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Test blu-ray

Dangereuse sous tous rapports

BLU-RAY - Région B
Wild Side
Parution : 2 / 9 / 2015

Image

C'était une excellente initiative de se pencher sur Jonathan Demme mais, malgré l'amélioration constatée depuis le DVD MGM paru il y a douze ans, la déception est de mise en visionnant ce Blu-ray édité par Wild Side. Le master HD est en effet ancien, techniquement daté, loin des normes actuelles. S'il subsiste quelques rares points noirs ou rayures verticales, c'est un moindre mal tant l'ensemble manque de piqué et de détail, avec une finesse du trait altérée, mal compensée par une accentuation des contours très visible. Le dégrainage existait-il déjà ou a t-il été effectué pour atténuer les effets du taux de compression extrêmement bas de ce disque simple couche ? Cela n'avantage en tout cas pas le grain, quand il est présent, qui reste assez épais. Le lissage général affaiblit quant à lui certains contours dont le trait se met alors à fourmiller. Pour résumer, l'image a un aspect très trafiqué, rempli de corrections numériques, donnant à l'ensemble un aspect plus "vidéo" que "cinéma". Le plus surprenant est que Wild Side n'ait pas utilisé (ou pu utiliser ?) un master plus récent, comme celui édité en 2011 chez Criterion qui, s'il n'est toujours pas parfait, a au moins le mérite de proposer une définition plus naturelle, une photographie moins lumineuse et saturée, et un grain mieux respecté... On constatera enfin plusieurs différences de cadre au fil des ans : le DVD MGM proposait une image plus étirée, le master Criterion offre plus d'informations sur les bords du cadre, mais il est "dématté" par rapport au Wild Side (qui respecte mieux le format 1.85 original).







Son

La comparaison des deux pistes avantage sans surprise la version originale : un mixage stéréo (léger) qui apparaît plus ouvert, plus subtil, plus détaillé, plus propre et sans souffle. La piste française (proposée en mono d'origine) paraît, à côté, beaucoup plus étriquée. Toute aussi propre, elle souffre cependant d'un spectre plus réduit, d'ambiances plus simples, de voix plus couvertes. Mais cette VF est cependant sauvée par le talent des doubleurs, rappelant une époque où l'on savait maitriser la post-synchronisation. 

Suppléments

Tak Fujimoto, photographe de l'invisible (19 min - 1080i)
Le célèbre directeur de la photographie Pierre-William Glenn, grand amateur de Jonathan Demme et Tak Fujimoto, revient sur Something Wild avec un certain enthousiasme. Ce très intéressant entretien fait regretter que ce corps de métier (la lumière) soit trop rarement sollicité pour discuter des films. On note immédiatement la pertinence du point de vue de P.W. Glenn, les remarques subtiles d'un professionnel : la fluidité du style du film, la discrétion de la mise en scène, l'éclairage du regard, la lumière naturelle et invisible de la photographie, le naturalisme recréé, le rapport de force inversé entre les deux personnages principaux, etc. P.W. Glenn apporte également quelques notions d'éclairage (il cite James Wong Howe) et parle du travail du directeur de la photographie, cette "collaboration créative" avec le réalisateur.


On trouve également une bande-annonce (1 min 40 - SD)

Par Stéphane Beauchet - le 30 septembre 2015