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Test blu-ray

Le Fanfaron

BLU-RAY - Région B
LCJ Editions
Parution : 28 / 5 / 2020

Image

Pendant quelques mois, LCJ s'intéresse de près au réalisateur Dino Risi en sortant six de ses films, d'abord à l'unité puis dans un coffret en septembre. Le cycle a commencé dès le mois de mai avec Le Fanfaron, présenté pour la première fois en France en Blu-ray. Le film a été restauré en 4K en 2016 par le laboratoire L'Immagine Ritrovata, à partir du négatif original, complété pour certains passages endommagés, par un contre-type de première génération. Le rendu est très supérieur à ce qui était jusqu'alors disponible en DVD en France, non seulement en précision et en nuances mais aussi en stabilité et en propreté. La photographie apparaît aujourd'hui plus contrastée, ce qui pourra surprendre au premier abord si on fait le jeu des comparaisons, mais avec au final un rendu terriblement plus organique et donc beaucoup plus fidèle à l'aspect argentique d'origine. Il faut dire que, jusqu'à présent, les différents masters disponibles proposaient une image aux contrastes souvent très éclaircis, ce qui change désormais sensiblement la donne : la gamme de gris est beaucoup plus sombre et subtile, moins clinquante que ce que proposaient (un peu) M6 Vidéo et (beaucoup) Criterion, pour sa restauration 2K éditée en 2014, qui taillait pas mal dans les valeurs intermédiaires de gris. On notera également, pour le disque LCJ, un net changement de cadrage, avec une perte d'information dans l'image par rapport au Criterion, et deux autres détails "étonnants", et pour le coup peu justifiés : le format de l'image, tout d'abord, qui passe du 1.85 (utilisé jusqu'à présent) au 1.78 (16/9 plein cadre), un changement modeste et heureusement peu impactant, ce nouveau choix étant un équivalent pratiquement open matte, sans caches, du précédent format. Mais on regrettera surtout que le film soit présenté en 1080i, le master utilisé (avec logo LCJ en ouverture) étant visiblement destiné aux diffusions TV et à la fabrication des DVD. Le film est ainsi proposé dans un cadencement plus accéléré que celui de la projection en salle, et donc avec une durée plus courte (LCJ : 101 min / Criterion : 105 min). Un défaut d'autant plus surprenant que les autres Blu-ray de la salve italienne déjà sortis par LCJ sont, eux, parfaitement encodés. Hormis cette triste erreur de 1080i, l'encodage est heureusement au petit soin : la granulation photochimique, qui n'a pas été filtrée numériquement, est soutenue par un débit vidéo solide.

DVD M6 vidéo (2012) vs. Blu-ray LCJ (2020)1 2 3 4 5 6 7 8

Blu-ray Criterion (2014) vs. Blu-ray LCJ (2020)1 2 3 4 5 6 7 8 9

Son

La version originale restaurée est de bonne facture. On ne déplore aucune trace du temps, pas de souffle ou de sifflantes, les voix sont claires et non saturées, avec un équilibre honnête avec les sons d'ambiance. Au pire pourra-t-on ressentir une petite faiblesses dans les basses fréquences. La version française tient bien la comparaison, malgré des sifflantes plus prononcées. L'ensemble est dénué de souffle ou de craquements, avec un mixage souvent moins détaillé qu'en VO.

Suppléments

Le Fanfaron est présenté dans un digibook comprenant le Blu-ray ainsi que Road movie à l'italienne, un livret de 32 pages abondamment illustré. Le journaliste Marc Toullec revient sur cette comédie "mais pas seulement", raconte les origines d'un projet inspiré par des rencontres de Dino Risi, de "savoureux souvenirs", et écrit à plusieurs mains - d'où la construction par petits épisodes. A partir de nombreux extraits d'interviews du réalisateur ou des acteurs, Toullec dévoile un peu les coulisses du tournage, comme la composition du casting qui n'était pas celui prévu au départ (Alberto Sordi et Jacques Perrin), et analyse un film porté par "le regard d'un artiste sur ses concitoyens et son époque", avec des échos du boom économique italien des années 60. Le film sera un succès partout, sauf en France, le personnage du "donquichottesque" Vittorio Gassman devenant même un mythe dans certains pays hispanophones au point que sorpasso rentrera dans le langage courant.

Le film est également accompagné de deux suppléments :

Le Fanfaron par Henri-Jean Servat (28 min - 1080i)
On craignait un peu, avouons-le, que l'ancien grand reporter de Paris-Match, désormais chroniqueur culturel et mondain, livre une présentation du Fanfaron un peu trop connotée "people". S'il se laisse parfois aller à quelques indiscrétions sentimentales dispensables, livre une analyse qui se réduit un peu au seul casting et use de formules quelque peu étonnantes (nous n'avons pas été déçus par le "film plein de vie, plein de sève, plein de sperme !"), son bagout donne un ensemble plutôt agréable et dynamique. Henri-Jean Servat explique comment le cinéma italien a montré la société d'après-guerre et accompagné son évolution : les "icônes plantureuses" des années 50 qui allaient presque jusqu'à "allaiter une nation tout entière", ou la sortie du Fanfaron, "un film capital" qui montre l'Italie des années 60, un pays rassasié qui a envie de vivre et de rire. Il évoque donc le casting en long et en large, raconte comment Jean-Louis Trintignant a été engagé en un week-end (en remplacement de Jacques Perrin), dans le rôle d'"un homme droit à l'air gauche" qui allait lancer sa carrière en Italie - c'était son second film là-bas. Servat s'attarde essentiellement sur Vittorio Gassman, grand tragédien de la scène théâtrale italienne, "phénomène" qui a tout osé et qui trouve ici l'un de ses rôles les plus marquants. Dino Risi et son "cinéma irrigué par la vie" livre un "film de mecs complètement assumé", qui donne envie de faire les fous, dont les nuances de mauvais goût annoncent Les Monstres à venir (et bientôt en Blu-ray)...

Entretien avec Jean Sorel (26 min - 1080i)
Quelques semaines après le Blu-ray de Perversion Story, Jean Sorel apparaît également sur l'édition française du Fanfaron, choisi à juste titre par Henri-Jean Servat comme témoin privilégié de cette époque et bichonné par des superlatifs à n'en plus finir, même s'il n'a qu'un rapport lointain avec le film de Risi. Celui qui fût "une icône, une idole, un héros" autant qu'"objet sexuel" et "petit prince" du cinéma, au bras des plus grandes actrices, évoque très brièvement Le Fanfaron, l'interprétation de Jean-Louis Trintignant ou Catherine Spaak. Toujours friand d'anecdotes people (la nouvelle compagne de Sorel venait de quitter Gassman, le moment n'était donc pas le plus propice pour l'acteur français de participer au film de Risi), Servat l'interroge surtout sur le cinéma italien des années 60 et le succès des coproductions dont l'acteur garde un très bon souvenir, évoquant le "climat extraordinaire", l'impression que tout se faisait à Rome (souligné dans La Dolce Vita), un bouillonnement d'idées "entre gens très brillants" et des réalisateurs qui savaient s'entourer, dans une ambiance de liberté, d'absence de distance et de hiérarchie par rapport à un cinéma français plus traditionnel. Une euphorie créatrice qui durera une dizaine d'années, jusqu'à l'arrivée des Brigades Rouges en 1973.

En savoir plus

Taille du Disque : 41 857 871 459 bytes
Taille du Film : 30 587 559 936 bytes
Durée : 1:40:23.520
Total Bitrate: 40,62 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 36,74 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 36749 kbps / 1080i / 25 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 941 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Audio: Italian / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 832 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,050 kbps
Subtitle: French / 29,400 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 6 juillet 2020