sent une affection et un respect pour le maître italien à la santé déclinante mais à la méticulosité constante. On aurait apprécié d'avoir de plus longs développements sur les thématiques développées par Violence et passion, mais le sentiment d'en savoir un peu plus sur la personnalité de Visconti et sur ses méthodes de travail finissent par faire de ce documentaire un film nécessaire et émouvant.


Bande-annonce originale (3 min 47 - 2.35 - DTS-HD MA 1.0 - VF - 1975 - HD)
Ce long film-annonce français de l'époque est présenté en haute définition et surtout dans une qualité excellente (malgré un léger pompage lumineux).

Par Ronny Chester - le 25 février 2015