Menu
Test blu-ray

Tess

BLU-RAY - Région A, B, C
Pathé
Parution : 5 / 12 / 2012

Image

Après une première édition DVD décevante sortie en 2005, Pathé nous propose un nouveau master HD tiré d'une restauration 4k effectuée par le laboratoire Eclair à partir du négatif original, et dont l'étalonnage fut approuvé par Roman Polanski après projection du DCP (le master numérique destiné à la projection salle). L'objectif d'un Blu-ray est de coller au plus près de ce DCP...  et de s'éloigner au plus vite des masters télévisuels qui ont trompé pendant tant d'années notre regard de cinéphile. De ce point de vue, ce Blu-ray nous paraît atteindre l'objectif parfaitement, d'autant que Tess est un film à la lumière très travaillée, baignant dans l'ambiance douce de lumière crépusculaire, renforcé par des filtres placés devant l'objectif des caméras. Ce type d'image peut être retranscrit correctement en vidéo à l'aide d'une analyse haute résolution (2K ou 4K), et d'un support  peu dégradant en définition et compression (d'où l'échec du précédent DVD qui ne respectait aucun de ces critères). Le niveau de grain est peu élevé mais suffisant pour texturer l'image naturellement. La compression est discrète sauf sur un plan, l'ouverture au noir après le générique début laisse apparaître du banding. Pour le reste, c'est du travail très soigné et très recommandable.

Son

Le Blu-ray propose la VO et la VF en 5.1 DTS-HD MA, la musique de Philippe Sarde profite beaucoup de ce mixage multicanal en prenant beaucoup d'ampleur, le mixage des voix est plus naturel sur la VO, celui de la VF est trop mat, c'est la différence entre une prise de son direct (VO) et une prise de son dans une cabine traitée acoustiquement (VF).

A noter que Tess fut le premier film français à bénéficier du  Dolby Stéréo.

Suppléments

On retrouve les mêmes suppléments que l'édition précédente avec en plus le documentaire Il était une fois Tess de Serge July

Trois modules réalisés par Laurent Bouzerau :

Tess du Roman au Cinéma (28 min -  SD - 4/3)
Ces modules bénéficient bien sûr des nombreuses interventions de Polanski qui n'est jamais avare en leçons de mise en scène, le documentaire revient également sur le roman original de Thomas Hardy et son adaptation par Gérard Brach et John Brownjohn. Les autres intervenants sont le costumier Anthony Powell et le décorateur Pierre Guffroy, entre autres.

Tess: le tournage (26 min - SD - 4/3)
Techniciens, réalisateur, producteurs, acteurs racontent leur expérience sur le tournage de Tess, et aussi la disparition tragique du grand chef opérateur Geoffrey Unsworth (2001 : l'odyssée de l'espace) en plein milieu du tournage et son remplacement au pied levé par Ghislain Cloquet.

Tess: l'aventure (26 min - SD - 4/3)
Ce module vaut surtout pour les déboires de la post-production racontés par Claude Berri, celui-ci trouve le film trop long et craint de ne pas pouvoir le distribuer aux Etats-Unis. Berri appelle son ami Coppola qui lui suggère de raccourcir le film, les propositions de Coppola vont rencontrer le désaccord de Polanski qui sortira très affecté de cet épisode même si au final le film fut peu modifié au montage.

Tess : making off d'époque tourné par Pierre-André Boutang pour FR3 (37 min - SD - 4/3)
A l'ancienne, une voix off nous décrit le plan de travail de la journée sur des images de technicien s'affairant. Roman Polanski dirige Kinski et engueule une actrice enfant qui se marre quand il ne faut pas. Un documentaire intéressant car une fois de plus Polanski livre quelques méthodes de mise en scène, le placement de la caméra, le choix d'objectif, la valeur de cadre, l'utilisation des mouvements de caméra à bon escient.

Il était une fois Tess (52 min - SD - 16/9)
On retrouve les mêmes intervenants que dans les documentaires de Bouzereau, donc forcément une certaine redondance dans les anecdotes.Mais Serge July parvient à nous intéresser en replaçant judicieusement le film dans le contexte de son année de réalisation plus que dans le contexte historique qu'il raconte, celui de l'Angleterre du 19ème siècle. On peut s'étonner aussi que Claude Berri accepte de participer à ce documentaire dont l'auteur est l'ancien directeur de Libération ; quand on sait ce qu'ont été les rapports houleux du producteur/réalisateur avec ce journal, on se dit que l'homme n'est pas rancunier.

Bande annonce (1 min 46 - SD)

Par Jean-Marc Oudry - le 13 décembre 2012