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Test blu-ray

Macbeth & Othello d'après William Shakespeare réalisés par Orson Welles

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 5 / 11 / 2014

Image


MACBETH

Macbeth était sorti en DVD chez Wild Side en 2005 et présentait alors un rendu séduisant pour l'époque. Près de dix ans plus tard cependant, il était nécessaire de proposer un master plus exigeant et conforme aux standards actuels de qualité, d'autant que l'image du DVD souffrait d'un lissage trop prononcé. Une nouvelle restauration a été entreprise par l'éditeur La Rabbia et force est d'admettre que le résultat s'avère très satisfaisant. Avec son grain cinéma plutôt fidèlement restitué, la texture générale de ce nouveau master restauré nous fait plaisir avec sa patine "argentique" et sa propreté. Bien sûr, notre jugement généralement très positif doit être pondéré par les spécifications des images tournées par Orson Welles. Les scènes de brume étant assez difficiles à encoder, elles perdent en définition tout en présentant un bruit vidéo qui reste néanmoins acceptable. De manière générale, les scènes en "intérieur" offrent un meilleur rendu que les scènes en "extérieur" - de tout façon, il faut savoir que tout le film est tourné en studio. Les contrastes, très poussés conformément au style expressionniste adopté, sont impressionnants, même si les noirs peuvent apparaître "charbonneux" par endroits. Des variations de luminosité et de définition peuvent régulièrement survenir selon les aléas de tournage et surtout les effets spéciaux optiques utilisés. Mais à côté de scènes moins définies donc, de très nombreuses séquences possèdent un rendu HD évident avec un piqué superbe qui met en valeur les textures, les étoffes et le grain de peau. Enfin, la version courte de 85 mn de Macbeth a bénéficié sur cette édition Blu-ray des mêmes soins techniques de la part des éditeurs, un effort à saluer. En résumé, les amateurs de Welles devront repasser à la caisse pour bénéficier d'une image conforme à l'ambition visuelle du génial cinéaste américain.


OTHELLO

Avant toute chose, compte tenu du tournage chaotique d'Othello (d'une longueur inhabituelle et ayant pris place sur de nombreux lieux et décors, plusieurs séquences linéaires ont même pu être filmées à des époques et à des endroits différents), il convient de se montrer indulgent en comparaison avec d'autres grands classiques qui ont pu bénéficier d'un rendu magnifique en Blu-ray. Cela dit, même sans être particulièrement bienveillant, il faut admettre que l'on se trouve aujourd'hui devant un résultat quasi miraculeux et qui reste conforme au rendu visuel offert par le matériau d'origine - cela reste bien sûr une supposition mais le rendu "argentique" du master nous incite à le penser. Certes, Carlotta partait d'une copie ayant déjà fait l'objet d'une restauration en 1992. Mais l'éditeur français s'est montré encore plus pointu, y allant de sa propre restauration 2K à partir du négatif original avec le concours du laboratoire londonien Deluxe. Carlotta affirme que l'étalonnage a été amélioré et que les faux raccords lumineux (fatalement très nombreux) ont été corrigés du mieux possible. Sur ce dernier point, on ne peut que lui donner raison. Si de nombreuses scènes paraissent encore très lumineuses et si les textures de l'image varient logiquement d'une séquence à l'autre, l'ensemble du film affiche néanmoins une cohérence satisfaisante et un rendu très propre (les scories sont très rares). Seul l'épisode vénitien (surtout les extérieurs) possède vraiment un rendu d'une qualité moindre avec une définition en baisse et une granulosité excessive. Certes des variations de définition sont présentes sur l'ensemble du film, mais il est impossible d'en tenir rigueur à qui que ce soit. Et surtout, quand la HD remplit son office, le résultat peut se révéler stupéfiant, avec des contrastes intenses, un très beau piqué, un bon niveau de détail et un grain cinéma séduisant. En somme, on se risquera à avancer sans trop se mouiller que, sur le plan visuel en tout cas, ce Blu-ray d'Othello devient une édition de référence.

Son

Bien que bénéficiant chacun d'un mixage différent (DTS-HD MA 1.0 pour Macbeth et DTS-HD MA 2.0 pour Othello), les deux pistes sonores présentent des caractéristiques plus ou moins similaires. A savoir que les deux bande-son mono restaurées offrent une belle profondeur (un trait essentiel pour le travail sonore effectué sur Macbeth), une clarté satisfaisante qui profitent aux dialogues et aux différentes textures vocales et un mixage bien équilibré entre voix, ambiances et musique. Pour des pistes monographiques ambitieuses datant de plus de 60 ans, l'impression d'immersion est bien réelle et très appréciable. La bande-son d'Othello, complètement restaurée en 1992, offre peut-être un rendu légèrement supérieur en terme de clarté, et un peu moins de souffle, mais il est nécessaire de s'attarder sur ce point.

L'opération technique, effectuée aux Etats-Unis, avec le soutien d'une des filles du réalisateurs (Beatrice Welles-Smith), est allée bien au-delà d'une simple restauration : la musique a été intégralement réenregistrée puis remixée, et les effets sonores - qui avaient été à l'origine scrupuleusement conçus par Welles - ont été complètement recréés. Cette démarche a logiquement entraîné une polémique dans le petit monde cinéphile ; celle-ci ne s'est pas éteinte depuis car le travail minutieux effectué sur le son par Welles a été écarté sans ambages. Il faut donc bien garder à l'esprit que la piste sonore présente sur le Blu-ray d'Othello n'est donc pas fidèle aux souhaits du cinéaste. Carlotta assure avoir bien tenté de proposer les deux versions sonores sur cette édition collector, mais ses efforts ont étés vains car l'héritière d'Orson Welles autorise seulement la circulation de la bande-son datant de 1992. Il faudra hélas s'en contenter.

Suppléments


macbeth

Cette nouvelle édition signée Carlotta (en collaboration avec La Rabbia, une petite société d'édition fondée par Manuel Chiche, fondateur et directeur de Wild Side, qui possède les droits salles et vidéo de Macbeth), reprend la quasi-intégralité des suppléments présents dans le très beau coffret triple DVD du film datant de fin 2005, sorti alors par Wild Side Vidéo. L'avantage est qu'ils sont ici proposés en haute définition (enfin plutôt upscalés). Seule l'interview de Denis Lavant est inédite.

Blu-ray 1

Macbeth maudit (25 mn 13 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2014)
Ce document est un entretien avec Denis Lavant, enregistré par Jonas Rosales pour Allerton Films et illustré par des extraits du film, des peintures et des photos. L'acteur expérimenté de théâtre et de cinéma (complice fidèle de Leos Carax), fin connaisseur de la pièce de William Shakespeare, nous livre sa vision personnelle du Macbeth d'Orson Welles qu'il a redécouvert récemment. Fervent amateur du cinéma en noir et blanc et des décors stylisés et expressionnistes, Lavant s'exprime sur l'aspect maléfique de la pièce, la folie du pouvoir et la croyance en les forces du mal qui sont à l'œuvre. Intéressé surtout par la folie de cet antihéros en marge de la société et dont la faiblesse est attisée par l'ambition de sa compagne, il évoque plusieurs thèmes comme la mise en scène (l'espace scénique, les gros plans, l'obscurité, l'univers nocturne des sortilèges), le rapport au théâtre, le jeu humainement dense des comédiens (le refus du naturalisme, la gestion du corps et de la voix, les visages changeants, l'expressivité des yeux), le rapport archaïque aux éléments. Il parle également de l'ajout du prêtre par Welles, en contrepoint des forces maléfiques, et livre une analyse de la scène de l'apparition du fantôme lors du banquet. Pour notre grand plaisir, Denis Lavant se montre disert et surtout passionné, autant par l'œuvre shakespearienne que par le film de Welles.

Les Deux Macbeth d'Orson Welles (26 mn 45 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2005)
Cette analyse est effectuée par l’universitaire François Thomas, spécialiste de l’œuvre d’Orson Welles. Tout ce que le cinéphile souhaite apprendre sur les événements qui ont conduit à l’existence de ces deux versions (datant respectivement de 1948 puis de 1950) et sur la nature de leurs différences nous est ici conté : le mauvais accueil du public et de la critique, surtout en raison de l’accent écossais et de la surcharge sonore censée apporter à Macbeth une forme de sauvagerie ; le tournage d'une durée de trois semaines avec son play-back, la postsynchronisation ; les détails du remontage du film et sa ressortie ; la comparaison entre les deux versions (les vingt-et-une minutes supplémentaires et les séquences concernées). Thomas s'aventure dans les détails et explique fort bien les conséquences issues de la présence de deux versions sur cette œuvre en termes de dramaturgie et sur la vision des personnages que l’on acquiert selon les deux montages. Ce document produit par Wild Side Films et Fenêtre sur Prod. se révèle donc très pertinent et particulièrement instructif.

Welles & Shakespeare (13 mn 57 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2005)
Jean-Pierre Berthomé, écrivain et historien du cinéma, nous entretient de la relation unissant les deux artistes, Orson Welles étant passionné par Shakespeare depuis son adolescence. Où l’on voit que le parcours du cinéaste depuis ses débuts est étroitement lié à l’œuvre du dramaturge anglais. Welles n’avait pas encore vingt ans lorsqu’il produisit une édition de ses œuvres théâtrales annotée de ses propres dessins et commentaires. Théâtre, émissions de radio et édition de disques ont suivi. Berthomé met l’accent sur l’intérêt porté par Welles aux pièces politiques, puis sur le goût du grotesque que le réalisateur partage avec l’écrivain, et enfin sur la vision métaphysique du monde. Et sans que Welles ne se soit jamais senti otage de l’adaptation littérale. Car démontrant une grande infidélité par rapport au texte original, Orson Welles n’en a jamais trahi l’esprit. Ce document constitue une excellente introduction à cette thématique qui nécessite la lecture d’un ouvrage entier pour en percevoir toute la portée dans l’histoire du cinéma.

Le château et la lande - Analyse du décor par Jean-Pierre Berthomé (13 mn 43 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2005)
Jean-Pierre Berthomé, également professeur d’études cinématographiques et critique à Positif, spécialiste du décor au cinéma, traite justement de l’importance de ce dernier dans Macbeth qui est dû à Welles lui-même (des story-boards et croquis nous sont montrés). Comme nous le précise Berthomé, ses dessins préparatoires sont des variations du décor de la pièce montée en 1936. Bien que trop court, hélas, ce document sait mettre l’accent sur le rôle dramatique et historique du décor et des accessoires dans le récit (le château et la lande, le vêtement porté par Welles à la fin suggérant volontairement la Statue de la Liberté). On aurait aimé plus de développements pour un tel sujet qui ressemble plutôt à une mise en bouche.

Séquences thématiques commentées
Jean-Pierre Berthomé pour l’image (3mn) et François Thomas pour le son et la musique (3 mn 38) se livrent chacun à une brève mais très pertinente analyse de la même scène, celle dans laquelle Macbeth quitte dans un même mouvement le château pour rejoindre la lande afin de s’adresser aux sorcières. Le travail pictural et sonore de Welles est intelligemment mis en perspective par le deux critiques et l’on aurait bien souhaité plus d’exemples de ce type pour satisfaire notre soif d’analyse.

Le bruit et la fureur (13 mn 51 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2005)
L’interview du metteur en scène Stuart Seide, enregistrée au Théâtre de Gennevilliers, apporte l’éclairage d’un homme de théâtre sur le travail d’Orson Welles, un travail qui, selon lui, a révolutionné la manière d’aborder Shakespeare au XXème Siècle. Il insiste également sur la dimension intime du personnage de Macbeth au-delà de l'aspect politique, qui fait intervenir la notion de destin et de cauchemar personnel ou encore sur la postérité de l'œuvre de Welles.

Macbeth Vaudou (8 mn 50 - 1.85 - DD 1.0 - HD - 2005)
Introduit par une présentation (1 mn 39) de François Thomas, ce court document nous présente les seules images connues du Macbeth monté au théâtre par Orson Welles en 1936 grâce aux financements du New Deal et interprété par une troupe d’acteurs noirs. Ces 4 mn proviennent de la tournée effectuée ensuite dans le pays. Les images sont en bon état, de même que la bande-son bien conservée avec ses effets sonores.

Macbeth : enregistrement discographique (78 mn - DD 1.0)
Sur une musique composée et dirigée par Bernard Herrmann, ce module nous présente le programme radiophonique de Macbeth enregistré par le Mercury Theater en 1940 sur des disques 78 tours. Voilà donc un document rare et peut-être un peu rébarbatif, surtout après avoir pris connaissance des deux versions du film, qui demandera une certaine exigence de la part du cinéphile anglophile - car aucun sous-titrage n’est disponible - pour se lancer à son écoute. Le son est néanmoins clair et les dialogues intelligibles, malgré une piste sonore présentant un souffle constant et un léger chuintement.

Blu-ray 2

Ce deuxième disque contient la version de 85 minutes de Macbeth datant de 1950. Ce Blu-ray ne propose ni menu ni chapitrage, le film se lance dès son insertion dans le lecteur.

OTHELLO

Ce Blu-ray collector se présente sous la forme d'une édition double disque, avec un Blu-ray consacré au film et aux suppléments et un DVD sur lequel figure le documentaire Shakespeare et Orson Welles de 1975.

Blu-ray

Perspectives sur Othello (45 min 17 - 1.85 - DD 2.0 - HD - 2014)
Ecrit, réalisé et produit par Robert Fischer pour Fiction Factory, ce documentaire convie le fameux écrivain et historien du cinéma Joseph McBride à parler d'Orson Welles en général et de l'adaptation d'Othello en particulier. McBride a découvert les films de Welles très tôt durant ses études et a commencé à écrire vite sur son œuvre. L'ayant côtoyé ensuite de nombreuses années, il a même interprété un rôle dans le mystérieux film inachevé et "perdu" The Other Side of the Wind. Excellent connaisseur du cinéma d'Orson Welles, McBride s'exprime avec aisance et rapidité et nous livre un court historique de sa carrière et surtout sa vision de l'artiste au moyen d'anecdotes et de brèves analyses sur de nombreux aspects de son univers : la relation étroite avec Shakespeare, la quête d'indépendance et de liberté, ses audaces formelles et dramaturgiques, l'approche de certains tabous ou encore, plus original, l'homoérotisme présent en filigrane dans ses films (lié au sentiments d'amitié et de trahison des personnages masculins). Il évoque surtout Othello, l'organisation très complexe de son tournage, les différents points de vue exploités par Welles à partir de la pièce de Shakespeare, le jeu des comédiens, le casting et les collaborateurs, la difficulté du cinéaste à tenir deux activités parallèles, la dimension poétique du film, la jalousie comme thématique prioritaire, les différentes versions du film, les problème posés par la restauration sonore datant de 1992 qui dénature l'œuvre initiale, Filming Othello... McBride aborde enfin les dernières années de la vie du cinéaste où il nous confirme qu'Orson Welles ne cessait de filmer jusqu'à ses derniers jours, avec toujours des projets plein la tête (toujours relatifs à Shakespeare). Un entretien passionnant qui donne envie de replonger dans la foulée dans les écrits de McBride sur Welles.

Return to Glennascaul (26 min 35 - 1.33 - DD 1.0 - SD)
Il s'agit d'un court métrage de 22 minutes réalisé en 1951 par l'acteur britannique Hilton Edwards (Brabantio dans Othello) lors de l'une des nombreuses interruptions du tournage du film d'Orson Welles. Il nous est introduit ici par le cinéaste cinéphile Peter Bogdanovich, ami de Welles et grand défenseur de son œuvre (il est l'auteur entre autres d'une célèbre et très dense interview), qui nous précise les circonstances de la mise en chantier de ce petit film par les comédiens Hilton Edwards et Micheal MacLiammoir. Dans Return to Glennascaul, on voit Orson Welles jouer son propre rôle (et tenir celui du narrateur) : en Irlande, de nuit, il raccompagne en voiture chez lui un homme qu'il vient de croiser sur le bord de la route près de son auto en panne. L'inconnu se présente et raconte à Welles une aventure fabuleuse qui lui est arrivée sur la même portion de route. Ce court métrage, très classique dans sa fabrication, raconte une simple histoire de fantômes. Il s'agit avant tout d'une curiosité, intéressante surtout de par sa rareté et l'idée de faire intervenir Welles en tant que comédien ainsi que comme récitant de la voix off. Exceptées la présence de ce dernier et quelques notes d'humour, le "film dans le film" (le flash-back) manque vraiment d'inventivité dans sa réalisation pour rester dans les mémoires.


Bande-annonce 2014 (1 mn 34 - 1.33 - DD 1.0 - HD)
L'éditeur propose ici le film-annonce d'Othello en haute définition pour sa ressortie en salles en 2014 dans sa version restaurée. Evidemment, la qualité visuelle est au rendez-vous.

Partie BD-Rom
Dans le dossier "Othello" du Blu-ray (lisible sur ordinateur), l'éditeur propose de nombreux documents liés à Othello et visibles par un module de visionnage Flash : quelques affiches, de très nombreuses photos classées selon des thématiques et avec des présentations écrites, une proposition de découpage séquentiel, des textes sur Welles et le théâtre et sur des analyses visuelles du film, une étude de Desdémone et de Iago, une étude de l'ouverture du film, une description du générique final, le regard du peintre Annie Favier, un glossaire très fourni sur le vocabulaire cinématographique et une reproduction en 115 pages du script original. Pour cette partie BD-Rom, Carlotta n'a donc pas fait les choses à moitié !


DVD

Shakespeare et Orson Welles (53 mn 22 - 1.33 - noir et blanc - DD 1.0 - 1975)
Ce documentaire réalisé il y a près de 40 ans est une entretien réalisé par Isidro Romero et dirigé par Richard Marienstras, universitaire et écrivain, spécialiste de Shakespeare et du théâtre élisabéthain. Dans ce document rare et vivifiant pour l'esprit, Orson Welles passe de l'anglais au français en répondant avec intelligence et malice aux questions posées sur son rapport avec l'œuvre du dramaturge anglais, pour qui il semble avoir une véritable dévotion. « Le plus grand ennemi de Shakespeare c'est le metteur en scène » dit le cinéaste, qui considère le comédien comme l'élément prioritaire au théâtre. Tout au long de ce documentaire, Welles évoque ses souvenirs le liant à son travail d'adaptation théâtral, au rapport entre le théâtre et le cinéma, de sa première représentation théâtrale de Macbeth à New York avec une troupe d'acteurs noirs (et la remous sociaux que cela avait provoqués) jusqu'au personnage de Falstaff pour qui il éprouve une extrême sympathie. Le cinéaste nous entretient aussi de son expérience au sein du Théâtre fédéral imposé par Roosevelt, de son antifascisme via sa mise en scène de Jules César, des thèmes profonds soulevés par Macbeth et Othello et livre son analyse personnelle des personnages qu'il défend ardemment malgré leurs faiblesses. Bien sûr, il aborde ses adaptations cinématographiques mais on aurait souhaité entendre bien plus de détails concernant son pur travail de réalisation. Néanmoins, on boit du petit lait à l'écoute du grand Orson ; sa culture, sa maîtrise du sujet, sa vision personnelle et son humour nous emportent dans un entretien que l'on aurait bien souhaité deux fois plus long. Ce documentaire est illustré par des peintures, de nombreuses photos et quelques extraits des films bien montés. Enfin, sa qualité technique, correcte sans plus, justifie amplement le choix de l'éditeur de l'avoir proposé sur un simple DVD.

En savoir plus

En plus du coffret réunissant les deux films, celui qui est testé sur cette page, Macbeth et Othello sont bien sûr disponibles dans deux éditions Blu-ray collector séparées :

Par Ronny Chester - le 3 novembre 2014