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Test blu-ray

Caroline chérie

BLU-RAY - Région A, B, C
Gaumont
Parution : 18 / 9 / 2013

Image

Ce nouveau master restauré, malgré des qualités (une image très stable et complètement nettoyée de tout dommage), présente quelques défauts non négligeables. On relève d’abord, comme c’est souvent le cas dans cette collection, un niveau de noir insuffisant qui peut laisser apparaître des artefacts d’encodage, une légère posterisation ou banding (qui accentue les passages entre les différents niveaux de gris). On note aussi une infime coloration verte (au lieu d’un noir & blanc pur) qui risquera de gêner les plus pointilleux (et qui nécessitera, comme pour les contrastes, de modifier les réglages de son écran).

On signalera que le film souffre de soucis inhérents au tournage (de nombreux problèmes de mise au point, comme à 48min 01s ; l'utilisation d’objectifs qui donnent une image aux contours moins définis, comme à 1h 12min 27s) ou à la post-production (des fondus enchaînés qui occasionnent une perte de qualité, par exemple à 1h 53min 14s). Hormis ces cas très particuliers, mais réguliers, le piqué est plutôt de bonne facture, surtout dans les images lumineuses, parfois très belles. Un problème se pose cependant dans les scènes plus sombres ou de nuit : le film a malheureusement subi un dégrainage assez poussé. Si le grain apparaît encore dans les hautes lumières, on regrettera qu’il soit complètement gommé dans les parties sombres, les nombreux passages nocturnes ou tamisés. Cette absence de texture argentique provoque dans ces parties moins éclairées (certains visages, costumes ou arrière-plans) une perte de détails et une impression de flou ; dans les zones où il n’y a, en plus, pas le point, cela peut s’apparenter à un léger lissage. On regrettera d'autant plus le grain que son absence accentue ici les défauts de correction numérique.

Son

Une piste sonore de bonne facture, propre à son époque : les ambiances sont un peu réduites, il reste un très léger souffle. On note une absence de basses fréquences et un spectre qui se situe davantage dans les médium et les aigus. Quelques saturations peuvent apparaître.

Suppléments

Martine chérie (20 min - HD)
Jacques Bernard, qui interprète le jeune frère de Caroline, revient sur le destin tumultueux de la regrettée Martine Carol. Le comédien raconte les belles années, lorsque la jeune femme est devenue une véritable star après la sortie de Caroline Chérie. Mais il n’oublie pas de nuancer le succès en soulignant la solitude d’un être qui n’a certainement jamais trouvé un véritable équilibre personnel : « sa vie privée l’a bousillée. » Si l’ensemble est rempli d’anecdotes plus ou moins légères (la cour que lui ont fait Howard Hugues ou Darryl Zanuck ; le pillage de sa tombe pour récupérer quelques bijoux) et des souvenirs personnels (l’évocation de sa beauté qui fait visiblement encore frémir Jacques Bernard), cette intéressante mise en bouche ne remplace pas un documentaire plus complet sur sa vie et sa filmographie.

La pension Belhomme (17 min - HD)
C’est le supplément à ne pas rater : Frédéric Lenormand, qui connaît le sujet sur le bout des doigts, raconte l’histoire de Belhomme (interprété dans le film par Raymond Souplex) et de sa prison-maison de fous, un sujet qui mériterait un film à lui tout seul. C’est d’abord l’évocation de la Révolution Française sous un angle original et inattendu : la corruption et l’amoralité dans une époque tourmentée, loin des idéaux des Droits de l’Homme. Et c’est aussi un lieu important, « le grand hôtel psychiatrique d’avant la psychiatrie » ;  car parmi les médecins de Belhomme, il y avait l’un des grands aliénistes du 18e siècle. On revient également sur les détails historiques (pensionnaires, etc.) qui reviennent dans le film. Passionnant.

 

Aux armes citoyenne ! (22 min - HD)
L’historien Jean-Christophe Petitfils raconte la Révolution Française et corrige certaines erreurs qui apparaissent dans le film, Caroline Chérie accumulant « une vision simpliste avec beaucoup de raccourcis et d’erreurs chronologiques. » Un supplément intéressant mais un peu rigide : on reste dans un cours d’Histoire...

Bande-annonce (4 min 20 - HD)

Par Stéphane Beauchet - le 30 septembre 2013