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Test blu-ray

Tueur d'élite

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 6 / 2 / 2013

Image

Qui aime bien châtie bien et si l'on est habitués à titiller l'éditeur Wild Side quand il arrive à ce dernier de nous décevoir quelque peu, on se doit de le féliciter quand le résultat nous enchante. Ce qui est le cas ici. Car même avec une œuvre de Sam Peckinpah considérée par beaucoup comme très mineure, l'investissement a été réel et ce Blu-ray s'avère une belle réussite. On retrouve d'abord ce grain cinéma que l'on apprécie tant, et la texture propre aux films des années 70 est parfaitement respectée. Le piqué est vraiment excellent (il suffit, pour s'en rendre compte, de bien examiner la peau des comédiens et les différentes textures des vêtements et du mobilier) et aucun traitement abusif de type Edge Enhancement ne se fait sentir (la superposition des contours se fait ainsi sans problème). Sur certains plans, la définition perd en qualité, mais cela est dû aux conditions de tournage vu la façon dont ce problème est circonscrit à une scène précise. Les couleurs, pimpantes et agréablement saturées, présentent de belles nuances. La gestion des noirs est également satisfaisante - avec une belle variations de tons - même si certains de ces noirs apparaissent plus bouchés dans certaines scènes ; mais les contrastes sont globalement très bien traités et l'on ne relève aucun défaut de type postérisation dans les ombres. Enfin, la propreté et la stabilité du master sont exemplaires. Nous avons donc tous les feux aux vert pour un excellent confort de vision.

Son

Des deux pistes audio disponibles en DTS-HD Master Audio mono, c'est évidemment la version anglaise qui tire son épingle du jeu. Elle présente une dynamique appréciable même si elle manque un peu de profondeur. On note un léger souffle, mais cela vaut mieux que de tenter de l'étouffer en écrasant des fréquences. Les dialogues sont parfaitement intelligibles et le mixage avec les ambiances s'avère très naturel. C'est la musique qui profite au mieux du mixage de ce mono très correct mais pas exceptionnel. La piste française, comme prévu, avantage les dialogues face aux ambiances, moins présentes, mais le résultat n'est pas trop destructeur. Les voix françaises, si elles proviennent d'excellents doubleurs - qui plus est, familiers à l'oreille - ne correspondent cependant pas aux timbres des comédiens américains. La VO reste de toute manière à privilégier.

Suppléments

Wild Side présente pour la première fois en France la version longue de The Killer Elite (qui était disponible sur le DVD MGM américain datant de 2003). Les ajouts d'environ 7 minutes se situent principalement dans la première partie du film. Il s'agit de la séquence de l'opération chirurgicale qui en montre plus du travail des chirurgiens avec le plâtrage des deux membres esquintés, puis de la scène suivante en réanimation où l'on assiste au réveil de Locken et à la présentation de l'infirmière qui deviendra sa compagne. On a ensuite la scène de l'enlèvement des plâtres, celle des premiers exercices sur le lit d'hôpital puis celle de la pose des attèles (dans la version courte, il ne subsiste que des bribes de quelques secondes de ces deux dernières scènes). Plus tard, on assiste à la présentation dans la rue au vieux maître d'arts martiaux (alors que la version courte souffrait d'un cut maladroit) et surtout d'une séquence entière d'entraînement au combat dans un dojo avec un professeur noir. L'avantage de ces scènes est de rendre plus crédibles, par leur présence, la longue convalescence du héros ainsi que son apprentissage des techniques de combats. Même si la transformation de Locken en super combattant restera de toute façon difficile à avaler pour les spectateurs, c'est une convention qu'il faut accepter pour apprécier le film qui est de toute manière une forme de satire selon les volontés mêmes de Sam Peckinpah.

Passion & Poetry - Sam's Killer Elite (27 min 47 - DD mono 2.0 - 2012)
Ce documentaire allemand est bâti sur une formule éprouvée en combinant des extraits du film, de nombreuses images de tournage, des affiches, des photographies, des courts témoignages sonores de Sam Peckinpah (au tout début, lorsqu'on déroule le fil de ses longs métrages), quelques entretiens et une voix off confiée au metteur en scène Monte Hellman, grand ami de Peckinpah. Les personnalités interviewées sont : le fidèle comédien Bo Hopkins, Isela Vega (actrice dans Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia), Kathy Haber (ex-associée de Sam Peckinpah), Fern Lea Peter (la soeur du cinéaste), ainsi que James Coburn, Ernest Borgnine et Kris Kristofferson pour trois brèves interventions. Au milieu de quelques anecdotes de tournage sont abordés la mise en chantier du film (le cinéaste avait besoin d'un succès commercial), le travail de préparation de James Caan pour ses combats, la direction d'acteurs lâche mais subtile de Peckinpah, les problèmes de cohésion entre les différents spécialistes d'arts martiaux présents sur le plateau. Puis il est évoqué l'après-Tireur d'élite : le succès fuyant, les fameux penchants du cinéaste pour l'alcool et surtout son addiction tardive et fatale à la cocaïne. Les images du tournage de The Killer Elite sont tirées d'un reportage promotionnel de l'époque (comprenant également des interviews) et, dans l'ensemble, ce film produit par Eldorado Productions se révèle bizarrement bâti, sans réel fil conducteur. On apprendra, en fin de générique, que ce Passion & Poetry est en fait un long documentaire consacré à Sam Peckinpah, dont on nous propose sur cette édition des extraits consacrés plus spécifiquement à Tueur d'élite ; ceci explique sans doute cela. Cependant, le résultat est plaisant à suivre et ménage au final quelques moments émouvants sur la personnalité de Sam Peckinpah à travers le témoignage de trois grandes gueules d'un cinéma disparu. Gageons que Passion & Poetry doit être passionnant à visionner dans son intégralité.


Bande-annonce (2 min 07 - 1.77 - 4/3 - DD mono 2.0 - VOST)
A part le fait qu'il ne soit pas au bon format (2.35), ce film-annonce est en assez bon état.

Spots US (1 min 34 - 4/3 - DD mono 2.0)
Il s'agit d'un montage de trois courts spots TV de 30 secondes chacun, bâtis sur une même accroche publicitaire (les qualités requises pour faire partie du groupe d'élite de l'organisation secrète à laquelle appartiennent les personnages du film).

Spots radio (3 min 34 - 4/3 - DD mono 2.0)
Cinq spots radio (avec une voix off présentant de façon ronflante la mission du groupe et les personnages) sont montés sur des photos du film et des images de tournage. Une présentation intelligente réalisée par Eldorado Productions (auteur du documentaire Passion & Poetry).


Matériel promotionnel (4 min 18 - 4/3 - DD mono 2.0)
Il s'agit d'un montage plutôt bien fait, illustré par la musique de Tueur d'élite, qui présente une succession d'affiches du film et de photographies d'exploitation originaires de plusieurs pays (USA, Allemagne, France, Italie, Espagne, Angleterre, Finlande, Japon). Cependant, alors justement que certaines images se révèlent fort intéressantes, on aurait pu souhaiter que Wild Side nous en fasse également profiter en plein écran. Hélas, cette absence ou cet oubli constituent un problème récurrent chez les éditeurs vidéo.


DTS Sound Check
Comment sur tous ses Blu-ray, Wild Side propose cet outil de test pour régler ses enceintes multicanales.

Par Ronny Chester - le 5 février 2013