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Test blu-ray

Le Grand chantage

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 7 / 12 / 2016

Image

Quand on tient le coffret en main, il faut admettre que l'effort éditorial est impressionnant et le rendu de l'image, dans l'absolu, nous aura semblé d'une bonne qualité.

Le problème, comme souvent en France ces derniers temps, vient de la comparaison avec ce qui a été fait ailleurs, en l'occurrence ici par des cadors de la trempe de Criterion (aux Etats-Unis en 2011, zoné A) ou Arrow (au Royaume-Uni en 2015) qui avaient réalisé deux éditions extrêmement similaires (il est vrai, précisons-le, sans sous-titres français) au transfert assez superbe.

On s'attendait d'ailleurs, pour tout dire, à retrouver un master semblable, ce qui nous aurait comblé. Si la source est probablement la même (en tout cas, la propreté de la restauration enterre les éditions SD, souvent parsemées de scories diverses), il existe cependant des différences, et elles sont toutes en défaveur de l'édition Wild Side.

Comparatif Arrow / Wild Side 1           Comparatif Arrow / Wild Side 2

Premier point, le plus flagrant et le plus difficilement explicable, est la différence du cadre : l'image semble avoir été zoomée, avec une perte d'information assez considérable sur les bords (voir par exemple sur le comparatif ci-dessus, la lettre E à droite de la deuxième image, ou la zone éclairée sous le balcon en bas de la même image, qui disparaissent totalement). En découle presque immédiatement une altération de la définition et de la finesse du piqué.

Le deuxième point, tout aussi manifeste, vient de la gestion du contraste, poussé à l'excès sur cette édition Wild Side : les blancs ou les peaux paraissent alors sur-éclairés, tandis que les noirs ont tendance à se boucher. Le grain s'est, dans l'affaire, retrouvé un peu bouleversé, et sa restitution paraît trop uniforme et un peu artificielle.

On le redit, cette édition, telle qu'elle - ou comparée avec l'insatisfaisante édition DVD MGM de 2002 - aurait probablement emporté nos suffrages. Mais sa comparaison avec les éditions étrangères nous amène à nous interroger : pourquoi nous faut-il avoir après et moins bien que les autres ?

Son

Moins de déception sur les pistes sonores : le doublage français est un peu vieillot, mais le rendu est plutôt convenable, et la version originale est propre et limpide, avec une profondeur relativement honnête. Les dialogues ciselés de Cliffort Odets s'équilibrent bien avec la partition d'Elmer Bernstein et les ambiances urbaines nocturnes de New York, pour une expérience sonore plutôt saisissante.

Suppléments

Dans le coffret, le premier supplément est l'ouvrage exclusif signé Philippe Garnier, qui revient sur la genèse de l’oeuvre en l'illustrant de documents et de photos d’archives rares. L'iconographie est en effet souvent remarquable, et le style imagé et percutant de Philippe Garnier est toujours aussi agréable, mais un (récurrent) problème d'équilibre nous empêche de céder totalement à l'enthousiasme : le livre ne compte que 40 pages de texte, clairsemées au sein d'un total d'environ 200 pages. Il arrive parfois ainsi de devoir tourner trois ou quatre pages avant de poursuivre la phrase entamée au-bas de la page précédente... et cela hache considérablement la lecture.

Sur le disque, les suppléments reprennent en grande partie ceux du disque édité par Arrow en 2015 : le morceau de choix y est un documentaire daté du milieu des années 80 et consacré à Alexander Mackendrick, intitulé The Man Who Walked Away (43 min). Retraçant toute la carrière du cinéaste, même bien avant son premier long-métrage, Whisky à gogo, et jusqu'à ses années d'enseignement en Californie durant les années 70, le film donne à entendre bon nombre de témoignages éclairant sur cette personnalité peu commune : car si Mackendrick lui-même se décrit comme "100 % américain", son détachement et son humour tout à fait britanniques rendent chacune de ses interventions tout à fait délectables.

Dans un autre module, le critique-historien-enseignant britannique Philip Kemp, auteur d'un ouvrage sur Alexander Mackendrick, se livre à une analyse du Grand Chantage (26 min - HD), en resituant son contexte de production, et en insistant sur le travail du réalisateur (et notamment sa direction de Lancaster et Curtis) mais aussi sur celui du scénariste Clifford Odets, à qui on doit le mélange "de baroque et de trivial" des dialogues phénoménaux du film. Le module est modeste (Philip Kemp occupe une toute petite fenêtre dans le haut de l'image, et parle sur des images du film, pour un dispositif à mi-chemin entre le commentaire en voix-off et la vidéo de youtubeur, voir ci-dessous à droite) mais riche en informations et plaisant à suivre.

Le même Philip Kemp se livre au délicat exercice de l'analyse de séquence sur 7 extraits du film (32 min - HD) : une séquence au bureau de Sidney, avec sa secrétaire ; la rencontre avec Hunsecker ; la scène dans l'appartement de Rita ; le piège de Hunsecker ; la scène nocturne avec Harry Kello ; l'"épreuve de force" avec Susan. Ces séquences sont notamment l'occasion d'insister sur différents talents à l'oeuvre dans le film, notamment celui du chef opérateur James Wong Howe, à qui le film doit son atmosphère de film noir. Le dernier extrait fait office de conclusion, en rappelant que Mackendrick lui-même dénigrait Le Grand chantage... et que la postérité lui a donné tort.

Mentionnons enfin une bande-annonce d'époque (3 min 08), intéressante mais assez abîmée.

En savoir plus

Taille du Disque : 43 585 239 040 bytes
Taille du Film : 26 128 343 040 bytes
Durée : 1:36:43.339
Total Bitrate: 36,02 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz /  24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French

Par Antoine Royer - le 8 décembre 2016