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Test blu-ray

Dieu seul le sait

BLU-RAY - Région B
Rimini Editions
Parution : 22 / 5 / 2018

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Si Dieu seul le sait est l'un des plus beaux films de John Huston, il reste suffisamment méconnu pour que le studio 20th Century Fox n'ait toujours pas daigné le restaurer à sa juste valeur. Rimini a l'heureuse initiative de le proposer aujourd'hui en Blu-ray, en France, mais à partir du seul matériel HD disponible, une restauration datée et imparfaite qui a cependant l'avantage d'améliorer très nettement le confort de visionnage par rapport au triste DVD, à la définition inexistante, sorti il y a maintenant 14 ans :

comparatif DVD Fox (2004) vs. Blu-ray Rimini (2018) :    1    2   3   4   5   6   7

Les restaurations de l'ancien DVD et de cette édition Blu-ray semblent partir du même élément photochimique. On constate dans les deux cas que les trames (Rouge, Verte et Bleue) du Technicolor ont été mal superposées, preuve que la copie utilisée est issue d'un tirage mécanique, à l'ancienne. Conséquence de cette méthode très aléatoire : le film souffre (surtout dans ses premières minutes) de contours colorés très marqués et d'un piqué affaibli qu'on a tenté de renforcer artificiellement par une légère accentuation des contours. Il faut dire que le scan HD n'est pas non plus très récent, et que le niveau de détail reste plutôt limité. La colorimétrie possède une bonne saturation mais ne convainc pas toujours, avec des tonalités parfois un peu froides et un étalonnage manquant de naturel dans certaines scènes. La copie est heureusement plutôt stable, très propre, avec des contrastes assez équilibrés et sans pulsations. Précisons enfin que le grain est peu présent, comme c'est l'habitude avec les disques Rimini. La comparaison avec le Blu-ray sorti en 2014 aux Etats-Unis montre que le master Rimini, s'il part de la même copie (légèrement zoomée), a été bien dégrainé... Dommage, encore une fois.

comparatif Blu-ray Twilight Time (2014) vs. Blu-ray Rimini (2018) :   1   2   3   4

Son

La version originale mono est propre, sans souffle, parfois un peu couverte. Le mixage semble correctement restitué mais avec une impression de ne pas aller assez loin : ce rendu paraît un peu manquer de détails et de subtilités. La version française, en revanche, est de bien meilleure facture sur de nombreux points : moins couverte, parfois plus nuancée, avec une meilleure restitution des sons. On notera qu'elle est présentée avec une légère spatialisation stéréo, essentiellement perceptible pour les voix et quelques effets sonores (explosions). Les ambiances, souvent estompées, ne sont pas toujours très fidèles au mixage original.

Suppléments

Rimini fournit encore une fois un bel effort éditorial, en commençant par John Huston, à la recherche du paradis perdu, un livret de 36 pages écrit par Christophe Chavdia. Ce texte fouillé et documenté retrace la longue et difficile élaboration du film, inspiré d'un livre sulfureux, et donc compliquée par une censure aux aguets. Passant de main en main, de producteurs en studios, le script original offense les sensibilités catholiques et se voit obligé de contourner les codes moraux de l'époque. John Huston et son tempérament affirmé subissent une étroite surveillance pendant l'écriture et la production : c'est peut-être pour cela qu'il reniera le film pendant des années avant de le réhabiliter. C'est également le récit d'un tournage "chaotique" où naît une complicité entre Deborah Kerr, "associée à des films moralement controversés", et la "roue de secours" Robert Mitchum.

Le Blu-ray comprend un seul supplément :

Amour interdit (28 min - 1080i)
Jean-Pierre Vasseur a rencontré Pierre Murat, responsable cinéma à l'hebdomadaire Télérama, qui revient lui aussi sur ce projet de scénario réécrit à partir d'un livre "moyen", dont les pistes narratives ne furent pas toujours judicieuses. John Huston retrouve ici le genre d'ambiance à la African Queen, avec des héros plus jeunes et un sujet plus grave, en s'accommodant avec habileté des difficultés imposées par la censure. Murat analyse certains aspects du film, comme l'évolution des personnages (passant d'"enfants émerveillés" à prisonniers de la réalité et de leurs missions), le sentiment du couple que Huston et son "oeil ironique" vont rendre de plus en plus insoutenable, ou la guerre en toile de fond qui permet "un suspense habile" et une peinture critique de l'armée et de la religion, deux prisons où les personnages gardent leur noblesse. Murat évoque également Deborah Kerr, actrice qui savait tout faire et que Hollywood utilisa essentiellement comme "une bourgeoise susceptible de chuter", ou la rencontre entre les deux baroudeurs John Huston et Robert Mitchum. Un bon complément.

En savoir plus

Taille du Disque : 29 018 367 488 bytes
Taille du Film : 22 278 881 280 bytes
Durée : 1:46:12.741
Total Bitrate: 27,97 Mbps
Bitrate Vidéo Moyen : 22,98 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 22985 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1563 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 1700 kbps / 16-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 16-bit)
Subtitle: French / 0,576 kbps
Subtitle: French / 17,071 kbps

Par Stéphane Beauchet - le 12 juin 2018

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