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Test blu-ray

Body Double

BLU-RAY - Région B
Carlotta
Parution : 2 / 12 / 2015

Image

Le master utilisé par Carlotta provient du scan 4K réalisé par Sony Columbia, soit la même source que le Blu-ray américain édité courant 2013 par Twilight Time. Un comparatif entre les deux éditions permet d'ailleurs d'en constater l'extrême proximité d'ensemble (si ce n'est une différence de cadre tout à fait infime, pour ceux qui tiennent absolument à pinailler).

Comparatif 1          Comparatif 2

En un mot comme en mille : c'est un ravissement. Compte tenu de sa diversité d'ambiances (intérieurs sombres, séquences urbaines nocturnes, plages ensoleillées, plateaux de tournage éclairés au projecteur, etc...) et de sa palette chromatique très variée, le film représentait une gageure dont cette restauration s'acquitte avec brio. La qualité de précision des détails, aussi bien dans les gros plans que dans les plans d'ensemble (la profondeur de champ est souvent à tomber), force l'admiration et confère au film un rendu particulièrement vif et naturel, souligné par un bel étalonnage (tout juste peut-on remarquer un rendu un peu plus "rouge sombre" des peaux, perceptible notamment sur la deuxième capture du comparatif ci-dessus).

Il faut également souligner l'exemplaire stabilité de l'image, particulièrement indispensable lorsqu'il s'agit d'un film réalisé par un tel adepte des mouvements de caméra.

Sur la question du grain, l'absence manifeste de sur-filtrage numérique et la finesse du rendu s'avèrent là encore tout à fait satisfaisantes.

Au final, on l'aura compris, ce numéro 01 de la collection "collector" initiée par Carlotta suscite notre enthousiasme et nous rend d'autant plus impatients de découvrir la suite !

Son

Trois pistes audio sont proposées : deux versions originales DTS-HD Master Audio (l'une en 5.1, l'autre en 2.0) et une piste française (DTS-HD Master Audio 1.0).

L'apport du mixage 5.1 est particulièrement manifeste pour tout ce qui concerne l'étonnante partition de Pino Donaggio : plus présente, plus fluide, elle semble envelopper les personnages et contribue à renforcer, à sa manière, l'atmosphère du film - quitte parfois à ce qu'elle recouvre les dialogues, mixés un peu bas, sans toutefois que cela nuise à l'équilibre sonore ou à la bonne compréhension. Les quelques effets sonores (par exemple lors des crises de Scully) sont également particulièrement efficaces.

Evidemment, la piste 2.0 s'avère, en comparaison, un peu décevante, ou plutôt un peu terne.

Quant à la piste française mono, elle pâtit évidemment de ce manque flagrant de relief, mais n'est pas spécialement déshonorante - nous ne la recommanderons pas, mais on a déjà entendu bien pire.

Suppléments

Le premier supplément de l'édition collector, c'est probablement le coffret lui-même, dont le visuel exclusif signé Jay Shaw et l'allure élégante semblent crier "attention, pièce de prestige". Heureusement, le contenu est à la hauteur de l'emballage.

Le premier supplément qu'il faut mentionner est la préface de Samuel Blumenfeld (16 min 42 - HD), exercice délicat s'il en est sur un film dont il faut surtout tâcher de ne pas trop révéler l'intrigue. Le journaliste s'en sort remarquablement, en inscrivant avec pertinence Body Double dans la filmographie de Brian De Palma, en insistant sur certaines des marques de fabrique du cinéaste (notamment son utilisation de la ville comme personnage à part entière de ses fictions) mais sans rien trahir de l'intrigue. Il est donc possible (judicieux, c'est un autre problème) de voir ce document avant de voir le film, ce qui n'est pas le cas des autres suppléments.

Dans un deuxième supplément, le premier assistant réalisateur du film, le volubile Joe Napolitano évoque ses souvenirs du tournage du film, et c'est souvent assez délectable (38 min - HD). Après avoir évoqué certaines des forces du film (notamment sa peinture du milieu hollywoodien) ou le rôle de certains collaborateurs (dont la chef décoratrice Ida Random), il raconte avec de nombreux détails les gageures que furent certaines séquences, comme celle du centre commercial (avec sa gigantesque toile de soie) ou celle, finale, près du réservoir (pour laquelle il fallut "éclairer une montagne" puis creuser un trou dans le sol des studios de Columbia Pictures !). Citons également la manière très intéressante dont il explique comment le montage permit de faire croire à la relation entre deux maisons (la "Chemosphère" et celle de Gloria) en réalité très éloignées l'une de l'autre.

Quatre featurettes signées Laurent Bouzereau et consacrées à des thématiques assez larges ("la séduction", "le mystère", "la mise en scène" ou "la polémique", pour un total de 51 minutes environ) permettent de donner la parole à certains protagonistes essentiels, dont Brian De Palma lui-même (mais également plusieurs de ses comédiens). La forme "à l'américaine" a parfois tendance à hacher les propos pour ne retenir que de brèves formules, mais ces modules sont également riches en anecdotes.

Mais le véritable supplément de choix de cette édition collector, c'est l'ouvrage de près de 200 pages, Double De Palma - récit du tournageexclusivement consacré au film et signé Susan Dworkin (pour la première fois traduit en français) . Enrichi dans sa partie centrale d'une belle iconographie, le récit séduit dès ses premières lignes (consacrées à l'ambiance si particulière du début des années 80) par la force de son style, pétillant et imagé : un peu à la manière du montage d'un film de De Palma d'ailleurs, Susan Dowrkin excelle en particulier dans la dramatisation de son récit, n'hésitant pas à étirer la narration, à lui donner du dynamisme par une alternance de phrases courtes et de paragraphes longs, consacrant parfois jusqu'à cinq pages à une simple anecdote tout en tenant son lecteur en haleine... L'ouvrage, tout à fait délectable dans son contenu (tout ce qui tourne autour de Annette Haven, la véritable actrice pornographique un temps envisagée par De Palma pour le rôle de Holy Body, est assez passionnant), se transforme alors en un redoutable page-turner, une sorte de "thriller de tournage" qui opère ce faisant un remarquable écho avec le film. Passionnant.

En savoir plus

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Taille du Disque : 49 396 848 806 bytes
Taille du Film : 38 002 916 736 bytes
Durée : 1:54:11
Total Bitrate: 44,37 Mbps
Video: MPEG-4 AVC Video / 35003 kbps / 1080p / 23,976 fps / 16:9 / High Profile 4.1
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 5.1 / 48 kHz / 3891 kbps / 24-bit (DTS Core: 5.1 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: English / DTS-HD Master Audio / 2.0 / 48 kHz / 2085 kbps / 24-bit (DTS Core: 2.0 / 48 kHz / 1509 kbps / 24-bit)
Audio: French / DTS-HD Master Audio / 1.0 / 48 kHz / 885 kbps / 24-bit (DTS Core: 1.0 / 48 kHz / 768 kbps / 24-bit)
Subtitle: French / 19,969 kbps

Par Antoine Royer - le 17 décembre 2015