Menu
Test blu-ray

Le Venin de la peur

BLU-RAY - Région B
Le Chat qui Fume
Parution : 20 / 10 / 2015

Image

Pour son premier Blu-ray, Le Chat qui fume a eu accès à une très bonne restauration du film (probablement scanné en 2K à partir du négatif original). L'image est d'une belle précision, avec quelques soucis de mise au point au moment du tournage - pas facile de conserver la netteté avec tous ces changements de cadre et de focale ! L'ensemble bénéficie d'une belle texture argentique avec un grain fin qui n'a pas été atténué. On pourra relever quelques moments plus ou moins brefs (comme entre 1 h 04 min 46 et 1 h 07 min 20) issus d'une seconde source, d'une qualité légèrement inférieure, utilisée pour compléter certaines parties trop dégradées du négatif, ainsi des plans truqués (fondus, split-screens) plus doux. La colorimétrie, nuancée, est très convaincante et les contrastes sont solides, avec des noirs denses et détaillés à la fois. La copie est très propre et globalement stable, à l'exception de quelques plans récurrents aux tremblements insistants. Mise à part une brève pixellisation du logo StudioCanal en début de film, on ne remarque pas de souci d'encodage, bien que le disque soit plein à ras bord. Le Chat qui fume nous propose d'excellentes conditions de visionnage, loin du "mode VHS", également disponible sur le disque, au rendu techniquement beaucoup moins subtil et précis : un clin d'oeil aux "anciens" et une expérience plutôt originale.


Son

Le soin apporté à cette édition par Le Chat qui fume vaut également pour la partie sonore puisque le film est présenté, au choix, dans trois langues différentes. La version italienne est extrêmement propre, sans souffle, sans saturations ou traces d'usure, et bénéficie de voix très claires. Si la version anglaise laisse parfois passer quelques petits craquements discrets, le rendu est tout à fait convaincant. Mieux, son mixage est, des trois présentés ici, celui qui paraît sans doute le plus réaliste. Enfin, la version française offre un spectre sonore certes un peu réduit mais au doublage convaincant, où l'on ne relève pas de souffle ou d'usure, mais où les ambiances sont sans doute un peu trop discrètes.

Suppléments

Outre son packaging très soigné reprenant les visuels de trois affiches du film et une couverture au design particulièrement réussi, cette édition vaut pour son très riche contenu éditorial dont de nombreux entretiens réalisés spécialement pour l'occasion par Le Chat qui fume. Les suppléments sont proposés en HD et en SD sauf précision contraire.

Le Venin de Fulci par Anita Strindberg (13min) et Jean Sorel (16min).
Strindberg raconte - en français - ses débuts : remarquée comme modèle, ses premiers pas d'actrice - changeant de nom au passage (elle s'appelait Ekberg, déjà pris en Italie comme on le devine, et choisit Strindberg en hommage à l'écrivain) - et sa rencontre avec Lucio Fulci suite à un casting américain. On retiendra de cette intervention aussi anecdotique que sympathique la description d'un cinéaste doux, gentil et attentionné. Jean Sorel raconte, quant à lui, le système de coproduction franco-italien et ses débuts en Italie avec Lattuada et Bolognini. Six ou sept ans plus tard, il rencontre Fulci qu'il décrit comme quelqu'un de très drôle, un peu fou, toujours débraillé. Il explique que Fulci s'était mis délibérément à l'écart du cinéma d'auteur italien, décidant d'oeuvrer dans des genres commerciaux mais en y insufflant une bonne dose de folie. Il évoque un homme très cultivé, un peu revanchard envers les "artistes cinéastes" mais aussi très critique envers son propre travail.


Le Venin de la peur par Jean-François Rauger (21 min 19), Olivier Père (26 min 06), Christophe Gans (38 min 09) et Alain Schlockoff (23 min 16)
Ces quatre spécialistes de Fulci, du cinéma de genre et du cinéma italien se succèdent pour évoquer l'oeuvre du cinéaste et le film de la présente édition en particulier. On ne détaillera pas ici le contenu de ces précieux bonus - parfois redondants d'un intervenant à l'autre, il faut bien le dire - juste se réjouir que Le Chat qui fume ait réunit une telle brochette de talents pour nous offrir un panorama historique très complet et des analyses esthétiques et thématiques toutes aussi pertinentes et personnelles les unes que les autres. (Bonus disponibles uniquement sur le Blu-ray)

Le Venin de la peur par Lionel Grenier (21 min 30)
Lionel Grenier de luciofulci.fr décrit par le menu les collaborateurs de Fulci sur le film, le casting et apporte de nombreux éléments contextuels sur le tournage ainsi que quelques anecdotes, comme la sortie rendue difficile du film à cause d'une plainte de la SPA italienne qui est persuadée que la séquence du laboratoire a été tournée avec de vrais chiens. Grenier propose également quelques analyses, décrivant notamment les références à La Maison du Docteur Edwardes et à M le Maudit, et établissant les rapports et les écarts du film avec le giallo.

Le Venin des censeurs par Lionel Grenier (8 min 13)
Grenier revient sur les démêlés de Fulci avec la censure. La plus violente est celle britannique, ses films entre L'Enfer des zombis en 1979 et L'Eventreur de New York en 1982 se retrouvant souvent coupés, le dernier titre étant même interdit d'exploitation. Grenier fait ensuite le tour des différentes versions exploitées en vidéo, de la VHS aux dernières éditions Blu-ray. Il poursuit en évoquant la réception des films en Italie, de la colère de l'Eglise catholique à l'encontre de La Longue nuit de l'exorcisme au gouvernement qui tente d'interdire la sortie de la comédie Obsédé malgré lui (1972), le président du Conseil se reconnaissant dans cette satire sur la collusion des politiques avec la mafia, ce qui oblige le producteur à couper plusieurs séquences. Pour terminer, Grenier se concentre sur les difficultés rencontrées par Le Venin de la peur, premier film de Fulci contenant des séquences gore.

Les Vies de Lucio Fulci par Lionel Grenier (13 min 53).
Notre spécialiste ès Fulci revient pour un module biographique qui parcourt l'ensemble de la carrière du cinéaste, de son enfance à ses derniers projets. Comme pour les autres entretiens, Grenier se révèle très précis et érudit mais ses présentations se font un brin scolaires.

Les Versions du Venin (3 min 28)
Ce court module, préparé par l'éditeur, récapitule les différences existantes entre les versions italienne, française et anglaise du film, extraits à l'appui.

Scène supplémentaire (1 min 06)
Il s'agit d'une scène évoquée dans le bonus précédent, inclue dans les versions italienne et française mais que l'éditeur n'a pas intégrée dans la présente édition car il ne disposait pas de matériel HD. On y voit les Hammond dîner tandis que la fiesta bat son plein dans l'appartement de Julia, quelques plans dénudés venant appuyer un peu plus le trouble de Carol.

Génériques américain et italien (4 min 56)
Il s'agit des génériques de début et de fin pour la version américaine et le générique d'ouverture de la version italienne. Pour complétistes.

Bandes-annonces américaine (2 min 14) et française (1 min 20).
Deux manières bien différentes de vendre le film. Le film-annonce américain joue plus sur le côté pop, frénétique, bariolé et psychédélique tandis que le français insiste sur l'érotisme et l'étrange.

Galerie de photos (4 min 49)
Un diaporama d'environ soixante-dix photos d'exploitation, publicités, affiches et lobby cards.

Bande originale du film (CD Bonus - 74 min)
Pas l'une des plus mémorables compositions du maître - on sent tout de même le musicomètre et les facilités - mais comme toujours des passages brillants et des orchestrations inventives.

En savoir plus

Taille du Disque : 48 841 986 766 bytes
Taille du Film : 21 841 373 184 bytes
Durée : 1:42:59.250
Total Bitrate: 28,28 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,24 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21246 kbps / 1080p / 24 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Italian / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1648 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit / DN -2dB)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1632 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit / DN -2dB)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1724 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit / DN -2dB)
Subtitle: French / 26,828 kbps
Subtitle: English / 24,424 kbps
Subtitle: French / 27,105 kbps
Subtitle: English / 0,173 kbps
Subtitle: French / 0,219 kbps

Par Stéphane Beauchet (technique) et Olivier Bitoun (bonus) - le 9 février 2018