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Test blu-ray

La Forteresse cachée

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution :

Image

Pour sa collection Kurosawa, les années Toho, Wild Side a mis la main sur une copie correcte de La Forteresse cachée. Les éléments chimiques sont souvent de bonne qualité, avec une image presque entièrement nettoyée mais qui n'a malheureusement pas été stabilisée (le cadre tremble légèrement, en permanence). Côté transfert HD, nous avons droit à une définition tout à fait honnête, avec du détail et un grain assez fin qui apparaît régulièrement. L'ensemble n'est cependant pas homogène, plusieurs scènes possédant une texture plus douce et moins précise. Nous en sommes désormais habitués (et méfiants par la même occasion), les contrastes ont été retouchés par l'éditeur. Probable conséquence d'une balance des noirs modifiée, certains visages sont désormais très (trop) clairs, proches de la saturation dans les hautes lumières. Curieusement, pendant le visionnage, mis à part quelques zones très sombres ponctuellement bouchées, l'image ne souffre par tant que cela de ces retouches. Mieux, les contrastes apparaissent souvent plutôt bien équilibrés, avec des noirs qui peuvent laisser passer du détail et une gamme de gris satisfaisante. Que du mieux, donc, par rapport à l'ancienne édition DVD que Wild Side avait sortie dans sa collection "Les Introuvables" en 2006, comme le montre ce comparatif :

comparaison DVD/BR :                   image 1                        image 2                       image 3

Impossible, cependant, de ne pas évoquer le Blu-ray sorti par les Américains de Criterion en 2014. Le verdict est, par contre, sans appel : avec une restauration 2K plus récente, entièrement nettoyée, mieux détaillée, plus lumineuse, avec des hautes et basses lumières mieux gérées, et davantage d'information dans le cadre (le format 2.55:1 du Wild Side passe au 2.40:1, plus conforme semble-t-il aux caractéristiques d'origine), le Criterion surpasse largement l'édition française, rendant les défauts du disque hexagonal encore plus visibles :

Wild Side vs. Criterion :             #1               #2                #3                 #4                 #5                #6

Son

Unique piste proposée, la version japonaise mono est de bonne facture, avec un spectre cependant un peu limité, un peu couvert, aux voix qui peuvent parfois frôler la saturation. L'ensemble est heureusement assez propre et clair. Notez que le disque américain propose, en plus d'une piste mono, un remixage 5.1 imitant le procédé Perspecta (une sorte de stéréo 3 pistes) utilisé à l'époque dans certaines salles.

Suppléments

Comme pour tous les opus de cette collection, le film est présenté en Blu-ray et DVD dans un très élégant digibook. On y trouve un livret de 66 pages (dont deux tiers sont dédiés aux illustrations) écrit par Christophe Champclaux, auteur de suppléments (pour l'éditeur Filmedia) qui ne nous avaient pas laissé un souvenir impérissable. Cet historien du cinéma est également spécialiste d'arts martiaux, et son texte sur La Forteresse cachée se révèle souvent intéressant, bien qu'un peu succinct dans ses explications : il relève judicieusement que Le Bon, la brute et le truand ou le premier Star Wars ont été inspirés par La Forteresse cachée, sans beaucoup développer sa démonstration, malheureusement. Mais il montre la volonté de Kurosawa d'un "dépoussiérage des clichés", notamment avec le personnage de la princesse Yuki, totalement novateur dans le cinéma japonais de l'époque ("une rupture frontale avec la tradition"). On regrettera, par contre, que le film soit si vite abandonné afin d'évoquer l'histoire du chambara ("le cinéma samouraï"), sur près de la moitié du texte...

On retrouve sur les disques les différents suppléments proposés en DVD depuis 2006, aux titres pas toujours en phase avec le contenu :


Kurosawa et l'utilisation du Cinémascope (41 min - SD - 4/3)
C'est un épisode de la série Masterworks produite par la Toho, spécialement consacré à La Forteresse cachée. De très nombreux souvenirs du tournage sont racontés par plusieurs collaborateurs de Kurosawa qui ont travaillé sur le film : le maquillage de la princesse Yuki qui fut inspiré par celui d'Elizabeth Taylor ; les prises de vues de la fameuse poursuite au galop et les rapports de Kurosawa avec les chevaux ; les déboires météorologiques ; etc. L'épisode se consacre, sur la fin, à une belle évocation de l'acteur Toshiro Mifune.


Kurosawa, Jidaï-Geki Style 1950-1958 (27 min - SD - 4/3)
Interviewés par Robin Gatto, plusieurs collaborateurs de Kurosawa, le chef opérateur Fujio Morita, la scripte Teruyo Nogami ou l'accessoiriste Koichi Kurosawa, reviennent sur certains souvenirs de tournage (comme celui des 7 Samouraïs qui dura près d'un an) et différentes innovations apportées par le réalisateur dans la fabrication de ses films (l'utilisation de miroirs pour accentuer l'éclairage, par exemple). On évoque La Forteresse cachée, une "sorte de western très vif" et l'approche très inspirée de Kurosawa avec le format Cinémascope qu'il utilisait pour la première fois.


Kurosawa, le legs du Jidaï-Geki (26 min - SD - 4/3)
Rencontre avec Takashi Koizumi, assistant réalisateur de Kurosawa, et Shiro Mifune, fils du grand Toshirô. Le premier se souvient de sa collaboration avec le Maître, sa "grande maîtrise des objectifs de prise de vues", en expliquant certaines de ses méthodes de travail pendant la phase d'écriture (il inventait des "personnages authentiques") et lors des tournages, lorsqu'il filmait au télé-objectif ou utilisait de la figuration ("minutie de la préparation"). Koizumi relève surtout l'"amour profond de Kurosawa pour la création". Le hasard (ou presque) le fera diriger l'adaptation d'un scénario de Kurosawa, en 1999, quelques temps après sa mort. Ce sont des réflexions autour de ce film, Après la pluie, qui sont évoquées pendant la seconde moitié du module avec Shiro Mifune. Malheureusement, les propos sont peu pertinents et surtout réduits à ce seul film : quel dommage de ne pas avoir profité de cette interview pour évoquer Toshiro Mifune à travers les yeux de son fils !

On trouve enfin la bande-annonce (3 min 58 - SD) contenant, dans ses premières secondes, de brèves images de Kurosawa pendant le tournage.


En savoir plus

Taille du Film : 42 523 869 924 bytes
Taille du Disque : 34 567 575 552 bytes
Durée : 2:18:57.328
Total Bitrate: 33,17 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 29,58 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 29587 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: Japanese / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1883 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 13,869 kbps

Technique

Durée : 139 min

Support : BD50

Région : B

Encodage vidéo : Mpeg4 - AVC

Format cinéma : 2.55 : 1

Format vidéo : 16/9

Résolution : 1080p

Langues : Japonais DTS-HD Master Audio mono 2.0

Sous-titres : Français (imposés)

Le Film

Captures