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Test blu-ray

La Chevauchée sauvage

BLU-RAY - Région B
Sidonis / Calysta
Parution : 23 / 3 / 2017

Image

Après quelques éditions décevantes de films inédits en Blu-ray, certes, mais à la qualité technique malheureuse, Sidonis relève fièrement le niveau avec deux sorties très réussies, dont cette Chevauchée sauvage qui sort enfin en France, cinq ans après les Etats-Unis. On aurait pu croire que l'ancienneté de la restauration serait pénalisante mais c'était sans compter les équipes de Sony Pictures, emmenées par le fameux Grover Crisp, qui ont fait ici un travail magnifique. Le film a sans doute été restauré en 2K (minimum) à partir du négatif original en assez bon état. En plus des habituels plans truqués (fondus enchaînés) qui apparaissent légèrement dégradés (moins fins, moins précis) à cause du processus de fabrication, on relèvera deux passages inférieurs à une minute (de 19 min 48 à 20 min 42, et de 1 h 38 min 08 à 1 h 38 min 55) issus d'une seconde source, plus terne, moins fine et au contraste plus léger. On notera également une légère instabilité chromatique dans quelques plans de désert très lumineux. Voilà pour les défauts, ils sont peu nombreux et, disons-le, absolument négligeables. Car la copie a été complètement nettoyée, stabilisée, avec des contrastes équilibrés, bien tenus, et une colorimétrie idéalement saturée. La définition est aussi au rendez-vous avec un trait fin et un très beau niveau de détail. Vous sentirez peut-être une certaine douceur de l'image, une impression de piqué limité, mais il n'en est rien : la photographie de Harry Stradling Jr. est restituée telle qu'elle a été tournée, avec une mise au point parfois imparfaite (rendue compliquée par la faible profondeur de champ) et des défauts optiques créés par les objectifs utilisés sur la caméra (flous partiels situés en haut de cadre, essentiellement, comme sur la dernière capture de notre galerie d'images, ci-contre). L'encodage et son débit très confortable soutiennent un grain fin qui n'a pas été gommé et qui texture admirablement les images. Splendide !

Un premier comparatif montre une toute petite différence de contraste par rapport au Blu-ray américain, sorti chez Twilight Time. C'est surtout la preuve que le grain n'a pas été atténué sur le disque Sidonis, une très bonne nouvelle qui montre un changement d'attitude que nous ne pouvons qu'encourager.

Blu-ray Twilight Time (2012) vs. Sidonis (2017) :             #1                     #2                     #3 

Un second comparatif met cette fois-ci en évidence la nette (et logique) amélioration du Blu-ray par rapport au DVD Columbia sorti en 2002. Les scans HD actuels parviennent à reproduire avec une grande fidélité la photographie d'origine, alors que les anciens télécinémas étaient limités par leurs capacités techniques. Pour cette restauration HD, le cadre a été étiré horizontalement (les personnages sont moins affinés qu'en DVD) et l'étalonnage apparaît beaucoup plus subtil sur le Blu-ray, avec des nuances de couleur désormais respectueuses. 

DVD Columbia (2002) vs. Blu-ray Sidonis (2017) :     #4              #5              #6              #7              #8

Son

La version originale est présentée dans un remix 5.1 tout à fait recommandable. La spatialisation est sobre et subtile, plutôt respectueuse de l'ancienneté du film. Le son est extrêmement clair, très propre, sans souffle. La musique bénéficie d'une belle dynamique. Vous pourrez également voir le film en version originale stéréo, aux caractéristiques similaires. Du beau travail. Les amateurs de version française trouveront une piste honnête mais en mono, et donc beaucoup moins impressionnante, malgré un son propre et clair.

Suppléments

Présentation de Patrick Brion (12 min - 1080i)
C'est une belle occasion pour le créateur du "Cinéma de minuit" de parler de Richard Brooks, l'un de ses réalisateurs favoris qu'il considère injustement oublié (à raison, il n'y a qu'à voir ses rares films disponibles en DVD). Brooks a pourtant réalisé "trois westerns, trois chefs-d'oeuvre" dont cette Chevauchée sauvage sortie en 1975, pourtant l'"une des pires années du western". Brion souligne les qualités d'écriture du scénario (les personnages sont fouillés, "ont vécu"), la lucidité du réalisateur (qui dénonçait souvent les problèmes de société), la photographie des grands espaces ou la fin du film, "une des plus grandes fins du western".

Présentation de Bertrand Tavernier (25 min - 1080i)
Comme il n'hésite pas à le faire parfois dans son dictionnaire 50 ans de cinéma américain, Tavernier fait ici un grand mea culpa à propos de La Chevauchée sauvage qu'il avait jusque-là sous-estimé. En revoyant le film récemment, il a ainsi "retrouvé le talent d'un metteur en scène qui avait beaucoup compté" pour lui : soin de l'écriture et des dialogues, "énergie visuelle", "plusieurs grands moments de pure mise en scène". Très admiratif de Gene Hackman, "génial acteur de western", il trouve pourtant le film bancal et tente d'en expliquer les causes (l'enjeu trop faible pour tenir tout un film, par exemple), regrettant certains moments artificiels comme l'évasion des forçats "qui fait un peu épisode ajouté". Dommage que certains extraits aient été mal choisis pour illustrer précisément les propos du cinéaste...

Présentation de François Guérif (11 min - 1080i)
Le critique et éditeur analyse à son tour La Chevauchée sauvage, un film "à la fois nostalgique et moderne" par ses personnages symboliques, le rapport de l'homme avec l'animal, "le réalisme du quotidien" bien montré dans les moments de repos, ou la fin (quand la compétition passe au second plan). Il évoque la démystification de l'Amérique par le personnage de Ben Johnson, notamment. Enfin, François Guérif regrette lui aussi l'épisode des forçats, "une faute dans le film" presque traitée comme une farce...

On trouve également une courte galerie d'affiches (26 s - 1080i) et la bande-annonce du film (2 min 19 - SD) non sous-titrée.

En savoir plus

Taille du Disque : 49 479 709 768 bytes
Taille du Film : 40 100 843 520 bytes
Durée : 2:11:09.903
Total Bitrate: 40,76 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 30,45 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 30453 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2042 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2077 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3738 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 0,318 kbps
Subtitle: French / 12,958 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 25 mars 2017