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Test blu-ray

Network, main basse sur la TV

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 17 / 4 / 2019

Image

Pour son édition de Network, Carlotta reprend le master HD sorti par Warner en 2011, aux Etats-Unis, mais cette fois-ci "matté" au format 1.85. Malgré une copie stable et propre (à quelques rayures verticales près), une bonne colorimétrie (aux dérives magenta typiques) et des contrastes bien équilibrés, la restauration bénéficie d'un scan malheureusement un peu daté, avec une limitation visible dans les hautes lumières et le niveau de détail : la définition reste honnête mais l'ensemble conserve une certaine douceur. Un bon point ceci dit, la granulation argentique est respectée et abondante, donnant à l'ensemble une patine cinéma convaincante puisque l'encodage du disque Carlotta est meilleur, un peu plus affiné que celui du Blu-ray Warner : c'était l'époque où l'éditeur américain n'optimisait pas le débit vidéo et lissait sensiblement ses images...

Blu-ray Warner US (2011) vs. Blu-ray Carlotta (2019)1  2  3  4  5  6  7  8

Son

La version originale est de bonne facture, avec une amplitude modeste (mono 1.0 oblige) mais conforme au mixage d'origine. Les dialogues sont clairs, les ambiances équilibrées, on ne relève aucune trace d'usure disgracieuse. La version française apparaît plus couverte et compressée, avec une amplitude limitée, des ambiances réduites et des voix à la réverbération parfois étrange...

Suppléments

Après Contre-enquête, Carlotta retrouve le réalisateur Sidney Lumet pour son douzième coffret Ultra Collector, limité à 3 000 exemplaires, une édition très soignée de Network dont le design est signé Joachim Roncin. Si on frôle de peu l'édition ultime - puisque le making of de près d'1h30, présent sur le Blu-ray américain, n'est malheureusement pas repris, Carlotta nous gâte vraiment avec deux suppléments de choix. Le coffret inclue tout d'abord Fou de rage, un livre de 200 pages, paru en 2014 et traduit pour la première fois en français, illustré de photos de production rares.

Dave Itzkoff, journaliste culturel au New York Times, raconte l’élaboration du film en dressant parallèlement le portrait de son scénariste, Paddy Chayefsky, personnalité haute en couleur qui montrait une "aptitude illimitée à la colère" et une forte défiance à la hiérarchie. C'était un auteur à l’image de son écriture : atypique, rigoureuse et entière, dont le film Network restera "sa création". Il "exigeait un contrôle total des évènements" et, chose rare, obtint un contrat en conséquence qui lui permettait de conserver un droit de regard sur toutes les phases de la production. Il trouva en Sidney Lumet un créateur à l’écoute, "artisan brillant" et intègre, qui renouait comme lui avec l’univers de la télévision qui les avait vus débuter. Le livre est minutieusement écrit, foisonnant de détails : Itzkoff a recueilli de nombreux témoignages et eut accès aux archives de Chayefsky (carnets et notes personnelles) ainsi qu’au journal de tournage de la scripte. Un récit passionnant lorsqu’il raconte la phase d’écriture et les développements du scénario, comment Chayefsky doute et s’interroge sur son travail, tâtonne et finit par resserrer son intrigue autour d’un "incident fondamental". En plus du casting réunissant Peter Finch, acteur qui "portait les marques d’une colère folle", William Holden, considéré en 1975 comme "une attachante relique", ou Faye Dunaway, actrice travailleuse pour "l’un des rôles féminins les plus importants depuis des années", mais qui s’avérera difficile à gérer lors des scènes d’amour, on apprend énormément sur les séances de répétition marathon ou les difficultés rencontrées par les acteurs, au tournage, lorsqu’ils devaient mettre en bouche, au mot près, les textes longs et ardus de Chayefsky. Fou de rage décrit un projet tourné à une époque où l'on essayait de "faire de bons films pour gagner de l’argent", une oeuvre audacieuse et surtout visionnaire : nous vivons aujourd’hui dans un "environnement indubitablement chayefskyien", où le travail de l’information est peu à peu devenu "un business", où la frontière avec le divertissement est de plus en plus poreuse...

Le Blu-ray et le second DVD proposent, quant à eux :



By Sidney Lumet (110 min - 1080p - VOSTF)
On avait failli le trouver en supplément du Blu-ray du Groupe, il y a quelques mois, mais c'est finalement Carlotta qui édite cet excellent documentaire réalisé par Nancy Buirski en 2015, dans lequel le cinéaste, filmé trois ans avant sa mort, revient sur ses débuts d'enfant acteur avec son père, le passage à l’armée ("un choc culturel", "l’époque la plus difficile que j’ai vécue"), son apprentissage à la télévision ("c’était passionnant"), son "sens lyrique du drame" et la façon dont il pense ses œuvres (laisser simplement le message apparaître de la scène ou de la situation elle-même), son approche de l’humain et donc des acteurs ("c’est le visage qui est intéressant"), comment il les dirige et obtient d’eux des performances (Pacino est "comme une blessure ouverte"). L’ensemble apparaît, non comme une sorte de bilan, mais plutôt comme le portrait nuancé d’un artiste humble (il se considère toujours chanceux d'avoir pu faire ce métier aussi longtemps), tout en sérénité, à la philosophie de vie affirmée, empreinte de sagesse et de valeurs comme la justice, le travail (un mot qui revient très souvent) et la créativité. Les propos sont accompagnés de nombreux et judicieux extraits de ses films (souvent méconnues et rares... messieurs les éditeurs, à vous de jouer !) qui, à travers des figures ou des détails, dressent des ponts avec sa vie et sa personnalité, traduisant un goût pour les rebelles, l’individualité ("l’essence-même de la vie"), la famille ("la source permanente du drame"), l’histoire juive ou sa ville de New York ("le seul endroit où je me sens à l’aise").



Bande-annonce originale (2 min 59 - SD upscalé en 1080p - VOSTF)

En savoir plus

Taille du Disque : 47 107 400 538 bytes
Taille du Film : 28 987 917 888 bytes
Durée : 2:01:20.481
Total Bitrate: 31,85 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 27,92 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 27920 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1097 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 1072 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 47,641 kbps
Subtitle: French / 0,120 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 26 avril 2019