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Test blu-ray

Embrasse-moi idiot !

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 18 / 9 / 2018

Image

Pour son édition d'Embrasse-moi, idiot, Rimini propose le seul master HD existant, disponible en Blu-ray aux Etats-Unis (chez Olive) depuis 2014. Malgré quelques petites limitations techniques, c'est une restauration tout à fait correcte, globalement très propre (à quelques rares rayures verticales près) et assez stable - du moins dans ses deux premiers tiers (on note ensuite quelques sautes suspectes à certains changements de plans). L'étalonnage est assez agréable, un beau noir & blanc, lumineux et aux contrastes plutôt denses. L'image est assez précise, avec un bon niveau de détail - sauf durant les plans truqués (leur fabrication impliquait une perte de qualité) et certains moments épars, dans le dernier tiers. Enfin, notez que le grain a été préservé mais, regrettable habitude de l'éditeur, il a sensiblement été estompé. Attention, l'image n'est pas lissée et garde un petit aspect argentique, mais pour le peu qui avait été préservé à l'origine, c'est quand même bien dommage...

comparatif Blu-ray Olive (2014) vs. Blu-ray Rimini (2018)1   2   3  4   5   6    7

Même si le rendu reste (encore un peu) perfectible, c'est en tout cas un bond considérable par rapport à la précédente édition du film en France : le DVD Filmedia (en 2012) qui reprenait le master MGM sorti en 2004. Tout a, depuis, été amélioré : de la précision du trait au cadrage désormais plus complet, qui n'écrase plus les silhouettes, en passant par la luminosité ou les contrastes, si ternes auparavant...

comparatif DVD Filmedia (2012) vs. Blu-ray Rimini (2018) :   1   2    3   4

Son

La version originale est de bonne tenue, propre et claire, sans souffle mais avec quelques légères sifflantes. Ambiance et musique sont correctement restituées. La version française est de qualité à peu près équivalente, avec peut-être une légère dominante aiguë (les basses fréquences sont un peu plus faibles) et quelques rares scratches qui trahissent les années. Mais rien de rédhibitoire, bien au contraire : le doublage, emmené par Michel Roux, est de grande qualité.

Suppléments

Rimini soigne vraiment sa collection Billy Wilder et propose sans doute l'édition d'Embrasse-moi, idiot ! la plus fournie au monde, avec une multitude de suppléments.

Conversation avec Mathieu Macheret et Frédéric Mercier (36 min - 1080i)
Comme pour chaque film de sa mini collection Billy Wilder, Rimini propose une discussion entre les critiques cinéma du Monde et de Transfuge. La formule, déjà testée deux fois (pour La Garçonnière et Irma la douce), est toujours aussi efficace, les deux compères prennent visiblement beaucoup de plaisir à aborder les différents aspects du film, chacun rebondissant sur les propos de l'autre. L'ensemble est très vivant, foisonnant, et pour peu que l'on s'intéresse à l'exercice de l'analyse, c'est un vrai régal. On aborde entre autres la structure du film qui renverse la hiérarchie du cinéma classique, avec "les seconds rôles au premier plan et les stars à l'arrière-plan", ou la caractérisation des personnages, aux manies d'ordre sexuel et à l'aspect cartoonesque, "tout en tension", qui se vendent tous pour obtenir quelque chose. C'est une nouvelle histoire de machination pour Wilder et son scénariste, "un travestissement des apparences", en même temps qu'une satire du foyer américain et de la conjugalité, que les auteurs ne condamnent pas totalement en y apportant de l'émotion. On parle évidemment de Peter Sellers, victime d'une crise cardiaque au bout de quelques jours de tournage, et de ce qu'aurait donné son interprétation, sans doute plus axée sur l'aspect comique du personnage (Ray Walston, malgré ses efforts, ne se démarque pas assez d'une certaine gravité). On évoque également, et c'est plutôt rare quand on parle de Wilder, des éléments de la comédie italienne qui semblent beaucoup inspirer son cinéma dans les années 60 (Embrasse-moi, idiot ! est notamment adapté d'un film italien avec Gina Lollobrigida). On relèvera aussi une petite coquille : la femme d'Orville Spooner est interprétée par Felicia Farr (et non "Marr", comme répété plusieurs fois). Il fallait bien trouver quelque chose à redire... Vivement la suite !


Ecrire à quatre mains (22 min - 1080i)
Première partie d'un entretien avec Paul Diamond, fils de I.A.L. Diamond, spécialement produit pour cette édition. Le fils du célèbre scénariste revient sur l'origine des initiales I.A.L, le "nom de plume" de son père, et égrène le parcours commun avec Billy Wilder à partir d'Ariane"une vraie collaboration où chacun contribuait au travail de l'autre", d'abord à l'écriture puis en tant que co-producteur, pour vérifier la bonne application du scénario sur le tournage. Il raconte la genèse de la réplique "Nobody's perfect" ou le tournage de Un, deux, trois pour tester les aptitudes de James Cagney à déclamer son texte à toute vitesse. Paul Diamond parle aussi de l'échec d'Embrasse-moi, idiot ! qui les empêcha de travailler pendant un an, "comme un couple qui a peur de coucher ensemble après avoir donné naissance à un bébé à deux têtes"...


Billy Wilder, la perfection hollywoodienne (55 min - 1080i)
Rimini propose un documentaire sur le réalisateur, produit en 2016 pour la chaîne OCS. Deux historiens américains retracent son parcours aux Etats-Unis, de studio en studio, à la recherche d'une indépendance qu'il finira par obtenir. Sa filmographie trahit un goût prononcé pour les histoires "sur le fil", un jeu avec la morale et les conventions, dès Uniformes et jupon court (un "Lolita en 1942") qui serait aujourd'hui interdit. "Esprit très fécond" qui "voit les nuances de la natures humaine", Wilder traite des sujets en apparence et fait passer des messages "par en-dessous". Son art du camouflage (la "suspension d'incrédulité") lui permettra de se jouer de la censure, mais il finira par se brûler les ailes avec Embrasse-moi, idiot ! pour lequel il fut "traité comme un lépreux". Si ce documentaire reste très classique et n'apprendra rien de nouveau sur le réalisateur (les historiens restent bien dans les clous), l'ensemble est agréable à suivre, plutôt bien illustré par de nombreux extraits de films et une interview de Wilder en allemand.


Bande-annonce (2 min 33 - 1080p)

Le Blu-ray est accompagné de Celui par qui le scandale arrive, un livret de 28 pages signé Marc Toullec, plutôt intéressant puisqu'il évite les redondances avec les autres suppléments. Il contient surtout pas mal d'informations sur les origines du projet (la pièce italienne dont le film est inspiré fut notamment jouée à Paris par Jeanne Moreau), les coulisses du tournage (pas toujours dans la meilleure entente) ou la sortie du film. Il est particulièrement éclairant sur l'accueil de la presse et des Ligues de vertu (c'était "trop pour les yeux chastes du milieu des années 60") ou sur le dossier Peter Sellers puisqu'on apprend, par exemple, que l'acteur fut remplacé en cours de route, pas seulement pour ses malaises cardiaques mais aussi pour s'être désolidarisé de l'équipe et l'avoir dénigrée publiquement : Billy Wilder le qualifiera plus tard de "traitre dénué de professionnalisme". On voit aussi que le réalisateur, blessé par l'échec public, put être rancunier et avoir la dent dure envers Ray Walston, qui ne fut "pas le comédien qu'il fallait" selon lui. Ambiance...


En savoir plus

Taille du Disque : 45 393 433 449 bytes
Taille du Film : 25 217 464 320 bytes
Durée : 2:04:54.111
Total Bitrate: 26,92 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 21,81 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 21817 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1828 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1561 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 2,675 kbps
Subtitle: French / 33,810 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 30 novembre 2018