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Test blu-ray

L'Invasion des profanateurs

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 25 / 4 / 2017

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L'invasion des profanateurs arrive enfin en France en Blu-ray, après de multiples éditions anglo-saxonnes. Notre patience ne s'avère pas vraiment récompensée puisqu'il s'agit de la restauration qui a servi de base au Blu-ray MGM sorti aux Etats-Unis... en 2010 (et sans doute à la base du DVD collector de 2007, inédit en France). Effectué à partir d'un interpositif 35mm, le résultat n'est pas honteux, loin de là, mais il a quand même un peu vieilli : si le grain n'est pas très fin, voire parfois envahissant, le niveau de détail est correct et le trait suffisamment bon. L'ensemble est très propre, assez stable, et la colorimétrie reste satisfaisante même si elle garde encore l'aspect "vidéo" des anciens étalonnages, avec des carnations qui tirent beaucoup vers le magenta. On notera que les contrastes sont irréguliers tout au long du film, avec des noirs (souvent un peu clairs) qui auraient mérité d'être mieux réajustés, ce qui est le cas sur le Blu-ray MGM. Après une sortie en Angleterre (chez Arrow, en 2013) à partir de cette même restauration, le film a récemment bénéficié d'un nouveau scan 2K, disponible aux USA chez Shout! Factory depuis l'été dernier. Si la précision et le détail y sont un peu meilleurs, c'est surtout la gestion du grain qui est améliorée (il est moins épais) ainsi que la colorimétrie, plus nuancée. Malheureusement, Rimini ne s'est fourni chez Shout! Factory que pour certains suppléments. Dommage...

comparatif MGM (2010) vs. Rimini (2017) :           #1                   #2                  #3

comparatif Shout! Factory (2016) vs. Rimini (2017) :          #4                #5                 #6

Son

Si nous perdons la piste 5.1 des Blu-ray étrangers, Rimini a conservé la version originale dans son mixage stéréo d'origine, plein débit, qui bénéficie d'une spatialisation marquée et d'une belle dynamique, parfait écrin aux sons électroniques et à la musique de Denny ZeitlinLa complexité de cette bande-son très efficace est assez bien restituée, notamment par l'utilisation d'ambiances et de bruitages détaillés (le crissement anxiogène de la balançoire, au tout début du film). Les dialogues sont clairs, l'ensemble est très propre. La version française, elle aussi nettoyée et claire, n'est qu'en "simple" mono et paraît donc plus frontale et beaucoup moins riche. Le mixage n'est pas toujours équivalent, surtout au niveau de la musique qui perd en présence lors de certains moments dialogués.

Suppléments

Saluons l'effort de Rimini qui, à défaut de proposer l'ensemble des suppléments disponibles à l'étranger, dont le commentaire audio du réalisateur, en rassemble ici un certain nombre.

Au coeur de l'invasion (9 min - 1080p)
Derrière ce titre un peu grandiloquent se trouve en fait le modeste témoignage de la comédienne Brooke Adams. Elle partage quelques souvenirs de la production comme ses (bons) rapports avec le réalisateur Philip Kaufman, le tournage de la scène où elle apparaît nue, la complicité presque amoureuse avec son partenaire à l'écran Donald Sutherland.


Comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer les cosses (17 min - SD avec upscale)
Un supplément très intéressant, produit pour l'édition DVD MGM en 2007, qui revient sur l'écriture du film, tourné davantage vers le livre original tout en s'en éloignant. Le scénariste, le réalisateur, le directeur de la photographie et certaines acteurs du film soulignent "la qualité du projet initial" et développent les thèmes de l'histoire ("on a toujours peur de quelqu'un") en rappelant certains symboles de la standardisation et une époque propice à la fin des idéaux.

Mener l'invasion (25 min - 1080p)
Un long entretien avec le comédien Art Hindle qui s'annonçait longuet mais qui se révèle finalement assez intéressant grâce aux nombreuses anecdotes. Revenant sur son premier long métrage, Hindle évoque en effet Philip Kaufman, un réalisateur "aux idées claires", regrette la distance entretenue par Donald Sutherland, s'amuse encore du souvenir des parties de gin rami loufoques avec Jeff Goldblum, se rappelle les conséquences du vedettariat de Leonard Nimoy (plus qu'une star, "une icône"). Il parle avec admiration du directeur photo Michael Chapman "au CV fabuleux" et de sa manière de travailler "comme un acteur", et trouve encore une "incroyable coïncidence" d'avoir tourné coup sur coup trois classiques du film d'horreur (avec Black Christmas de Bob Clark et Chromosome 3 de David Cronenberg).

Une invasion signée Jack Finney (29 min - 1080i)
Pascal Montéville, professeur en sciences politiques à Rennes et amateur de science-fiction, présente le roman original et ses différentes adaptations cinématographiques dont le titre français fera un peu l'amalgame avec le film homonyme de Robert Wise. Montéville analyse un histoire dans laquelle "on projette ses propres angoisses" et dont les films se nourriront "du climat de l'époque" (chasse aux sorcières dans les années 50, obsession du complot et suspicion généralisée dans les années 70). Après un long moment sur le film de Don Siegel, on s'arrête évidemment sur la version de Philip Kaufman, "un film trompeur à tout point de vue", aux "images truquées pour créer un sentiment de malaise", aux différents caméos et à son casting. Si Montéville n'a pas forcément tout compris au
 film de 1978 (comme le chien à tête d'homme) et si certaines explications sont un peu redondantes sur la demi-heure, les propos ont le mérite de la pertinence. Un supplément spécialement produit pour cette édition.

Recréer l'invasion (17 min - 1080i)
Le scénariste W.D. Richter raconte son expérience sur L'invasion des profanateursson étroite collaboration avec le réalisateur, les visites inspirantes sur les futurs lieux de tournage pendant l'écriture ou le dernier plan du film. Richter explique comment ils se sont aperçus, en cours d'écriture, que la ville serait un meilleur décor pour l'histoire, "l'endroit où l'on peut perdre son individualité", et avoue ne pas s'être tellement inspiré de l'époque, réduisant en fait son scénario à la lutte contre le conformisme. Il se souvient de ses observations sur le tournage (qui lui ont énormément appris), comme le chien à tête humaine.

Mettre l'invasion en musique (16 min - 1080p)
Un excellent entretien avec le compositeur Denny Zeitlin qui raconte en détail les "dix semaines de concentration ininterrompue" pour ce qui restera "le projet musical le plus complexe" de sa vie et sa seule musique de film. Enseignant en psychanalyse, musicien de jazz et chercheur en musique électronique, il fut approché et soutenu par Philip Kaufman qui souhaitait un score "organique". Dans la meilleure partie, Zeitlin explique concrètement comment s'élabore la musique par rapport aux images, un processus qui requiert beaucoup d'exactitude.

Bande-annonce originale (2 min 06 - SD - 4/3) non sous-titrée


Le Blu-ray est enfin accompagné d'un livret de 12 pages signé Pascal Montéville. Invasion garde une certaine redondance par rapport au supplément vidéo, on retrouve des analyses intéressantes du roman et des différentes adaptations au cinéma, une petite comparaisons des récits. Quelques éléments restent heureusement inédits comme l'apport de L'Invasion des profanateurs au genre science-fiction, les influences qui ont sans doute inspiré le romancier Jack Finney, ou l'accusation de plagiat de Philip K. Dick.

En savoir plus

Taille du Disque : 44 369 477 148 bytes
Taille du Film : 24 261 322 752 bytes
Durée : 1:55:36.930
Total Bitrate: 27,98 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,99 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21998 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 2304 kbps / 24-bit
Audio: English / LPCM Audio / 2.0 / 48 kHz / 2304 kbps / 24-bit
Subtitle: French / 0,034 kbps
Subtitle: French / 32,731 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 25 mai 2017