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Test blu-ray

Un jeu brutal

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 4 / 9 / 2019

Image

L'année de la disparition de Jean-Claude Brisseau coïncide avec les ressorties de plusieurs de ses oeuvres en Blu-ray. Après la belle édition de Céline, en février chez Gaumont, et juste avant L'ange noir chez Studiocanal, Carlotta réédite trois films dont Un jeu brutal, présenté dans un très beau transfert 2K, restauré en 2015 par le laboratoire lyonnais Lumières Numériques. Le film resplendit aujourd'hui, rendant justice à la magnifique photographie, simple et naturaliste, de Bernard Lutic. Les images, stabilisées et entièrement nettoyées, bénéficient d'une définition aiguisée et d'un bon niveau de détail. Les contrastes sont très équilibrés et la colorimétrie apparaît très fidèle aux caractéristiques photochimiques de départ, rehaussées par une gestion subtile du grain, fin et non gommé. D'excellentes conditions de visionnage, tout simplement. Le comparatif avec la précédente édition en DVD est assez spectaculaire et très explicite, non seulement concernant les retouches arbitraires qu'on appliquait jadis, et pour le respect de l'image photochimique auquel auquel on tend à se rapprocher de plus en plus, aujourd'hui :

DVD Carlotta (2006) vs. Blu-ray Carlotta (2019) :  1 2 3 4 5 6 7 8

Son

La bande son a été idéalement restaurée par L.E. Diapason : le rendu est cristallin et très détaillé, pour les voix comme pour les ambiances ou la musique. Le film bénéficie d'une belle ouverture et d'une dynamique très appréciable, même en mono.

Suppléments

Leçons de cruauté (20mn)
Carlotta reprend l'excellent supplément de son coffret Jean-Claude Brisseau, sorti en DVD en 2006. Filmé dans un soleil qui évoque celui d'Un jeu brutal, le réalisateur analyse le thème central de son œuvre : celui du passage d'un être d'« état quasi sauvage à un état de sérénité ». Il se fait un guide dans son film, qu'on retraverse avec en tête cette idée exprimée par le réalisateur : l'art est une douleur qui aide à vivre, et l'éducation est le premier pas vers le monde, vers la beauté. Brisseau établit un lien étroit entre l'apprentissage d'Isabelle et les interrogations qui sont les siennes en tant que réalisateur : comment représenter le réel ? Comment évoquer Dieu, s'interroger sur le sens de la vie sans tomber dans la démonstration ? Aussi le cinéaste reste-t-il très précis sur ses choix de mise en scène, faisant sien le conseil du père dans le film : « Observe et simplifie ». Il exprime par exemple ses hésitations au moment de filmer les meurtres des enfants, mêlant questions éthiques et esthétiques. Cette précision de Brisseau est à l'image de son film, profondément métaphysique et éminemment concret, sans angélisme ni théories oiseuses. L'auteur ouvre par ailleurs une voie de réflexion en établissant un parallèle entre Un jeu brutal et De bruit et de fureur, qui traite aussi de la violence, du rapport à autrui et du pouvoir de l'empathie. Un prolongement heureux, puisque ce dernier film sort également en DVD et Blu-Ray chez Carlotta. Un supplément qu'il est préférable de découvrir après avoir vu le film...

On trouve enfin la très belle bande-annonce d'époque (1 min 52 s - SD upscalé en 1080i)

En savoir plus

Taille du Disque : 26 687 877 986 bytes
Taille du Film : 22 481 829 888 bytes
Durée : 1:30:52.113
Total Bitrate: 32,99 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 30,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 30001 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1069 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 256 kbps / DN -7dB
Subtitle: French / 23,541 kbps

Par Stéphane Beauchet (technique) et Anne Sivan (suppléments) - le 13 septembre 2019