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Test blu-ray

Lumière ! Le Cinématographe 1895-1905

BLU-RAY - Région B
Institut Lumière
Parution : 16 / 9 / 2015

Image

Ce montage de 95 minutes présente une sélection de 114 films des frères Lumière tournés entre 1895 et 1905. Chaque film dure 50 secondes, ils sont regroupés par thème en 12 chapitres. Les 114 films ont été scannés en 4K par L'Immagine Ritrovata de Bologne, et restaurés  par le laboratoire Eclair. Les éléments d'origine sont des négatifs et des positifs provenant des collections de La Cinémathèque française, de l'Institut Lumière et des Archives Françaises du Film. Le procédé de prises de vues cinématographique créé par les frères Lumière justifiait-il que les éléments films soient scannés en 4K ? Au vu du résultat, la réponse est 1 000 fois oui. La définition est souvent impressionnante, la qualité du noir et blanc est fantastique avec des valeurs de gris très nuancées. Preuve que le procédé était très au point, et ce dès 1895 ! Quelques court métrages présentent encore des défauts avec des rayures, des taches d'émulsion et de moisissure, mais dans l'ensemble le résultat fait de ce Blu-ray l'un des achats les plus pertinents du moment. La compression est excellente avec des pointes supérieures à 50 mbits/sec en débit. Le film est présenté en 24 fps, avec un ratio d'image  d'environ 1.35.

Son

Les films sont proposés avec trois pistes audio au choix : une piste muette ; une piste avec l'accompagnement musical de Camille Saint-Saëns (Javotte, Rapsodie bretonne, Andromaque, Suite en Ré opus 49...) , et une piste avec accompagnement musical et commentaire audio de Thierry Frémaux. La qualité technique de ces pistes (contemporaines donc) n'appelle aucun commentaire particulier, mais nous nous permettrons de recommander chaleureusement le commentaire audio de Thierry Frémaux, qui ne distrait jamais de l'image, bien au contraire.

Jonglant avec des considérations aussi bien sociologiques et culturelles qu'esthétiques ou techniques, le directeur de l'Institut Lumière joue son rôle d'historien pour contribuer à ancrer ces brefs films dans une double temporalité : celle du contexte précis de leur production, et celle de l'éternité qu'ils ont ouverte. Jamais sur-écrit, ne s'interdisant ni le silence ni l'humour (ses remarques sur les acrobates Krémos, sur les moustaches des policiers de Chicago ou sur les chasseurs alpins nous ont fait sourire), le commentaire valorise les oeuvres avec une telle fluidité que, lorsque l'on commence un chapitre, il est bien difficile de ne pas se laisser porter jusqu'à son terme !

Suppléments

Dans le boîtier se trouve un beau livret de 44 pages, en papier glacé. Richement illustré, il contient un texte précis de Thierry Frémaux, d'une douzaine de pages, rappelant le déroulé chronologique des événements ayant précédé la fameuse projection au Grand Café du 28 décembre. Figure également la précieuse liste - ordonnée - des 114 films figurant dans le montage, ainsi que quelques notes et remerciements.

Sur le premier disque où figure le montage, outre donc le commentaire audio de Thierry Frémaux (voir partie son ci-dessus), on trouve une très brève présentation de Bertrand Tavernier (2 min - HD), qui offre un résumé concis de la base de ce qu'il convient de savoir sur l'invention du Cinématographe et sur les films Lumière avant d'entamer le "beau voyage".

Le deuxième disque est lui essentiellement consacré aux suppléments, répartis en deux catégories : les suppléments d'hier et les suppléments d'aujourd'hui.

Dans la première catégorie, on retrouve un documentaire de Paul Paviot, Lumière, la naissance du cinéma, réalisé en 1953. Ce film convoque dans un premier temps la figure vieillissante d'Auguste Lumière (qui décédera l'année suivante) pour raconter la genèse du Cinématographe, accompagné de la voix-off d'Abel Gance (qui ose, dans les premières secondes, un audacieux parallèle, bien dans l'air de son temps, entre l'ère du nucléaire et celle du cinéma) et de la musique de Joseph Kosma. La forme de ce documentaire fictionnalisé (certains moments-clés sont reconstitués par des comédiens) a probablement vieilli, mais il n'en demeure pas moins d'un grand intérêt.

Aller au cinéma : Louis Lumière (1h 06) est un essai cinématographique réalisé en 1968 par Eric Rohmer, dans le cadre d'une série commandée par la télévision scolaire (ancêtre du CNDP). On y voit Jean Renoir puis Henri Langlois, fondateur de la Cinémathèque française et conservateur à l'époque de nombreux négatifs des films Lumière, intervenir à propos des frères Lumière et du Cinématographe, en alternance avec des extraits de films Lumière (dont certains, non encore restaurés, ne figurent pas dans le montage de 144 films proposé par cette édition).

Enfin, Pierwsky Film (alias Premier Film, en polonais) est un essai un peu abstrait de Jozef Piwkowski, élève de l'école de Lodz, réalisé en 1984 et qui offre une variation assez libre autour de la Sortie des usines Lumière.

Dans la série Suppléments d'aujourd'hui, on retrouve Bertrand Tavernier, dans un supplément intitulé L'Héritage Lumière (8 min - HD) qui évoque dans un premier temps les films Lumière en eux-mêmes, et dans un deuxième temps les "autochromes" Lumière, qui lui servirent d'inspiration esthétique pour Un dimanche à la campagne, comme nous l'évoquions dans notre texte consacré au film.

Thierry Frémaux fait lui aussi son retour dans un module intitulé Lumière, au début et pour toujours (19 min - HD), dans lequel il se livre, avec une belle érudition, aux rappels historiques liés à l'invention du Cinématographe ; il y propose notamment cette formule efficace pour caractériser Louis Lumière, "le dernier des inventeurs et le premier des cinéastes". Dans un deuxième temps, il évoque le hangar du premier film, conservé après le démantèlement des usines, et qui sert aujourd'hui de salle de projection à l'Institut. Se remémorant l'émotion qui avait accompagné une reconstitution informelle de la sortie des usines avec bon nombre de grands cinéastes en 1995, à l'occasion du Centenaire, il explique comment a germé l'idée de demander à des cinéastes présents à Lyon à l'occasion du Festival Lumière de filmer leur propre version du tout premier film.

C'est ainsi que nous retrouvons six Nouvelles Sorties d'Usine (3 min - HD), réalisées par Quentin Tarantino, Jerry Schatzberg, Michael Cimino, Pedro Almodovar, Paolo Sorrentino et Xavier Dolan. On pourra un peu déplorer la présentation (les six films sont présentés simultanément, ce qui n'aide pas à se concentrer sur un film spécifique, et ne facilite pas l'identification éventuelle des prestigieux protagonistes), mais on peut aussi considérer qu'au-delà de sa remarquable symbolique, l'exercice demeure d'un intérêt esthétique très limité. Tout juste mentionnera-t-on l'intéressante idée de Xavier Dolan, qui a demandé à tous ses figurants de sortir avec un smartphone, menant à se poser la question suivante (un peu oratoire) : dans quelle version se situe la vraie modernité ?

Enfin, le disque propose deux clips de l'exposition événement du Grand Palais de Paris (achevée en juin 2015), Lumière ! Le cinéma réinventé.

En savoir plus

Disc Title: LUMIERE
Disc Size: 26 638 339 007 bytes
Protection: AACS
BD-Java: No
Playlist: 00001.MPLS
Size: 26 180 081 664 bytes
Length: 1:35:04.083
Total Bitrate: 36,72 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 27135 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3183 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3367 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 813 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 3,039 kbps
Subtitle: French / 6,084 kbps

Par Jean-Marc Oudry (image) et Antoine Royer (son et suppléments) - le 29 octobre 2015