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Test blu-ray

Police fédérale, Los Angeles

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 6 / 12 / 2017

Image

Carlotta répare aujourd'hui la surprenante absence de Police Fédérale, Los Angeles en Blu-ray, qui n'était disponible qu'en DVD sur le territoire français. Pour son huitième combo Ultra Collector, l'éditeur reprend la restauration 4K sortie chez les Américains de Shout! Factory et les Anglais d'Arrow, il y a un an. Effectué à partir du négatif original, et approuvé par le réalisateur William Friedkin, ce nouveau master enterre largement les précédentes versions : tout est amélioré, de la précision de l'image (désormais très fine) aux contrastes soutenus (un peu trop, peut-être) et à la colorimétrie beaucoup plus saturée. Tout est plus subtil, nuancé, avec un fort rendu argentique, tant dans la restitution du grain fin et abondant, que dans certaines tonalités de couleurs, parfois un peu rugueuses, moins enjolivées que par le passé. Les seules véritables faiblesses, mais finalement négligeables, concernent la propreté et la stabilité de la copie : le nettoyage n'est pas complet, il reste encore de nombreux points blancs, et certains cadres souffrent parfois d'une légère instabilité horizontale. Il s'agit de la meilleure présentation du film à ce jour, tout simplement.

comparatif DVD z1 (2006) vs. BR Carlotta (2017) :   1   2   3   4

Son

En VO, le film est proposé en stéréo et en 5.1, des mixes corrects mais finalement plutôt sobres, sans "son qui claque" et effets à foison. La spatialisation est appliquée mais jamais trop accentuée, les bruitages ou la musique gardent une certaine efficacité, sans en faire des tonnes. On reste dans un rendu à l'esprit sans doute assez fidèle à celui de l'époque, avec des dialogues clairs, un ensemble qui reste très propre et totalement nettoyé. C'est aussi le cas de la version française, en 5.1 elle aussi, qui est malgré tout quelques crans en deçà, notamment à cause de sa dynamique un peu plus limitée et ses ambiances/bruitages parfois très restreints.

Suppléments

Police Fédérale Los Angeles est présenté en combo Blu-ray et double DVD (aux contenus identiques), dans un coffret illustré par Raid71. Comme c'est la tradition, le film est accompagné d'un livre inédit de 160 pages, illustré d'une quarantaine de photos d'archive. L'éditeur s'est associé à la revue bimestrielle "La septième obsession" pour Eloge du faux semblant, un recueil de six textes (et une introduction) qui proposent des axes de réflexion et d'analyse, décortiquent les thématiques, les figures récurrentes ou des scènes de Police Fédérale Los Angeles, "un plaisir cinéphile évident". Ce "film-contrefaçon" , "spectacle illusionniste qui porte sur son propre pouvoir d'illusion", est l'occasion pour William Friedkin de réfléchir sur son art "en l'associant à la fabrication du faux" dans un condensé esthétique des années 80. Il critique son époque en montrant un univers en décrépitude qui côtoie l'Amérique Reaganienne triomphaliste, et met en scène un personnage "auto-portrait" : Rick Masters, "artiste total qui n'a aucune ambition commerciale"Le réalisateur s'applique à jouer avec les codes du buddy movie, de la masculinité "remise en perspective", et avec "notre désir de voir". Des textes souvent intéressants qui peuvent parfois se perdre dans des démonstrations un peu denses, au ton un peu trop universitaire. Dommage, également, de ne pas avoir davantage illustré les analyses de scènes avec des images du film.

Le film est accompagné de nombreux suppléments piochés entre l'édition collector MGM (2003) et le Blu-ray américain sorti chez Shout! Factory (2016) :

Commentaire audio de William Friedkin (VOSTF)
Ceux qui connaissent le réalisateur de French Connection ou L'Exorciste savent qu'il possède un sens pédagogique hors pair, un véritable talent pour expliquer son travail. Ce commentaire audio est donc, sans surprise, un pur régal, Friedkin abordant de manière extrêmement claire de très nombreux sujets autour du film et de son tournage en petite équipe, avec des explications parfois très précises - par exemple sur la course-poursuite. Il raconte parmi, un tas d'autres choses, les restrictions de l'aéroport, les faux-billets repérés par le Trésor américain et l'intimidation dont il fut l'objet (anecdotes reprises dans le making of suivant), comment il fait confiance à son instinct pour le casting, tel John Turturro ("choisi sans hésiter"), ou admire l'intelligence de Dean Stockwell et la sensibilité de Robby Müller

Un monde de contrefaçon (30 min - SD upscalé en 1080i)
Un excellent making of, illustré par des images du tournage, qui donne la parole au réalisateur ou à certains membres de l'équipe. Avec franchise et enthousiasme, ils racontent la production du film et les méthodes de travail de William Friedkin, qui filmait parfois ses répétitions pour garder une certaine spontanéité. On aborde aussi la crédibilité du faussaire, les dommages collatéraux rencontrés avec le FBI (on ne plaisante pas avec les faux billets !) ou la fabrication de la course-poursuite en voiture, pendant six semaines.


Tenter sa chance (21 min - 1080p)
Un entretien avec William Petersen qui revient sur son premier casting où il fut engagé en quelques minutes, le savoir-faire de William Friedkin qui voulait "désorienter le public", ou la seconde fin tournée sans conviction. Malgré certaines redites par rapport au module précédent, il livre quelques bonnes anecdotes sur les "accidents heureux" du tournage.


Le renouveau de la femme à Los Angeles (15 min - 1080p)
Un entretien avec l'actrice Debra Feuer qui ne cesse de vanter les mérites de William Friedkin, quelqu'un qui faisait confiance à sa spontanéité au point de lui faire porter ses propres vêtements dans le film. Elle parle de la bisexualité de son personnage et raconte comment Friedkin lui a donné confiance, et a imposé que l'attirance réciproque avec son partenaire Willem Dafoe ne s'exprime que sur le plateau de tournage.

Docteur d'un jour (9 min - 1080p)
Un bref interview de l'acteur Dwier Brown qui n'a pas forcément tant de choses à raconter sur le film - et c'est bien normal puisqu'il n'apparaît que quelques secondes à l'écran ! On apprendra malgré tout que Friedkin, "très disponible et avenant", s'impliquait jusqu'à assister aux auditions, qu'il régnait une "bonne entente entre les acteurs de Chicago", que sa courte scène fut "une sorte de carte de visite" dans sa carrière à venir et qu'il retrouvera Friedkin quelques années plus tard, sur La Nurse...

Totalement en phase (13 min - SD upscalé en 1080p)
Rencontre avec le groupe Wang Chang qui raconte sa participation au film et la collaboration avec William Friedkin pour trouver une sonorité particulière et "sortir du format pop", quelques anecdotes sur ce personnage "impressionnant" ou leurs souvenirs sur la sortie de Police Fédérale Los Angeles. Ils ne semblent toujours pas en revenir...

A contresens (36 min - 1080p)
Un excellent entretien avec le coordinateur de cascades Buddy Joe Hooker, un professionnel très enthousiaste qui parle de son métier, ce qui a changé avec l'arrivée des ordinateurs, ou de sa collaboration avec William Friedkin (qui se poursuivra sur sept autres films), l'une des plus belles expériences de sa carrière. Hooker livre un beau portrait du réalisateur, quelqu'un qui "en demande beaucoup" et avec qui les relations vont évoluer au fur et à mesure que la confiance va s'installer entre eux. Il rappelle l'importance du montage dans le résultat final et dévoile certaines idées qu'il put soumettre au réalisateur, comme "le camion en portefeuille" ou un système hydraulique (aperçu dans le module "Un monde de contrefaçon") qui permettait de filmer les acteurs dans une voiture déportée.

Scène coupée (5 min - SD upscalé en 1080p)
Une brève scène (retrouvée sur une bande vidéo de mauvaise qualité) où Vukovich tente de renouer avec sa femme, avec laquelle il est visiblement en train de divorcer. Présentée par le réalisateur qui estime aujourd'hui qu'il aurait dû la conserver au montage.

Fin alternative (9 min - SD upscalé en 1080p)
Cette seconde fin "qui est nulle mais qui existe" est présentée par le réalisateur et William Petersen.

Deux bandes-annonces (2 min 08 / 1 min 26 - 1080p - VOSTF) très rythmées, au style fortement ancré dans son époque.

En savoir plus

Taille du Disque : 48 476 480 073 bytes
Taille du Film : 38 802 576 960 bytes
Durée : 1:55:51.110
Total Bitrate: 44,66 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 34,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 34987 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3974 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1047 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 16-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 1958 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 768 kbps / 16-bit)
Audio: English / Dolby Digital Audio / 2.0 / 48 kHz / 256 kbps / DN -7dB
Subtitle: French / 20,318 kbps
Subtitle: French / 0,313 kbps
Subtitle: French / 46,692 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 3 janvier 2018