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Test blu-ray

Le 13ème guerrier

BLU-RAY - Région B
Metropolitan Filmexport
Parution : 19 / 2 / 2014

Image

Le master utilisé pour cette édition a été réalisé à partir d'un interpositif (générique en français) très stable et entièrement nettoyé. Malgré les années, le rendu tient encore bien la route, à condition de ne pas être trop exigeant. La définition reste honnête mais le trait est sans doute un tout petit peu doux et le niveau de détail trop juste (sauf pour les gros plans). Le grain, un peu épais, a été conservé. Les contrastes sont bien équilibrés, avec quelques noirs colorés typiques des étalonnages de l'époque (c'était avant les outils numériques). C'est aussi du côté de la colorimétrie que l'ancienneté du transfert se fait sentir, avec une dérive magenta assez nette et une gamme de couleurs plutôt limitée, inhérente aux scanners de l'époque. On notera également que les choix d'étalonnage sont assez différents de l'édition allemande, qui reprend visiblement le master américain.

Son

Les bandes-son remixées en 5.1 offrent un rendu très satisfaisant. Très propres et assez détaillées, elles possèdent une dynamique palpable, montrent une spatialisation efficace dans les surrounds et une utilisation convaincante des basses. Les voix sont claires, sans doute plus frontales en VF - laquelle possède d'ailleurs un "blanc" d'une seconde, à la 70e minute, heureusement placé entre deux mots de dialogue.

Suppléments

Les frères Hadida ont mis la main à la patte pour ce qui est, encore à ce jour, l'édition de référence du 13e guerrier. Avec l'Allemagne, où un Blu-ray a été édité en 2009 (mais sans compléments !), il s'agit des seules édition HD sorties jusqu'à présent. La malédiction du film court toujours... Nous avons testé l'édition collector, épuisée aujourd'hui, qui est plutôt bien fournie en suppléments, à commencer par un jeu de huit photos et surtout un très bon livret de 40 pages écrit par Nicolas Rioult. Après une remise en situation du 13e guerrier, "film charnière" qui "conserve une patine exceptionnelle", le journaliste s'intéresse à la production "houleuse" et à la guerre d'ego qui opposa le réalisateur John McTiernan et l'auteur/producteur Michael Crichton au point de rendre le film "bicéphale et quelque peu schizophrène". Le grand intérêt du livret est que Nicolas Rioult fait un comparatif détaillé et éclairant entre une version du scénario et le film terminé, énumère les scènes supprimées, ce qui a été tourné, coupé au montage ou rayé du planning de tournage, évoque également le changement de compositeur. De quoi largement imaginer la fameuse version originelle voulue par le réalisateur...



A la recherche des mangeurs de mort (51 min - 1080i)
Produit spécialement pour cette belle édition, cet excellent et passionnant documentaire, réalisé par Eric Pinéda, donne la parole à plusieurs membres de l'équipe : les acteurs Antonio Banderas et Vladimir Kulich, le co-scénariste Warren Lewis, le directeur de la photographie Peter Menzies Jr., le directeur artistique Wolf Kroeger et surtout le réalisateur John McTiernan, filmé en 2003, chez lui, dans le Wyoming. Nous ne sommes pas dans un supplément à l'américaine, où la brosse à reluire est souvent de rigueur (même si Banderas n'est pas avare en compliments). Sa grande qualité est justement son franc-parler, des déceptions de Kulich ou Banderas sur le film terminé et sa sortie sabordée, aux confidences de McTiernan sur les problèmes apparus pendant la production, les comportement inappropriés des studios qui n'ont pas su comment vendre le film (d'abord pensé comme tout public avant un "rétro-pédalage maladroit" mais trop tardif) et ont laissé toute ingérence à Michael Crichton, qui finit par imposer ses décisions "à peu près sur tout". Deux points de vue irréconciliables entre deux auteurs, et un metteur en scène qui perd tout pouvoir sur son projet. On évoque évidemment les différents montages, la fameuse version du réalisateur (plus sombre et réaliste) que l'on découvrira peut-être un jour, ainsi que le long tournage au Canada, dans des décors "en dur", avec des cascades parfois dangereuses. Indispensable !

En territoire viking (13 min - 1080i)
On retrouve le directeur de la photographie Peter Menzies Jr. et surtout le directeur artistique Wolf Kroeger qui en disent un peu plus sur le tournage au Canada, dans une réserve indienne, et sur la création des décors réels, en matériaux naturels. Deux villages ont ainsi été reconstruits, ainsi que plusieurs bateaux vikings. La lumière naturelle a été privilégiée dans certaines scènes, en forêt ou dans des plans nocturnes uniquement éclairés par des dizaines de torches. Kroeger ne cache pas une petite déception devant le résultat final, ayant souhaité que le décor soit montré davantage...

La vie, les films, les vaches (18 min - 1080i)
Ce qui aurait pu être l'autre pièce maîtresse de cette édition est une nouvelle rencontre avec le réalisateur du 13e guerrier, toujours chez lui, dans le Wyoming, mais cette fois en 2011. Malheureusement, même s'il est toujours agréable et instructif de l'écouter parler du cinéma et de sa vie, on sort bien déçu de cet entretien finalement sans surprise. Il évoque à peine Hollywood ("un milieu tellement excessif et incestueux") et ses déboires judiciaires, explique sommairement qu'il ne fait plus de films parce qu'il est "en conflit avec le gouvernement". On le sent désormais à l'écart du business, loin dans sa campagne, peut-être plus serein mais aussi désabusé. Il parle rapidement de ses futurs projets, malheureusement jamais concrétisés (on espère que le prochain arrivera à son terme!) et énumère ses scènes ou réalisateurs préférés dans La Luna de Bernardo Bertolucci ("ce type a vraiment du génie"), John McCabe de Robert Altman, Médée de Pier Paolo Pasolini, Week-end où Jean-Luc Godard se moque de la culture américaine, et les films de Stanley KubrickDr Folamour, Spartacus ou Barry Lyndon ("la peur de tout perdre, un mythe typiquement irlandais").


Featurettes d'époque (27 min - SD)
Des bribes d'interviews avec des membres de l'équipe et des images du tournage, sans réel intérêt autre qu'illustratif, destinés à remplir les reportages TV de l'époque, même si l'on trouve quelques réflexions intéressantes voire cocasses (quand Michael Crichton parle du travail de McTiernan, par exemple) ou le tournage d'une scène non conservée dans le montage final...

A propos d'Ibn Fadhlan (9 min - SD)
Interrogé en 2000, à la sortie du 13e guerrier, l'écrivain Sadek Sellam parle d'Ibn Fadhlan, haut fonctionnaire arabe qui retranscrit de nombreuses observations sur ses lointains voyages au nord de l'Europe, et qui a inspiré le héros du film. Des propos très intéressants...

Teaser trailer (1 min 01 - SD - non sous-titré) à considérer comme un vrai document puisqu'il utilise encore le premier titre du film, Les mangeurs de mort.

Bande-annonce VF (1 min 56 - 1080p)

On trouve enfin une piste "trivia", des anecdotes sur le tournage qui s'affichent pendant le visionnage en VF (un gadget un peu anecdotique), et quelques bandes-annonces des sorties de l'éditeur : Le Sang des Templiers, Conan le barbare (le remake), L'Aigle de la neuvième légion, Solomon Lake.

En savoir plus

Taille du Disque : 45 516 967 261 bytes
Taille du Film : 24 318 136 320 bytes
Durée : 1:42:37.401
Total Bitrate: 31,60 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 25,00 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 25000 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2353 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 2258 kbps / 16-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 12,973 kbps
Subtitle: French / 23,419 kbps
Subtitle: French / 105,447 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 11 juin 2019