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Test blu-ray

Panique

BLU-RAY - Région B
TF1 Vidéo
Parution : 2 / 12 / 2015

Image

Le négatif original du film ayant disparu, c'est à partir du "marron nitrate" (ou "interpositif", le premier élément intermédiaire après le développement de l'original) que Digimage a mené cette restauration en 2K pour TF1 Vidéo.

Le film n'était, à ce jour, disponible sous forme numérique que dans un assez médiocre DVD LCJ édité en 2008, et les quelques comparatifs ci-dessous traduisent mieux que les mots l'apport considérable de la haute-définition.

Comparatif 1    Comparatif 2    Comparatif 3

Assez curieusement, toutefois, on constate un ratio d'image plutôt étrange de 1.28:1, finalement assez éloigné du 1.37:1 original, et le comparatif ci-dessus (avec un DVD présentant, lui, un ratio de 1.32:1) permet d'observer, simultanément à un gain sur le haut et le bas de l'image, une perte d'information minime mais indéniable sur les bords gauche et droit.

Pour le reste, cette édition rend justice au travail très particulier effectué sur le film par le chef-opérateur Nicolas Hayer, avec par exemple de très gros plans au rendu assez fin, ou des éclairages très contrastés offrant des noirs assez denses (quelques blocs de compression apparaissent parfois, mais de façon anecdotique). Le piqué est variable selon les séquences, mais cela est moins imputable à la restauration qu'à la nature initiale des prises de vues - on peut par ailleurs penser que le fait que le scan ait été réalisé à partir d'un interpositif et non du négatif original explique la légère douceur générale du trait. On peut également mentionner un grain joliment présent, sans qu'aucun procédé de réduction abusive de celui-ci ne soit jamais manifeste.

Au rayon des quelques bémols, on peut évoquer des variations de luminosité assez conséquentes au sein d'une même séquence (par exemple à 13 min 31, où on a carrément l'impression que la lumière a été éteinte), des photogrammes manquants (à 14 min 30, Michel Simon se lève de sa chaise en jump-cut), ou des défauts de propreté : le plus flagrant étant cette strie blanche verticale, coriace, qui demeure de 1h 07 min 00 à 1h 08 min 30 environ (voir antépénultième image de la galerie ci-contre à droite).

Son

Le générique de début effraie un peu, avec de fortes oscillations, mais la suite dément l'essentiel de ces inquiétudes : le rendu est clair, plutôt dynamique et rend particulièrement justice au travail sonore effectué lors de certaines séquences, comme celle de la fête foraine, avec cette cacophonie dissonante pour le moins étrange.

Suppléments

Le titre initie, simultanément au Carrosse d'or de Jean Renoir, une nouvelle collection "Héritage" au visuel rétro pas forcément immédiatement séduisant, mais qui s'imposera peut-être, après quelques sorties, par son homogénéité.

Sur le disque figurent trois suppléments exclusifs, tous réalisés par Pierre-Henri Gibert.

Le premier est une discussion autour de Panique (20 min - HD) entre Guillemette Odicino (de Télérama) et Eric Libiot (de L'Express), qui dresse un panorama assez complet, évoquant autant la genèse du film (et notamment des différences avec le roman de Simenon dont il est l'adaptation) que le style de Julien Duvivier (tant dans la forme que dans le ton, ici particulièrement noir) ou la personnalité des principaux comédiens (Michel Simon ou Viviane Romance). Le propos et le montage sont dynamiques, ce qui rend le module assez plaisant à suivre, mais on aura, à titre personnel, infiniment plus apprécié la sobriété pédagogique d'Eric Libiot que la décontraction un peu poseuse, parsemée de formules-choc vaguement péremptoires, de Guillemette Odicino.

Dans le deuxième supplément (Julien Duvivier, un maître, 19 min - HD), le cinéaste Patrice Leconte, auteur en 1989 d'une assez admirable réadaptation du roman de Simenon, relate dans un premier temps les circonstances qui l'ont amené à réaliser un "remake" d'un film qu'il aimait particulièrement depuis des années. Il explique ensuite ce qui rend, à ses yeux, le cinéma de Duvivier aussi précieux, et notamment dans ce film-ci, et son attention de professionnel se porte avec pertinence sur des aspects plus techniques (par exemple la lumière ou le son), qu'il évoque de manière claire (et bien illustrée par les extraits du film). L'apport de Georges Simenon, dont Patrice Leconte avoue être un lecteur de longue date, le cinéaste relate enfin quelques anecdotes sur Michel Simon, qu'il avait eu l'occasion de croiser sur le tournage de Blanche (1971) de Walerian Borowczyk.

Michel Simon fait justement l'objet du troisième module (L'Eclat de Michel Simon, 15 min - HD), porté par Claude Gauteur, auteur d'un ouvrage consacré à l'acteur. Après une première partie revenant sur le film, qui confirme, complète ou redonde le premier supplément avec Eric Libiot et Guillemette Odicino, l'intervenant évoque plus spécifiquement Michel Simon, et notamment sa passion pour la photographie qu'il insufflera au personnage de Hire. La fin du module revient sur quelques exégèses associant plusieurs hypothèses plus ou moins tirées par les cheveux au film, celles-ci étant pour l'essentiel évacuées (en justifiant pourquoi) par Claude Gauteur.

Nous ne pourrons pas parler du livret, rédigé par Christophe Lemaire, puisqu'il ne nous a pas été transmis par l'éditeur.

En savoir plus

Taille du Disque : 38 314 817 451 bytes
Taille du Film : 24 495 273 984 bytes
Durée : 1:38:02
Total Bitrate: 33,29 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 33,31 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 30013 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Sous-titre: French / 40,669 kbps

Par Antoine Royer - le 7 décembre 2015