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Test blu-ray

Le Château de l'araignée

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 8 / 3 / 2017

Image

Wild Side poursuit sa belle collection autour des années Toho d'Akira Kurosawa, cette fois-ci avec Le Château de l'araignée, et un résultat qui ne démérite pas, évidemment à cent lieues de la précédente édition DVD disponible depuis 2006. La restauration Wild Side se base sur un master très correct qui utilise a priori deux sources différentes car on relève (globalement entre 10 min 22 et 53 min 14) une texture un peu moins précise et un grain plus épais. Une grande partie du film bénéficie heureusement d'une bonne définition et d'un niveau de détail convaincant, avec un grain assez fin et bien conservé. Dans l'ensemble, l'image est assez propre, avec cependant une légère instabilité et l'apparition de quelques traces d'usure ponctuelles et de petites rayures verticales assez discrètes. Si l'éditeur n'a pas pris la peine de nettoyer complètement la copie proposée, décision a été prise, en revanche, de retoucher les contrastes, comme c'est l'habitude depuis quelques temps déjà. Un choix tout à fait acceptable s'il était effectué dans des proportions subtiles et peu dégradantes. Seulement, et c'est devenu systématique avec les dernières sorties de l'éditeur, les rapports de contraste sont beaucoup trop retouchés, modifiant considérablement les choix originels du directeur de la photographie. Désormais, les noirs sont bouchés, perdant au passage tout détail et nuances. C'est a priori le plus gros bémol sur cette édition. "A priori" seulement puisqu'en comparant la restauration Wild Side avec le Blu-ray sorti chez Criterion en 2014, force est de constater un désavantage à l'édition française, plus ou moins appuyé selon les scènes, mais évident.

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Criterion propose un scan 2K effectué au Japon et plus récent. On remarque une petite différence de cadrage, avec davantage d'informations en bord de cadre du disque américain. Surtout, la qualité de la définition est meilleure. Le défaut de texture constaté sur une partie du disque Wild Side a été sensiblement amélioré (capture 2 et 4), avec une différence parfois moins flagrante (capture 5). Mais ce défaut de contraste impacte sans contestation possible notre édition hexagonale.

Son

Une unique piste japonaise est présente, dont les caractéristiques sont propres aux films de cette époque : le spectre est un peu limité, avec des saturations fréquentes et un mixage modeste. Mais le rendu est tout à fait correct, peut-être un peu couvert, mais bien nettoyé, sans souffle trop marqué.

Suppléments

Comme pour chaque film de la collection "Akira Kurosawa, les années Toho", Le Château de l'araignée est présenté dans un très beau digibook comprenant un Blu-ray, un DVD et un livret, Le serpent sous la fleurSur près de 70 pages (dont deux bons tiers sont composés de photographies et d'affiches du film), Linda Tahir - cette fois sans son comparse Christophe Champclaux - évoque cette "première esquisse exceptionnelle" inspirée d'une oeuvre de William Shakespeare (ici, souvent qualifié de "grand Will" !). De certaines indiscrétions de tournage (la construction du château en taille réelle, l'attente du brouillard) à quelques analyses comparées entre Macbeth et le film de 1957, de l'influence du théâtre Nô à un focus bienvenu sur le parcours de l'actrice Isuzu Yamada, "comédienne charismatique à la présence irradiante", Linda Tahir propose un complément varié et très intéressant.

Sur le Blu-ray et le DVD, le film est accompagné des mêmes suppléments que sur l'édition DVD des Introuvables, en 2006.

Le théâtre Nô et le cinéma (23 min - SD - 4/3)
Tiré de la série japonaise "The Masterworks", cet épisode se concentre sur Le Château de l'araignée et permet d'entendre quelques réflexions d'Akira Kurosawa et les souvenirs de sa scripte, son décorateur ou l'actrice Isuzu Yamada. C'est surtout une modeste entrée en matière au théâtre Nô dont Kurosawa a adapté les conventions pour son film, la gestuelle de l'épouse Asaji ou le faciès déformé de Toshiro Mifune. En quelques minutes, la leçon est forcément superficielle mais reste toujours intrigante.

Dans la tête du Maître (21 min - SD - 4/3)
Entretiens croisés, menés par Robin Gatto, entre la scripte Teruyo Nogami et l'accessoiriste Koichi Hamamura, déjà entendus dans le module précédent. Les souvenirs sont donc parfois redondants mais ils n'en restent pas moins éclairants sur le tournage du film, les scènes de spectres, l'utilisation du brouillard, la fameuse scène des flèches, les rapports de Kurosawa avec son équipe (les dîners arrosés au saké, après la journée de tournage) ou l'aide apportée par les soldats américains pour construire la réplique du château sur le Mont Fuji.

Vous pourrez également voir la bande-annonce du film (3 min 36 - SD - 4/3) contenant quelques plans (des tests caméra ?) non inclus dans le film.


En savoir plus

Taille du Disque : 28 908 245 104 bytes
Taille du Film : 24 669 868 032 bytes
Durée : 1:49:49.624
Total Bitrate: 29,95 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 26,47 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 26470 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1918 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 15,295 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 7 mars 2017